‹ Dictionnaire des dictionnaires de médecine français et étrangers, ou, Traité complet de médecine et de chirurgie pratiquesChapitre 48 sur 117 · CYNOGLOSSE · texte numérisé non relu

CYNOGLOSSE

cessation du traitement , et plusieurs personnes Tout conservée de longues années (Lélut, Bielt) , mais elle ne s'accompagne d'aucun accident. [F. Nitrate d'argent, Épilepsie, etc.)

Selon 31. Ferrus, on doit déduire de Télude des causes de la cyanose les conclusions suivantes.

1° Le mélange des deux sangs ne suffit pas pour produire la cyanose.

2° Dans les cas où la circulation ne se fait qu'avec du sang noir, la cyanose peut ne pas exister ou n'être que partielle.

5° Plusieurs altérations organiques, autres que les coinmunications anormales ou accidentelles des cavités du cœur, peuvent être considérées comme des causes évidentes de cyanose, et surtout celles de ces altérations qui portent obstacle à l'accomplissement de la circulation du sang noir.

4<» Une perturbation vive de l'innervation , ou quelque altération cbimique dans la composition du liquide, peuvent occasionner la coloration bleue et permanente de quelques parties et même de la totalité du corps. (Ferrus, Dict, de méd.j'i' edit., t. IX, p. 545.)

CYGLA3IE. Ce genre de plantes , qui apparlienl à la famille naturelle des primulacécs et à la pcnlandriemonosynie de Lin., n'ollre d'intérêt au Ihérapeutisle qu'en raison d'une de ses espèces, le cyclame a' Europe {ajclamen eurnpœiun, Lin.), connu sous le nom vulgaire de pain de pourceau, qui croît dans les montagnes de l'est et du midi de l'Europe, et que la beauté de ses fleurs pourpres fuit cultiver dans les jardins.

La racine est em|)loyée seule; récente, elle est un des draslicpies indigènes les plus énergiques, mais elle perd, par la dessiccation, un peu de sa force que la torréfaction détruit entièrement.

« Le cyclamen, disent MM. Mérat et Dclcns, est regardé comme un violent drastique, capable de provoquer l'avorlement.

Les paysans s'en servent pour se purger, mais il cause souvent des accidens graves, comme des inflammations des voies gasliocnlériqijcs, des sueurs froides, des vertiges, des mouvemens convulsifs, des selles sanguinolentes, la mort même. (Hulliard.) Aussi, rccommande-t-on de ne l'employer qu'à l'extérieur.

» On on fait une préparation connue sous le nom iVntujnrut (l'(irtli(ini(n , (jiii n'est plus employ*'-. (Ju lui attribue des propriétés vermifuges; il paraîtrait (|u il suHil de frictionner le nombril des enfans pour en expulser les vers. Ces frictions purgent et provoquent des

vomissemens selon qu'elles sont faites sur la surface du ventre ou de l'estomac, et cnOn on augmente, dit on, les urines, si on les porte sur la vessie. La violence de cette racine fait un devoir d'en défendre l'emploi comme résolutif, fondant, emniénagogue, etc., propriétés que lui accordent quelques auteurs.

» La dose de la racine de pain de pourceau est, à l'état sec, de 10 à "10 décigrammes (20 à 40 grains) , en nature; il en faudrait une dose moindre si elle était administrée fraîche. On en donne aux enfans 25 ou 50 centigram. (5 ou 6 grains), mais son administration doit être surveillée. »

Quant à l'onguent d'arthanita , on peut l'appliquer, en friction , à la dose de 8 à 12 grammes (2 à 5 gros).

CYNARE. Le genre cynare, de la famille naturelle des cynantbérées , tribu des cynarocéphales , et de la syngénésie-polygamie égale de Lin., odre deux espèces tort intéressantes sous le rapport bromalologique : l'artichaut {cynara scoliimns, Lin.), et le cardon [cipiara crdunculns, Lin.) , mais à litre de médicament la première mérite seule d'être mentionnée ici.

I\I. Montain de Lyon, en a fait une préparation qu'il a appelée extrait rynariquc. On l'obtient en faisant évaporer à une douce chaleur le suc exprimé des feuilles préalablement dépuré et liltré.

Ce médecin lui attribue des propriétés ioniques très prononcées.

A la dose de quelques grains, il donne du ton à l'estomac, excite l'appétit; il favorise la digestion , comme le font les préparations quinifères.

I\I. Montain a remarqué qu'administré à la dose de 4 à 12 grammes (1 à 3 gros), par jour, dans l'apyrexic des lièvres intermittentes , cet extrait cynariquc produit l'elTet anti-périodi(iue d'une manière marquée. INT. lially, charge par l'Académie de médecine de l'expérimenter, l'a aussi employé avec succès à riIôtel-Dicu, dans un cas de fièvre intermittente.

I\L IMontain présume en outre que cet extrait, en raison de son aslringence, pourrait être utilisé dans les affections chroniques de la membrane muqueuse gastro-intestinale, et aussi dans les blennorrhagies anciennes; il l'a du moins employé avec succès dans un cas de ce dernier geine.

CYNOGLOSSE. Le genre cynoglosse, qui appartient à la famille naturelle des borraginées, et à la pcntandrie-monogynie de Lin., n'olTre qu'une seule espèce qui mérite de nous occuper ici; c'est la cynoglosse odicinalc (cyiioqlnssuin ojfirinalc , Lin.), plante bisannuelle qui croît dans toute la France et l)resque dans toute l'Europe, le long des chemins et des haies, ou elle fleurit eu mai et juin.

La plante sèche parait moins p9urvu9 do

CYSTITE.

propriétés que celle qui est récente ; Celle-ci est regardée comme calmante, anodine, narcotique même, et prescrite dans la toux, Je catarrhe, les hémorrhagies de la poitrine, le flux de ventre , etc. On prépare, avec cette racine, un sirop et des pilules, on la donne comme astringente dans la diarrhée, la dysenterie, la leucorrhée; enfin, on a employé cette plante à l'extérieur, en cataplasme, sur les brûlures, les goitres, les tumeurs scrofuleuses, etc. , comme adoucissante et résolutive.

M. Cenedilla, qui a fait l'analyse de cette T SiCine (Giomale difarm. diMilanOj 1828), y a trouvé : 1° de l'eau chargée d'un principe odorant ; 2o une matière colorante grasse ; 5° une matière résineuse; 4*^ du sur-oxalate de potasse; 5° de l'acétate de chaux; 6» du tannin; 7° de la matière extractive; 8° une matière animale ; 9° del'inuline; lO" une matière gommeuse; 11° de l'acide pectique; 12^ de l'oxalate de chaux; 15" de la fibre ligneuse. Ce chimiste pense que le principe odorant en est le principe actif.

Les pilules de cynoglosse sont souvent employées; il entre de l'opium dans leur composition, ce qui a fait penser que leurs propriétés devaient être rapportées à cette dernière substance. D'autres ont dit, et Chaumeten est de ce nombre, que cette préparation ne pouvait être remplacée par l'opium seul , parce que la racine mucilagineuse de la cynoglosse tempère l'énergie du suc narcotique et lui imprime une modification dont les plus cél^brespraticiens reconnaissent l'utilité.

Quoi qu'il en soit, ces pilules sont l'un des flgens de la médication narcotique que l'on prescrit le plus souvent. On les donne depuis 4 jusqu'à 5 décigram. (2 à 6 grains) et plus, en une ou plusieurs fois dans le courant de la soirée.

CÏNORRHODON. On donne le nom de cynorrhodon au fruit du rosier sauvage ou églantier {rosacanina, Lin.), de la famille naturelle des rosacées, et de l'icosandrie-polygynie de Lin.

IL Bilzy a trouvé : 1" une huile volatile; 2° une huile grasse ; 'o du tannin ; A" du sucie incristallisable; •')° delà myricine; G» une résine solide; 7" une résine molle; 8" de la fibrine; 9» de l'albumine végétale ; 10* delà gomme ; 1 1" de l'acide citrique ; 12" de l'acide malifjue ; IT)" des sels. Ce chimiste pense que les cynorrhorlons doivent leur couleur à la résine, leur brillant à la résine, à la myricine et à l'albumine; leur odeur ;\ l'imile volatile, leur s.'ivcur aux acides citrique et malique, au sucre et h l'huile volatile.

On a rangé les fruits du rosier sauvage parmi les aslrin^on';, et on leur a, on outre, attribiif'- des propru'-lf's .'iiK-rilivcs et diuri'liquM. On en prépare une pulpe que l'ciu .imcne a lY'tnt de conserve par l'addition d'une certaine quanlil('j de sucre , el que l'on donne contre la diarrhée, lallaiblissemcnt Intesti-

nal, etc., à la dose de 8 â 60 grammes (2 gros à 2 onces), et même plus, en une ou plusieurs fois dans la journée. Cette conserve s'administre quelquefois délayée dans un liquide approprié, mais, comme elle est douée d'une saveur aigrelette fort agréable, on peut aussi la faire prendre seule, à l'instar d'une confiture, et c'est en effet ce que l'on pratique le plus ordinairement.

CYPRÈS. Le cyprès pyramidal {cupressus semper virens, Lin.), est un arbre de la famille naturelle des conifères et de lamonoéciemonadelphie de Lin.

On retire des feuilles de cyprès une huile volatile à laquelle on attribue des propriétés anthelminthiques , mais nous devons faire observer que ce médicament nouveau a été encore peu expérimenté.

CYSTITE. Ce mot désigne, en général, rinflammation de la vessie. Mais on a pris riiabitude de le consacrer exclusivement à rinflammation aiguë attaquant toutes les membranes de cet organe. La phlegmasie de la membrane muqueuse prend plus spécialement le nom de catarrhe de la vessie. Parmi les auteurs, la plupart ont décrit isolément ces affections, d'autres ont proposé pour les désigner le mot générique de cystite auquel on ajouterait une qualification d'espèce. Pour nous conformer à Pusage le plus général , nous décrirons ici la cystite générale. Le catarrhe sera décrit au chapitre des maladies de la vessie. {F. ce mot.)

Caractères anatomiques. La cystite générale, dite encore cystiphlogie , ou cystitée , ou cystite profonde , est ainsi appelée parce qu'elle occupe le parenchyme de la vessie. Elle peut envahir toute la surface de l'organe à la fois, ou bien quelques portions isolées. Les points vers lesquels on la rencontre le plus souvent sont le basfond de la vessie vers la partie supérieure ou le voisinage des orifices , soit de Purètre, soit des uretères. Les recherches auxquelles ont donné lieu dans ces dernières années la taille et la lilholrilie ont fait mieux apprécier les lésions que l'on observe dans les cas d'inflammation ; le premier degré se caractérise pendant la période inllamuiatoire par une iiijcuîlion générale ou parliclle de la membrane muqueuse ^ le plus souvent sous forme de pL'upjcs rouges , violacées , et mal circons(îritr;s ; on pfMit aussi renronirer des ecchymoses ; les couches séreuse et nmsculaire sont souvent ramollie»; le ti^su cel-

CYSTITE.

lulaire qui les sépare est le siège d'épanchemens séro-albumineux. Quand cet état a persisté pendant quelque temps, souvent on trouve des vaisseaux variqueux rampant dans Tépaisscur des tuniques de Torgane. Au contraire , lorsque la maladie s'est terminée par suppuration , les parois de la vessie olfrent dans leur épaisseur des foyers contenant plusieurs onces de pus; plus souvent, la matière purulente est infiltrée au milieu des fibres de la couche musculeuse ; on la trouve encore réunie sous forme de fusées dont les parois sont boursoufllèes, fétides. Le lissu cellulaire du petit bassin peut participer à cet état inflammaloire , et olfrir des collections de pus plus ou moins considérables. Chopart a observé que la suppuration commence en général vers le col de la vessie. L'extension de ces foyers peut amener la rupture accidentelle de Torgane ou Tulcération de ses parois; Tintroduction de la sonde peut encore donner lieu au même accident; dans toutes ces circonstances, ces foyers viennent s'ouvrir à l'hypogastre , au périnée , souvent sur les côtés du rectum, héclard et M. Ferrus ont vu une communication s'établir entre la vessie et ce dernier organe. On trouva chez le sujet de cette observation le bas-fond de la vessie adhérent dans quelques points avec le rectum; il était, ainsi que la partie correspondante de cet intestin , fort aminci et percé de quelques petits trous qui avaient donné passage à l'urine ; la partie postérieure et supérieure de la vessie présentait plusieurs poches contenant du pus et formées en partie par des fausses membranes , dont quelques-unes paraissaient situées dans les parois même de l'organe. « Quand le pus a trouvé une issue plus facile du côté interne des parois de la vessie , et (ju'il a conlinué de s'écouler en se mêlant aux urines, on découvre sur le cadavre des ouvertures fistuleuses plus ou moins étendues et profondes. Quchpiefois ces ouvertures sont entourées de veines variqueuses; cpielques-unes sont couvertes de sang noir, t'panché par la rupture de petits vaisseaux qui rampent dans leur fonds. Toutes exhalent luie odeur infecte.

«C'est encore dans les ras de suppuration qu'on trouve les productions pseudo-membraneuses dont parlent les auteurs. C'est

l'expulsion de ces fausses membranes par l'urètre qui a fait répéter à tant de médecins que la tunique muqueuse de la vessie pouvait être entièrement détachée et expulsée par portions avec les urines. La gangrène, suite d'une inflammation violente, est encore plus rare, elle n'est guère observée qu'après une rétention d'urine qui subsiste depuis plusieurs jours. Il se forme une eschare plus ou moins étendue et quelquefois multiple dont la chute entraîne bientôt la mort du malade, surtout si répauchcment se fait dans la cavité abdominale. » ( Ferrus , i)/cL di. méd.^ 2*^ édit., t. IX , art. Cystite.)

Étiologie. On observe cette maladie sur tous les individus , mais surtout chez les hommes d'un âge mur plutôt que chez les vieillards; parmi les premiers, les plus robustes sont plus fréquemment atteints.

Au dire de M. Ferrus, les femmes seraient aussi sujettes à la cystite que les hommes. Toutes les causes générales paraissent n'avoir aucune influence sur celte alîection : ce qui la détermine , ce sont les causes directes ou immédiates. L'expérience démontre en etTet que l'inflammation aiguë de la vessie est fréquemment la conséquence d'une plaie pénétrante de l'organe, de l'opération de la taille ou de la lithotritie , ou d'un cathétérisme maladroit, d'un coup, d'une chute sur la région hypogastrique ou périnéenne ; on la voit encore arriver après un accouchement laborieux dans lequel la tête est restée long-temps dans le bassin; elle peut survenir à la suite de manœuvres violentes faites pour amener l'expulsion du fœtus dans un accouchement laborieux; telle est souvent la cause première des fistules vésico-vaginales. Citons encore les marches forcées , l'equitalion prolongée, un long trajet dans une voiture mal sjispendue, la présence d'une pierre volumineuse dans la vessie , une hernie de cet organe. On a de plus mentionné parmi ces causes quelques répercussions , la suppression d'hémorrhagics habituelles, l'abus des diuréti(pies, l'action des cantharides , (jui donnerait lieu à des accidens de nature particulière, etc. {f^. ce mot.)

Enfin on a vu l'inflammation de la vessie survenir par suite des progrès d'une blennorrhagie intense, d'une inflammation du

CYSTITE.

péritoine , de la mairice, du rectum , du vagin.

Symptômes. Les phénomènes locaux de la cystite profonde sont une douleur vive à l'hypogastre , et même dans d'autres régions de Tabdomen : ces douleurs sont exaspérées par la moindre pression sur ces parties ; elles se propagent vers Turètre, le rectum , le périnée , les cuisses. Le sentiment de pesanteur qui existe s'accompagne de besoins d'uriner fréquens et douloureux auxquels succèdent l'éjection très pénible de quelques gouttes d'urine , parfois la rétention est complète. Après un certain temps ces accidens donnent lieu à des désordres graves tels que la distension énorme de la vessie, qui fait saillie au-dessus du pubis; tout le corps est baigné d'une sueur qui répand l'odeur de l'urine , le malade est tourmenté du besoin d'aller à la garde-robe , il y a de la céphalalgie , une soif vive , de la réaction fébrile ; on peut observer du délire, des mouvemens convulsifs dans les membres, des nausées et des vomituritions.

Selon la nature de la terminaison , deux ordres de symptômes apparaissent ; si elle est favorable , le cours de l'urine se rétablira peu à peu , et les phénomènes inflammatoires généraux et locaux iront en diminuant d'intensité. Il faut attribuer ces symptômes à la résolution de l'inflammation ; la suppuration se forme-t-elle ou bien la gangrène a-t-elle envahi les parois de la vessie, le malade tombe dans une espèce de prostration adynamique qui le conduit au tombeau, la fièvre augmente, le pouls est petit et serré , il augmente de fréquence, la langue est sèche et la voix intense ; le hoquet , la cardialgie, le besoin d'uriner , le froid des extrémités complètent ce tableau fatal.

La cystite peut se terminer, comme nous l'avons fait pressentir , de dilî'érentes manières, par résolution, suppuration, gangrène et induration. La [)reinière est sans contredit la plus heureuse, elle a lieu habituelleirieiil du cinrjuième au sixième jour et quelrjuefois du douzième au quinzième ; le l)e^oi^ d'uriner devient moins fré(pjent , 1 urine rendue est [)Ius abondante qu'à l'état normal, elle est blanchâtre , visqueuse , la tumeur hypogastri-

que disparaît , l'ensemble des fonctions se rétablit.

La terminaison par induration proprement dite est caractérisée par une véritable hypertrophie de l'organe qui parfois forme une tumeur sensible au palper , le malade éprouve la sensation d'un poids incommode dans le bassin. On a parfois pris cet état pour un calcul de la vessie. Sœmmering a rapporté des faits de ce genre, r. Vessie ( Hypertrophie et calcul de la).

Lorsque l'inflammation de la vessie est partielle, elle peut donner lieu à quelques symptômes particuliers ; ainsi arrive-t-il au col de la vessie, ce que Ton voit parfois après les blennorrhagies intenses : il y a suppression de l'urine , strangurie , érections fréquentes et douloureuses, en pratiquant le toucher par le rectum on sent la vessie distendue, chaude et douloureuse , parfois des vaisseaux dilatés, l'introduction de la sonde occasionne de violentes douleurs. Lorsque la portion enflammée est voisine des orifices des uretères, il y a aussi suppression de l'urine ; mais au lieu de s'accumuler dans la vessie , elle ne peut y parvenir , et elle s'arrête dans les uretères qu'elle distend en donnant lieu aux accidens particuliers à cette maladie {r. Uretères) ; on a même vu la néphrite survenir par suite de cet état, Chopart en a rapporté des exemples; enfin à la voûte de la vessie la cystite s'accompagne des symptômes de la péritonite.

Pronostic. On voit que la gravité du pronostic varie en raison de l'intensité de la maladie, et du mode de terminaison; toutes choses étant égales d'ailleurs, elle est moins grave chez la femme à cause de la facilité avec laquelle on peut pratiquer le cathétérisme.

Traitement. Il est celui des phlcgmasies graves, on pratique au début une forte saignée; Sœmmering a donné le conseil de saigner au pied, mais souvent on ne réussit pas ainsi à obtenir une quantité suffisante de sang. On ap[)lique ensuite des sangsues nombreuses à ré[)igastre , aux aines, au périnée, à l'anus. Sœmmering blâme cette pratique (jui est fort usitée en France , et (jui est fondée sur les relations anatomi(iues des vaisseaux, il ne paraît pas cependant qu'on ait des faits concluans pour y renoncer. Les

DARTRE

bains tiédes et lotig-lemps prolongés devront être employés iiiiiiiédiatemcnt après la déplétion des vaisseaux; on pourra rendre les bains de siège, émoUieus, mucilagincux, etc. Les lavemens de même nature seront donnés souvent et avec précaution, le malade observera le repos absolu et le régime le plus sévère. Les boissons prises en très petite quantité et tièdes auront l'avantage de favoriser la transpiration, et rem[ilaceront avec avantage les compositions dites sudorifiques et dont l'emploi serait dangereux.

« La rétention des urines, dit M. Ferrus , devient souvent un épipbénomène fort inquiétant. Il faut sans doute , dans cette circonstance, pratiquer le cathétérisme, les forces musculaires de la vessie s'a fiai blissant par la distension, mais il est un autre point en litige, savoir : si la sonde introduite doit rester à demeure, ou être replacée à chaque nouveau besoin.

Contre la première proposition, on peut mettre en avant que la présence de Tinstrument détermine les accidens d'un corps étranger, accidens aggravés par l'état de l'organe qui le reçoit; d'un autre côté, en

répétant le calbétérisme plusieurs fois par jour, on doit craindre d'augmenter l'inflammation. Il faudra, à ce sujet, avoir égard aux conditions individuelles. La sonde sera maintenue dans la vessie toutes les fois que sa présence n'aura pas considérablement augmente les phénomènes inflammatoires, et surtout si l'introduction a été difficile. 11 vaudrait mieux, au contraire, la placer momentanément si le canal de l'urètre parait intact et d'un grand diamètre, et si l'obstacle paraît élre au col ou à l'orifice de la vessie. Peut-être les (jualités de l'urine doivent-elles aussi influer sur le parti à prendre. Nous croyons, par exemple, qu'il conviendrait mieux de laisser la sonde , si ce liquide est acre , épais, et si son contact sur les parties malades est très douloureux. C'est l'appréciation exacte de ces diverses conditions qui distingue le médecin habile». (Ferrus, ouv. cit., p. 563. {r. Cantharides, Catarrhe, Hypertrophie, Calculs de la VESSIE, Corps étrangers dans la vessie, LiTHOTRiTiE et Taille.) CYSTOGÈLE. ( r. Vessie.) CYSTOTâMIE. (A'. Taille.)

DANSE DE St-GUY. (r. Chorée.) DAPHNÉ. [f^. Garoi: , Lauhéole.) DARTRE , s. f, Quelques auteurs font dériver ce mot de Sy-oToi; , qui signifie écorché, parce que dans la maladie qu'il désigne la peau est rouge et parait comme écorchée.

Nous renvoyons au mot Peau , les remarques générales sur les bases qui doivent être prises en considération dans le classement des maladies cutanées, nous bornant dans cet arti( le à l'histoire d'un groupe particulier de ces alfections rangées sous une dénomination bien connue du vulgaire et admise par beaucoup de médecins.

Définition. On doit entendre par le mot dartres des ixWecWon'^ essoitiellcinciit chroniques de l'enveloppe tégiimcnlaire , caractérisées par diverses sortes d'érup-

tions, qui tendent sans cesse à s'accroître en superficie , se transforment quelquefois d'une espèce dans une autre, résistent pendant long-temps aux moyens curatifs, et récidivent avec une grande facilité ; enfin, comme nous le verrons plus loin, les dartres paraissent dépendre d'un vice organique tout spécial.

I.e groupe dont nous parlons a été rejeté des cadres nosologiques par les médecins qui ont adopté la classification de Willan et de IJateman. Cependant les frappantes analogies présentées par les maladies qui le constituent, la similitude du traitement général exigé parcelles-ci, nous engagent à le conserver à cause de sa valeur lout-à-fait pratique.

Causes. Chez les enfans les affections cutanées chroniques attaquent surtout le cuir chevelu et la face , ce sont le» teignes

DARTRE

{F. ce mot); les afTections dartreuscs pro- soit des menstrues on des hêmorrhoïdes;

prement diles ne sont donc pas aussi communes chez eux que chez les adolescens , les adultes et les vieillards. « L'âge mûr, et surtout l'époque cntii|ue chez les i'emmes, voient souvent se développer des maladies cutanées opiniâtres, et qui persistent dans un âge plus avancé; les vieillards, chez lesquels les fonctions de la peau s'exécutent en général avec assez de diiïîculté.sont assez sujets aux maladies chroniques des tégumens, à la dartre squammeuse, au prurigo, etc. » fGihert, Traité prat. des mal. spéc. de la peau., p. 21. Paris, 1859.)

Le seœe ne paraît pas exercer une grande influence, du moins sur l'ensemble des affections dartreuses, car, pour les différentes espèces, ce que nous allons dire du tempérament fera voir qu'il ne doit pas en être de même. Ainsi « les individus qui ont les cheveux blonds et la peau blanche sont principalement sujets à la dartre furfuracée ou à la dartre squammeuse; le tempérament sanguin est principalement sujet à la dartre crustacée flave.scenle (impétigo). Le tempérament bilieux ou mélancolique dispose à la dartre pustuleuse (acné), et particulièrement à la variété que nous avons désignée sous le nom de mentagre ; cette affection cutanée est communément liée à un embarras du foie. Toutefois on peut généralement assurer que les constitutions lymphatiques sont celles qui sont le plus accessibles aux affections dartreuses. « (Alibert, Précis théor. et pratiq. des malad. de la peau, t. i, p. 521. Paris, iSlO.)

On ne saurait nier l'influence {\ç.\liérédilé dans la production des maladies dartreuses. Alibert Hoc. cit.) en a rencontré de nombreux exemples dans sa pratifjue; les autres ob.servateurs ont pu se convaincre de la vérité de ces remar(|ues.

La malpropreté, la misère, une mauvaise alimentation, les passions tristes, les chagrins i)roIon,Lrés , les occupations sédentaires , un régime échaullant , l'abus d(.'s liqueurs fortes sont autant de conditions qui provofjuent le déloppemenl des allée lions dartreuses.

Le» auteurs ont beaucoup insisté , et

avec raison, sur les rf)nm!(|u(!ncr's (\\\\ cn-

Irainent si souvent les .supj)ressions (h; Ibix

habituels, soit de trauspualion» partielles,

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