‹ Dictionnaire des dictionnaires de médecine français et étrangers, ou, Traité complet de médecine et de chirurgie pratiquesChapitre 32 sur 117 · DE · texte numérisé non relu

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la flexion qui alla sans la moindre résUtance jusqu'à ses limites les plus extrêmes ; en même temps le coude reprit sa conformation naturelle : les mouvemens d'extension et de flexion s'exécutèrent avec une grande facilité , tant les moyens d'union des surfaces arlicidaires étaient relâchés. Au bout d'une demi-heure il survint une douleur vi(tlente dans l'articulation et un vaste engorgement sans rougeur ne tarda pas à la suivre 50 sangsues au bras , polioii avec deux grains d'opium, application d'eau végélo-minérale). Le lendemain une ecchymose très ft)ncée se montra tout autour de la tuberosite interne de riiumérus. Celte partie était très sensible. Tous ces symptômes se dissipèrent par le repos et les ap[tlica!ions résolutives. Une légère raideur qui persi>la dans rîirliculation fut facilement (ombattue par les douches deau minérale, et lorsque le malade (piitia rii'qjital , deux mois après la réduction , rarticulatioi; ne |)résentait plus de trace de laccidenl : sa forme , ses mouvemens et sa force étaient parfaitement rctablis. » {Gazelle médicale ^ 1^56, p. 45o.)

A la suite de ce fait l'auteur ajoute les réflexions suivantes :

»( L'emploi du moufle, dit-il, dans la reiliiciion des luxations, proscrit d'une manière si absolue par les chirurgiens fiançais, a été heureusement renouvelé dans ces dernières années; car, si l'adresse est iudis|)ensable pour rétablir un os dans sa place naturelle, la force n'est pas moins, dans beaucoiq) de cas, et surtout dans les luxations anciennes, le principal élément de succès. Lt (pi'on ne dise pas (pjunc machine est une force aveugle «pi'on ne saurait limiter ni diriger. On ne peut faire aux extensions par les machines aucun rejjroche (jue l'em[)loi des aides ne mérite à plus juste titre.

'J'oiis les accidens survenus après la réduction des luxations ancieinies ont clé produits par des aides, l'eut-il en être autrement lors(|u'on réfléchit an résultat prodigidix que doit avoir l'elfort simultané (le dix ou douze jeunes gens ordinairement très robustes? Mais cet elfort a encore i'iuconxeiiieiit d'être instantané , tandis (pi'avc c une mai hiiie on n'y arrive (ju'avec le temps et par degrés insensibles. Les

COUDE

succfis obtenus à l'aide du nioullo, dans les luxations ancicnnos de la hanche cl d(i I opaulo, m'ongagèriMil à fah'c usagedu mônio instrument cliez le sujet dont on vient de lire l'observation, la force seule me paraissant pouvoir triompher des obstac'les ([ue l'ancienneté de la maladie et la vigueur des muscles opposaient à la réduction. La structure de l'articulation n'avait rien qui dût s'opposer à l'emploi de ce moyen. L'apophyse coronoïde, placée dans la cavité olécrânienne, me paraissait devoir s'en dégager par suite de l'extension complète de l'avant-bras, qui serait le résultat d'une traction très énergicjue. Cependant , la luxation remontait à soixante-dix jours , était plus ancienne que la plupart des luxations de môme espèce que l'on était parvenu à réduire. Dans les luxations latérales , les conditions ne sont j)lus les mêmes, les tractions ne se font plus dans le sens du déplacement, et n'ont plus les mêmes influences sur les os ; peut-être encore des adhérences plus rapides s établissent-elles entre les surfaces. )> [Fbid.)

En novembre 1837, M. Lisfranc a réduit, avec M. Malgaigne, une luxation du coude en arrière, datant de trois mois vingt et un jours, chez un enfant âgé de dix ans. La traction directe avec les poulies a été portée au degré de 300 livres. La réduction a été accomplie à l'aide d'un procédé qui consiste à tirer le bras et l'avant-bras en arrière, tandis qu'avec le genou l'opérateur repoussait l'avant-bras en avant et légèrement en bas. [Gaz. méd. , 1837, p. 746.)

Dans les luxations anciennes du coude, lorsque le membre avait offert une trop grande résistance , Boyer préférait abandonner le tout à la nature que de porter trop loin les extensions , les conséquences de ces extensions pouvant être graves selon son expérience.

M. Liston, chirurgien de l'hôpital de l'Université à Londres , a , dans ces dernières années, opéré la réduction de quelques luxations anciennes , en coupant préalablement les brides accidentelles qui empêchaient les os de reprendre leur position naturelle. L'idée première de cette opération appartient à Desault, comme on sait , qui l'avait proposée dans un cas de luxation irréductible du pouce.

On reconnaît (pie la réduction est opé-

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