‹ Dictionnaire des dictionnaires de médecine français et étrangers, ou, Traité complet de médecine et de chirurgie pratiquesChapitre 44 sur 117 · TOME lïf · texte numérisé non relu

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dans le sang des animaux empoisonnés.

Lebkiichner [Thèse sur la perméabilité (les membranes ) introduisait 4 grairjs de sulfate ammoniacal de cuivre dans le.s tubes bronchicjues d'un chat; cinq minutes après les symptômes d'empoisonnement s'étant déclarés , il .saigna l'animal de la carotide et de la jugulaire, et il trouva à l'aide de l'hydrogène sulfuré et de l'hydro-sulfate d'ammoniaque du cuivre dans le sérum du premier, mais pas dana le second.

» Plus récemment encore le docteur VVibmer de Munich a aussi constaté la présence du cuivre dans les organes.

Chez un chien auquel il avait administré 24 grains par jour d'acétate neutre de cuivre pendant plusieurs semaines, il a trouvé cette substance dans le tissu du foie. Les observations de Serzeau sur la présence du cuivre dans le sang et dans les solides du corps de l'homme sont d'ailleurs généralement connues. D'ailleurs les expériences du docteur Duncan rendent l'absorption incontestable, puisqu'il a tué les animaux par l'application externe du poison. {L. c, p. 452.)

M. Devergie a tracé le tableau suivant pour les symptômes observés chez l'homme. « Un grand nombre des observations, dit-il , publiées sur l'empoisonnement par le vert-de -gris constate des accidens développés à la suite de Tingeslion d'aliraens préparés dans des vases de cuivre non étamés ou dans des vases de cuivre mal étamés. Dans un cas c'est un poisson refroidi dans une marmite en cuivre au milieu d'une eau vinaigrée; c'est de la viande cuite dans une marmite en terre que l'on ferme avec un couvercle en cuivre qui avait des points de contact avec la viande elle-même; c'est un gâteau fait avec l'écume du beurre fondu que l'on avait laissé refroidir sur une écumoire en cuivre; c'est un ragoût laissé après sa cuisson dans une casserole mal étamée, etc., etc. L'invasion, la marche des symptômes et la terminaison des accidens n'a pas lieu comme dans l'ingestion volontaire ou involontaire du vert-de-gris en substance : c'est ce qui nous engage à entrer dans quelques détails sur ce cas pariiculier, qui du reste s'observe journellemeiit. Ce n'est guère que dix à douze heures après le repas que

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les symptômes se manifestent, et par conséquent le plus souvent dans la nuit. Le malade se réveille avec un mal de télé violent, avec une faiblesse excessive dans les membres , avec des crampes douloureuses; surviennent alors des coliques très vives, des nausées, des vomissemens, d'abord des alimens ingérés, puis des matières bilieuses. Les coliques augmentent d'inîensité, un tremblement dans les membres se manifeste, et des sueurs copieuses se développent. Le pouls est petit, inégal et très fré(iuent; des évacuations alvincs ont lieu ; elles soulagent ordinairement les malades. Mais les symptômes qui ])prsistent le plus long- temps sont la cardialgie et les coliques. Rarement les malades succombent; néanmoins la mort peut être la suiie de Tingeslion d'un aliment mal préparé.

» Ainsi , Portai rapporte le cas de deux homaies qui moururent empoisonnés pour avorr mangé un ragoût préparé dans un vase en cuivre mal étamé. Ils éprouvèrent pendant une heure des cardialgies violentes aux(iuelles succédèrent des vomissemens énormes et un ténesme continuel.

Tous les remèdes qu'on leur administra furent inutiles. On trouva à Pouvcrture des cadavres la membrane muqueuse de Tintestin grêle érodée en divers endroits, le pylore et le duodénum atteints de gangrène , et le rectum perforé en deux points différens. Il faut que la quantité de cuivre qui, à l'état de sel, fait partie des alimens , soit assez considérable, car tous les jours on mange de l'oseille , des épinards , des cornichons, on boit de l'absinthe et d'autres su])stances qui ne doivent leur belle apparence verte qu'à la présence d'un composé cuivreux, et qui cependant ne développent aucun phénomène morbide.

Il résulte des travaux récens , publiés par IM. Planche [Journ. de pharm. , août dS58), qu'une oseille qui contenait un grain et un tiers de grain de cuivre métallique par livre n'avait produit aucun elTet sur plusieurs personnes qui en avaient mangé à un dîner. Il est vrai de dire qu'u[»e livre d'oseille est à peine employée à la confecliou d'un seul plat pour un assez grand nombre de convives , et que chaeun d'eux en prend à peu près 2 onces. Lors(iue le yert-de-grjs est pris à

l'état solide , ou dissous dans un peu d'eau, les premiers symptômes se développent dans les dix minutes qui suivent l'iugeslion du poison. Des coliques atroces, des vomissemens de matières verdàtrcs , des déjections alvines très copieuses ont lieu. La figure devient triste , abattue , les yeux sont profondément cernés; un crachotement continuel, avec des rapports qui ont toute la saveur désagréable du vertde-gris , se manifeste ; la soif est intense , le pouls petit et fréquent; ces vomissemens se renouvellent et sont toujours précédés de coliques; le ventre est douloureux à la pression, il existe une difi'iculté très grande de respirer, ainsi que des sueurs abondantes , et avec une anxiété précordiale qui gène beaucoup le malade. Quelquefois ce dernier est on proie à des mouvemens convulsifs très violens, auxquels succèdent de rabattement et la syncope. La mort peut être très prompte et accompagnée des plus vives douleurs dans l'abdomen; c'est le cas où une perforation de l'intestin a lieu et où les matières s'épanchent dans le péritoine. Quelquefois elle n'a lieu que dans les deux ou trois premiers jours , à la suite de la gastro-enlérite développée et dos douleurs très vives qui sont le résultat de l'action du poison. A l'ouverture du corps on trouve des altérations que nous avons déjà signalées, soit à l'occasion des expériences sur des animaux, soit en parlant des alimens mal préparés qui ont amené la mort des malades qui les avaient pris pour nourriture. » {Médecine légale , t. m, p. 45Î).)

MI\I. 31érat et Delens rapportent tous les phénomènes de l'empoisonnement à une gastro-entérite, qu'ils présument résulter de l'action des préparations cuivreuses. <( Les accidens, disent-ils, que cause l'ingestion des préparations cuivreuses, ingestion plus souvent accidentelle ou volontaire, qu'opérée par le crime, à cause de la saveur particulière (jui les décèle toujours à une certaine dose, se rapportent en général à rinllammation des premières voies qui en est la source, et que constate l'autopsie chez ceux qui viennent à succomber, et à rirrilalion nerveuse qui lui succède ; tels sont les vomissemens et la gastralgie, des coli(|ues et la diarrhée séreuse ou sanguiaoleutc , des anxiétés

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précordiales, une céphalalgie violente, un pouls petit, serré, fréquent, des syncopes, des convulsions, etc. IN'ous avons été à portée de les observer à un degré modéré sur toute une famille, et la céphalalgie nous a paru , après les vomissemens et les coliques, être le symptôme le plus constant et le plus remarquable. » (Ouv. cit.^ t. ii, p. 498.)

Nous venons de voir cependant, dans les faits recueillis par M. Christison, que la gastro-entérite était un phénomène mécanique, inconstant, manquant souvent complètement ou excessivement léger, et que tous les symptômes devaient être rapportés à l'action constitutionnelle dépendant de l'absorption du poison. Nous voyons en conséquence, encore ici, se vérifier les nouvelles idées que nous avons émises à l'occasion d'autres poisons (F. Arsenic, Camphre, Champignons, Carbone, etc.)^ savoir, que l'action locale ou la gastro-entérite à laquelle on s'était arrêté ne constitue pas l'empoisonnement.

« Lorsque l'empoisonnement par les préparations cuivreuses se terminent fatalement, le malade présente, dit 31. Christison, des convulsions, de la paralysie et de l'insensibilité; en un mot, des symptômes d'une lésion cérébrale. M. Pyl a rapporté un exemple remarquable de ce cas. La fille d'un confiseur avait avalé 2 onces de vert-de-gris : elle mourut le troisième jour en vomissant incessamment et en allant continuellement à la garderobe ; vers le dernier jour , elle fut prise d'abord de convulsions, puis de paralysie aux membres. Ce fait est remarquable , surtout à cause des lésions qu'il a offertes à l'autopsie et que nous rapporterons plus loin. {Aufsalze undBcobacht. aiisdcr Gcric/i//..4r2nemi5«.,t.vni,p.85.)Deuxfaits annlogues sont rapjjortés avec de grands d«;fails par \\ ildherg , dans son Manuel prafù/ue , et démontrent évidemment l'action du poison sur le cerveau. Il s'agit d'une (Lime et de sa fille qui ont été empoisonnées avec un mets préparé dans une r i>sfTole (If rnivre. Aussitôt n[)vi'>i diner, «•II»-s ont été prises, d'abord, de douleurs à l'estomac, ensuite, de nausées et d'anxiété, puis après, d'éructations et d<i vomisseiwi\s (\v. mali(.'res vertes, anières, aigres et ablnDgoDlcs. Lu douleur b'estcnsullc pro-

pagée eu bas, dans tout le ventre, et a été suivie de diarrhée. Des convulsions se sont alors manifestées, d'abord passagères, puis continues. Enfin, une insensibilité générale à suivi cet état. La jeune fille est morte en douze heures, la mère en quatre heures. {Pratisches Handhuchfur Physiker,t.m, p. 508.) Dans ces trois cas, bien qu'il n'y eût pas de jaunisse durant la vie, la peau était pourtant très jaune sur le cadavre. Dans quelques cas , il paraîtrait que des symptômes de narcotisme précèdent les phénomènes ci-dessus. Cette circonstance se trouve mentionnée dans un fait publié par M. Julia de Fontenelle, et dans un autre, qui s'est terminé par la mort , par Wibmer. Le sujet de la première observation était un homme qui, dans l'intention de se donner la m.ort, avait bu une solution de cuivre dans du vinaigre , préparée à l'aide de plusieurs pièces de monnaie qu'il avait fait macérer pendant sept jours clans ce liquide. Trois heures après l'ingestion de la potion, il est tombé dans un état d'insensibilité ; les mâchoires fermées , les muscles dans un état de rigidité et fréquemment convulsés, la respiration entrecoupée et le pouls petit et lent. Une demiheure plus tard, il était si bien revenu qu'il a pu raconter ce qu'il avait fait, et aussitôt; après il a pris des blancs d'oeufs et les convulsions ont cessé : mais le lendemain le ventre était dur et sensible, des applications répétées de sangsues ont apaisé l'irritation abdominale. {Jour. dech. méd.^ t. V, p. 415.) Dans le cas de Wibmer, il s'agit d'une jeune personne de dix-huit ans, qui a été empoisonnée par un plat de fèves qui avaient été cuites (îans un vase en cuivre. Elle a é[)rouvé du malaise d'abord, puis des douleurs dans le ventre et des vouiissemens. Ces symptômes ont été immédiatement suivis de convulsions et de la perte des sens. Le lendemain, la malade éprouvait peu de douleur , mais ses bras et ses jambes présentaient une faiblesse paralytique extraordinaire. Peu après, l'abdoineu est devenu gros et douloureux, et la mort a eu lieu soixante-dix-huit heures après le repas. (Die ï^irhung dcr Arzneimiltcl und Gifte, t. n, p. 253.) Un autre cas, acconq)agnè de convulsions, a été publie par le docteur Pcrciv.il. » {Oiiv. cit.^ p. 4j5.) Les iébious pathologiques , observées

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après la mort, sont les suivantes, selon M. Christison. « Lorsque la mort a lieu très rapidement, il est probable qu'on ne rencontre aucune lésion appréciable à Tautopsie. C'est, du moins, ce qui résulte des exl)ériences pratiquées sur les animaux. Lorsque la mort ne survient que lentement, on rencontre à Tautopsie des restes d'inflammation qui témoignent de Tirritation qui avait existé durant la vie. Les faits les plus remarquables que je connaisse à ce sujet sont ceux de Pyl, de Wildberd et de Wibmcr. Dans le cas de Pyl, toute la peau était jaune. Les intestins, surtout le jéjunum, offraient une couleur verte , des taches gangreneuses et de l'inflammation; l'estomac était également vert, sa membrane interne excessivement enflammée , et près du pylore il y avait une tache de la largeur d'une pièce de vingt sous, formée par la muqueuse épaissie, dure et couverte de vert-de-gris très adhérent. Les poumons étaient, dit-on, également enflammés et le sang était fortement coagulé. Dans les cas rapportés par Wildberg, et qui sont très ressemblans entre eux, la peau était jaune à la face et dans difîérens autres endroits du corps, et livide sur les parties déclives. Latuniqne externe de l'estomac et des intestins était par-ci par-là enflammée. La tunique interne du premier de ces organes était beaucoup enflammée et même gangreneuse (1) près du pylore et du cardia. Le duodénum, le jéjunum et le reste de l'intestin étaient dans le même état. Le sang , dans le cœur et dans les gros vaisseaux, était noir et fluide. Dans le cas de la jeune personne rapporté par VMbmer, la peau était de couleur jaune-ocrc, Testomac vert, très enflammé, surtout près du pylore; les intestins olfraiont des marques d'inflammation, le diaphragme était rouge, le cerveau sain , les poimions et le cœur gorgés de sang épais. Les intestins ont été trouvés perfores par un travail ulcératif, et la matière qu'ils contenaient a été trouvée

(1) La gangrène n'avait pu se manifester en treize heures. Il est probable qu'il .s'agissait tout simplement de celle apparence de gangrène qui est produite par du sang noir, citravasé et qu'on confond souvent avec les véritables escharcs. {Note de M, Christison.)

épanchée dans le péritoine , dans le cas de Portai. « L'existence du vert-de-gris, sous forme de poudre, attachée à la muqueuse de l'estomac, après trois jours de vomissemens incessans, est un fait de la plus haute importance et qui mérite l'attention durant l'autopsie. » {On poisons, p. ^37.) B. Traitement. Il résulte des faits et discussions qu'on vient de lire, que l'empoisonnement par les préparations cuivreuses doit être considéré, suivant les uns, comme le résultat d'une simple gastro-enterite déterminée par l'action physicochimique du poison; selon les autres, comme l'effet de l'absorption de cette substance, et par conséquent comme une maladie purement constitutionnelle, laquelle se trouve pourtant compliquée de la lésion précédente. Il est curieux de rapprocher cet empoisonnement de celui que produisent les préparations arsenicales : la ressemblance en est frappante, sous le double rapport symptomalologi(iue et nccropsique : seulement les préparations de cuivre paraissent douées d'un degré inférieur d'énergie ; aussi en faut-il de plus fortes doses pour produire la mort. Reste maintenant la question de savoir qu'elle est la nature de l'action générale. Les idées généralement professées en France attribuent aux préparations cuivreuses une action irritante, astringente , tonique, excitante, inflammatoire. De là, l'indication d'agir anti-phlogistiquement, après avoir, bien entendu, rempli les autres indications dont nous parlerons tout à l'heure. Selon l'école italienne, le cuivre serait un poison froid ; son action serait hyposthénisantc comme celle de l'arsenic La petitesse du pouls, rabattement général que les malades présentent, abattement qui se convertit en faiblesse paralytique, et enfin en insensibilité mortelle, sont autant de signes univoques d'hyposthenie selon cette école. Aussi prescrit elle une médication excitante. Quelles (pie soient, au reste, les idées qu'on aura adoptées sur la nature de l'action constilulionnellç, la première indication est ici, comme dans tout autre empoisonnement,d'evacuer lepoison,soit pardes moyens mécaniques (la pompe i:astri(iue), .«ïoit parle vomissementexcite avec la barbe d'une plume ou des boissons d'huile chaude. Les émétiques énergiques qu'on 4

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coutume de prescrire (tartre stibié, sulfate de zinc, etc.), doivent être formellement proscrits, leur usage pouvant devenir funeste en ajoutant à Taction de la substance toxique, {f^. Poison.)

1° Méthode neutralisante chimique.

« Les alcalis , le foie de soufre , la poudre et la décoction de charbon, l'eau albumineuse, le lait ont tour à tour été proposés pour antidotes du vert-de-gris et de toutes les préparations cuivreuses; mais l'albumine est la substance que Ton a considérée comme la plus efficace ; le sucre a pourtant joui pendant fort long-temps d'une grande réputation. M. Orfila avait été conduit à adopter Topinion de Marcelin Duval , qui avait proposé ce contre-poison. Il avait retiré d'expériences faites sur les animaux un très bon résultat de l'emploi de la cassonnade ou du sucre , soit à l'état solide, soit à l'état liquide; mais en 1818, et après une nouvelle série d'expériences sur les animaux, faites en ayant la précaution de lier l'œsophage , il reconnut que les sels de cuivre administrés en même temps que le contre-poison produisaient les mêmes altérations , et amenaient une mort presqu'aussi prompte que dans le cas où ils avaient été donnés seuls. A la même époque Vogel démontrait que l'acétate de cuivre n'était décomposé par le sucre qu'à la température de l'ébullition. Cependant les expériences entreprises par M. Pastel en 1850 , sous les yeux de M. Blanche , professeur de médecine légale à l'école secondaire de la ville de Rouen, et répétées par M. Girardin, professeur de chimie, prouvent d'une part que le sucre décompose l'acétate de cuivre à la température ordinaire; qu'alors, il est vrai, cette décomposition est très lente; (ju'il n'en est pas de même quand on porte le mélange a 50 ou 36 degrés , et que, dans tous les cas, il se forme du proioxyde de cuivre ; d'une autre part ayant administré à des animaux et coirqjarativemcnt le su(re et l'eau albumineusf! dans le but de combattre les effets d(;s préparations cuivreuses, il remarqua que la mortalité était des deux tiers chez les chiens qui prenaient de l'albumine comme rontrc-poison , tandis qu'elle n'était que d'un tiers chez ceux auxquels on donnait du sucre. La question reste donc encore dans le doute, et néces-

site des expériences contradictoires pour être totalement éclaircie. M.F. Rose (Note sur les combinaisons de l'albumine avec les oxydes métalliques, Paggendorf's^wwalen der Physik, Chimie^ b. d. 26, p. 127) a examiné le précipité que forment par leur contact l'albumine et le sulfate de cuivre. Il a reconnu qu'il contenait depuis 1, 6, jusqu'à 1, 69 p. «/o d'oxyde de cuivre; que le précipité formé par le sang renferme 1, 9 p. o/o d'oxyde. Christison a vu que le précipité formé dans le lait par le même sel était une combinaison d'oxyde de cuivre et de caséum sans acide sulfurique. L'acide acétique enlève à cette combinaison son oxyde qui se dissout, tandis que le caséum reste insoluble. M. G. G. 3Iitscherlich a été conduit par de nouvelles recherches aux résultats suivants : l'albumine ne précipite pas l'oxyde de cuivre, mais bien un sulfate de cuivre combiné avec de la matière animale ; si l'albumine a été employée en excès, le précipité contient un sulfate basique, et le liquide surnageait un sulfate acide de cuivre. Lorsque c'est la dissolution de sulfate de cuivre qui est en excès , le précipité contient du sulfate de cuivre neutre ; mais dans aucun cas l'albumine ne précipite la totalité du sel cuivreux , et les précipités qui se forment peuvent, dans plusieurs circonstances, se dissoudre , ou abandonner une pirlie de leurs principes constituans, soit à l'eau, soit à la dissolution albumineuse , soit à la dissolution cuivreuse. L'auteur ajoute :

Une autre question se présente, la matière organique est-elle même dans les combinaisons solubles et insolubles, ou bien se compose-t-elle de deux substances différentes dont l'une formerait avec le sel de cuivre un composé soluble , et l'autre une. combinaison insoluble? Jusqu'ici on ne peut résoudre ce problème d'une manière certaine, et il en sera ainsi tant qu'on n'aura pu l'isoler pour en étudier la nature et les propriétés. Quoi qu'il en soit , c.qh expériences nous ont fourni beaucoup de faits (jui peuvent être de la plus grande ulilité pour expliquer, mieux (pi'on ne l'aurait pu faire jus([u'à ce jour, l'action physiolo^'icpie dr; ces corps. On ne doit pas non plus oïdilier que l(!s acides libres, lel.4 que les acides lactique et chlorhydrique , dissolvent, comme l'auimoniaque , la po-.

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tasse et la soude , celles de ces combinaisons qui sont insolubles dans l'eau, et leur rendent l'énergie de leur action vénéneuse. La marche à suivre, dans les cas d'empoisonnement par celte substance, varie suivant la quantité de matière vénéneuse qui a été prise et le temps écoulé depuis son administration. Si Ton a affaire à des personnes qui ont fait usage d'alimens préparés dans des vases malpropres, le temps écoulé depuis l'ingestion étant en général assez considérable, il faut s'attacher à évacuer d'abord les matières de Testomac par l'administration d'une grande quantité d'eau tiède, et surtout déterminer des évacuations alvines au moyen de purgatifs huileux et de lavemens évacuans. On mettra ensuite en usage l'eau sucrée ou l'eau albumiueuse, et l'on combattra par la méthode anti-phlogislique l'irritation du canal digestif. Dans le cas, au contraire, où un individu aurait avalé la préparation cuivreuse dans le but de s'empoisonner, il faudrait se hâter de provoquer les vomissemens ou les faciliter s'ils sont déjà survenus; les purgatifs sont ici moins nécessaires. »{Mcd. Icg., t. Ii[, p. 540, 2' édit., 1840).

31. Christison ajoute que , d'après les ^expériences de MM. INIilne-Edwards et Bmnas, le meilleur antidote des sels de cuivre serait le cuivre métallique. Ayant administrée des chiens 15, 20 et 50 grains de sulfate de cuivre ou d'acétate de cuivre ou vert-de-gris , et en même temps une once de limaille de cuivre , l'œsophage étant lié ensuite , ils vivaient cinq , six ou huit jours et ne mouraient alors que par la ligature de l'œsophage comme s'ils n'eussent pas été empoisonnés. Une fois même la ligature ayant été enlevée quel- <iues jours après, l'animal s'est complètement rétabli. {On poisons, p. 440.)

M. OrRla parait avoir confiance dans le l)lanc d'œuf, dans le lait et dans les autres remèdes auti-phlogisliques pour guérir l'empoisonnement en question. » Le premier soin du médecin appelé pour secourir les individus empoisonnés depuis peu de temps par le vert- de- gris, ou par tout autre sel ruivreux solublc, est , dit-il , de chercher à neutraliser le poison par l'albumine dissoute dans l'eau , administrée à plusieurs reprises et en assez grande quantité ; par ce moyen , l'aclioii délétère du

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poison se trouve énervée et l'estomac rempli de liquide, circonstance qui favorise beaucoup le vomissement. Si cependant ou ne peut se procurer facilement de l'albumine, il faut gorger les malades d'eau tiède et même d'eau froide, ou bien de décoctions émollientes, de bouillon et de tous les liquides adoucissans; il faut en même temps titiller la luette avec les doigts ou avec une plume. Si, malgré l'emploi de ces moyens , le vomissement n'a pas lieu , on peut avoir recours à l'eau émétisée , pourvu que les douleurs d'estomac ne soient pas très violentes; car, dans ce cas, il serait imprudent d'introduire dans ce viscère des médicamensiniians. 3L Jeanroy a employé avec succès cette préparation chez les individus qui fout le sujet de l'observation 5™^. On doit surtout y avoir recours lorsqu'il y a des symptômes d'embarras gastilque Si le poison a été

avalé depuis long-temps, s'il est déjà dans le canal intestinal , si le malade a vomi beaucoup , et qu'il soit en proie à des coliques violentes, il faut s'abstenir de provoquer de nouveau le vomissement, qui serait inutile et même dangereux; les lavemens émollicns, les boissons adoucissantes, mucilagineuses et huileuses , doivent être mis en usage et continués jusqu'à ce que les |)riucipaux accidcns soient calmés. L'eau laiteuse doit occuper le premier rang parmi les médicamens de cette espèce, malgré l'opinion de M Drouard , qui prétend qu'on doit la rejeter , parce (ju'elle se décompose promptement dans l'estomac , et qu'elle forme un coagulum solide et irritant : on conçoit diflicilement que cette masse acquière assez de dureté pour agir comme irritant , et (juVlle ne puisse pas être dissoute par les sucs de l'estomac. Les sangsues , la saignée , les bains , les demi-bains, les fomentations émollientes , etc., tels sont les moyens auxquels le praticien doit avoir recours dans le cas où l'inllammation des viscères abdominaux se serait développée. » {Tr, des poisons , t. i , p. 541 , S'' édit.)

2« Méthode anti-plUogistique. C'est la médication qu'on prescrit en France après l'emploi des neutralisans chimiciues. Klle est basée sur cette présomption que les préparations cuivreuses agissent en irritant , en enllammant l'organisme , en par-

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liculier les voies digeàtives , et que les symptômes de rempoisonnemeiit ont pour source cet état inflammatoire.

5« Méthode ilalimne. L'école de Rasori rejette complètement la méthodedes neutralisans chimiques, et adopte exclusivement la méthode constitutionnelle excitante.

L'empoisonnement n'ayant lieu qu'après l'absorption de la matière toxique , toute substance qu'on introduit dans l'estomac dans le but de neutraliser le poison ne peut remplir cette indication. Aussitôt que les symptômes commencent à se déclarer, le poison est déjà passé dans le sang , et les neutralisans sont employés en pure perte. Supposons un empoisonnement opéré par un aliment : les symptômes ne se déclarent qu'après la digestion, c'est-àdire six à huit heures après le repas. Que peuvent alors le blanc d'œuf , le lait ou l'eau sucrée qu'on administrerait au malade ? absolument rien ; car l'absorption est déjà opérée , et si un reste de poison existaic encore dans les voies digestives , il serait incorporé aux alimens et ne saurait être atteint par Tantidote. Supposons à présent que le sel de cuivre ait été pris isolément : la même raison de l'absorption rendra sans effet le neutralisant chimique quel qu'il soit. Le vomissement est un symptôme consécutif a l'absorption ; il expulse la portion du poison qui était restée dans l'estomac , et n'empêche pas la mort d'avoir lieu. Ln conséquence , que les moyens chimifjues agissent ou n'agissent pas sur cctie partie, la seule sur laquelle ils pourraient exercer leur action , ils n'empêcheront jamais la maladie de poursuivre sa marche et d'arriver à sa terminaison : c'est ce que l'expérience démontre tous les jours. Il serait facile de <léinontrer que des observations publiées f'ii faveur de la méthode chimique, aucune n'est concluante, l'our (jue cette méthode fût admissible, il faudrait qu'elle pût porter sur le poison déjà absoibé, i)assé dans le sang, rt dont laclion fra[)[)C irnmédiateinent le principe sensitif de tous les orga- IH'H, c'cst-a-dire le système ganglioiuiairc. I) ailh'urs croit-ou .sérieuscnienl pouvoir combattre un cnq)oisoiinement formidalile , une m.iladie gmérabî Inrihlc , |»ar des moytius iii->iguilian-i, tels quo h; blanc d'œuf , l'eau laiteuse , Tcau sucrée , etc. :'

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On a recommandé lès purgatifs et les lavemens pour faire sortir le poison par le rectum ; mais, plus le venin descend, plus il est en contact avec une muqueuse saine, et plus son absorption est abondante. Ce précepte est, par conséquent, dangereux.

Viennent les sangsues, les saignées , les bains, etc.; mais le pouls est filiforme, le malade , dans une prostration extrême , marche vers la syncope et la mort par asthénie!

Telle est la doctrine de l'école italienne, tels sont les argumens qu'elle fait valoir contre les méthodes chimiques et antiphlogistiques. Selon cette école , le praticien doit se hâter, après avoir rempli l'indication de l'évacuation par le vomissement, si toutefois il y a lieu, car si le malade vomit déjà spontanément il est inutile d'insister sur ce point ; il doit se hâter d'administrer coup sur coup une potion alcoolisée et des lavemens de même nature. Ce traitement doit être continué justju'à l'époque de la réaction. On combattra alors celle-ci par les moyens adou» cissans ordinaires.

Nous avons dû exposer avec impartialité les détails de cette méthode, sans y attacher plus d'importance qu'elle ne mérite; le temps et l'expérience apprécieront sa valeur, ainsi que celles des méthodes précédentes.

C. Opérations médico-légales. « L'action chimique , dit M. Christison , du vitriol bleu et du vert-de-gris, sur les alimens et les boissons , et sur les matières contenues dans le canal alimentaire, et les difTérenccs produites par ces substances dans l'opération des réactifs, n'ont pas été suffisamment étudiées jusqu'à ce jour.

Quelques substances, telles que l'albumine, le lait, le thé et le café , décomposent la solution du cuivre; tandis (pie d'autres, telles que le vin rouge, la matière vomie de l'estomac de l'homme et les membranes de l'estomac, bien (pi'elles ne déconq)osent [)as les sels (h; cuivre , ou ne le fassent que partiellement, altèrent néanmoins matcriclleineiit l'action elles réactions (les [irocedés d'aiialysf!, Lorsipie des fluides végétaux et animaux sont suspectés de coiitJînii- de la matière «uivreusc, le meilleur procède d'analyse; à suivre, selon moi, est celui qu'on emploie pour découvrir

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