‹ Dictionnaire des dictionnaires de médecine français et étrangers, ou, Traité complet de médecine et de chirurgie pratiques (volume 2)Chapitre 16 sur 143 · Ï{EINS · texte numérisé non relu

Ï{EINS

line dans un des reins on dans tous les <ii'i)x ; tous ces états, dis-jc, peuvent amelif^r le développement d'une liydt%)Uéplnose purlklle ou grmrale de Tnii de ces deux organes. » (/(/., ihid.)

.inatoniic pafholofji'/ue. Oii.uid Tobsl.iL'le an cours de ruriue a lieu dans l'un''(''re ou dans la vessie , il arrise (]uc le li.-'.-siuei se dilate seul et forme une vaste tumeur globuleuse (jui coill'e r )m;ne une espèce de casque le rein comprimé et atiopiiié.

Mais le plus ordinairement le bassinet et les calices parlicii)cul à la di'alalion. Alors le rein prend la forme (Vune tuuieur bosselée, dont l'épaisseur des parois dimiinie à mesure (|ue le volume de l'orj;ane (t la lluclualion augmentent ; ordinairement ou Noit le calice et le commencemenl de lurelèri' dilates eu forme d'enl(,'iinoir. Cette distension peut être portée à un point îrès eou^^idcrable. L'intérieur estpailai.'»' en loges plu> ou moins amples, ne comuumiquant point entre elles, mais s'abouclianl toutes avec le bassinet dilate; ce sont les calices; la sub-taice renah; qui les enloiu'e est |»liis ou moins abondante et conserve plus ou moins ses caractérr'S analomiipies suivant les dimensions de la masse totale. Le liiiuide renfermé dans le rein ainsi transforme varie M.'ivant l'ancienneté de la maladie. A la (in, et (piaud l'obstacle au passage est complet, il devient tout-a-fail séreux eu apparei;ce. Cependant M. Uayer a t ujours pu y ietrouv( r de Turee et une (|uautilc rn'al)le d'alhumine. [Ouv. ci/., p. 4î<0.) Ou a vu, liiais très rarcnu-nt, chez riiomuw, Pouverlure dabouchemeut des calices dans le bassinet elie oblitérée et donner lieu à uiu; dibitalion [)arlielle. Il en restillc un vcrilabli; ky-le, dont l'ori- ^int- est deceleepar la nature urineu^e du li(piide et ie mode d'insertion au bassinet. Jl y a ipi» 1 ji.efois un calcul dans ces [)0cbes.

:<ywplû , (S. Us olîicnt (iueb|ue,s dilFérenci s soiv.iijt (pie riiwboiieijlirosc est simp'r ou double.

» i" Les indi\idus atteints dbyd'.nnepbro-e (\ un (le< rcivs ont souvent coiniiu'uri- I ar éprouver d( s douleurs plus ou nmin> vives dans la rei^inn loi; ]),urc cor-

sont pas bornées à cette région , et elles se sont étendues dans d'autres parties de l'abdomen. Toutefois, les symptômes qui précèdent l'accumulation de l'urine et d'une humeur muqueuse dans le bassinet et les calices dilatés , peuvent être aussi variés que les causes (pu sont susceptibles d'apporter obstacle au cours des urines. Quant à la îumeiu- rénale , elle est ordinairement indolente , et le volume en peut varier entre celui du poing et celui de l'uterus tel qu'il est dans les derniers mois de la grossesse. On peut généralement limiter assez exacletnent l'étendue et les dimensions de la tumeur à l'aide de la percussion. La région lombaire reste toujours plus ou moins bombée , lorsque les malades sont assis ou places horizontalement à (piaire |iattes. Au toucher cette tumeur parait bosselée comme le gros intestin distendu. Le liquide qu'on trouve dans la tumeur aju'ès la mort , ou qui en sort à la suite d'une pcuictiou , n'a jamais les qualités de l'urine saine... I\Lais ce li(]uidc contient toujours {]o l'uree. Quant à l'urine rendue peiulant la \ie , elle est le plus souvent saine , à uïoins (pi'elle ne reçoive des caractères particuliers d'une dialhèsc, le rein sain suppléant le rein malade dans ses fonctions... ."Mais la mort peut survenir en peu de temps , lots(pie la sécrétion ou l'excrétion de l'urine vient à être suspendue, pendant un ou plusieurs jours , dans le rein sain.

» 2" Dans le cas d'hydronephrose double , la maladie ne peut être reconime qu'autant (pie les tumeurs résultant de la dilatation des bassinets et des calices ont ac(piis des dimensions assez considérables pour être appréciées à la percussion des hypocliondres et des lombes , on bien au loucher lors(]u'elles débordent le bord libre des fausses c(3tes. » (Hayer , t. ni ,

p.^Sl.

" De semblables tumeurs ne peuvent être confondues par leur foruu; (jii'avec celles (pii résultent des ky>tes des reins , de l'accumulaliou du pu'^ ou du sang dans le bassinet cl les calices dilatés ; mais dans l'inflammation du ba-sjnet l'urine est toujours jijus ou moins chargée de pii»^ , à moins (pie toute coinmiinicatiou soil inleiceplée cuire le bassinet endamme et la re«pnndan'e ; qneWii'eb.l' les d"u!t?urs ne Vfcisic , ce (jui n'est pas le cas le plus or-

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dinaire. D'ailleurs , dans la pyélitc , la tumeur est presijue toujours douloureuse , et le plus souvent elle est indolente dans riiydrone[)luose. Dans les derniers temps de riiydropisie des reins Purine muijueuse et légèrement filante , rendue |)ar le malade , est bien distincte de l'urine purulente , ou de Turine sanguinolente et purulenle de la pyélite chronique ; de sorte qu'après un examen attentif il sera toujours possible de distinguer ces deux espèces de tumeurs rénales. » (/ûf., ihid.)

Une phlegmasie intercurrente peut survenir et s'emparer d'une partie du rein dilaté : les phénomènes sont alors complexes. On ne connaît pas d'exemple d'hydronéphroses ouvertes dans lintestin , comme cela s'est vu plusieurs fois pour la pyélite.

Quand un seul rein est affecté d'hydropisie , le danger ne résulte que de la possibilité d'une maladie du congénère , qui serait à son tour atteint de rétention ; alors la mort en serait bientôt le résultat. Dans le cas d'hydronephrose double , la mort est ordinairement assez rapide.

Traitement, Il consiste surtout à éloigner la cause qui a produit l'accumulation de l'urine dans l'organe , si toutefois cette indication peut être remplie. Le docteur Kœnig a conseillé la ponction à l'aide d'un trois-quarts ; mais comme , dans l'état ordinaire des choses , l'hydronephrose n'est nullement incompatible avec l'exercice régulier des autres fonctions , il vaut mieux s'en abstenir. M. Rayer conseille de n'y avoir recours que quand il y a inflammation intercurrente, et que les anti-phlogistiques ne sont pas parvenus à calmer les douleurs et les frissons^ et que la tumeur fait de rapides progrès.

N. NÉVRALGIE ( nephralgie des anciens auteurs , dysnephronervie de M.Piorry). Une affection exclusivement bornée au plexus rénal peut-elle donner lieu à une névralgie du rein? On peut l'ad mettre , et expliquer ainsi certains cas de violentes douleurs lombaires qui se montrent queUjuefois chez des femmes hystériques. Pourquoi d'ailleurs les nerfs rénaux seraient-ils exempts d une affection commune aux autres parties du système nerveux? Toutefois , il ne faut pas confondre

les douleurs qui résultent d'une phlegmasie , de l.i présence d'un calcul , dhydatidcs , d'une hémorrhagie , etc. ; ou bien encore i)rendre poiu' rall'eclion qui nous occupe une névralgie lombaire. Dans tous les cas de douleurs très vives dans la région des reins , il faudra soigneusement étudier l'élat des urines. M. Rayer a cité l'observation très curieuse d'un anévrisme de l'aorte descendante qui avait déîerminé des douleurs déchirantes au niveau des reins.

Le traitement des népbralgies ne diffère en rien des affections semblables siégeant sur les autres viscères.

/. DÉGÉNÉHESCENCE GRANULEUSE (mfl-

ladie de Bright, néphrite albîimineuse de j\I. Rayer, albuminurie de ÎM. Martin-Solon , etc.).. Les auteurs anciens avaient parfaitement constaté que diverses affections des reins pouvaient amener des hydropi.sies ; mais on n'avait spécifié ni la nature de la lésion , ni le signe particulier à l'aide dutiuel on pourrait la reconnaître.

Causes. Jge. « On a pensé long-temps , d'après l'assertion du docteur Bright et de quelques autres médecins anglais , que les vieillards et les enfans étaient exempts de l'hydropisie avec albuminurie ; mais dans cette question , comme dans beaucoup d'autres , le plus sage était d'attendre avant que de conclure. En elîet , 3L Sabatier a vu , en 1852, dans le service de M. Baudelocque , un jeune enfant atteint d'anasarque avec urine albumineuse. Depuis, ces faits se sont multipliés ; 3L Constant a cité celui d'un enfant âgé de cinq ans (Ga;:;. média., 1855, p. 296). Notre première observation a pour sujet un petit garçon âgé de dix-sept mois ; on en cite d'autres exemples. Il est néanmoins certain que les cas les plus nombreux de cette maladie se rencontrent chez les adultes.» (Martin-Solon, ouv. cit., p. 204.)

Sexe. Suivant M. Tissot (r/iés<?,4833), les hommes seraient bien plus exposés à l'albuminurie que les femmes; il a même posé le rapport de 5 à 1. D'un autre côté, sur 28 cas, M. Marlin-Solon a trouvé plus de femmes que d'hommes : 16 des premières et 12 hommes. Les observations n'ont pas encore démonti é l'influence de

avec ces douleurs purement névralgiques 1 Vhérédité, Il n'en est pas de même de

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raction du climat et des conditions atmosphériques.

La ninladie de Hright, « semblerait en effet plus commune en Angleterre que chez nous; la masse de faits que les observateuis dislini:u('s de ce |)ays sont parveinis a rassembler, le prou\e évidemment. Nous voyons aussi, dans notre pays, (pie cette espèce d'hydropisie paraîtrait )>Ius commune dans le nord que dans le midi, et que dans les régions intermédiaires riiifluenre du froid liiunide sVst fait sentir sur beaucoup de malades; chez les uns, c'est parce qu'ils s'exposaient à l'air libie, présentant ces conditions; chez les autres, c'est parce (ju'ils se trouvaient places dans des circonstances où il est difficile de les éviter, soit par l'habitation de lieux malsains, etc. Dans tous ces cas, l'impression directe du froid supprime la transpiration, trouble la circulation cutanée, puis détermine une sorte de refoulement du sang dont bis reins doivent, surtout, ressentir les effets. Le froid agit en- <'()re avec énergie et de la même manière lorscjue l'on prend des boissons glacées , le corps étant couvert de sueur. Nos observations fournissent des exemples assez nombreux de diverses circonstances.

» l)'a[)rès ces motifs , les professions qui e\i)oseiit long-t('iin)s à riiumirlité ; celles (jui j)euvent occasionner des transitions un peu brusques du chaud au froid, sembb'iit, plus (jue les autres , disposer a contracter l'hydropisie avec albuminurie.

Ainsi, les blanchisseuses, les débardeurs, les serruriers et les hommes de |)eine i)araissonl plus fré(|ueinment atteints de cette malarlie (|ue d'autres ouvriers. » (Martin- Solon, ouv. cil., p. '2.06.)

A ces différentes causes, on peut joindre les violences extérieures sur les régions lombaires, les chutes, des fatigues excessives, l'abus des ii pieurs, etc.

On a recherche si certains états morbides ne pouvaient pas eiiiraîner, par le trouble qu'ils jiortent dan^ divers organes, r,iller;ition spe» lale du i(iii, e! jvar suite, l'hydropisie. ( )ii a accuse la phtiusie , la svpbilis, les anedion^ goutteuses, calculeiises. etc., mais il n(; parait iia^ y avoir là de rapports appréciables, il n en est pas <le même pour les iii.iladies du c(eur. Ici, 1 inlluencc est réelle, et les auteurs en ci-

tent plusieurs exemples. On sait, en effet, que les lésions du centre circulatoire ont ])our résultat de déterminer des stases de sang dans les principaux viscères, et l'hypérémie qui a lieu dans le rein devient alors la cause de Talhuminurie. C'est encore ici (ju'il convient de ranger la rougeole et la scarlatine parmi les causes de la maladie de Hriglit. Les malades qui meurent d'anasanpie dans la convalescence des fièvres éruptives présentent exactement la lésion du rein qui constitue le i)remier degré établi par M. Rayer, c'està-dire une notable congestion sanguine avec turgescence de la substance corticale.

Analoinie pailioiogiquc. Nous emprunterons à iM. Littre Pexcellente description qu'il a donnée (X^i^ lésions qui constituent les six degrés établis par M. Rayer.

Première forme. « Le volume des reins est augmenté; chez l'adulte, leur poids peut s'élever, pour cbacun d'eux, à 8 et même Iti onces au lieu de 4 leur poids moyen. Leur consistance est ferme, sans dureté, comme celle des reins gonfles par une injection aciucuse; leur surface, d'un rouge plus ou moins vif, parait jM(|iietee d'un grand nombre de petits points rouges ])lus fonces (pie la teinte générale de cet organe. A la coupe , on reconnait que l'augmentation du volume des reins est due au gonllement de la substance corticale. Intérieurement, cette suhstance jiresente un grand nombre de petits points rouges semblables a ceux qu'on observe extérieurement et qui correspondent, la i)lupart, aux glandules de iMalpighi, injectées de sang.» M. Littre s'appuie sur ces caractères, pour faire admettre (]ue cette hypéremie est réellement de nature indammatoire. Ue cette forme, continue-t il, à caractères si manifestes et si tranchés, il s'agit de i)asser au\ formes suivantes qui, par le travail pathologi<iue (jui s'est lait dans leur sein, se sont beaucoup éloignées d« ce type primitif ; mais, si les autopsies offrent des reins dans lesquels la rougeur et l'engorgement sanguin subsistant dans quel(|ue8 portions, en ont abandonne d'autres, et y ont fait place à des apparences (pii régnent dans des formes encore plus éloignées, il .sera permis, a l'aide de cet anneau moyen, de rattacber 1 ctaL ou le caractère iuUaminaloire

est le plus effacé, à l'état oii le caractère inflammatoire est le plus manifeste.

Deuxième forme. « Le volume et le poids sont augmentés comme dans la première forme, mais ce qui appartient spécialement à la seconde , c'est un mélange d'anéLuie et d'hypérémie fort remanjuables , un aspect marbré de la surface des reins produit par des taches rouges disséminées sur un fond d'un blanc jaunâtre.

A la coupe, la substance corticale, goiiflée, offre une teinte pâle , jaunâtre , tachetée de rouge , et se détache fortement sur la substance tubuleuse , dont la teinte est d'un rouge brun

Troisième forme. <« Le volume et le poids du rein sont augmentés ; on ne renjarque plus ni taches , ni marbrures , la substance corticale otTre une teinte pâle assez uniforme , d'un blanc rosé légèrement jaunâtre, ou bien une teinte plus pâle encore et analogue à celle de la chair d'anguille. On comprend que cet état n'est qu'un degré de plus de la seconde forme, où l'engorgement sanguin s'est de plus en plus etïacé, et a laissé un tissu décoloré , mais encore tuméfié et tout plein des restes d'une inflammation , où la résolution n'a

fait aucun progrès elle est partie d'un

rouge général et intense, et elle a passé par les marbrures pour arriver à la teinte que nous voyons dans la troisième forme.

Quatrième forme. « Ce que je viens de dire de la troisième forme s'applique exactement à la quatrième, qui a été désignée par M. Bright sous le nom à'af^pect granulé des reins. Comme dans la précédente, ces organes sont plus volumineux et plus pesans que dans l'état sain; leur surface extérieure , le plus souvent d'un jaune pâle, est parsemée et quelquefois couverte ùq petites taches d'un blanc laiteux, un peu jaunâtres, de la dimension , en surface, de la tête d'une épingle, souvent allongées, et ressemblant assez bien à des grumeaux de petit-lait qui seraient répandus irrégulièrement en plusiou moins grand nombre à la surface des reins. Toutes sont voilées par une lame extrêmement mince, à travers laquelle elles paraissent comme sous un vernis. La surface du rein est parfaitement lisse; tantôt ces petites taches laiteuses ( granulations de M.

Bright) sont rares dans l'épaisseur de la

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substance corticale, et abondantes à la surface; tantôt au contraire, l'altération granuleuse envahit toute la profondeur de cette substance. L()rsr|u'on divise les reins de leur bord convexe à leur scissure , la

substance corticale oflre, comme dans la seconde et troisième formes, une teinte générale, anémicjue et jaunâtre, qui contraste fortement avec la couleur rouge de la sijbstance tubuleuse. La substance corticale gonflée occupe un espace plus considérable que dans l'état sain surtout dans ses prolongemens entre les cônes.

Cinquième forme. « La cinquième, plus rai e que les précédentes, détermine aussi un accroissement dans le volume du poids des reins; ce qui la caractérise, c'est un aspect particulier dont on ne peut donner une image plus exacte, (pi'en disant qu'un grand nombre de petits grains de semoule semblent déposés au-dessous de la membrane celluleuse propre.

Sixième forme. « Enfin, dans la sixième qui paraît correspondre à la troisième variété décrite par AL Bright, les reins rarement "^plus volumineux , et quelquefois plus petits que dans l'état sain, sont durs et présentent des irrégularités à la surface. On y distingue peu ou point de taches laiteuses; mais à la coupe, on en découvre toujours un certain nombre dans l'épaisseur de la substance corticale, 3> {Eœpérience.^ t. i, p. 62 et suiv.)

M. Martin-Solon a réuni avec raison, je crois, la quatrième et la cinquième forme de M. Rayer, en une seule. Il faut aussi observer que la lésion décrite par Bright sous le nom de granulation est; fort rare. Ce que Ton trouve ordinairement, dit-il, dans la quatrième forme, ce sont des grumeaux blancs, pultacés, crémeux, qui semblent plutôt dépendre d'une exhalation interstitielle que d'une dégénérescence du tissu normal. ( Ouv. cité, p. 201.)

« Quant à l'hydropisie , il en existe presque toujours des traces , soit dans le tissu cellulaire, soit dans la cavité des membranes séreuses ; et le plus souvent la quantité de sérosité déposée est considérable. Au lieu de sérosité, le tissu cellulaire contient quelquefois une matière gélatiniforme. » (Rayer, t. ii, 104.)

Symptômes, a. FormQ aiguë. Cette

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forme n'est pas la plus commune. On l'observe chez les ci. fans après la scarlatine, surtout dans les temps d'épidéniie ; rimpres<i()n du froid et de lliuniidilé, les cliangcmcns brusques de tenipérature peuvent la produire cliez les adultes. Ses plicnoiuèncs anatomiqucs sont ceux de la premicre et de la seconde formes que nous avons décrites. C'est spécialement à cette forme , qui présente des caractères inflaniuiatoires , que convient le nom de n('[thrite albumiueuse, imi)osé à la malarlie par iM. Rayer.

Kl le débute sou\eut à la manière des alTcdions p!il«'guia>i(iues, [)ar un frisson, suivi (le clialeur à la peau, de soif, de fréquence cl de dureté du [)ouls. Quand le frisson manque, les autres plicnomèucs fébrile- n'ont pas moins lieu. E[i même temps l'urine est moins abondante que de coutume , d'une teinte rougeàlre ou «l'un brun foncé, mêlée de sang; d'une rcaetion acide ; ordinairement, plus den^^e <jue l'iMMue saine. Par le repos, elle dépose des flocons filamenteux rougeàlres, qui semblent formes par la partie fibriiieuse du sang. La quantité d'urine rendue eu vingt-quatre lieures est moindre que celle des boissons ; elle est réduite (le 12 à 0 onces par jour. L'orftwr de Puline a per<lu sou caractère si)écial , au l)out de vingt-quatre beures, I\I. J\ayer l'a trouvée analogue à celle du bouillon de bd'uf. Si au nntment de remi>-sion, on rcxamine au mirroscupe, ou y trouvera des globules :-angnins, jiarfois (\v^ globules nniquenx, et toujours de petites lanitlles d'epiibelium. .\b.uidonnée à elle-uiém«» , elle donne beii a un de|iôt comjiose de ces gl(.bules et de ces lamelles. U y a bien rarement ici des cristaux d'acide uritpie. Au bout de (|uel(|nes joins, l'apparence de cctic urine cbauge ; elle cesse de contenir des globules sanguins, et prend une teinte citrine. Assez souvent, elle redevient s,»nguirioIente peiidant les exacerbations que la niabidie présente dans son cours; mais la quantité des globules sanguins est loin detre toujours pu r ippf)rt avec rinteii-ité du mouvement fébrile.

Lnquani itc d'albumine rel^\^'ln\vc (hu< les muies rendues en vingt-cpialre heures (lillere non seulement suivant les cas, niai.s encore suivant les individus , aux

din"érentes époques de la journée; elle est aussi sans liaison avec la quantité de globules sanguins en suspension; et presque toujours moins abondante que dans les urines pâles de la néphrite albumiueuse chronique. Nous verrons plus bas les moyens de reconnaître la présence de l'albumine. Ici encore, la proportion des elemens normaux de l'urine (urée et sels) diilère peu de ce qu'elle est dans l'état sain ; nous verrons (ju'il n'en est pas de même dans la forme chroni(pie. Le nombre (\es émissions est ordinairement aussi considérable que de coutume, seidement la (juanlite de li(juide rendu est moindre. En même temps que ces modification^ de l'urine ont lieu, le malade ressent dan*' la région lombaire une dou'eur, ou tout au moins un sentiment de gène et de pesanteur ; quehjuefois jilus d'un côté (pic de l'autre; mais j unais les douleurs si violentes de la néphrite aiguë, jamais d'extension au testicule ou à la cuisse , etc. Aussitôt (jue l'urine a été modifiée, une anasarque iie déclare : « Cette hydropisie commence par une boufRssure des paupières ou de tout le visage, surtout dans les cas qui surviennent a la suite de la scarlatine. D'autres fois, rcrdème se montre aux membres, puis s'étend rapidement aux autres jjarties du corps, ou disparait (piebiuefois dans l'une d'elles pour se montrer dans une autre. La peau chaude, renitente , ne se déprime que sous une forte pression du doigt, dont rimj)ression disparait promptement. » (Rayer, t. ir, p. lui». Le j)ouls est plus ou moins accéléré, il y a chalenr, sécheresse à la peau, la langue est rouge ou couverte d'un enduit nunpienx ; il y a de l'anorexie, des nausées, de l'oppression avec ou sans toux. L'anasai(pie s'arrête ou se développe de plus en plus ; dans ce dernier cas, les membres et le tionc peuvent accpiérir un volume énorme (pii rend les mouveinens du corps difliciles ou douloureux.

L'état du sang mérite une attention toute particulière. L'iie circonstance fort remarquable, c'est cpi'il est couenneux, le caillot est d ordinaire fortement rétracté. Le sérum est (piehpiefois rendu lactescent par une matière grasse quon peut i'^oler avec l'eiher. Au début, le sérum contient la même (luaniite d'albumine que dans

rétal, normal ; mais, an hont de qnoUjdc.s jours, et à mesure que Purine se eh.irge davantage de ce principe, la proportion diminue d'une manière notable; le sérum est donc moins dense et moins coagulable qne de coutume ; si l'urine devient moins albnmineuseja densité et lacoagulabilité du sérum sanguin augmenteront.

Terminaisons, i" Par résolution. Elle survient (pielquefois d'une manière très rapide; elle est alors annoncée par de véritables sueurs ou urines ciitiques dont l'abondance est supérieure à celle des boissons. Les urines reprennent la proportion normale de leurs principes conslans ; le mouvement iebrile cesse , les cpanebemens et infiltrations de sérosité disparaissent, et tout rentre dans Tordre dans le cours du deuxième on quatrième septénaire de la maladie. 2" Par la mort. Celle-ci survient dans un certain nombre de cas. « Le plus ordinairement cette fatale terminaison est annoncée par le développement rapide de symptômes cérébraux, on par une dyspnée symptomatique d'une pleurésie, d'iuie pleuro-pneumonie suraiguë , ou d'une péricardite. >» (Uayer, t. II, p. 111.) 50 Par lètat chronique. Tantôt, après avoir débuté comme nous l'avons dit, la maladie seml)le se guérir, mais l'aitération de l'urine persiste ; ailleurs, elle offre, après l'état aigu, tous les caractères de l'atFection chronique. Enfin, l'acuité ayant disparu tout à-fait en apparence, de nouvelles attaques semblables ont lieu, et la maladie revêt tous les caractères de la chronicité.

h. Forme chronique. Elle est incomparablement plus fréquente que celle dont nous venons de parler, elle lui succède quelquefois, mais ordinairement elle débute d'emblée. Ses lésions anatomiques sont celles qui constituent les quatre dernières formes de M. Rayer.

Le seul symptôme précurseur que Ton puisse citer, c'est la présence de Tal bumine dans les urines.

Quant aux symptômes locaux, nous noterons en pi'cmière ligne la douleur lombaire, sourde, profonde et peu intense, qui s'observe dans le tiers environ des cas. (Tissot, Thè^e Ci7t'e; Martin-Solon, ouv. cité, p. 213.) Cette douleur est augmentée par la percussion sur la région

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des reins, siirtont si celte partie a été autrefois soumise ;i une violence cîxlérieure. Mais (juand la douleur ne préexiste pas, la percussion n'excite aucnne sensation pénd>le.

Étal de Vurine. L'urine , au moment de son émission , mousse beaucoup plus que de coutume; cette mousse [)ersiste beaucoup plus long-temps (pie celle de l'urine normale; on peut aisément reproduire ce caractère en agitant l'urine, et surtout, comme l'a proposé M. Tissot, en la faisant traverser d'un co>u*ant d'air par l'insufllation à l'aide d'ini tube, dont on plonge l'une des extrémités jiiscju'.iu fond du vase. »> (Marlin-Solon, o«i\ d/c, p. 214.) La quantité de l'urine est réduite de près d'un tiers, à moins qu'on ait administré des diurétiques ; sa couleur est assez variable; cependant, eonime nou> l'avons vu dans la forme aiguë, au (-ebut elle est qnebpiefois rougic par la matière colorante du sang, tandis qu'à une é[)oque plus avancée elle est d'un jaune pâle et légèrement louche. Vodeur olFre ceci de remar(piable, (pi'elle est moins prononcée que dans l'élat normal, et ici les exceptions sont fort rares. La dcnsUé de l'urine est généralement diminuée. Des chilCres 1,020 à 1,024, qui représentent la densité moyenne à l'état normal, elle est to:n bée à 1,0] 5 et même à l,0()o. Celte cir ■ const uice est d'autant plus remanpnbîe, suivant M. BLartin-Solon , que les urines accidentellement alhumineuses dans diverses maladies aiguës, ne présentent jamais un pareil abaissement. Notons que dans la forme aiguë l'urine est quelquefois plus dense que dans la santé.

Caractères chimiques. Plusieurs réactifs peuvent déceler l'existence de l'albuiriine ; la créosote est dans ce cas ; mais il faut que l'albumine soit en très gr.inde quantité. L'infusion de noix de galle , l'alcool, la solution d'alun, la solulion de deufo-chlorure de mercure précipitent , il est vrai , les urines alhumineuses, mais comme ils troublent aussi l'urine normale, leur emploi est dépourvu du degré de certitude qu'exige lui pareil examen; l'hydrccyanate ferrure de potasse vaudrait certainement mieux ; ce réactif exige une addition d'acide acétique dans l'urine : mais les deux m.oyens par excellence sont l'a-

4»> llKl^S.

chie niiri(iiie cl la clialour. Tùiitcf(.i.s il faut ôirc bien prévenu (|iie Taciile no doit étro mis que goutte à goulto , parce que , mis en excès , il redis-joiit ou rend moins apj)arent le precii»iie. (^)uant à la ciialeur , il est aussi une précaution à pi endre, c'est d'avoir soin que l'urine soit acide; si elle lie l'était [)as, on ajouterait qucUpies gouttes d'acide acétique pour saturer Taicali qui s'oppose à la coagulation. (MartiniSolon , ouv. cité^ p. tiii.) Si la (piantite d'all)umine était très [)pu considérable , il faudrait prolonger l'ebullilion. A l'aide tle ces deux reactifs on peut découvrir de très faibles doses d'albumine.

«' Obtenu par le calorique, le coagulum forme ordinairement un trouble gênerai et Jaileux , (pii se dépose bien'ùt en grumeaux plus (tu iiiuins abondans. (^)uand r'est p ir l'addition de l'acide niiri [ne qu'il s'est develoi)[)e, il se présente ordinairement sous la forme d'un nuage di>linct dis|)'isé comme une sorte de disipie <pii se précipite le plus souvent. Ce nuage est opalin , grisâtre ou d'un beau l)lanc de lait ; (jueUpiefois il est ro-^e ; le coagidum albumineux de la maladie di; l^rigbt [leut lie pas se précipiter au fond du vase , et rester suspendu au milieu de l'urine ou on Ta formé. Celte circonstance se présente dans le cas où ramelioralion devient évidente. » (Martin-Solou , p, '220.}

Suivant Cbristison, la i)lus forte proportion de cet eleiuent insolite (pie l'urine put contenir eiait de i pour 100. Al. iVLirtin-Solon allirme «pie l'on i)eut en rencontrer divantage; il a mi se prendre en masse par l'acide nitri(pie luiiiie d'une femme bydropique. {Oiic.rilè, p. ti21.) Î\I. ]\ayer a vu la mèaie cliose arriver [y\r la cbalenr. (T. n , p H G.)

lùn même lemp^ «pie l'albumine s'ajoute ainsi au produit de la secieiioii rénale , d'autres substances qui en font partie dans l'elat normal s'en trouvent (diminees, tels sont les sels, mais surtout liiree.

o Le sédiment de ces urines allminiiieuses, dit M. Rayer, «irilinairement peu abondant , est en grande parti»; compose de |)eiites lam» lies depidiidiiiin , parfois de globules muqueux iiudangts de globules sanguins et de petits cristaux d'acide ' ique. On y rcnconire bien rarement des ^ aVs en poudre auiorpbe ; (juchpiclois

même ces urines, traitées par l'acide acéliijue , ne donnent presque aucune trace de ces sels. Ces pbospliates sont aussi eu f.iilde proportion , ainsi (pie je m'en suis souvent assure. » {Ouvrage cité ^ t. ii , p. IKÎ.)

La maladie î)eut consister pendant as^ez long-temps dans cette modilication des urines ; la douleur est à peine mar(]uée , et quebpiefois même le rein n'est sensible (ju'à une forte pression .- à peine les forces sont-elles un peu abattues , et ce n'est qu'au bout de plusieurs mois (|ue se forment les epancbemens et les inliltrations séreux dont nous avons maintenant à parler ; d'autres fois ces bydropisies surviennent plus promptement, et la maladie suit une marcbe (jui se rajqtrocbe davantage de celle «pie nous avons décrite sous le litre de forme aiguë.

Jlijdrupisic. L'anasarque précède toujours les colleclions séreuses; ces inliltratioiis commencent d'babitude, soit par de l'œdème des paupières et de la boudissure de la face (jui se montrent surtout le matin , soit , ce (pii est plus fréquent , par de l'o'deme autour des malléoles (juand le malade s'est tenu long-temps debout.

L'action du froid , mais surtout du froid liumide, accélère beaucoup les progrès de ranasar(iue , et rend celle-ci plus considérable. On l'a vu , sous riulluence de celte cause, envabir en quelijues jours toute l'étendue du tissu cellulaire sousculané. La rénitence est dabord [)eu mar- (|uee, l'œdème i)re«ente tout-à fait les calacleres des liy(lro[)i-ies passives, mais plus tard la prau se tend et se laisse plus dillicilement déprimer que dans l'œdème ordinaire. On peut noter ici, avec plusieurs auteurs, la difliculle avec hujuelle l'inliltr.ilion diminue même dans la position lioiizoïiiale ; et encore celte circi)n'»tance, ipie dans la maladit; de Briglit sans complication le V(dum(! des parties (l'dématiees est beaucoup moins considérable (luil ne l'est dans les maladies du C(eur; les colleclions séreuses se fmnieiil a]nès riidillialion ; c'est surtout b; péritoine (pli est le siège de l'éiiancliement , et il e.st rar(î (pie celui-ci atteigne de fortes proporlions ; la |)levre , le [tericarde , et eiilin les ventricules cérébraux et le canal racliidien peuvent aussi reuferuicr de

IlEINS.

la sorosilô. Sur tiS cas rapportés par IM. IMarliu-Sulon , il y avait. IS anasarqiu's simples, 40 aiK\sar<ni('s cotnplijjuéos d'épanchemont; 1) de ces colleclions avaient iieii dans le péritoine , 1 seule existait dans la plèvre , et encore y avail-il une maladie du cœur. L'existence de l'urée dans la sérosité de ces liydropisies , déjà indiquée par Kysten en 1810, a été confirmée par MM. Guibourt (1853) et liarlow (1854).

État du sang. Quand la maladie est ancienne , le sang subit des modifications fort importantes à étudier ; et d'abord la proportion de ses deux principaux élémens, le sérum et le cruor, cbange aux dépens de ce dernier , le sang devient plus fluide, il s'apauvrit. La proportion de l'albumine du sérum dimiime d'une manière sensible ; et, suivant Grégory , la densité du liquide tombe de 1,028 ou 1,029 (état

sain) à 1,022 1,015. Eu même temps

le sérum est blanchâtre , lactescent si on le coagule par l'acide nitrique ; au lieu de se prendre en une masse compacte homogène d'un blanc mat, il se condense en une sorte de magma grisâtre diflluent analogue à de la gélatine à demi prise. Ce magma perd par la dessiccation beaucoup plus de son volume que celui du séium normal.

D'après l'analyse de plusieurs chimistes, le sang des malades atteints d'hydropisie, avec albuminurie , présenterait une modification remarquable; ce serait, selon MM. Proust et Bostock, la présence d'une matière analogue à l'urée. M. Christison pense que cette substance n'est autre chose que l'urée elle-même ; et sur cinq analyses que ce professeur distingué a faites , il a trouvé ce principe dans deux cas , et ne l'a pas rencontré dans trois autres. Ce principe, s'il existait, nous a échappé dans deux recherches que nous avons faites pour le trouver. » (Martin-Solon, omu. c, p. 223.) Examiné au microscope , le sang paraît renfermer des globules rouges moins nombreux que de coutume , tandis que , au contraire , on y aperçoit des globules blancs plus volumineux (jue les autres.

Symptômes du côté des autres fonctions . « Les plus constans , parmi ces symptômes, sont la diminution ou la cessation presque complète de la transpiration cu-

tanée , une dyspnée liabiluelle , quelquefois accompagnée de vomissemens, etsouv<iit de diarrhée , surtout dans les derniers temps de la maladie?; diarrhée qui , quelle (jue soit son abondance , n'ainene jamais une diminution notable dans Thydropisie. Prescpjc toujours aussi la res- [>iration est [)!us ou moins gênée par suite du développement d'une bronchite avec ou sans fedème pulmonaire, ou de la formation d'un epanchement séreux dans la plèvre, ou bien cette dyspnée est l'effet d'autres lésions pulmonaires ou cardia- (pies antérieures ou consécutives à l'alfection des reins. Enfin il survient parfois des aceidens cérébraux, dont l'invasion brusque est pres(|ue toujours l'indice dune terminaison fatale de la maladie. » (Rayer, t. ii, p. 124.)

Durée et terminaisons. Rien de plus variable que la durée de la néphrite albumineusechroniipje. Tantôt l'hydropisie survient peu de temps après que l'on a constaté la présence de l'albumine dans les urines , tantôt cinq à six mois après cette époque. L'hydropisie une fois déclarée , tantôt elle disparait au bout de (juelques mois de traitement; tantôt elle persiste jusqu'à la mort, offrant des intervalles de rémission ou même de guérison apparente , et reparaissant ensuite avec plus d'intensité , et cela à plusieurs reprises , jusqu'à ce que des phénomènes graves survenant , le malade soit entraîné au tombeau. La disparition de la maladie est annoncée par la cessation de l'hydropisie, mais surtout le retour progressif des urines à leur composition normale , et enfin par l'absence complète d'albumine dans le produit de la sécrétion rénale. Quant à la uiort , elle survient, soit par le fait de complication, soit par un épuisement progressif, le marasme ; en un mot, au milieu des ithénomènes de la cachexie séreuse.

Biagnoslic. 1» De la néphrite albumineuse aiguë. La coïncidence d'une urine albumineuse , le plus souvent sanguinolente , avec le développement plus ou moins rapide d'une anasarque accompagnée ou non d'épanchemens séreux dans le péritoine, les plèvres, etc. , forme un ensemble de symptômes qui ne se rencontre que dans l'affection dont nous parlons.

REÏNS.

L'absenco de caillots Pangiiins ou de sang pur et en nature difTcreiicie la néplirite albnmineuse aiguii (\e> heinalui'ies ordinaires ; dans riiématurie rénale , il y a ordinairement une douleur et une sensibilité [)lus maniuees d'un côté (jue de l'autre , l'urine est expulsée avec douleur ; la lié[ilirite ordinaire, mais surtout la pyelite, se dislinguent par les caractères suivans : 1" il n'y a ordinairement (pi'un seul organe ennauHiié ; ti» les douleurs à la région lombaire sont très vives et encore exaspérées par la percussion ; 3'' il se mêle vers la fin du pus avec les urines ; 4" enfin il ne survi»'ul jamais d'uMlème.

2° r>e 1(1 niphrite albutnincuse clironigiic. Ici le diagnostic est quel(|uofois assez difficile. Il peut y avoir hydrojji-ie et présence d'albumine dans les urines sans lésion spéciale du rein ; mais généralement dans ces cas les urines ont conservé leur odeur, leur couleur et leurs principes constituans habituels ; en outre il y a une cause, une n.aladiedu Cd'ur, du foie, fie, (pii explique riiydr()[)isie. Mais pourbicu établir le diagnostic, <' il faut comparer entre eux les sympt»')m''s les plus s.uUans de ces maladies, à leur début et d.uis les diverses périodes , et siu'tout opposer les uns aux aulres les caractères (jue présente l'urine dans ces diverses alfectious, et en particulier dans les diverses espèces d'Iiydropisi(! ; car, pris i^^olémenf, et considéré indépendamment des conditions qui l'accompagm-nt ou (pii l'ont j)récefle , il n'est peut-être |);is un seul symptôme de la néphrite albumineuse aiguë ou chronifpie qu'on ne rencontre dans plu<ie«M\s autns maladies. I/exi«;tence de l'albumine dans l'urine a été constatée dans un graufl nombre d'affections; la diiiunution de la pesanteur specifi(pie de l'urine par suite (b- la diminution des sels ou de l'urée , et d.ins (]u«dqiies cas la présence d'une certaine quantité de matière grasse dans ce liquifb' , l'efat comuuieux du sang, la diminution du nond)re di's glo!)iilcs sanguin^ dans le sang, la diminution delà poxauteur sptcifi |ue du «cnun et >;on a>« pcct lactesci'iil ont ete ob>«fMve>; dans plusieur< aulres maladies ; lurep a été trouvée dans le sang, à la suite (Textiritation des r«ir>s^ de leur atro[ihie , cl même après des allaqucs de néphrite simi)lc

aiguë ou chronique, on d'autres maladies ; les dépôts séreux ou les hydropisies sont des symptômes conununs à j)lusieurs autres allections (maladies du cœur, maladies du foie , maladies des veines , diabète, etc.). Mais il est une série de symptômes qui n'appartiennent qu'à la néphrite albumineuse aiguë et à la néphrite albumineuse chronique , et ces maladies ne peuvent être méconnues lorsque ces symptômes existent. » (Rayer, t. ii, p. 159.)

Pronostic, Il est néce>sairement variable suivant le degré de la maladie, l'état de simplicité ou de complication ; il n'est pas aussi grave que le docteur Hright l'avait avancé , d'après ses observations. Il est bien établi aujourd'hui que la maladie, prise à son début, peut guérir; à un degré un peu avancé la terminaison est presfjuc nécessairement fatale; elle peut être retardée mais non empêchée. Du reste , il faut avoir bien i)resente à l'esprit cette circonstance déjà plusieurs fois mentionnée , que la diminution graduelle de l'auasar(pie est un signe favoiable tant que l'alhuminurie diminue ; mais quatid celle-ci persiste , on doit craindre la récidive. Du reste, nous renvoyons à ce qui a été dit à pro[»os des symptômes et des terminaisons sur les circonstances (pii peuvent rendre sa terminaison fatale.

yaturc de la maladie. Pour !M. Sahatier 'ylnhiv. grncr. de mcd. , Ménx. rite), la maladies consiste dans luie modification des fonctions de la substance corticale qui laisse passer Talbumine du sérum et non le sérum lui-même, connue le voulait !M. Tissol ; mais (juelle est cette modification? en quoi consiste-t-elle .'... pour-

(|uoi ces lésions spéciales du rein?

M. iMonassot [Thèac ril<e, p. lî») remonte plus; haut , et note d'abord la diminution de la sécrétion «irinaire ; mais ce n'est pas tout ; pouripioi y a-t il de l'alhumine dans lesuriuf^s, et moins diiree;* D'autres y ont vu une altération |)rimilive du sang ; niais (pielle est ce|t(» al(eiali(ui , et poiu"- (juoi agit-elle sur le reiti ;*... D'autres , et a leiu- tête M. I^aycr, regardent la maladie connue inflammatoire; d'où le nom qui Iiii a été imposé par ce médecin [néphrite nlhiiniiniuse ; si l'on considère le iimde d'action (les causes (très souvent l'abus des stimulans, les contusions , l'action du

froid, etc.), ranatomie pathologique dns premier et second degrés , rexisteiice de la douleur, de quelques accidens fébriles, et enfin les avantages du traitement anliphlogistique , on sera porté à conclure «jue la maladie est inflammatoire: d'un autre côté, des causes débilitantes produisent le même effet; la rougeur du rein au premier degré peut être Teffet d'i]ne simple hypérémic ; la douleur est très peu marquée et quelquefois presque nulle ; il en est ainsi de la fièvre qui même peut manquer ; enfin les saignées peuvent agir en dégorgeant mécaniquement le rein.

Comme on le voit d'après les argumens et les réponses , la question n'est point encore décidée , et dans le traitement il faut avoir recours plutôt aux résultats de Texpérience qu'aux données de la théorie.

Traitement. 1° Dans la forme aigûe , tous les auteurs , partisans ou non de l'idée de rinflammation , s'accordent à préconiser les avantages des émissions sanguines.

La saignée générale est le premier moyen (jue l'on doit mettre en usage : la force du sujet , la rapidité de l'invasion , le degré de l'état fébrile, l'état couenneux du sang sont autant de circonstances qui commandent de revenir plusieurs fois à la phlébotomie ; et , à cet égard , M. Rayer conseille d'aller plutôt au-delà que de rester en deçà des limites qu'il semble nécessaire d'atteindre. D'autres , tels que M. Martin-Solon , conseillent les petites saignées répétées , en se guidant sui tout d'après l'état du sang; les sangsues et les ventouses scarifiées, appliquées à la région lombaire , conviennent quand le sujet n'est pas très vigoureux , que la reaction générale est faible. Ou y aurait aussi recours , de toute nécessité , si l'œdème étendu au bras ne permettait pas d'employer la saignée. Enfin , lorsqu'après l'usage des saignées et une amélioration de quelques jours les phénomènes reparaissent de nouveau , que l'urine se charge encore d'une grande quantité d'albumine , les émissions sanguines locales sont très utiles. Ces moyens seront encore, sans cela, secondés par des applications de larges cataplasmes émoiliens.

REINS. î^9

employés après les saignées , dans le but, surtout , de favoriser la résolution de l'anasarquc , et de combattre la constipation lorsfiu'elle existe. Dans les cas ordinaires, on aura recours aux purgatifs salins, que l'on fait prendre à plusieurs reprises. Dans les cas d'oedème très considérable , on préférera les purgatifs plus énergi(iues , tels que l'aloès, le jalap , la gomme gutte; dans les cas graves, ces médicamens seront comhinés avec les émissions sanguines.

Les complications du côté des voies digestives , les vomissemens et la diarrhée seront combattus par les sangsues à l'anus et par l'opium à petites doses que conseille M. Rayer.

Les bains de vapeur, les bains tièdes , donnés avec de grandes précautions pour ne pas refroidir les malades , les diaphorétiques légers peuvent èlre employés très utilement , pour amener la transpiration ; les diurétiipies seront aussi ordonnés dans un but analogue.

L'usage des soins hygiéniques rigoureux est ici néeessaire pendant la convalescence; ce qu'il faut surtout éviter c'est le refroidissement. Le malade ne sortira pas , ou presque pas , à moins que le temps ne soit très chaud.

Quant au régime , la diète, mais surtout la diète lactée (Rayer), est très avantageuse ; les bains sont encore très bons pendant la convalescence , mais nous ne saurions trop le répéter, il faut bien prendre garde que le malade n'ait froid après les avoir pris ; aussi le meilleur est-il de les administrer auprès du lit et de faire coucher le sujet aussitôt après.

2" Le traitement de la forme chronique est bien plus difTicile , bien plus embarrassant et, ajoutons, bien plus souvent inefficace.

Lorsque la maladie débute avec une certaine acuité , qu'il y a des symptômes de réaction , ou lorsque la maladie s'étant déclarée sourdement il survient des exacerbations, on peut appliquer, mais d'une manière bien plus modérée, le traitement de la forme précédente. Ainsi , une ou deux petites saignées, ou quelques applications de ventouses scarifiées ou de sangsues aux lombes seront indiquées.

Les purgatifs, dans cette période , sont Certaines complications, telle» que la

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phthisie, des affcrlions cancéreuses, etc. , feront rejeter toute idée d'émissions sanguines.

Les révulsifs intestinaux sont d'une liante importance. , surtout (juand on ne peut i)as avoir recours aux anti-plilo^'istif|ues. Ainsi, on purgera le malade deux fois par semaine avec une eau minérale saline; les [)ijrgatifs plus aclils , le jal.ip , la scamnionée , etc. , seront aussi ordonnés à doses rapproelu'e>^ , sftecialement dans le I)ut d(; couduitlre Thydropisie. Parmi les nond)reux purgatifs que possède la matière medieale , M. .'Martin-Solon semble donner la préférence à Tliuile d'cpurge, (pj'il emploie le plus souvent à la do>e de 1 à »> ^'rainmes ; plusieurs malades dont l'observation a été rapportée par Tauteur que nous Nenons de citer ont dû leur guerison au médicament dont nous parlons. 11 ne faut p.is , toutefois, tro[) insister sur son administration , car il finit par fatiguer la muipjcuse digestive. Lor><iue les malades sont très affaiblis , dit M. Rayer, on associera les purgatifs drastiques aux ferrijgineux. Enlinon peut aussi combiner entre eux les purgatifs salins et les drasliquiis , en les doiuiant alternativement.

Les révulsifs cul(nu's sont d'un usage moins fre(|uent et surtout moins répète. Cependant on [)ourra avec (juelque succès applifjuer un cautère ou un selon a la région des lombes.

M. l'.right n'ajoute pas grande coiifiance à l'aclion des diiirclit/ues si vantes par le docteur Cliri>ii>on. (^e dernier a surtout préconise les elfets de l'action combinée de la crème de tartre avec la digitale , donnée clia<pie jour a petite dose ; les médecins français n'ont pas retire de ce moyen les bons résultat"' annom e-^ [)ar le savant patliologisle anglais. Lorscpi'im emploie les dmreliques, il faut attentivement consuller l'elaldc l'organe malade; dans les |)reniicrs temp>^ on ne melira en usage que les diurctnpies emolliens , tels (pie les tisanes de cbiendent mirées, les emulsions, etc.; plus tard , on aura recours à des substances plus actives : la tisane de raisin sauvage parail avoir, dans plusieurs cas, fourni de b(uis re>ultats à M. R.iyer: la dose est (le 15 grammes pour 1 kilogramme de drcoclum ; on peut la porter graduelle-

ment à 50 et même 43 grammes. On préférera la racine sècbe, elle est moins acre , moins fatigante pour l'estomac.

(Rayer, t. ii , p. 15-4.) La poudre descille est aussi d'un très bon effet, mais ce dernier médicament doit être attentivement surveillé, parce que, à la dose de 40 à fit» centigr., il devient purgatif. M. Martin-Solon se loue beaucoup des bons effets de loxymel scilliliqueet du vin diurétique amer de la Cliarilè.

Les succès (jue loua quelquefois retirés des bains de vapeur administrés avec précaution sons des couvertures et dans \p. lit des malades , a conduit à essayer les dia~ phorétiques. Ainsi , les médecins anglais ont vaille la |)oudre de Dovver, donnée à la dose de 25 à -iOcintigr., répètes trois fois par jour; ici encore les paihologistes français sont en desaccord avec nos voisins , et ils n'ont généralement pas eu à se louer de cette médication.

IM. lAIartin-Solon pense que les résolutifs ou al I crans , donnes à l'intérieur, peuvent imi^saminent concourir à la guerison de la maladie del^rigbt, lorstiue celle-ci n'est pas trop avancée. Il a essayé dans ce but des [)ilules mercurielles et savonneuses : sur S malades soumis à l'emploi de ce moven, 5 seulement en ont ressenti une inlluence salutaire , et , cliose remarquable , ces pilules n'ont éclioué que lorstprelles ont provtxpié la salivation et le devoiement " Voici , dit cet auteur, les formules dont nous avons le plus fréquemment fait usage : i gros d'onguent napolitain, 2 bcrupules de savon médicinal , et tanl(H 1 scrupule de poudre de scille, tantôt 1 scru|)ule de poudre de ciguë, et liabiluellement 3 à G grains d'extrait Ibebaïipje; on divisait la masse en 24 pilules. Les malades en prenaient 1,2, 5, |)lus rarement 4, et davantage en Ningt-(iuatre beures. « {Ouvraye cité y p. o02. )

Ouand le sujet est très affaibli , (pie la c()nstitulion est délabrée , il convient d'avoir recours aux toniques; les préparations ferrugineuses, celles de ((uiiupiina associées a la scille ou au gayac peuvent être avantageuses pour relever les forces abattues.

■Soins hygicnif/ucs. u II est toujours nécessaire de veiller à rulimcutatioii du ina<

REINS

lade. Souvent raiïection quo nous avons décrite se développe sous rinlluenfe d'une mauvaise alimentation et des privations qu'impose Tindigence ; il faut remédier à cette modification de l'organisme par un bon régime. Toutes les fois que les aceidens présentent une certaine gravité , que la maladie est à son début et se compli(|ue d'un état inflammatoire, l'alimentation doit être supprimée ou réduite à (pjclques bouillons; si ces accidens diminuent sensiblement, on peut donner quelques alimens solides que l'on augmente graduellement.

Comme l'anasarque par altération du parenchyme du rein survient chez les sujets qui s'exposent à l'action de l'humidité et du froid, il faut, chez ceux qui présentent cette fâcheuse maladie, prévenir l'influence d'une cause semblable , et faire qu'ils vivent habituellement au sein d'une atmosphère chaude et sèche.

« Nous terminons en rappelant que , si le malade est assez heureux pour parvenir à la convalescence et obtenir une entière guérison , il ne doit négliger aucune des circonstances capables de le mettre à l'abri des influences qui ont déterminé son mal. Changement d'habitation, changement de profession , changement de nourriture, toutes ces précautions sont quelquefois nécessaires pour prévenir une rechute. M (Delaberge etMonneret , Cornpendium de médecine pratique ; t. i ,

Dégénérescences cartilagineuse , osseuse, etc. Des transformations partielles ou générales du rein en tissu fibreux ou fibro-cartilagineux ont été rencontrées par quelques auteurs; mais ces lésions n'ayant pas déterminé de symptômes appréciables pendant la vie , ou étant peut-être la conséquence de néphrites chroniques, nous ne pouvons pas nous y arrêter. Les ossifications offrent quelque chose de plus important ; tantôt il se forme des productions osseuses partielles , des ostéides ; tantôt tout le rein semble envahi par l'ossification et remplacé par une masse de substance calcaire. Ces ossifications, dans les cas où les phénomènes ont été notés pendant la vie, paraissent avoir déterminé des souffrances quelquefois fort vives.

Tissus érectiles. La formation du tissu érectile dans le rein est un phénomène

fort rare, et Ton ne peut lui assigner de symptômes spéciaux. Nous en dirons autant des dégénérescences graisseuses.

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