‹ Dictionnaire des dictionnaires de médecine français et étrangers, ou, Traité complet de médecine et de chirurgie pratiquesChapitre 45 sur 117 · CU · texte numérisé non relu

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rarseiiic. {F. ce dernier mot.yQnelquefois, cependant, il est nécessaire de suivre deux procèdes, l'un pour la matière soluble, l'autre pour la matière insoluble.

» Pour isoler dans la première analyse autant que possible de la matière cuivreuse, la substance doit être traitée avec de Tacide acéti(]ue délayé , après avoir été bouillie. L'acide dissout le cuivre et le sèpaie des matières organiques avec lesquelles il formait uu composé insoluble. Il n'est pas sans utilité d'expliquer brièvement l'opération de l'acide acétique dans ce premier pas préliminaire : prenons poiu' exemple les préparations de cuivre mélaujjées à des substances urj^'anicpies, telles que le thé, le lait et l'albumine.

» Lorsque du sulfate de enivre est mêlé à une infusion de thé, il se forme un précipité noir, résultant d'oxyde de cuivre et de matière végétale, sans acide sulfurique. En y ajoutant de l'acide acétique, on dissout presque entièrement le cuivre. Si l'on collectionne alors la matière insoluble restante , on trouve [lar le lavage des traces de cuivre qu'on laisse pour la seconde opération.

<t Le lait offre les mêmes résultats que le (lié. Lorsqu'il est mêlé à une solution de sulfate de cuivre, le caséum tombe au fond avec l'oxyde, sous la forme d'un précipité caséeux d'un l>lanc bleuâtre. L'acide îicéiique sépare presque tout l'oxyde de cuivre , et laisse le caséum non dissous et blanchâtre.

» Dans le mélange avec l'albumine , l'action de l'acide acéti(]ue est un peu différente. L'albumine qu'on fait tomber goutte à goutte dans une solution de sel de cuivre produit un coaizulum dense et d'un blanc bleuâtre, qui devient d'inivert- Lleu.Ure par la dessiccation et forme une masse vitreuse , composée d'albumine et d'oxyde de cuivre. Si le préci[)ite n'a pas été exposé à une température d'environ ^l^o, la matière est entièrement dissoute par l'addition d'un peu d'acide acétique, ilais si l'oxyde albuminé a été bouilli dans de Icau, ou desséche à la vapeur, l'acide agit comme sur le précipite forme de lait et de la solution de cuivre. La dernière action esttrès distincte en immrrgeant de petites masses d'albiunine desséchée dans de l'acide acétique délayé. En peu d'heures la

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couleur bleue disparait complètement, et il ne reste rien autre que l'albumine coagulée . » Le mélange, suspect, préparé ainsi par l'addition de l'acide acétique, doit être filtré. La matière restée sur le fdtre est lavée, collectionnée, desséchée. Le liquide de ce lavage est ajouté à la liqueur filtrée. L'o[)ération se divise alors en deux parties , l'oxyde de cuivre pouvant se tiouver sur le filtre sous forme de sel insoluble, ou être passé dans la solution : il est bon cependant de faire remarquer, en passant, que très peu des sels de cuivre sont insolubles dans l'acide acétique affaibli ; de sorte que si la matière suspecte contient du cuivre, il y a probabilité (jue ce dernier se trouve dans la première partie de l'opération.

» Première opération. La solution doit être examinée d'abord : parce qu'il est probable q\"î c'est là que le cuivre se trouve, s'il y en a; et parce que, d'ailleurs, 1 analyse de ce liquide est plus facile que celle de la matière solide. La solution doit être alors traitée par le procédé ordinaire d'un courant d'hydrogène sulfuré, et soumise immédiatement à la chaleur pour expulser l'excès de gaz. Si l'on obtient un précipité noirâtre, ou brun-pAle, on le sépare; il y a prol)abilité en faveur de rexistence du cuivre. Si au contraire on n'obtient ni précipité, ni coloration brune,le liquide ne contient pas de cuivre. Pour s'assurer précisément que la nature du précipité dépend d'un sulfure métallique , le fluide doit être décanté après l'ébullition et le repos, et remplacé par de l'eau ; et lorsque le lavage a été répété plusieurs fois, le précipité doit être transporté dans un verre , ou mieux encore dans une soucoupe de porcelaine, et séché. Alors on le collectionne et on l'incinère dans un tube de verre, dans le but de détruire la matière végétale ou animale avec laquelle le cuivre se trouve mélangé. Le dernier temps de l'opération consiste maintenant à convertir le sulfure en sulfate, moyennant quelques gouttes d'acide nitricpie et une légère chaleur, et l'addition d'un excès d'ammoniacpie, avec ou sans filtralion préalable, selon le degré de matité de la solution nitreuse. Si le cuivre existe, on est frappé de la teinte bleue violette fonc««.

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nDettœième opér ai ion. Si\e cuivre n* est pas rencontré dans la matière filtrée , il faut agir sur celle qui est restée sur le filtre. Cette seconde opération est rarement nécessau-e dans une expertise médico-légale ordinaire ; elle n'est indiquée que dans le seul cas où il serait possible que l'oxyde de cuivre fut primitivement, ou par son mélange avec la matière , converti en sel inorganique et insoluble dans Teau ou dans Tacide acétique. La matière sur le filtre doit être d'abord bien séchée, puis chauffée à rouge dans un creuset, jusqu'à ce qu'elle soit complètement carbonisée. Le cuivre, qui se trouve ainsi réduit à l'état métallique , doit être alors traité avec l'acide nitrique , délayé dans son poids d'eau, et aidé de l'action d'une chaleur légère. On obtient ainsi une solution qui doit être filtrée et soumise à la réaction de l'ammoniaque et des autres réactifs liquides connus. Le procédé que nous venons de décrire est très délicat, simple et facile à la fois. J'ai , à son aide , et sans avoir besoin de recourir à la seconde opération, constaté la présence d'un dixième de grain de cuivre, ou, pour parler plus exactement , d'un trente-cinquième de grain d'oxyde dans o onces de thé , c'està-dire dans 84,000 fois son poids de thé , lait et sucre. Lhydrogène sulfuré a produit un trouble brun-pâle, qui par l'exposition à l'air a donné un précipité d'un brun-noir; et lorsqu'il a été chauffé à rouge , et soumis à l'iiction de l'acide nitrique, l'ammoniaque a donné à la solution une couleur bleue foncée. » [Oiiv. c. , p. 426.)

On conçoit cependant combien il serait hasardeux de se prononcer d'après ces seuls résultats dans une question criminelle , puisqu'il est prouvé par les recherches de Meissiier et de plusieurs autres qu une foule de substances végétales contiennent du cuivre , et par celles de M. Sarzeau confirmées par ^I.Devcrgie, que le .sang et les organes de Ihomine contiennent une certaine proportion du même nwtal. Il f'st vrai qiin les pr()[)0i lions du cuivre naturel sont extrêmement faibles, mais enfin rien n'est encore bien précisé à ce sujet, et re\i)ert doit mettre beaucoup de circon«[)erlion dans son jugement. Un« circonstance importunlc ne doit paa

être oubliée dans l'autopsie , c'est qu'une partie de la préparation cuivreuse reste attachée à la muqueuse gaslriijue malgré les vomisscmens violens et long-temps prolongés; de sorte qu'on a ici les mêmes remarques pratiques à faire que dans l'intoxication arsenicale. {F. Arsenic.)

M. Devergie recommande le procédé suivant pour l'analyse des matières des vomissemens causés par le vert-de-gris.

Séparer les matières liquides des substances solides , faire passer un courant de chlore à travers les premières, filtrer, évaporer et essayer l'action de l'acide sulfhydrique et du ferro-cyanure de potassium. Le résultat est-il négatif , mettre dans la liqueur une lame de zinc décapée, et ajouter assez d'acide chlorhydriquepour opérer un dégagement d'hydrogène : le sel cuivreux sera réduit par ce gaz, le cuivre se déposera à la surface du zmc , où il formera une couche brunâtre et devenant d'un rouge brillant par dessiccation. Après un laps de temps plus ou moins long , suivant la quantité de sel cuivreux qui se trouvera en dissolution , on retirera la lame au bout d'un quart d'heure ou d'une demi-heure , on la traitera très rapidement par quelques gouttes d'acide nitrique étendu d'eau , et l'on obtiendra du nitrate de cuivre parfaitement privé de matière animale. On ramènera ce sel à l'état solide par évaporation de la liqueur , afin de mieux constater sa présence. Un peu de nitrate de zinc se forme pendant la réaction de l'acide nitrique sur la lame de zinc. Tel est le procédé fort simple que nous proposons afin de mettre à l'abri de toute supposition relative au cuivre naturellement contenu dans le corps de l'homme. Ce serait à tort que l'on attaciierait de l'importance aux résultats négatifs que l'on aurait pu obtenir de pareils mélanges avec les réactifs seuls; en ell'et , IM. .Mitschcrlich a prouvé que dans certains mélanges de préparations cuivreuses et de matières animales , les réactifs oiïrent des résultats tout à-fait différens de ceux qu'ils présentent ordinairement, non seulement sous le rap|)ort de la couhur, mais encore sous celui de la formation des précipités. Quant aux maliéres solides , on les sépare des substances liquides et on les traite par l'acide chlorhydri(iue fumant , de manière

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à les dissoudre : on y fait passer un courant de chlore pour détruire la matière animale : on rapproclie la liqueur par évaporation ju^qu\j siccité ; on reprend par Teau acidulée, et on traite par les réactifs; dans le cas de résultats négatifs on agit comme il vient d'être dit à l'occasion des matières liquides. [L. c. , 528.)

Le même auteur prescrit le procédé suivant pour l'analyse des matières contenues dans l'estomac. « Examiner si à la surface de la membrane muqueuse ou dans ses replis il n'existerait pas une couche bleuâtre de sous-acétate de bi-oxyde de cuivre; dans le cas de l'aflirmalive , la séparer alors avec soin, la soumettre à des lavages réitérés , la laisser se déposer ; la dissoudre au moyen de l'acide chlorhydrique et essayer les liqueurs par le ferrocyanure de potassium, l'acide sulfiiydrique et le fer. Si l'on n'a rien observé de partiticulier dans Testomac, il faut le faire macérer à froid pendant une demi-heure dans de l'eau aiguisée d'un trentième de son poids d'acide chlorhydrique, faire passer dans les liqueurs un courant de chlore , rapprocher et traiter par une lame de zinc comme nous l'avons dit précédemment.

£n supposant que ces divers essaisn'aient amené aucun résultat on desséchera l'estomac et toutes les matières solides restées sur le filtre , on évaporera même à siccité le reste des liqueurs sur lesquelles on n'aurait pas agi précédemment avec les réactirs,etonles incinérera séparément.- on reprendra la cendre par l'acide nitrique afin de dissoudre le cuivre métalliiiue qu'elle pourrait contenir.Mais dans la supposition où l'on obtiendrait du nitrate de enivre , il s'élèverait alors la question de savoir s'il provient d'une préparation cuivreuse ingérée dans l'estomac, ou du cuivre naturellement contenu dans le corps de l'homme.

» Mode opératoire. Etendez l'estomac ouvert sur un plat large; examinez avec soin s'il ne présentait pas de traces d'une poudre bleuâtre déposéeà lasurface de la membrane muqueuse; enlevez cette poudre avec la lame d'un couteau ; introduisez-la dans un verre à expérience; lavez-la à plusieurs reprises jusqu'à ce qu'elle soit débarrassée de la matière animale avec Ia(|uelle elle est peut-être mêlée; si ces lavages sont insuf-

fisans, faites passer un courant de chlore jusqu'à coagulation de la matière animale, et recherchez la présence du cuivre dans la li(iueur au moyen des réactifs des sels cuivreux. (L'acétate de cuivre est un des sels qui se décomposent le plus facilement par son contact avec les matières animales; il en résulte un sous-deuto -acétate pulvérulent insoluble.) Prenez alors une lame de zinc de quatre centimètres de longueur sur un centimètre de largeur ; plongez-la dans la liqueur placée dans un verre à expérience ; ajoutez-y de Tacide chlorhydrique , de manière à ce qu'il se dégage du gaz hydrogène. Laissez le dégagement s'opérer pendant un quart d'heure au moins, et si le liquide renferme du cuivre , bientôt la lame noircira, il se formera à sa surface une couche brunâtre très faiblement adhérente. On retirera la lame, on versera à sa surface quelques gouttes d'acide nitrique étendu de deux fois son poids d'eau; une effervescence aura lieu, des vapeurs nitreuses apparaîtront , et la lame de zinc reparaîtra aussitôt dans son aspect normal. Le nitrate de cuivie sera introduit dans une petite capsule de porcelaine; on évaporera la liqueur à siceité, et l'on obtiendra un sel cuivreux solide reconnaissable à sa couleur ; ce sel sera altéré par u!ie petite quantité de nitrate de zinc. On le reprendra par de Teau aiguisée d'acide, et on le traitera par des réactifs. Quant à l'incinération, elle exige des précautions (jue nous allons faire connaître. Il faut d'abord que la matièie solide soit parfaitement desséchée avant de la décomposer par le feu ; le creuset dont on se sert ne doit point être échaulTé jusqu'au rouge; les matières solides ne seront jamais mises (jne par très petits morceaux à la fois dans le creuset , et l'on ne devra pas ajouter une nouvelle portion de matière avant que la précédente ait été ramenée à l'état de charbon. La carbonisation opérée , on élèvera la température du creuset jusqu'au rouge obscur, jusqu'à ce (pie l'on obtienne des cendres privées de charbon , ce à quoi on ne parvient souvent qu'après un ou deux lavages à leau distillée , des matières en calcination. Si la préparation cuivreuse existe en grande quantité , les cendres offriront une teinte bleue ; dans le cas contraire , celte coloration ne sera pas manifeste.

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Quoi qu'il arrive, il faudra traiter les cendres d'abord par de Teau, pour enlever les sels solubles qu'elles renferment, puis par Facide nitrique ajouté goutte à goutte et en excès ; chauffer pour faciliter la séparation des vapeurs nitreuses qui peuvent se produire , et pour évaporer l'excès d'acide nitrique employé ; reprendre par une petite quantité d'eau, puis traiter par un courant de gaz sulfhydrique les liqueurs introduites dans une éprouvette. M. Mitscherlich conseille même de traiter les cendres à plusieurs reprises par l'acide nitrique, et de calciner de nouveau , afin de détruire la totalité de la matière animale ; puis , pour arriver à un résultat plus certain encore , de faire fuser le résidu avec le nitrate d'ammoniaque , et afin de saturer la liqueur acide par l'ammoniaque, attendu que l'acide sulfhydrique n'agit pas sur une portion de sel cuivreux quand la liqueur est acide. Il se formera du sulfure de cuivre brun. On laissera déposer le précipité; on le rassemblera dans une petite capsule de porcelaine avec un peu d'eau; on y versera quelques gouttes d'acide nitrique ; le sulfure se dissoudra ; la liqueur prendra une couleur bleue , et on la traitera alors et par le fer et par le ferro- cyanure de potassium. » {Ihid.^ p. 550.)

Le 16 juin 1840, M. Orfila a lu à l'Académie de médecine un travail relatif aux moyens de constater la présence du cuivre dans le cadavre des individus empoisonnés avec les sels de ce métal. Il conseille les mêmes procédés que pour l'arsenic , c'est-à-diie l'ébullition du cadavre , etc. , et de traiter le décoctum par l'appareil de Marsh. {F. Arsenic.) Ici se présentent les marnes questions fjue nous avons exposées à l'arlicle Arsenic ; nous pensons que ce mode d'expertise est hasardeux , qu'il peut exposer à des erreurs graves , et (\\ii\ ne doit point être adopté dans les expertises criminelles. Une solution de cuivre f)eul être mjectée d.nis les veines d'un cadavre jiar la malveillance qui aurait intérêt de faire condamner un innocent. D'antre part, le cadavre pouvant résorber des sels de cuivre du sol, pouvant en avoir reçu durant la vie avec les alimons, etc., \\ est évident cpie , dans le cas où les r«'cherclies ordinal resaurai(!nt donné nu résultat négatif, il serait dangereux de

livrer la vie et l'honneur d'un accusé au hasard d'un pareil procédé chimique. (F. Arsenic)

§ m. Effets thérapeutiques. <f Le cuivre et ses préparations paraissent avoir été employés en médecine dès la plus haute antiquité, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur; mais ils étaient comme oubliés lorsque Stisser, Yan Helmont, Bayle et Boërhaave rappelèrent l'attention sur leurs propriétés thérapeutiques. De là une multitude d'essais ou d'assertions qui, aujourd'hui qu'ils sont de nouveau fort négligés^ rendent l'histoire de ce métal bien longue, tandis que ses applications médicinales demeurent très bornées. La plupart de ces préparations, au reste, semblent jouir de vertus analogues ; elles peuvent , suivant la dose ou le mode d'administration, agir à l'extérieur comme stimulant, cathérétique, corrosif; à l'intérieur, soit comme vomitif, soit comme irritant des premières voies, soit comme excitant général des systèmes nerveux, sanguin, et même lymphatique. On les a surtout vantés, à l'intérieur, comme utiles contre l'épilepsie, la syphilis, le cancer, la phihisie ; et à l'extérieur, dans les cas d'ulcères de mauvaise nature , d'écoulemens anciens , dans les ophthalmies chroniques, etc. » (Mérat et Uelens, loco cit.,]). 499.)

Vacétate de cuivre n'est pas employé de nos jours en médecine. Autrefois cependant on le donnait à la dose de 50 à 50 centigrammes (6 à 10 grains) par jour contre le cancer, et même contre le narcotisme qui succède à l'empoisonnement par l'opium. Du temps de Uesault, ce sel était beaucoup employé, conjointement au sublimé corrosif contre les ulcères cancéreux. On l'unissait aussi à la ciguë contre la même maladie. En chirurgie, on s'en est servi à l'instar de la pierre infernale pour toucher la surface des ulcères fongueux ou difliciles à cicatriser, pour cautériser les aphthes ; et en solution comme collyre, pour faire disparaître les taies de la cornée ; en injection contre les {lueurs blanches, la blennorrhéc et les hémorrliagies. Les fameuses pilules de (ierbier contre le cancer ne sont composées <pie de verdet et d'orge torréfié. Aujourd'hui, elles ne sont plus employées.

Les carbonates de cuivre ne sont près-

CUMLN.

que pas employés en thérapeutique ; ils jsont peu sohibles, en effet, et par conséquent peu actifs. M. Plutchinson de Londres, cependant, les a, dans ces derniers temps, expérimentés contre le tic douloureux et quelques autres névralgies ; il a administré le sous-carbonate spontané de cuivre à la dose de plusieurs grammes par jour. Ces expériences ont été répétées par d'autres praticiens en Angleterre, mais avec des résultats divers ; ce sel a été porté jusqu'à 15 grammes par jour dans certaines névralgies.

Vhydrochlorate de cuivre est regardé comme un stimulant actif par M\I. Mérat et Delens. C'est avec ce sel qu'on compose la fameuse teinture bleue d'Helvélius , qu'on prescrivait autrefois contre le racliitis et le carreau, à la dose de quelques gouttes dans de l'eau de houblon, et (ju'on a plus tard préconisée contre Pépilepsie. (Jourdan, Pharmac. univ. , t. i, p. 467.) L'iiydrochlorate de cuivre et d'ammoniaque (muriale de cuivre ammoniacal) a été également conseillé contre Tépilepsie à la dose de 10 à oO centigrammes par jour (2 à 10 grains), et aiissi en solution , par gouttes, contre la cachexi*;. Veau céleste^ employée comme collyre, est composée d'eau de chaux, de sel ammoniac et de verdet.

Le nitrate de cuivre a été aussi employé extérieurement comme caustique, et intérieurement contre la syphilis, à la l)lace du mercure, à la dose d'un huitième de grain par jour.

Le sulfate de cuivre sert en pharmacie pour pré[)arer la77it'?Te divine^ à l'aide de l'alun, du nitrate et du camphre. Il est employé en ophthalmologie contre les conjonctivites catarrhales et purulentes en général. En Angleterre, on s'en sert comme émétique lorsqu'on veut évacuer promptemcnt l'estomac de quelque matière vénéneuse. L'observation cependant a appris que cet émétique n'est pas sans danger dans ces cas, car pour agir il faut le donner à la do<e de 15 à 50 centigrammes (3 à 6 grains) ; or, il est prouvé que, pour provoqiier le vomissement, il doit être résorbé d'abord; en conséquence, il pourrait aggraver l'empoisonnement qu'on voudrait combattre. Fréd. llofTmaim le donnait comme emetique ordinaire, à la ( du double de celle usitée pour l'usage inlerne

dose de 3 à 10 centigrammes (1 à 2 grains) dans du bouillon, comme le tartre stibié en lavage, contre les maladies inflammatoires. Cette formule peut être conservée sans inconvénient. D'autres Tout donné aussi contre l'épilepsie, contre l'hydropisie, contre le croup, à la dose de 20 à 50 centigrammes par jour (4 à 10 grains). On mêle à du sucre en poudre, et l'on en fait des paquets contenant chacun 1[2 grain de sulfate, qu'on donne un toutes les deux heures. Plusieurs auteurs recommandent aussi le sulfate de cuivre comme calmant ou anti-spasmodique.

Disons enfin que Técole italienne regarde le cuivre et ses préparations comme un contro-slimulant analogue à l'arsenic, au tartre stibié, au mercure, etc. Comme tel, elle le prescrit contre toutes les maladies inflammatoires ou à fond hypersthénique. Elle le prescrit à doses élevées comme le tartre stibié dans les phlogoses graves, et en proportionne, au reste, l'adniinistration au degré de tolérance. L'épilepsie, le tic douloureux, le croup, les oi)hlha!mies, et les autres affections dont nous venons de parler, ne cèdent à l'action du cuivre que parce qu'elles sont des maladies à fond hyperslhénique. L'hydropisie, si elle était de nature passive ou asthénique, empirerait sous l'influence du cuivre.

CUINIIN. Le cumin (aiminum, cymîtmm , L.), plante de la famille des ombellifèrcs et de la pcntandrie-digynie de Linné, se cultive en Eizypte, en Sicile, et surtout à Malte. Le fruit seul est employé en médecine.

Les semences de cumin sont, comme l'anis et le fenouil , des stimulans aromatiques chauds, qu'on donne comme stomachiques, résolutifs, etc.

On prescrit le cumin sous les formes de poudre, d'infusion et d'huile volatile. En poudre, on le donne à ladosc de G à ISdécigr. [l-l à 5G grains), soit délayé dans un liquide approprié ou enveloppé dans un morceau de pam azyme légèrement humecté d'eau, soit transformé en élccluaire ou en pilules.

Son infusion se prépare en vase clos, avec 4 à 8 granujies (l à :i gros), des semences entières pour ."> heclof^rammes (1 livre j d'eau bouillante. On la fait jjrendre par petites demi-tasses, dans le courant delà journée, après l'avoir convenablement édulcorée avec du sucre on un sirop approprié. Parfois, on l'administre en lavcmens, mais alors la proportion des semences augmente généralement

CYANOGENE.

Enfin, on s'en sert aussi en injection dans le conduit auditif, contre la dureté de l'ouïe.

J.'huile volatile se donne à l'intérieur, à la dose de 3 à 10 ou 12 gouttes, soit sous forme d'oléo-saccharum , soit dans un élecluaire ou dans une potion. Al'eitérieur, on l'emploie en frictions, étendue dans un liniment excitant,

CURCUxMA. Le genre curcuma appartient à la famille naturelle des amomées , et à la monandrie-monogynie de Linné. Il renferme plusieurs espèces, toutes propres aux Indes orientales; une ou deux de ces plantes fournissent à la matière médicale leurs racines.

Ces racines, connues encore sous les noms de terra mérita, de turméric, de safran des Indes, etc., sont produites par le curcuma longa, L. Telles qu'elles se trouvent dans le commerce, « elles se présentent à nous sous deux formes qui leur ont valu, dit M. Fée, les épithètes de longues et de rondes, quoiqu'il soit prouvé qu'elles proviennent d'une seule et même plante. »

Leurs caractères particuliers sont d'être durs, jaunes, rougeâtres, d'avoir une cassure céreuse, une odeur onguentacée, une saveur un peu amère , un peu chaude, faiblement aromatique. Elles contiennent en abondance une matière colorante jaune, d'une saveur acre et poivrée, déliquescente à l'air humide, très peu soluble dans l'eau, très solubie au contraire dans l'alcool, l'éther et les huiles fixes et volatiles; elle est très sensible à l'acUon des alcalis qui la font très rapidement passer au rouge de sang. Les chimistes ont tiré parti de celle dernière propriété en préparant une teinture et un papier qui leur servent de réactifs.

La poudre de curcuma, selon M. Barbier, irrite la membrane olfactive et provoque l'éternument ; elle échauffe l'inlérieur de la bouche et fait couler la saliveavec abondance. Prise intérieurement, elle stimule l'appétit, accélère la digestion.

Dans l'Inde, on confit celte racine encore jeune, et on la donne dans les cas de douleurs d'estomac , pour provoquer l'accouchement, dans les diarrhées aqueuses, dans les affections mésenlériqups. Cullen remarque qu'on l'ordonne quelquefois dans l'ictère , à cause de la couleur jaune. Celle supposition qu'elle guérit l'iclere lui a fait accoKler la propriété de dissoudre les autres embarras des viscères abdominaux. (.Méral cl Delens, Di't. univ. de mat. mé(\., t. n, p. r,;*",.)

On l'administre, en poudre, à la dose de 6 à IS décigrammcs (\t h ">(> grains), soit en pilules ou eu élecluaire, soil délayée dans un liquide approprié.

Celle racine sert encore en pharmacie pour teindre en jaune certains onguens, des pommader, des huiles, des lirpieurs alcot>lif|nes , etc. hin l'unissanl h l'indigo, rjn oblienl une couleur verte à laquelle les sophisUcaUurs

ont recours pour colorer lepopu/cMmet X huile de laurier, préparés autrement qu'ils ne doivent l'élre.

CYANOGÈNE. Ce composé, découvert en 1815 par M. Gay-Lussac, est, dans son état d'isolement, sans aucun intérêt pour le médecin; mais, en se combinant avec certains corps , il donne naissance à de nouveaux produits qui sont employés comme agents médicamenteux. Ce sont ces combinaisons que nous avons à examiner ici , en en retranchant cependant quelques-unes qui paraissent devoir leurs propriétés physiologiques au corps qui est combiné avec le cyanogène, plutôt encore qu'à ce dernier. Les composés dont nous parlerons ici sont l'acide cyanhydrique, le cyanure de potassium , le cyanure de sodium , le cyanure de zinc et le cyanure double de fer hydraté, parce que leur manière d'agir sur l'économie animale semble ne différer que parle degré d'intensité: les autres composés , dont il ne sera pas question dans cet article , sont le cyanure de mercure , le cyanure d'or , le cyanhydrate de quinine et le cyanhydrate de strychnine ; nous ne les ferons connaître qu'aux articles Mercure, Or, Quinine et Strychnine.

I. Acide cyanhydrique. Cet acide, que l'on désigne aussi par les noms ù'acide prussique et d'acide hydrocyaniguc , se trouve libre dans quelques organes de plusieurs végétaux , mais celui qu'on emploie en médecine est toujours le produit de l'art.

L'acide prussique est un liquide sans couleur, d'une odeur forte , qui a la plus gnmde analogie avec celle dos amandes amères; sa saveur est acre, mais il ne faut le goûter qu'avec précaution, car il est l'un des corps les plus délétères connus; sa densité est de 0,795 à -f- 7° ; sa vapeur pèse 0,93G; il enti'e en ébuUition à -4- 2r),5; il est peu soluble dans l'eau ; si on l'agite avec de petites (luanlités de ce li- (piide, il s'y dissout en petite proportion, et le reste vient nagera la surface. Qtielquefois, il s'altère en quebjucs heures; d'autres fois, il se conserve be luroup plus long-tenq)s sans éi)roiiver de déconq)osition : on voit l'acirle yc, colorer peu à peu et finir par déposer une abondante (piantilé de matière noire. Les produits de

CYANOGENE.

cette décomposition sont du cyanhydrate d'ammoniaque et une matière noire que M. Poullay a nommée acide azulmique.

(Soubeiran, Nouv. trait, de pharm.yt. u, p. 415.)

On le prépare en faisant réagir racide chlorliydriquc concentré (2 parties) sur le cyanure de mercure (3 parties) : mais l'acide ainsi obtenu est anhydre et trop actif pour être employé pur. Pour le rendre médicinal, on suit le procédé de M. Magendie, cpii consiste à le mélanger avec six fois son volume d'eau distillée , ou mieux d'alcool rectifié.

Il existe d'aulres procédés encore pour obtenir cet acide ; mais , quel que soit celui (jue l'on emploie , comme il est impossible de condenser complètement toutes les vapeurs dégagées, il est l)on de ne faire l'opération qu'en plein air, et d'éviter d'en respirer les émanations. (Cottereau, Trailè de pharmacoL, p. 484.)

Action de l'acide cyanydrique sur

l/ÉCONOMIE ANIMALE. « 1» Jcidc cyOîl-

hydrique pur et liquide. Il résulte , dit M. Devergie , des expériences qui ont été faites , que l'acide cyanliydrique est tellement vénéneux qu'il suffit d'une goutte plarée sur la langue ou sur la conjonctive d'un animal pour le faire périr après deux ou trois respirations. Une goutte d'acide, mêlée à quatre gouttes d'alcool et injectée dans les veines, tue un chien avec la même rapidité que la foudre.

» 2" ^cide cyanhydrique en vapeur.

Les animaux plongés dans la vapeur d'acide cyanhydrique périssent avec une promptitude plus ou moins grande , suivant qu'elle est plus ou moins pure , ou mêlée à une plus ou moins grande (juantité d'air. 11 est certain que les plus petites portions d'acide volatilisé agissent encore avec nue grande énergie. Le hasard nous a mis à même de vérilier ce fait, que MM. Itlner, Vauquclin , Coullon et .^lagendie avaient déjà constaté. Nous préparions un jour de l'acide cyanhydritjue par le i>rocédé de I\L Yauquelin ; presses par le temps, nous avions fait marcher l'opération assez vite, et immédiatement après avoir lute l'appareil, une des ouvertures laissa échapper de l'aride dans le laborato re, (jui n'était pas très élevé , et bientôt nous éprouvâmes un état de malaise ; une ccplialalgic

superficielle, ayant son siège principal vers le sommet de la tête ; un sentiment de lassitude avec oppression vers la partie inférieure du sternum. Nous étant transportés dans une pièce voisine et assis sur une chaise, le sentiment de lassitude augmenta; en même temps, nous éprouvâmes un fourmillement par tout le corps , suivi d'une tendance à la transpiration. Des bàillemens, des pandiculations , des rapports multiplies survinrent. Cet état persista pendant près d'une demi-heure , et se dissipa ensuite graduellement au bout de deux heures ; mais le sentiment d'oppression et de gène vers le tiers inférieur du sternum , ainsi (jue les bàillemens, furent les .symptômes qui persistèrent le plus long-temps.

» 5° Acide cyanhydrique étendu d'eau^ médicinal ou de Schéèle. M. Coullon a pris jusqu'i" 86 gouttes de ce poison sans éprouver d'autres symptômes qu'une sécrétion de salive plus abondante, quelques nausées, une accélération de la circulation, une pesanteur de tête avec céphalalgie qui semblait siéger sous le cuir chevelu du sinciput. Ces symi)lômes disparurent dans res[)ace d'une demi-heure ; mais une anxiété précordiale qui les avait accompagnés persista pendant six heures.

(Tout porte à croire que l'acide cyanhydri(iue employé par M Coullon était fort étendu d'eau.)

Yoici un des faits les plus complets que la science possède sur les empoisonnemens par l'acide cyanhydrique, et qui se trouve consigné dans \à Hevue médicale (année 1 825). Un médecin de Rennes, après avoir pris imi)unément deux cuillerées à café d'acide cyanhydrique médicinal , avala, le 5 se[)leiubre 1824, à sept heures du soir, une pareille dose d'acide en deux fois, et à (luelques secondes d'intervalle ; cin({ heures auparavant , il avait l'ait un dîner copieux. Il ressentit bientôt à la lète une sorte d'ébranlement, puis il tomba comme une homme frappe d'apoplexie foudroyante. Perte subite de connaissance, de mouvement et de sentiment; lace vuUueuse et comme gonllée, ainsi que le cou ; pupille fixe, dilatée ; trismus, coucher en supination; dilliculié croibsante de res|)irer; respiration bruyante et râleuse ; froid des extrémités j odeur d'amandes auières

s'exhalant de la bouche ; petitesse extrême du pouls , bientôt renversement du tronc en arrière , puis convulsions violentes , dans lesquelles tout le corps se raidit, en même temps que les bras se tordent et se contournent en dehors. Cet état persista pendant deux heures et demie , au bout desquelles le malade commença à recouvrer connaissance. Plusieurs jours après, il entra en convalescence.

» L'administration du sirop de Tancien Codex a causé la mort de sept épileptiques. Un médecin de Bicêtre , ayant obtenu en ville des résultats avantageux de remploi du sirop d'acide cyanhydrique de M. 3Iagendie (contenant un cent vingtneuvième d'acide), à la dose de 13 grammes (i demi-once), et même de 50 grammes (1 once), le prescrivit dans cet hôpital. On fit prendre, au contraire, à chaque malade, 11 grammes 3 décigrammes (2 gros 64 grains) de sirop composé d'après la formule du Codex. (Il renfermait un dixième d'acide; les 2 gros 64 grains contenaient donc 5 grains 64 centièmes d'acide concentré.) L'élève appelé à donner des soins aux malades durant le court espace de temps qui s'est écoulé entre l'adminisiration du médicament et le moment de la mort , a rapporté qu'étant arrivé sept minutes après l'ingestion du sirop, il trouva les sept épileptiques étendus sur leur lit. Chez tous, les mêmes symptômes avaient eu liçu ; perte absolue de connaissance et convulsions. L'un d'eux avait éteniué plusieurs fois ; il n'a pas pu savoir si ce phénomène s'était manifesté chez d'autres malades. Au moment où il les vit , les convulsions venaient de cesser; la perte de connaissance était complète, la respiration bruyante et agitée , la bouche écumeuse , le corps couvert de sueur, le pouls dans un état de fréfiiience marquée ; bientôt , à rexcilation générale , succéda un abaissement dont la marclie graduelle , quoique rapide , ne s'arrêta qu'à la mort. I.rs mouvemens respiratoires diminuèrent de. fréquence et d'étendue ; le pouls, naguère excité, présenta luic lenteur et une f.iiblesse à clia(|\ie minute plus inquiétante; la suiiur devint froide, ainsi que les extrémités, et la mort survint, f'hez quelques malades, la face et les légumen.s du cranc avaient elc furle-

GYANOGENE. 225

ment injectés ; chez d'autres , elle avait été très pâle ; la pupille était en général médiocrement dilatée.

» Il ne paraît pas qu'il y ait eu de vomissemens ; l'un des malades a seulement fait de violens efforts pour vomir à une époque peu éloignée du moment de la mort.

» On voulut faire prendre aux malades des bains de pieds très chauds, la plupart expirèrent avant l'administration de ce moyen : l'épileptique qui vécut le plus long-temps, ayant laissé mettre ses pieds dans Feau chaude, fut pris quelque temps après , et tout-à coup , de convulsions générales très violentes, sous l'influence desquelles il s'élança hors du seau par un mouvement extrêmement brusque. Il sentit manifestement l'impression de l'eau; car , pendant le moment qui précéda ses convulsions , sa figure exprima de vives douleurs ; la respiration devint plus accélérée ; la face , les conjonctives et toute la tête s'injectèrent au plus haut degré. M. Murât ayant jugé qu'une saignée était indiquée, la veine fut largement ouverte : il s'en écoula un sang noir et très liquide, dont le jet cessa au moment de l'affaissement des parois de la veine distendue par l'effet de la ligature. On s'efforçait de le faire couler à l'aide de frictions exercées de bas en haut et d'ablutions avec l'eau chaude, lorsqu'on s'aperçut que le malade n'existait plus. Le premier malade est mort après quinze ou vingt minutes; le septième a vécu trois quarts d'heure.

M (Ces faits sont extraits d'une note manuscrite donnée à M. Adelon , l'un des médecins experts dans cette affaire , par l'élève qui a soigné ces malades au moment des accidens.)

» L'ouverture du corps des sept malades a fait connaître les altérations suivantes. 1 ous les gros vaisseaux du système vei-

neux étaient gorgés d'un sang très fluide et très noir ; les poumons contenaient une grande quantité de saug ; la nienibrane uuKpjruse des brouclies et de la 1 radiée était fort injectée; les traces de plilci,^masie du canal digestif étaient en général [)eu marcpiécs. Ou aprrci'vait un dévelo[)pement notable des cry[)i(!s nniqueux ; des [)laqu<'s rouges , dissciiiinécs rà et 1;\ le long de la surlace interne do l'eslomac et

CYANOGENE.

des intestins , avec une injection des vaisseaux veineux qui se rendent à ces organes. Les vaisseaux du cerveau participaient de Tétat du système veineux. Aucun organe ne développa Todcur d'amandes amères : celte odeur ne fut pas sensible pour MM. Adelon, Marc et Marjolin, dans les matières contenues dans Vestomac. Cependant M3I. Gay-Lussac et Oriila Tout constatée dans ces substances huit jours après Touverture du corps ; ce qui prouve que , dans un grand nombre de circonstances , il faut une très grande habitude pour l'apprécier.

» Tous les animaux , de ({uelque classe qu'ils soient, reçoivent, de la part de Tacide cyanhydrique, la même influence que rhomme : Schrader , Emmert , Gazan , Ittner , Robert , Dablin , Magendie , Orfila , et principalement CouUon , ont constaté ce fait. Ce dernier a varié ses expériences sur toutes les classes d'animaux. Il résulte de tous ces faits réunis que l'acide cyanhydrique tue dans un espace de temps d'autaîit plus court (pi'il est plus concentré. Quand on porte , d'après M. Magengie , l'extrémité d'un petit tube trempé légèrement dans un flacon d'acide cyanhydrique concentré sur la langue d'un chien robuste , deux ou trois grandes inspirations ont lieu, et l'animal tombe raide mort. On obtient le même résultat en plaçant Tacide sur la conjonctive. Que si l'acide est étendu d'eau , et si on le fait avaler à une dose égale, quoique sous un volume plus grand , les sym[)tômes se développent plus lentement; (jnehines minutes s'écoulont entre le moment de Tingeslion du poison et leur apparition ; ils consistent dans des vertiges, de la dilliciilté de respirer , un accroissement des batlemens du cœur , auxquels succèdent des mouvemens létani(|ues, et presque toujours roi)isth()l()no- et une insensiiiilité générale. Un état d'alfaissemcnt suit l'état de contraction , qui reparait bientôt avec plus d'intensité, en laissant des intervalles plus ou moins longs ; et, après plusieurs périodes successives de contracture et d'affaissement, l'animal meurt dans ce dernier état.

» Ln partie du corp^ par laquelle il est inlroduit modifie singuhèrement l'apparition des symptômes. Injecté dans les

veines, il tue comme la foudre; appliqué sur les membranes muqueuses , il détermine la mort un peu moins promptement.

Il parait agir avec moins d'énergie quand il est injecté dans le rectum que lorsqu'il est introduit dans l'estomac. La mort est plus prompte si on l'applique sur une membrane séreuse, à l'exception toutefois des synoviales. S'il est placé dans une plaie, les accidens se développeront d'autant plus vite que la partie où la plaie existe sera plus ra[)pro('hée des principaux organes de la circulation et de la respiration. On peut même retarder ses elTets, et quelquefois les arrêter , en pratiquant une ligature entre la plaie et le cœur. Les jeunes animaux sont plus impressionnables que les vieux, et les femelles plus que les mules. » (Coullon.)

Le seul contact de cet acide , répandu en certaine quantité sur la peau, peut occasionner des accidens graves, et même la mort , ainsi qu'on l'a vu arriver chez un chimiste de Vienne, Scharinger, qui succomba en quelques heures après s'en être accidentellement versé sur l'un des bras. Du reste , l'action mécanico-chimique de cet agent est fort inférieure à celle de plusieurs autres acides , ce qui dépend peut-être de l'extrême facilité qu'il a à se décomposer. En effet, chez les animaux même qui sont tués par son ingestion à l'état de pureté , la rougeur de l'estomac et des intestins est très légère et bornée aux points qu'il a touchés : son application sur la peau rougit à peine. Il est bien rare que , porté dans Testomac , il puisse déterminer de la cardialgie ; il occasionne plutôt au gosier une sensation de cuisson qui, peut être, dépend de la vaporisation de cet acide par la chaleur de l'estomac et de laclion des va[)eurs sur rœso[)hage.

C'est [)robablement à cette action chimique qu'il faut aussi rapporter la toux et l'éternument qui surviennent lorsqu'on inspire ses vapeurs.

« Malgré la violence de son pouvoir toxi(pie, dit M. (jiacomini, l'acide cyanhydrique peut, entre les mains d'un {)raiicien liabile et prudent, devenir un moyen efTicace de gut-rison , et passer ainsi du raiif: des [)oisons les plus formidables dans celui des agens thérapeutiques les plus salutaires. Dès l'année 1804, borda appela

CYANOGENE.

sur lui Tattention des médecins. Le regar- j daut comme un conlro-sitimulant des \)\ns ■, puissans , il l'employa dans les maladies : phlegraasiques bien franches , telles que ; les fièvres inflammatoires, les pleurésies, ; les pneumonies, etc. Il traita ces afTections j par l'acide cyanhydrique et sans recourir ! aux saignées , ou du moins n'en prescri- | vaut que de très légères et fort rarement, j On ne saurait se figurer l'étonnement des } médecins et des élèves qui furent témoins de ces faits, en voyant l'administration du médicament dont nous parlons dissiper ces diverses maladies comme par enchantement. La fièvre cédait aussitôt , la peau présentait une douce moiteur; le pouls baissait et se rapprochait de son état normal , ainsi que les évacuations ; une expectoration salutaire avait lieu ; les douleurs se dissipaient ; la toux se calmait.

» A la clinique médicale de Padoue , le professeur Brera obtint aussi , quelques années après , des résultats tout-à-fait semblables , et il fit l'application du médicament au traitement de plusieurs autres affections phlegmasiques, telles que Ventérite, la métrite , le rhumatisme , etc. Granville, Scudamore et 'Ihompson en Angleterre ; Magendie, Heller en France, et plusieurs autres ont depuis fortifié les idées des praticiens italiens, en l'employant dans les maladies inflammatoires comme sédatif, et dans le but de diminuer la force des pulsations artérielles. D'autres médecins l'ont prescrit dans d'autres intentions, mais toujours dans le cas d'affections hypersthéniques, et en ont retiré des avantages marqués. Pour n'indiquer ici que les faits principaux, disons :

» l» Que dans les maladies inflammatoires , non seulement Borda , Brera et beaucoup d'autres médecins italiens ont prescrit avec succès l'acide prussique, mais encore Scudamore et Granville ; Thompson l'administra dans la fièvre catarrhale épidémicjue , sans avoir presque jamais rerours aux émissions sanguines, bien qu'elles fussent indiquées par l'état du pouls Magendie, Ilellcr , Elwert , Byan,Greutz\vicz et d'autres l'cuiploycrent dans des cas analogues, tels que des bronciutes, des pleurius, des pneumonies, des cardiles , des métrites , de» ententes , des céphalilcs, des myélitea.

TOMK ui.

M 2° Que dails les afl*ections pulmonaires chroniques , et surtout dans la pîithisie , cet acide a élé loué par Granville et Magendie qui en relirèrent beaucoup plus d'avantage que de tout autre remède : ils en ont même , chez quelques sujets , obtenu une guérison complète. Thompson , Iîtner,Cerulti, Behr,Roch,Bremer, îlyan, Weicht , Engelhart et Stemmler s'en sont servi avec non moins d'avantages. BilU affirme avoir giiéripar l'acide cyanhydrique trois phthisies arrivées au troisième degré, et Corrensi dit avoir eu le même bonheur dans un cas du même genre. Toutefois , plusieurs autres médecins , parmi lesquels il faut compter Delens, Coullon, Kergaradec, Guenther n'ont pas eu autant à se louer de l'emploi de ce médicament dans le traitement de la phthisie , et il n'y a là rien d'étonnant si ces praticiens avaient présumé trouver en lui un spécifique infaillible contre cette maladie. Si , malgré l'usage de l'acide , l'affection a continué à progresser, il faut en voir la cause dans le degré trop avancé du mal ou dans Papplication inopportune du remède; mais il n'en est pas moins vrai que c'est un moyen d'une incontestable utilité dans la première période de la dégénérescence tuberculeuse du tissu pulmonaire.

» 50 Les hémorrhagies , surtout la pneu* morrhagie, l'hémoptysie, et la métrorrhagie, cèdent heureusement à l'acide cyanhydrique ; Brera , Granville , Thompson , Heller, Heincken et autres, ont publié des observations qui en fournissent la preuve. » 40 Presque tous les praticiens s'accordent à dire que les phlegmasies chroniques présentent des caractères un peu dilîérens de ceux qu'elles offrent à l'état d'acuité, et(iu'elles exigent une méthode curative différente, du moins sous le double rapport de lénergie et de la longueur du traitement. L'acide hydrocyani(|ue a été prescrit contre ces maladies avec plus de bonheur (pie les émissions sanguines. Iltner a vu céder à l'emploi de cet agent l'hypertrophie de la rate et du foie ; d'autres ont guéri des afTeclions abdominales chroni(pies , mais toujours dr nature inllammatoire. Elliotson s'en est servi heureuseiiuînt i)()ur conibatln' des cardialgies, I des i)yrosis par excès d'excilabililé , et des ' dyspei)sies. On sait que Thompson le

CYANOGÈ.\E.

prescrivait aussi contre ces mêmes malidies , et qu'il conlestait la priorité à Elliotsoii, Bailey eut de même à se louer de ce remède dans quelques affections de Vestomac, et Bouchenel dans le catarrhe pulmonaire chronique. Brera et Osiander l'ont donné avec avantage contre les affections chroniques de Tutérus , notamment contre le squirrhe de cet organe ; Bruni , contre le cancer utérin ; Frisch de Nyborg, contre le cancer du sein ; Berndt , contre le squirrhe de Testomac. Thompson Ta employé à l'extérieur dans des cas d'inflammation chronique de la peau, tels que les dartres, les impétigo, etc. ; Schneider, contre les éruptions cancéreuses et autres. » 5° Plusieurs auteurs, et les médecins italiens nommés plus haut, ainsi que Ittner, Trezevant et Béginsont de ce nombre, font reloge de Vacide prussique dans le cas de télanos , maladie qu'ils rangent parmi celles dont le système nerveux est le siège. lleller, Taylor et autres le vantent aussi conire les névralgies en général, contre Tasthme , contre Tangine de poitrine , les palpitations de cœur et autres lésions cardia'iues. llencken , Heller , I\Iaclcod , Fischer , Magendie , Granvillc , Thompson , Coullon , Engelhart , Caspari , Yenahle l'ont recommandé contre la toux convulsive ou coqueluche. Le docteur Fontaiieilles assure également en avoir retiré des avantages marqués dans cette affection , et le docteur Atlec en a obtenu des résultats semblables; mais dans les observations rapportées par ce dernier , l'acide n'a été administré qu'après la saignée et <iuel(iues purgatifs. Enfin, un grand nomlire d'auteurs , parmi lesquels il faut citer en première ligne Granvillc , IMagendie , Ferrus , Heller, Gemler , Antony , Tout préronisè contre Tèpilepsie, et ont publié à l'appui de son efficacité des faits pris dans leur pratique. »

(( De Fermon et Cardot , ajoutent les traducteurs de Giacomiiii , ont obtenu de bons effets de l'acide prussique dans un grand nombre de ras de phthisie pulmonaire; ce dernier rapporte entre autres l'observation d'un individu atteint de phthisie pulmonaire au troisième degré , guéri par l'emploi de cet at ide combine avec la strychnine. Bouchenel a placé ce remède en tête des secours utiles contre

les catarrhes pulmonaires les plus opiniâtres. Jaeger rapporte le cas d'une hémoptysie fort gravCj, compliquée d'empyème , guérie par l'acide hydrocyanique. Sclnvenlein s'en est servi utilemeni dans {)lusieurs cas de gastrite aiguë , et Hennins a eu à s'en applaudir dans un cas de dysphagie spasmodique. IMilton Antony assure que l'acide prussique apaise insiantanèment la trop grande sensibilité des yeux , et qu'il en a obtenu un soulagement notable dans les ophthalmies; ill'a appliqué à l'aide de compresses tremi)ées dans une légère solution hydrocyanisée. Ilaynes, Carpani, et presque tous les médecins italiens , recommandent les injections d'acide cyanhydrique délayé dans le traitement de la période aiguë de lableiinorrhagie. On sait que Richter a préconisé depuis long-temps ces mêmes injections dans les cas de cancer de la matrice. Kretschmar prétend avoir guéri l'iiydrophobie par l'administration de l'acide hydrocyanique; Word et Ermland , le tétanos. Anderson dit avoir obtenu de bons effets de ce remède dans le choléra-morbus. Kopp associe avantageusement l'acide prussique à l'huile de ricin dans la cure des coliques opiniâtres avec constipation ; il cite plusieurs cas où il eut à se louer d'un tel mélange. Dans certains cas de névralgie. faciale aiguë, dépendant de carie dentaire , le docteur Urvins a appliqué avec avantage l'acide en question porté par goutte sur la carie même ; il en a aussi fait prendre à l'intérieur , à la dose de 10 centigrammes (2 grains) , délayé dans de l'eau sucrée , au moment du coucher. Les vomissemens opinitàtres, avec pyrosis,ont été guéris par Schrader et autres au moyen de petites doses d'acide données de trois en trois heures. M. Biett rapporte plusieurs faits sur les bons effets de l'acide prussique dans un grand nombre d'alfections dartreuses, notamment de celles existant aux parties de la génération ; il s'en est bien trouvé surtout pour apaiser les douleurs qui accompagnent certaines excoriations de la peau et dans les ulcères syphilitiques. A cet effet il emploie une pommade composée de 6 décagrammes (2 onces) de cérat et de 1 gramme (18 grains) d'acide. M. Cazenave loue beaucoup le même acide dans le traitement du lichen et dans

CYANOGENE.

le prurit dermatosique des parties génitales. Schneider a obtenu également d'heureux résultats par Tapplication à Textérie.ir de cet acide dans plusieurs cas de dartres, notamment aux organes de la génération. Enfin , Chisholm recommande dans la teigne faveuse une pommade composée de proto-chlorure de mercure et d'acide hydrocyanique. 11 se pourrait que, dans tous ces cas de prurigo , teigne , dartres et autres maladies dermiques , que plusieurs auteurs anciens et modernes attribuent à des insectes , l'utilité de Facide prussique dépendit plutôt de sa propriété insecticide que de sa vertu anti-phlogistique ou hyposlhénisante. C'est peut-être à cause de cela que si on suspend l'application de la pommade ou des lotions cyanhydriques, aussitôt les bons effets sur le derme commencent à se manifester , on n'obtient pas la guérison complète. C'est qu'il ne suffît pas de tuer tous les sarcoptes , cause essentielle de raffection dermoïde; mais il faut aussi empêcher leurs œufs d'éclore , ce qu'on n'obtient qu'en continuant l'usage du remède pendant assez long-temps. »

Disons enfin que cet acide a été employé comme anthelmintique. Bréra Ta regardé comme très propre à expulser les ascarides lombricoïdes qui, extrêmement communs à Padoue , compliquent la plupart des maladies. M. Cagnola, de Milan, s'est assuré qu'en touchant le tœnia avec une goutte d'acide prussique, on le fait mourir sur-lechamp , et le docteur Gelnecke de Stettin rapporte un cas où une portion de cet entozoaire, saillante hors de l'anus, ayant reçu l'application d'une goutte d'acide, l'animal fut tué sur-le champ et expulsé ensuite en entier. On a craint que cette pratique ne put devenir nuisible au malade, mais celte crainte n'est pas fondée, puisqu'on ne porte l'acide hydrocyanicjue que sur la partie du ver qui n'est plus dans Tintéricur du canal intestinal; on peut, d'ailleurs, avant den faire r.ippiication , fixer solidement cette partie en l'enroulant sur une petite lige de bois qu'on laisse en place jusqu'à ce (|ue l'expulsion ait lifu. L'acide cyanhydrique (nous ne [)arlons que de celui «pie nous avons indiqué plus haut sous le nom (Vacide cyanhydrifjue médicinal, et qui nisulte du mélange d'ua

volume d'acide pur avec six volumes d^eau distillée) s'emploie à l'intérieur et à l'extérieur : dans le premier cas , c'est toujours étendu dans un véhicule approprié et sous forme de mixture ou de potion qu'on l'administre ; dans le second , c'est en bains, en lotions, en injections, en frictions, etc., qu'on l'applique, et pour cela, on l'étend encore dans un liquide approprié, ou on le divise dans un corps gras. Quant aux doses qu'on en peut faire prendre, « on doit, disent MM. Trousseau et Pidoux , les calculer sur cette base , savoir , que , chez les enfans au-dessous de deux ans , il est peu prudent d'aller audelà d'une demi-goutte d'acide hydrocyanique anhydre par jour, une goutte pour les enfans de deux à huit ans, et de une à cinq gouttes par jour pour les adultes. Il est très important de ne donner cette dose que par fractions , autrement on. pourrait causer de très graves accidens. » A l'extérieur , on peut l'employer à dose beaucoup plus forte , à moins que la surface sur laquelle on l'applique ne soit dépouillée de son épiderme ou de son épithélium, ou revêtue d'une membrane muqueuse; dans ces deux derniers cas, il convient, comme nous l'avons dit pour l'usage interne , de ne prescrire cet agent qu'à dose faible. D'ailleurs, de quelque manière et sur quelque organe qu ait lieu l'application de l'acide prussique, on ne doit l'administrer qu'avec la plus grande circonspection.

Le nouveau Codex n'indique qu'une seule préparation dont l'acide hydrocyanique fasse la base ; c'est le sirop de ce nom qui contient un cent-vingt-cinquième en poids d'acide médicinal , ou 23 centigr. [o grains) pour 50 gram. (I once). On donne ce sirop à la dose de 8 à 30 gram. (2 gros à 1 once) par 24 heures, dans une potion ou dans une tisane appropriée.

« La prescription de l'acide prussique, dit 31.Giacomini, exige la plus grande attention, non seulement sous le rapport des doses, mais encore sous celui de la conservation, à cause de sa facilité extrême à se décomposer. 11 faut, avoir soin de le tenir a l'abri de l'air, de la lumière et du calori- (|ue , et d'en renouveler souvent la préparation. Si on [)rc'S('ril cet acide en pilules, ou doit les enveloi)per dans une poudre

cyanogène;

végétale de lycopode, de réglisse, de charbon, etc., et les tenir dans une boîte bien fermée et dans un endroit frais. Si on le prescrit sous forme liquide , le flacon sera fermé à l'émeril et couvert d'un papier noir. On ne doit pas oublier que cet acide étant plus léger que l'eau , où il ne se dissout pas facilement , pourrait surnager dans la poiion qui le renferme , et être tout pris par le malade dans ia première cuillerée ; aussi convient-il de le prescrire plutôt dans une émulsion ou dans un sirop. Il est important de faire remarquer qu'on peut préparer cet acide par plusieurs procédés , et qu'il n'est pas toujours par conséquent de la même force. Le praticien qui ordonne l'acide prussique à un malade pendant un certain temps , s'il augmente la dose , doit s'assurer d'abord que le remède n'a pas été pris chez un autre pharmacien, ni préparé par un autre procédé ; il doit s'assurer aussi si le pharmacien n'aurait pas épuisé sa provision et expédié celui d'une nouvelle préparation , car il se pourrait que ce dernier fût plus actif que le premier, et que le patient ne pût le tolérer. Faute de cette précaution, on a vu dernièrement, en Italie, un malade périr victime de la maladresse du pharmacien qui , ayant renouvelé sa provision d'acide prussiqne , en a expédié de plus fort à un malade qui en prenait déjà avec avantage à la même dose , mais d'une qualité plus faible; il fut empoisonné mortellement par celui que le pharmacien lui expédia de la nouvelle provision sans en prévenir le médecin. {Giornale di fisica, 1824.) On doit aussi se rappeler que l'acide prussique a une action prompte et très fugace. En conséquence, on doit, malgré l'avis de Schwartze, en prescrire des doses petites mais très rapprochées. » ( Pharmacolog.

tradnct., 1. 1, p. 126.) Des El- fets toxiques de l'acide cya-

nUYDRlQUE ET DES MOYENS DE LES COM- BATTRE. L'acide concentré cause si promptement la mort que tout secours est ordinairement inutile ; il en est de même de l'acide étendu, lorsque la dose en est forte. Dans le cas contraire , le rétablissement S*opère quelquefois d'une manière spontanée , surtout lorsqu'il survient des vomissemens, observation qui doit inviter à les provoquer , toutes les fois que l'état de

paralysie de l'estomac, signalé par M. Gazan, ne s'y oppose pas invinciblement.

(Mératet Delens.)

« Il est peu de poisons, dit M. Devergie, pour lesquels autant d'antidotes aient été proposés et aussi infructueusement. Lait , albumine , ammoniaque , sous-carbonate d'ammoniaque, potasse, soude, eau de sa^ von, huile d olives, huile essentielle de térébenthine, chlore, Ihériaque, infusion de café et beaucoup d'autres substances, tels sont les contre-poisons tour à tour conseillés et toujours sans succès.

» En 1829, "SI. Siméon, pharmacien à l'hôpital Saint-Louis, ayant à préparer de l'acide cyanhydrique , imagina de dégager du chlore dans son laboratoire pour éviter les effets des vapeurs d'acide qui pourraient s'y répandre. Le succès répondit à son attente, et, dès lors, il eut l'idée d'employer le chlore gazeux comme antidote ; à cet effet , il tenta plusieurs expériences dont je vais donner le résultat. (Coullon avait employé ce moyen avant M. Siméon, puisqu'il avait fait usage du chlore, mais sans résultat, pour combattre cet empoisonnement.) M. Siméon prit un chien de 9 kilogrammes (18 livres) , lui instilla dans la gueule 2 gouttes d'acide cyanhydrique pur. Au bout d'une minute, la tète était renversée sur le dos, les membres raides et agités de mouvemens convulsifs, insensibilité complète. On arrosa le museau, la langue , les narines et les parties environnantes avec de l'eau chlorée, composée d'une partie de chlore liquide concentré et (le quatre parties d'eau. Au bout d'une heure , quelques efforts inspiratoires permirent d'espérer le succès du traitement. Une heure après, le chien paraissait entièrement rétabli et mangeait avec appétit.

Cette expérience , prali(iuéc avec les mêmes résultais sur un chat et sur un autre chien, fit considérer ce moyen comme pouvant être d'une application fort utile. ÎM. Orfila répéta alors ces expériences , et il essaya comparativement les autres contre-poisons proposés jusqu'alors. Voici le sommaire de ses tentatives. Tout ce qu'avait annoncé M. Siméon a été confirmé par lui, et peut être résumé par le passage suivant de son mémoire : « // résulte de ces faits que , dans les cas où la dose d'acide cyanhydrique est assez forte pour

CYANOGENE.

luer les chiens en quinze d dix-huit minutes, l'eau chlorée les empêche dépérir, lors même qu'elle n'est employée que quatre ou cinq minutes après l'empoisonnement, » Nous ajouterons que , d'après les expériences de ce professeur, c'est moins le temps écoulé depuis Tadministration de Tacide auquel il faut avoir égard que le moment où l'invasion de tel ou tel symptôme a lieu. Ainsi, on a presque toujours rappelé l'animal à la santé quand on a administré le chlore lorsque les mouvemens convulsifs et l'opisthotonos avaient lieu. Mais cette période de l'empoisonnement se montre plus ou moins promptement, suivant la force de l'animal, la dose de poison administrée et son état de concentration plus ou moins grand.

» L'ammoniaque liquide , généralement regardée comme un antidote , ne paraît exercer d'influence avantageuse sur les animaux empoisonnés qu'autant qu'on la fait respirer et qu'on ne l'introduit pas dans l'estomac ; en sorte que M. Orfila ne la regarde pas comme un contre-poison , mais comme un moyen propre à « guérir V empoisonnement par l'acide cyanhydrique, en stimulant le système nerveux profondément affaissé. » Cette conclusion est étayée sur le fait suivant, qu'il a énoncé dans son mémoire. Soit que l'on administre en même temps aux chiens un mélange d'acide cyanhydrique et d'ammoniaque, soit qu'après avoir fait avaler l'acide on attende que les symptômes de rempoisoiinement se soient manifestés pour introduire dans l'estomac l'ammoniaque étendue ou concentrée , les accidens de l'empoisonnement n'en sont pas moins les mêmes, et la mort arrive à peu [)rés à la même époque (jue si l'ammoniaque n'eût pas été administrée.

» Néanmoins , les expériences faites sur les animaux avec l'ammoniaque licpjide étendue de 12 parties d'eau, c'est-à-dire de l'ammoniaque très allaihlie, démontrent que Ton a pu ramener à la .santé des chiens qui avaient pris jusqu'à 8 gouttes d'acide cy.inhydriipie ni(;(ii<inal. Son administration a e(j lieu comme celle du chlore, il faut donc établir (|u'à défaut de chlore celte substance [)eul être employée avec beaucoup d'avantage.

N L infusion de calé et l'huile cbsentielle

de térébenthine ne paraissent apporter aucune amélioration sensible dans les symptômes. M. Orfila n'a jamais pu obtenir de la saignée seule le rétablissement complet des chiens empoisonnés. Le docteur Hume en cite cependant un exemple, et, comme il paraît certain que les poumons sont le siège d'un engorgement sanguin, elle peut être utile à une certaine époque de l'empoisonnement.

» Enfin , il restait à connaître les avantages que l'on pouvait retirer des affusions d'eau froide , préconisées par le docteur Herbst. Suivant ce médecin , quelques affusions suffisent pour faire cesser les symptômes morbides qui se développent à la suite de l'administration d'une dose de poison incapable de donner la mort ; et , dans le cas contraire , elles ramènent à la santé les animaux qui sont dans la troisième période de l'empoisonnement, si elles sont suffisamment multipliées. M. Orfila a traité de cette manière cinq chiens : les quatre premiers sont morts, malgré les aff'usions; ils avaient pris 6, 8 et 10 gouttes d'acide. Le cinquième, qui la veille avait déjà été empoisonné par l'acide et guéri avec de l'eau chlorée , prit successivement une première dose de 9 gouttes , une deuxième de 6 gouttes , une troisième de 4 gouttes; et, comme la veille on lui en avait fait avaler 27, on pensa avec raison que ces diverses doses, administrées à divers intervalles , n'étaient pas suffisantes pour le tuer , et que les affusions avaient seulement hàlé sa guérison. Deux jour§ après , on lui donna 12 gouttes d'acide : aucun accident notable au bout de trois minutes. Nouvelle administration de 10 symptômes d'empoisonnement , et guérison. Le lendemain , à minutes , 16 nouvelles gouttes accidens à midi quatorze minutes et guérison sans aucun moyen. Aussitôt après , 8 gouttes d'acide : on attend trois minut<'s après le développement des accidens pour administrer les allusions, et la mort survient malgré (juatre seaux d'eau employés en trois (piarls d'heure. Nous pensons donc que ces expériences ne justifient |)as l'importance donnée aux allusions par M. Herbst d.ins le traitement de l'empoisonnement par l'aride cyanhydririue.

w Eu résumé, l'eau chlorée esl^ de lou»

gouttes :

affusions midi six d'acide :

CYANOGÈNE.

les moyens, îe meilieur; après elle, rammoniaque et les alFiisions cVeau froide , puis la saignée. Nous pensons donc que, daîis un eus d'empoisonnement, la première chose à faire est Tinspiralion du chlore. On prendra une éponge, on l'imbibera d'une dissohition de chlore étendue de 4 ou 5 parties d'eau; on placera cette éponge sous le nez et devant la bouche du malade; on la promènera sur les joues et le menton , en ayant soin de ne pas trop multi[)lier les inspirations, dans la crainte de porter une excitation trop grande sur les organes de la respiration. Je ne pense pas qu'il soit nécessaire dadministrer de Témétique, à moins que la quantité du liquide avalé ne soit considérable. Dans le cas contraire, l'absorption est trop prompte pour qu'on ait le temps de déterminer des vomissemcns. D'ailleurs, souvent le malade ne pourra pas avaler, et l'on perdra du temps. A défaut de chlore, l'eau ammoniacale, les alTiisions d'eau la plus froide possible sur la tête et la colonne vertébrale , la glace même, ne peuvent être que fort avantageuses. Quant à la saignée, elle ne doit être pratiquée que lorsque la respiration commence à se rétablir et (lu'elle est fort embarrassée , que la figure conserve une teinte violacée, et que le sujet est vigoureux. Une fois les premiers accidens dissipés, on n'aura presque jamais à combattre d'accidens inllammatoires; ce sera presque toujours, au contraire, un étal d'affaissement qui se prolonge pendant un temps plus ou moins long, et qui finira par céder peu à peu. » {Ouv. cil.^ t. ni , p. 656.)

Il ne nous reste plus qu'à considérer l'acide prussique sous le rapport médicolégal et les recherches chiniicjues propres à déceler l'empoisonnement auquel il a domié lieu.

« La promptitude, dit M. Lassaigne {Diction, des réaclifs chimiques, p. 67), avec laquelle l'acide hydrocyanique, même à petite dose, anéantit la vie, sans produire de lésions sur les organes avec lesquels il a été mis en contact , rond les recherches chimiriues très importantes dans rempoisonnement par cet acide.

» Les différons travaux entrepris sur ce sujet, soit par nous, soit par d'autres auteur», prouvent : 1<» la posïsibilité au bout

de dix-huit, quarante-huit heures, et même un temps plus long encore, de constater par les procédés que nous indiquerons plus bas la [)résence de ce terrible poison; '2» que c'est toujours dans les viscères où cette substance vénéneuse a été primitivement ingérée, qu'on peut en découvrir les vestiges ; S-^ qu'enfin, dans les organes encéphaliques , la moelle èpinière et le cœur, on ne peut en reconnaître les plus petites (juantitos, bien qn'ds présentent parfois une odeur fugace qui peut en faire soupçonner l'existence. {Mémoire lu à l'Jnstitut, en 1824.)

" D'après de nouvelles recherches expérimentales, que nous avons entreprises en 18-26, M. le docteur Lcuret et moi, et ayant pour but de découvrir, s'il était possible, la présence de l'acide hydrocyanique, long-temps après la mort, chez les animaux empoisonnés et exhumés après un certain laps de temps, nous avons reconnu : 1" que, lors de l'empoisonnement dos animaux par de petites (juantités d'acide hydrocyanique, il n'est pas possible de le démontrer par les moyens chimiques après trois jours d'exposition à l'air après la mort;'2,'* que la disparition de ce poison dans les viscères des animaux exhumés, est due à sa décomposition qui se trouve favorisée dans cette circonstance par celle des matières animales avec les- (jnelles il se trouve en contact ; 5° qu'il importe , pour constater cet empoisonnement, d'agir le plus promptement possible sur les liquides et organes dans lesquels on soupçonne la présence de cet acide.

» Les moyens à mettre en pratique consistent à soumettre à une distillation ménagée les li(piides et matières qui sont l'objet de l'expérimentation, en ayant la procaution de bien condenser les vafieurs (jui se produisent avec de l'eau froide ou de la glace. Les tissus de l'estoiiiacet des intestins, après avoir été divisés et coupés sous une couche d'eau distillée , doivent être soumis à la même opération avec ce liquide. Lorsque l'expérience est faite sur des organes qui ont éprouvé un commencement de décomposition putride, il est essentiel d'ajouter à l'eau avec laquelle on les distille, une petite quantité d'acide sulfnri(iue pour dégager l'acide hydrocyanique de sa combinaison avec l'aramo-

CYANOGÈNE.

niaque qui sVst formée. Le produit de la distillation doit ens'.iite être examiné par les réaclifs appropriés. »

II. Cyanure de potassium. "Ce composé, dit M. Cottereau {op. cit.^ p. 426), qui n'est jamais natif, est en masse cristalline , blanche ; d'une odeur d'amandes amères; d'une saveur Acre , produisant promptement une sensation d'amertume excessive, et laissant dans la gorge un fort arrière -goût d'acide hydrocyanique. Il est très soluble dans l'eau, et légèrement soluble dans l'alcool. Selon ]MM. Pelouze et Geiger, s'il est renfermé dans un flacon mal bouché ou dont on retire souvent le bouchon, il ne larde pas, surtout lorsqu'il est humide, à se transformer en acide hydrocyanique et en carbonate de potasse. »

Le cyanure de potassium s'obtient en soumettant à une haute chaleur les cyanures doubles de fer et de potassium pur et bien desséché ; lorsque la cornue dans laquelle on a introduit ce sel double est refroidie, on la brise, et l'on y trouve deux couches distinctes : la supérieure , formée de cyanure de potassium , est blanche, compacte, cristalline; l'autre , colorée en noir par le quadricarbure de fer, est spongieuse et miroitante.

Le cyanure de potassium solide ou en soluté concentré produit sur la peau un sentiment de froid assez vif, et, une demiheure après, des picoliemens, des démangeaisons et une rongeur érythémateuse. Si la i)eau est dénudée , il occasionne une douleur extrêmement vive, une sensation de brûlure et luie eschare presque égale à celle que produirait une quantité moindre de potasse caustique. Un dixième de grain de cyanure de potassium fait périr un linot en moins d'une minute; un peu moins d'un grain lue un cochon-d'lnrle en deux ou trois minutes. Doinié à l'intérirMir ou à l'extérieur, à do«e médicamj'ntf'use, il agit comme sédatif, calmant; il ralentit la circulation , diminue l'irritabilité musculaire, porte au sonnneil et peut par consétjuent être employé dans les mêmes cas «pie l'acide hydro-cy jnif|ue ; comme il se décompose moins pronqdemenl, MM. Yilh-rmé et Robi(|uet l'ont proimsé iK)ur remplacer cet acide. (Galtier. Traité de muliiirt médic. , t. ii, p 6j3 )

Nous devons dire toutefois que M. Bally, l'un des observateurs les plus consciencieux de notre époque, Ta expérimenté sur cinquante-deux malades atteints de diverses affections {Nonv.bibl.méd.^iSIS.tAu, p. 462), à la dose d'un demi-gros à un grain et demi parjour, et n'en a obtenu quelque effet que sur dix-sept malades ; encore cet effet n'a-t-il été , en général, ni constant, ni salutaire , d'où il conclut au peu d'utilité de son emploi.

Ce médicament a été employé avec succès , surtout à l'extérieur, contre les maladies rhumatismales chroniques douloureuses , les névralgies lombaires ou sciatiques , les névralgies faciales, les céphalalgies , les migraines nerveuses idiopathiques ou symptômatiques de quelque affection de l'estomac.

Voici comment s'expriment MM. Trousseau et Pidoux (op. cit.., t- i» P- 193), au sujet de cet agent par rapport aux affections névralgiques dont il vient d'être question : « Il résulte, des faits que nous avons observés et comparés entre eux, que les céphalalgies apyré tiques , coïncidant avec des gastralgies, sont toujours soulagées momentanément, et qu'elles peuvent être guéries d'une manière durable , si la gastralgie l'est elle-même; que l'on peut également compter sur la guérison lorsque la douleur de tête, suite d'une suppression des règles, survit à sa propre cause; que, dans tous les cas où elle dépend d'une affection du cœur, on ne peut espérer qu'un succès momentané , si la maladie primitive reste toujours la même; que probablement le cyanure de potassium est nuisible dans les céphalalgies, suites d'exostoses syphilitiques ; enfin, que celles qui accompagnent les fièvres peuvent être le plus souvent soulagées par cette médication , qui paraît agir directement sur la fièvre elle-même. Un médicament qui compte autant de succès, lorsqu'il est convenablement appliqué, doit prendre rang parmi les moyens habituels que la médecine met en u^age; une seule chose peut rem[)écher de prendre l'extension convenable, c'est (ju'il s'altère au bout de deux ou trois mois. 11 n'est pas d'ailleurs d'un prix très élevé. »

Le cyaniu'e de polassiinn ne s'emploie (]ue tiuuM forme de sulution. IMouu avons

CYANOGENE.

déjà fait caiinattre les doses auxquelles on le donne à l'intérieur : pour Tusage externe, on en porte la quantité à 20 , 50 , 40 centigrammes (4,6,8 grains) pour 50 grannnes (1 oiice) d'eau distillée, et on l'applique en lotions ou eu fomentations sur le> points douloureux.

Nous mentionnerons ici deux préparations pliarmaceuliques dont il fait la base.

i o JJy Irocyannie de potasse médicinal. On Tobtient en faisant dissoudre une partie en poids de cyanure de potassium bien pur dans 8 parties également en poids d'eau distillée. On l'em[)loie aux mêmes doses (pie l'acide cyanliydrique médicinal, et on le fait i)rendre dans les mêmes circonstances, en potion, en julep, etc.

On ne doit le préparer qu'à mesure du besoin.

2» Sirop dliydrocyanate de potasse.

Ce médicament, qui contient environ 4 grains et demi de cyanure par chaque once, se donne dans les mêmes cas, aux mêmes doses et de la même manière que le sirop d'acide cyanliydrique.

III. Cyanlrf: de soniL.Ai. M. Coullon a constaté sur plusieurs animaux son action délétère; le docteur Miccoli l'a proposé (.'Inn. njiii\ di med.) comme un excellent calmant, dans tous les cas où l'acide prussi(jue est lui-même employé; enfin, M.

Trémolière , pharmacien à i^Iarseille , Ta signalé , il y a quelques années , comme caractérisant le pus variolique, dans la complication pétecliiale, fait très remarquable, mais qui demantle confirmation.

(Jour, de chim. nicd.., t. iv, p. 479.)

IV. C\A.\URE DE ZINC. Ou Ic prépare pour l'u-age médical en décomposant une solution de sulfate de zinc pur, par une solution de cyanure de potassium , recueillant le précipité, le lavant et le séchant à une température de 55 ou 40 degrés au-dessus de zéro. On l'obtient sous forme d'une poudre blanche, insipide, qui a pour caractère de se dissoudre dans l'acide sulfurique faible avec dégagement d'acide hydrocyanique ; calciné à l'an', ce cyanure se décompose et laisse de l'oxyde de zinc. (Lassaigne.)

« Le docteur llenning, disent MM. Mérat et Delens, l'a récemment employé en Allem.igne (on suppose du moins (pie tel doit t>ue le tompuse dont il parle sous le

nom de zineus cyaneus)^ comme propre à remplacer avec avantage l'acide hydrocyanique; il l'a trouvé surtout utile, donné à la dose de 1 grain avec du jalap , contre les alfeclions vermineuses des enfans, et, associé à la magnésie et à la poudre de cannelle , dans plusieurs cas de crampes de l'estomac. {Jievite médicale, t. xii, p. 218.) La formule rapportée par M. Magendie pour ce dernier cas [Formulaire , etc., 8* édit., p. 193) est certainement inexacte, car elle prescrit 5 décigrammes (G grains) de cyanure à prendre toutes les quatre heures, dose énorme et qui pourrait avoir des dangers , puisque , d'après les expériences de 31. Coullon , ce cyanure est constamment délétère. La Hevue n'indique, avec raison sans doute, qu'un demi- grain en six prises à prendre de quatre en quatre heures.

» C'est projablement aussi à ce cyanure qu'il faut rapporter ce qui est dit du cyanale de zinc ., obtenu par Hermstaedt en décomposant le cyanate de iK)tasse par le sulfate de zinc [Bihl. méd.), et que 31. llnfeland regarde, dit-on , connue un des plus puissans anti-spasmodiques, dans les cas de cardialgie , d'épilepsie et de paralysie , à la dose de 5 à 20 centigrammes (1 à 4 grains), deux à trois fois par jour; il ne détermine pas d'effets narcotiques , mais de légères nausées et une disposition à la constipation. »

Le cyanure de zinc s'administre en poudre mêlée à du sucre ou à d'autres substances, ou encore sous forme de pilules ou mélange à quelque électuaire.

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