C. Fractures de l'extrémité inférieure
La fracture de l'extrémité inférieure du
j tibia est souvent produite par contre-coup; elle est causée par une chute sur les |)ieds, ■ par une entorse, ou par un violent renver- I sèment du pied. Située ordinairement à { 0 ou 6 centimètres de la malléole, elle est j le plus souvent obli(pie en dedans ou en I dehors, et communique le plus souvent avec l'articulation On rencontre très rarement des fractures transversales ou longitudinales. Dans quelques cas on observe le broiement de l extrémité articulaire qui se trouve réduite en un très grand nombre de petits fragments.
Lorsqu'on imprime à l'articulation du pied des mouvements de flexion, d'extension, de rotation, on observe une légère inclinaison du pied en dehors. Si la fracture ne pénètre pas dans l'articulation, mais se trouve située obliquement au-dessus d'elle, le fragment supérieur fait une légère saillie au-dessus de la malléole interne. Quand l'obliquité est dirigée de bas en haut, on constate, outre la crépitation, l'inclinaison du pied en dedans et une saillie anormale de la malléole interne.
Les fractures simples, ne communiquant pas avec l'articulation, n'ont aucune gravité; celles qui pénétrent dans la jointure sont plus graves, en ce sens qu'il reste toujours dans l'articulation, après la consolidation des fragments, une roideur qui ne disparaît qu'avec une extrême lenteur. S'il existe une plaie aux téguments , si l'extrémité inférieure du tibia est divisée en un très grand nombre de fragments, cette lésion est des plus graves, et nécessite quelquefois l'amputation du membre.
Le bandage ordinaire des fractures de jambe suffit dans les cas simples ; mais s'il y avait déviation du pied en dedans ou en dehors, il y aurait lieu d'appliquer un appareil analogue à celui de Dupuytren pour la fracture du péroné, c'est-à-dire un gros coussin et une attelle dans le lieu opposé au renversement du pied, et de rouler une bande de manière à faire exécuter au pied un mouvement en sens inverse.
Quant aux fractures avec plaie, nous avons déjà dit que l'on était quelquefois forcé d'avoir recours à l'amputation; cependant, à l'aide des irrigations on pourra aussi espérer faire avorter los accidents inflammatoires, et l'on cherchera à amener la guérison sans en venir à une opération.
:,2», (/} TiHlALKS ^LKJAIL
Diins tous les liL^ 1 on ne pourra espérer la j^uérison sans aiikylose do l'articulât ion libio-tarsienne.
Les luxalions du tibia ont été décrites à l'art irleLwxafioMS du genou (t. \\, p. 37.'j).
l'iBIAI.KS ( Ligatures DES artères).
Nous décrirons dans ce paragraphe la ligature des in'tères (jui se rendent au membre inférieur, à partir de 1 aiuieau du troisième adducteur.
A. LiGATLRK DE i. ARTKRE popLiri K. L arlcrc poplitée commence à l'anneau du troisième adducteur et finit au (|uart supérieur de la jambe . en donnant naissance à la tibiale antérieure et au tronc til)io-[)éronier. Oblique de haut en bas et dedans en dehors, elle se trouveplacéeà l'union desdeux tiers internes avec le tiers externe de l'espace intercondylien. Elle est recouverte en arrière et en haut par le demi-membraneux , plus bas par du tissu cellulaire et raponé\rose fémorale, plus bas encore par les jumeaux et le plantoir grêle. Le nerf poj)litéesl situé à son côté externe et en arrière ; la vcîine, située également eu dehors et en arrière, sépare le nerf de l'artère : au-dessous des condyles, le nerf et la veine croi.sent l'artère postérieurement, de sorte ([u'à sa partie inférieure la veine est en dediuis de l'artère. Eu a\ant, l'artère poplitée est en rapport avec le troisième adducteur, le fémur, l'articulation fémoro-tibiale, le nuiscle poplilé.
L'artère poplitée peut être liée à sa partie inférieure et ii sa |>artie supérieure.
I" .1 su partit- infi'rieure. Proccdc de Liafranc. Le malade est couché sur le ventre, la jambe étendue; on fiiil sur la ligue médiane, dans I intervalle qui .»èpare les jumeaux, une incision de 8 a 10 ccMilim(Mres de longueur, oi» écarti^ la Ncinc sapliene , on inci>e 1 aponévrose, on cherche l'interstice des deux jumeaux que l'on sépare a\ec le doigt ; on petit, en f1échis>ant légèrement la jaml)c. favori.-^er lécartemenl des muscles. On trouve successivement dans le foiul de la plaie, le nerf ixiplité, |)lus la veine en a\ant et eu dedans, enlin l'arlere (ont à fait au fond. On isole l'artero de la \('ine, o|M''ralion assez diflicile à caii.«ie des ailherences de ces vai.<^seaux, et on pa.sse la sonde cannelée de dtxlans en dehors. Lisfranr pn»)K»,>»' \,\ même !nrt)iodr p(»Mi-
KE DES AKIEKES
lier les artères tibiales et la peroniere à leur origine ; seulement il sépare les jumeaux dans une plus grande étendue et il cou[)e l'anneau du soléaire.
2" A la partie supérieure. On fait une incision de 1 0 à 12 centimètres, commençant entre les deux condyles et remontant dans la direction de l'artère. On divise la peau, le tissu cellulaire sous-cutaue; si on rencontre la veine saphène externe on l'éloigné; on incise rajjonévrose et on écarte avec le doigt le tissu cellulaire ; on trouve le nerf qu'on porte en dehors, la veine qu'on refoule du même côté. Comme l'artère est très profonde, on pourrait, si l'incision ne tombait pas juste sur l'artère, ne pas la trouver ; aussi Lisfranc conseille-t-il de diriger l'incision presque verticalement depuis la base du triangle poplitéjus(iu'au sommet de ce triangle. Cette incision, qui croise légèrement le trajet du vaisseau, est avantageuse.
Quant au procédé de M. Jobert, qui fait son incision dans la dépression qu'on remarciue au-dessus du condyle iFJterne du fémur, et qui pénètre entre le vaste interne et les muscles qui forment le bord interne du creux poplilé , nous le considérons connue à peine exécutable sur le vivant, à cau.se de la grande épaisseur des parties molles (juil faut traverser.
B. Ligature de L'ARTi-:RE tiuiale antérieure. Xéedel'artère poplitée, elle traverse, à angle j»resque droit , le ligament interosseux à 5 centimètres environ au-dessous de la partie supérieure de la tète du péroné; elle se porte en l)as jn.>^(ju'au ligament dorsal du tarse, ou elle |»rend le nom (Vartèrc pédicusc: elle suit, d après Lisfranc, la direction d'une ligne (jui, partant de l'union des deux tiers internes avec le tiers externe de res(>ace situé entre I épine du tibia et la tète du j)éroné, va se rendre, audevant de l'articulation tibio-tarsienne, à l'union de son tiers interne avec ses deux tiers externes. Elle est couchée sur le ligament interosseux dans ses deux tiers su- |)érieurs, puis .sur la face (;xtern(» et antérieure du tibia. Le jambier antérieur, avec le»|uel elle était en rapport en haut, l'abandoiMie dans son (juart inférieur , de .sorte que dans ce point le tendon de ce muscle se trouve être en avant et en dedans. Voici le^ rapports musculaires de ce vaisseau :
ilBlALES (LIGATU
en haut il est placé entre le janil)ior antérieur et l'extenseur commun ; à sa partie moyenne il côtoie le jambier antérieur et rexlenseur propre du gros orteil ; tout à fait en bas, il est séparé de la peau, d'abord par l'aponévrose jambière et ensuite par l'extenseur pro{)re du gros orteil dans la gaine duquel il s'engage. Le nerf tibial antérieur s'applique sur le côté externe et antérieur de l'artère en haut; il lui devient postérieur dans son quart inférieur. Lartère est accompagnée de deux veines satellites qui la longent l'une en avant, l'autre en arrière.
On ne lie point l'artère tibiale antérieure dans son quart supérieur, à cause de sa trop grande profondeur. Les procédés sont les mômes pour tout le reste de son trajet.
\» Procédé ordinaire. Le malade, couché sur le dos, et la jambe étendue, on fait une incision suivant une ligne parallèle à la direction de l'artère, ou bien on porte le bistouri à un pouce environ en dehors du bord antérieur de la jambe ; la peau, l'aponévrose sont divisées dans une étendue de 8 à 10 centimètres , quelquefois plus, suivant l'embonpoint du sujet. Une ligne jaunâtre indique l'intestin musculaire dans lequel on doit pénétrer pour trouver l'artère.
2° Procédé de Lisfranc. La jambe est maintenue dans l'extension et le pied dans la flexion ; il fait une incision de 8 à 1 0 centimètres qui commence à la crête du tibia, remonte de dedans en dehors et se termine de manière à ce qu'elle laisse entre elle et le bord du tibia, tantôt 40 centimètres d'intervalle quand on opère sur les deux tiers moyens, tantôt 23 millimètres quand on cherche le vaisseau dans le quart supérieur de la jambe; eniiu, 1 6 millimètres quand on veut mettre le vaisseau à découvert dans le quart inférieur. Lorsque l'aponévrose est incisée, si elle ne présente pas un degré suffisant d'écartement, il l'incise transversalement en dehors'; partant de la crête du tibia, le chirurgien s'arrête sur la première ligne jaunâtre qu'il rencontre : c'est l'iuterstice musculaire dans lequel il doit chercher l'artère.
Le procédé de Lisfranc offre moins de chance d'erreur que le procédé ordinaire. Cependant , si l'incision était trop oblique, les recherches ultérieures de\icn-
KK DES AHTËKES). (.s) .i2(>
draient|)lus difficiles; aussi M. Malgaigne propose-t-il de combiner ensemble ces deux procédés.
M. Velpeau conseille, pour saisir l'artère, de glisser très obliquement de bas en haut la sonde cannelée, du péroné vers le tibia. Pour sentir, dit-il, l'utilité de cette remarque, il suffit de se rappeler que le péroné est [)resque sur le môme plan, tandis que la crête du tibia est beaucou[) au-dessus des vaisseaux. Mais Lisfranc fait remanpjcr avec raison que l'on opère sur un membre pourvu de tous ses muscles, et que le bord externe de la plaie n'est pas formé par le péroné, mais bien })ar une épaisseur considérable de parties molles ; il regarde donc le précepte de M. Velpeau comme illusoire: il préfère pour son compte une sonde cannelée recourbée vers la pointe dans une étendue de 7 à 9 millimètres ; l'aiguille de Deschamps et les autres instruments de ce genre lui paraissent avoir une courbure trop longue.
C. Ligature de l'artère pédieuse. Si l'on tire une ligne i)artant de l'union du tiers interne dvec les deux tiers externes de l'espace intermalléolaire et se rendant à la partie moyenne de l'extrémité postérieure du premier espace intermétatarsien , on aura l'étendue et la direction de l'artère située entre le tendon de l'extenseur propre du gros orteil en dedans, et le tendon le plus interne de l'extenseur commun et le premier faisceau du pédieux en dehors. C'est le long de ce faisceau musculaire que l'on devra pratiquer une incision de 5 centimètres environ de longueur. La direction de l'incision sera facilement déterminée par celle du tendon de l'extenseur du gros orteil que l'on fait facilement saillir en fléchissant légèrement le pied. On incise successivement la peau, le tissu cellulaire souscutané, l'aponévrose , et on reconnaît le premier faisceau du pédieux. Sur le bord interne de ce muscle on divise le feuillet profond de sa gaîne et on tombe sur l'artère côtoyée par deux veines collatérales, et en dehors par un filet du nerf tibial postérieur.
D. LiGvruRE DE l'autkue tibiale postép.iEUKE. Branche interne de bifurcation de l'artère j)0{)lilée ; l'artère tibiale postérieure nait au-dessous du mus'lc poplité ; elle suit
•i2() [l] llBlALtS ^LIGATL
la direction d une ligne un peu convexe on dediins qui s'étendrait du milieu de la racine du mollet à 6 à 7 millimètres en arrière de la malléole interne ; elle est en rapport en a^ ant avec la partie supérieure (lu jambier postérieur, puis on trouve au- (i<>\ant d'elle, dans une petite étendue. \o lléchisseur commun (jui la sépare du tibia; au niveau de la malléole elle est (^n rapport avec la j^^aîne du tendon du fléiliisseur propre, du jambier postérieur et du llécliiscouimun : file est en contact sous la \()ùte calcanéenne avec la coulisse du jandjier postérieur. En arriére de ce vaisseau on trouve le soléaire dont elle est séparée par ime lame aponévroli(pi(\ Nous iérons remarquer (pie les libnv^ du soléaire et des jumeaux descendent (pioNpicfois très bas. 1. artère est appliquée contre la i);utie supérieure et interne du tendon d'AcInlle, dont elle s'éloii^ne à mesure que celui-ci se rétrécit. Le nerf tibial, qui en est un peu éloigné en liant et vers le tiers inférieur de la jambe, se trouve sur le côté externe et un peu |KJstéiieur du vaisseau : les veines satellites sont situées, l'une en a\ant. l'autre en arriére.
Lisfranc insiste sur les rapports de la veine saphéne interne. Ce vaisseau, situé dans le tissu cellulaire sous-cutané, rampe de bas en liant depuis la jiarlie inférieure du mollet . tantôt sur les jutinis des muscles (pii correspondent à l'arlere. tantôt plus ou moins en arrière et en avant ; elle; longe assez souvent le bord interne du tibia. Si elle n est pas visible. I opérateur exerce la cuuipression au-des>ous du genou , pour tâcher de lapercevoir ou de la sentir, afin rie l'éviter, quand il fait son incision.
On bel artère libiale postérieure en trois endroits :
I" fh'rricre la malléole, a. Procédé de M linhrrt. Il fait une incision à l'angle postérieur de la malleoh» interne, au bord postérieur du calcanéuni cette incision est perpendiculaire au vaisseau elle permet de le troiner facilement, mais elle e\|»«)se |»lus a la lé.sion (jue les procédés suivants :
b. Piocédé de Liafrinic. Il Hiil , ii 4 eenlimelres de la malléole interne, une incision longituflinale qui s étend ii I centimètre et demi au-des^dus et à l cen limetres au-dessus d elle ; il divise la peau, 1 aponévrose : il trouve I nrlere côtoyée
Kli DES AKTEKESj
par ses deux veines satellites , le nerf en arrière et en dehors.
c. d. Les procédés de M. Velpeau et dé M. Manec n'en diffèrent (pie j)ar l'incision, qui . pour le premier chirurgien , doit être éloignée de 7 millimètres de la malléole ; pour le second , l'incision doit porter sur le milieu de l'espace compris entre la malléole et le calcanéum.
2" Vers le tiers viuijcn de lu jambe, a. Procédé ordinaire. M. Velpeau fait une incision de 6 à 8 centimètres de longueur dans le milieu de l'espace qui existe entre le tibia et le tendon d'Achille; M. Manec fait son incision à l 'i ou 1 <S millimètres du* bord interne du tibia : la \)Vin\ divisée, on incise l'ajjonévrose superlicieile, puis l'aponévrose [)rofonde sur la sonde cannelée, et l'on trouve l'artère entre les deux veines satellites , le nerf restant toujours en dehors.
Si le muscle solaire descendait trop bas, il serait repoussé en haut et en dehors a\ec le doigt.
L incision ne doit pas être trop rapprochée du tibia : car si l'on ne trouve qu un .seul feuillet aponé\rotique , on court le ri.s(jiie de ne pas trouver lartère , dont on est assez, éloigné.
b. Procédé de Lisfranc. Ce j)rocedé est moins sujet que le précétient à des chances d erreur On l'ail une incision oblicpie de 5o à 80 millimètres, qui du bord externe du tendon d'.\chille , va se rendre au bord interne du tibia . en formant avec Taxe de la jamlu; un angle de 3o degrés. On coupe la peau et laponévrose, puis on fait glisser le doigt le long du tendon d .Uliille . la face |)alniaire tournée en dehors , on repousse en haut les libres musculaires , on in(!ise laponévrose profonde sur le trajet d(» lartère, (juon reconnaît facilement a une ligne jaune (»u bleuAire située au fond de la plaie.
'.U Au liers sujuririir de la jambe \.mtere tibiale postérieure est située dans ce point très profondément ; |)Our l'atteindre, on est obligé de trancher des couches musculaires fort épaisses, le soléaire et les jumeaux. Plusieurs procédés ont été ima- L'iné-. pour trou\er 1 artère tibiale poslélieure (Mi haut Nous ne dé^-rirons (pie le ' proc(''de de M Manec; h^s autres, ceux de
riSANKS.
Gullirie cl le procédé ordinaire , ne nous paraissent |)as avoir aulantd'avanlages.
a. Proci'iU (le M . Mmux. Au-dessous du quart supérieur de la jambe, la jambe un peu néchie sur la cuisse , il fait, à 2 centimètres en dehors du tibia, une incision de <S à 10 centimètres environ; il coupe la peau, divise l'aponévrose crucialement, repousse les jumeaux en dehors pour découvrir le soléaire. Au lieu de détacher ce muscle de ses insertions au bord interne du tibia, il pratique une incision à 2 centimètres de ce bord, divise toute l'épaisseur du muscle directement d'arrière en avant; après avoir divisé une certaine épaisseur du muscle, il écarte les fibres musculaires, afin de reconnaître l'aponévrose antérieure du soléaire.
Quand il l'a reconnue à son aspect nacré, il la divise sur la sonde cannelée dans une étendue égale à celle de la peau , et divise le feuillet aponévrotique profond , qui est beaucoup plus mince , et met facilement à nu le vaisseau, qu'on peut facilement aller saisir avec l'aiguille de Deschamps.
b. Guthrie incise sur le point du mollet correspondant à l'artère ; son incision, qui a 1 9 centimètres de longueur, traverse toute l'épaisseur des muscles qui recouvrent l'artère.
E. Ligature de l'artère péronière. Beaucoup moins volumineuse que la tibiale postérieure et la tibiale antérieure , elle naît de l'extrémité inférieure de la poplitée , et va finir au calcanéum, fournissant à l'extrémité inférieure de la jambe un rameau collatéral très volumineux qui s'anastomose avec la tibiale antérieure. Située à son origine au côté externe de la tibiale postérieure , elle se dirige de haut en bas et de dedans en dehors; elle descend presque directement en bas le long de la jambe, située près du jambier postérieur placé audevant d'elle. Sa face externe longe en haut l'insertion externe du soléaire; plus bas , celle du fléchisseur propre qui la sépare du péroné. A la partie inférieure de la jambe, elle se jette sur le milieu du diamètre transversal du ligament interosseux avec lequel elle est en contact immédiatement. Une branche nerveuse venant du poplité interne croise la direction ; à son origine deux veines satellites l'accompagnent. Cette artère est située trop profon-
dément en haut de la jambe , et est trop peu importante en bas pour qu'on songe à la lier ailleiu-s ([uà l'endroit où la soléaire s'isole des jumeaux ; dans ce point , elle est située entre les fibres du fléchisseur du gros orteil ou entre ce muscle et le jambier postérieur.
a. Procédé de Lisfranc. Il fait une incision de 5 à 6 centimètres , qui , du bord externe du tendon d'Achille, remonte obliquement en dehors jusqu'au niveau de la face externe du péroné; il incise l'aponévrose , repousse en dehors le tendon d'Achille, divise l'aponévrose profonde sur la sonde cannelée , et cherche le premier interstice musculaire de la couche profonde à partir du péroné, relève en dehors le fléchisseur propre du gros orteil, et découvre l'artère.
b. M. Malgaigne préfère le procédé suivant. 11 cherche le bord externe du péroné, et à trois millimètres en arrière il fait parallèlement à cet os une incision de 7 à 8 centimètres. Si le muscle soléaire se trouve en avant de l'incision, il le détache et le repousse en dedans. Alors on aperçait le bord de l'os qui va servir de point de départ. En dehors il est longé par le long péronier latéral , en dehors et en arrière par le long fléchisseur propre du gros orteil qui s'insère à la face postérieure de l'os. Au lieu de rejeter ce muscle en dehors, il le décolle de ses attaches au péroné, le rejette en dedans et trouve l'artère à son côté interne. Il ne faut pas oublier que la face antérieure de ce muscle présente une aponévrose assez forte qu'il faut diviser avant daller chercher l'artère. On a pu commettre des erreurs en cherchant le vaisseau sur cette aponévrose , tandis qu'elle est immédiatement au-dessous.
TISANES , médicaments liquides provenant de Taction dissolvante de Peau sur des substances médicameuteuses, et destinés à servude boisson habituelle aux malades. On les prépare [mr macération^ infusion ou décoction, suivant la nature des substances sur lesquelles Teau doit agir; et, comme on les emploie généralement d;ins l'intervalle des niédiramenls plus actifs, on demande qu'elles soient, autaiit que |)ossil)le, claires, transparentes et pou chargées. Cependant , il y a des exceptions à cette règle. Le médecin doit prescrire de traiter par macération ou infusion les substances sèches, d'une texture lAchc, cl qui
•>ii'^ ToKMKNTIIJ.fc:.
cèdenl facilement leur> principes à l'ean ; par infusion eïchisi>enient , presque toutes les substances aroinati(jues , les plantes et fleurs sèches non aromatiques ; les premières parce que l'odeur se dissiperait par la décoction , les secondes parce qu'elles fourniraient avec ce dernier mode de traitement un liiiuide trouble et de saveur plus désagréable; par décoction, les substances ann lacées, lor>qu'on a pour but d'en dissoudre l'amidon , les bois fl les racines sèches, dures et inodores. Plusieurs sul)stances, comme la bourrache et la mauve, produisent sou\ent, ('tant administrées en tisane , des pesanteurs d'estomac ou des nausées que le i)ratieien est tenté d'attribuer à toute autre cause qu'à ces plantes réputées avec raison peu actives : cet eflcl est dû aux poils rudes cjui cou>rent la bourrache d'une part, ou au duvel cotonneux des calices de la mauve. Ces poils, ce duvet, traversant le tissu lAche qui sert ordinairement à passer les tisanes, irritent mecaniquenient les j)arois de l'estomac et occasionnent ainsi les elTels signalés. 11 est donc indispensable de passer ces tisanes sans expression à travers un tissu serré; celte remarque s'ai)plique également à toutes les plantes couvertes de poils ou de duvel, telles que l'arnica, le tussilage, etc.
Dans la prescription des tisanes composées, on doit toujours, pour indiiiuer la préparation , avoir égard à la nature des .substances qui entrent dans lein- composition. Lorstjue dans une tisane on introduit des acides, des sels, des sirops, etc., il faut (»rdiuairement ne les faire ajouter qu'après que la tisane a été pa.ssée. Quand un médecin prescrit cette addition , il doit toujours ii\o\v présentes à la mémoire les réactions du corps
qu'il ajoute sur les principes immédiats cou- --- , -- - .--
tenus dans la tisane: ainsi, il ne devra pas ' seleur - l)eslongchanq)s et Marquis disent
2' Tisane sudorifltjue. File est préparée avec le gayac, la salsepareille, le sassafras et la réglisse. On en prescrit l'usage dans le traitement des maladies cutanées chroniques, des syphilis invétérées, des affections rhumatismales ancieiHies, etc.
M'i Tisane de Fclts. Préparée avec la salsepareille fendue, la colle de |)oisson, le sullure d'antimoine pulvérisé et l'eau commune, on rem[)l(»ie dans les mêmes cas que la précédente, a la dose de 1 litre par jour. C'est un médicament qui a joui d'une grande célébrité, et qui est cependant très infidèle, en raison des quantités variables d'acide arsénieux que le sulfure d'antimoine cède à l'eau ; d'où il suit que ce liquide n'emprunte tantôt rien au sulfure, et d'autres fois produit des purgaljons et des vomissements considérables.
i" Tisane royale. Elle résulte de l'action de l'eau commune sur les feuilles de séné, le sulfate de soude, l'anis, la coriandre, le cerfeuil et le citron, et est donnée comme purgatif à la dose de 1 Uisse toutes les demiheures, le matin à jeun, jusqu'à effet.
TONIQUES (Toi/. Médicaments ).
TORMKNTII.LE [tormentiUa erecta , L. ) , plante indigène >ivace, de la famille des rosacées , icosandrie polyginie , Lin., connnune dans les bois stériles, parmi les pierres, etc. On ne se sert (jue de sa racine, qui est épaisse, tubereulée, rouge à l'intérieur, de consistance pres(|ue ligneuse , sans odeur, d'une saveur amère, astringente et aromatique.
La tormentille est un des meilleurs astringens indigènes; aussi l'a-t-on conseilh'c dans la diarrhée, la dysenterie, les hemorrhagies, l'hématurie, les lièvres interrniltenles. Loi-
oublier que la plupart des sels mélallicpies, et |»artieulierenient l'aci-tate de iilond), précipitent pres(jue tous les |)rincipes immédiats ; «pie l'addition d'un acide facilite la dissolution des principes actifs des (piinquinas, de l'ipécacuanha, etc., que radditi(»n d'un alcali favorise au contraire la dissoli.'tiMii des matières résineuses actives, du jalap. de la rhubarbe , etc.
Nous mentionnerori» les tisanes coni|K)sées suivantes ;
1" Décoction blanche de Sf/dcnhani. (.elle tisane, préparée avec la corne de cerf cahinee et porphyrisée, la mie de pain de froment, la gomme arabique concassée, le su* re blanc, l'Indrolat de fleurs d'oranger el l'eau commune, e>t un remède très souveni prescrit contre les diarrlu-e»; chroniques.
même cpie c'est utn'rpiement à son emploi intempestif (ju'il faut attribuer la dimimition de sa r('|iulalion dans les fièvres intermit- U'utes et les dysenteries , el non à son défaut d'énergie; et ils ajoulQiit que si quelquefois elle a été nuisible, il est probable (jue ce n'a été' (ju'entre des mains ine\périmenl(''es. I [Dict. des se méd , t. XLIV, p. 383.)
,\ l'extérieur, on rnel celle plante en usage I dans les cas de ramollissement et de fongosités I des genri>es. pour exciter les ulcères indo- , lents , etc.
On remi)l»iie sous les formes de poudre el de décoction. La première se donne a l'inlé- I rieur à la dose de Tt décigranimes à 2 grammes I en pilules, en électuaire, ou délayée dans un I licjiiiile. La décoction se prépare avec 8 ou lî» j grammes pour un liire d'eau.
n\ m sFPTiftvr voi imi