‹ Dictionnaire des dictionnaires de médecine français et étrangers, ou, Traité complet de médecine et de chirurgie pratiquesChapitre 49 sur 117 · TOME iri · texte numérisé non relu

TOME iri

ces causes agissent dans un très grand nombre de cas pour produire quelqu'une des maladies dont nous parlons.

Il n'est pas rare de voir des dartres succéder à un exanthème fébrile tel que la variole, mais c'est surtout au virus vénérien et à la scrofule que l'on doit rapporter l'origine d'un grand nombre d'entre elles. La goutte , le rhumatisme ont paru quelquefois favoriser le développement de certaines alfections cutanées ou alterner avec elles : les diverses espèces de dartres se succèdent très souvent ou existent simultanément; mais, ce qu'il ne faut pas oublier, c'est la liaison qui existe entre les organes intérieurs et certaines maladies de la peau; de là lé danger de supprimer brusquement ces dernières , et même dans certains cas de les guérir.

Les dartres paraissent beaucoup plus communes dans les pays chauds que dans les autres contrées , et suivant le savant Lorry on les rencontre surtout chez les Arabes et les habitans du littoral de l'Afrique, qui se nourrissent presque exclusivement de poisson.

La contagion admise par les anciens ne saurait l'être aujourd'Inii depuis les expériences d' Alibert. Il est bien constant que si dans certains cas il semble y avoir eu transmission directe, cela tient à ce que la maladie s'est développée chez des indivi • dus places dans les mêmes conditions.

Les dartres ont, sous le rapport théorique, subi toutes les phases des révolutions médicales ; les doctrines humorales , solidistes, mais surtout chimiques ont été invoquées tour à tour pour ex[)liquer leur formation. Or , comme le dit M. Gibert le i)lus sage est de s'en tenir au produit direct de l'observation, qui a montré aux: médecins de tous les temps (pie les maladies de la peau étaient souvent liées à une diatlièse spéciale qui les provo(iuait , les cnlretcîiiait et les reproduisait. Celle spécificité du principe dartreux est pour nous démontrée par les raisons suivantes : -1" l'hérédité ; 2" la transformai ion d'un(; espèce dans une autre; 5" la similitude des produits morbidiîs dans une même espèce; 4" les récidives, rdlicacilé de certains medicamens i:éneraux , notamment le soufre.

DARTRE

yJnaiomic pathologique. Lorsque les sujets alleclés do darires très graves et très étendues viennent à succomber , on trouve des phleginasies des organes respiratoires,tels (jue la plèvre ouïe poumon, ou bien des lésions organiques des viscères de l'abdomen, {f^. Alibert, ouv. cit. , p. 557 et suiv.)

Symplôines. Lespblegmasics dartreuses naissent ordinairement avec leurs caractères chroni(iut's ; elles ne sont accompagnées d'aucune réaction fébrile , d'ancun trouble général , Tappétit est même souvent augmenté d'une manière remarcjuable. Il arrive que la phlegmasie spécifique succède à quelques lésions cutanées dépourvues de toute apparence d'inflammation, i)ar exemple à des desquamations furfuracées, des productions pa[)uleuses^ ou même vésiculeuses , sans rougeur ; les dartres une fois développées, la peau conserve à l'entour tous ses caractères physiques et physiologi(jues , rarement elles font naître de la douleur comme les autres alfeclions aiguës (érysipèle, zona, etc.); mais presque toujours elles déterminent une démangeaison insupi)orlabU', un pi urit des plus incommodes qui se montrent suriout pendant la nuit. Les dartres présentent comme symptômes , tantôt un suintement plus ou moins abondant conslilué par une sérosité plus ou moins épaisse qui se concrète en squammes ou en croûtes de forme et d'aspect divers , tantôt une descpiammation de la peau en écailles furfurantes, ou même en squammes blanclies, épaisses et nacrées, sans suintement. De là les diirérenles formes admises par Alibert, les dartres squammeuse , humide (/'. Lczkma) , lichenoïde (/^. Licuen AGiiiLs), les dartres furfuracées volitantes ( f^. Pityriasis ) et arrondies (f^. PsolUAsis), et enfin la mélitagre (^.Impétigo). Déjà nous avons décrit au mot Acné un des groupes des dermatoses da'lreuses qu'Alibcrl désiu'iie sous le nom de varus. (^uant aux lésions dites élémentaires (bulles, papules, pustules , taches, tubercules, scpi.uiinies et vésicules) (jui se rencontrent comme [Joint de départ ou connue caractères dislinclifs des maladies culanées, nous renvoyons leur étude générale au mot Pi.AU.

reprises , on voit que ces maladies ont une durée très considérable et une marche fort inégale , entrecoupée de rémissions , de récidives qui se montrent surtout au retour des chaleurs , quelquefois péiiodiquement. Les rétrocessions ou métastases sont démontrées par des faits trop nombreux pour pouvoir être révoquées en doute , et, chose remarquable, ce sont surtout des affections de poitrine qui sont les conséquences de ces dispositions subites. 7'erminaisons. La mort survient très rarement par le seul fait d'une maladie dartreuse, ou bien il faut alors qu'elle soit très étendue , qu'elle ait épuisé le malade et donné lieu à une véritable cachexie darireuse. Guéries , ces affections se reprodui>ent souvent sous une autre foripe. Enfin (piebiuefois une affection aiguë , un érysipèle, pir exemple , vient mettre un terme à \:. maladie; déjà ce fait avait été noté par Alibert {Précis , etc., p. 548), et Sabatier l'a très bien démontré dans sa thèse inaugurale.

Ainsi, en général, le pronostic n'a pas de gravité en ce sens (jne la maladie ne met pas en danger les jours du patient, mais par sa durée et son opiniâtreté elle fait bien souvent le désespoir des médecins et surtout des malades.

Traitement. Le traitement des dartres est local, général et hygiénique.

J. Traitement local. Il varie suivant les espèces, cependant il est des données communes à toutes que nous allons passer eu revue. Et d'abord, quand la phlegmasie darireuse est très intense, on commence par un traitement anti-phlogistique ; puis, quand la dartre a été ramenée à des conditions plus favorables , on a recours aux résolutifs et aux spéoificjues.

i» Moyens anti-phlotjislir/ues. Lorsque l'appareil tégumentaire est rouge et enflamme, lorsque les dartres sont vives et récentes, on pourra appliquer des sangsues en nombre variable suivant les cas, et reitérer Temploi de ce moyen s'il y a urgence. Les auteurs sont généralement d'avis que les sangsues soient applicpiées à la circonférence de la partie malade, ou bien entre celle-ci et le cœur. Quelques personnes mettent en usage les ventouses scarifiées, surtout dans les cas de dartre

D après ce quenous avons dit à plusieurs furfuracée arrondie (psoriasis), et, à l'aide

DARTRE

de ce moyen , on dégorge très bien les parties phlogosées.En même temps cellesci seront recouvertes de cataplasmes émoiliens faits avec de la fécule de pommes de terre qui fermente moins vite que la farine de graines de lin. Des lotions répétées seront faites avec le décoctum de plantes mucilagineuses, la mauve, la guimauve, le lin. le son, etc. Alibert dit avoir fait apposer avec succès des vessies remplies de lait chaud sur les régions malades.

Quand le prurit est très vif, on pourra employer des lotions rafraîchissantes de laitue, de cerfeuil, de petit-lait, ou des lotions mucilagineuses telles que celles indiquées plus haut et auxquelles on ajoute quelques gouttes de suc de citron ou simplement un peu de vinaigre. Les grands bains d'eau tiède ou rendus émolliens, les bains gélatineux sont encore ordonnés avec beaucoup d'avantages pour remplir les mêmes indications.

2° Narcotiques. Les lotions avec une décoction de têtes de pavots ou de plantes émollientes additionnées de laudanum , seront très utiles dans les dartres accompagnées de douleurs prurigineuses très prononcées ou de démangeaisons intolérables. C'est dans les mêmes conditions que Ton emploie des cataplasmes faits avec des feuilles de jusquiame et de belladone, ou de ciguë ; mais ces moyens demandent à être maniés avec beaucoup de précautions, surtout quand on les applique à des surfaces dépouillées de leur épiderme , comme dans certains cas de dartre squammeuse humide(eczéma);lor?quela phlogose est intense et le suintement abondant,'il faut redouter alors les dangers de l'absorption et les phénomènes de l'intoxication.

3'> Topique» excilans. Aussitôt que Téréthisme a été abattu, ou si de prime abord l'état chronifjue était bien franchement prononce, il faut avoir recours aux topiques excitans. « Si l'on a une connaissance [)r()fonde de la marche et des révolutions des dartres, on sera peu surpris de ce qui survient queNpjefois dans le traitement de ces maladies. En effet, il n'e-it [);is rare de voir que, durant l'application de certains topi(iues, conune, par exemple, lorscju'on administre fies douehes ou des bains sulfureux , TiTuplion herpetirpic auguicale mouientuneuient d'intcubilO.

Les individus affectés s'imaginent faussement qu'un pareil régime leur est contraire... Ce phénomène trompe quelquefois des médecins qui sont sans intelligence et sans instruction ; mais les dartres ne tardent pas à s'éteindre progressivement par l'action des mêmes moyens dont on avait d'abord redouté l'emploi. » (Alibert, ouv. cit.., p. 548.) C'est parle même mécanisme que des érysipèles , comme nous l'avons dit, viennent à guérir des dartres, et en général qu'une foule d'affections chroniques ne peuvent arriver à la guérison qu'en passant par l'état aigu.

A la tête des moyens excitans que l'on peut employer contre les dartres, nous placerons le soufre et ses composés, l'iodure de soufre, les sulfures de soude, de potasse et de chaux administrés en lotions ou en pommades, les bains locaux ou généraux avec l'eau de Baréges naturelle ou artificielle, et en général les bains sulfureux. Les douches de vapeur sont encore très utiles pour aviver et stimuler des dartres rebelles.

Les bains de vapeur sont quelquefois parfaitement indiqués. Alibert les ordonnait principalement lorsque la peau était sèche et aride , lorsque les fonctions des exhalans étaient depuis long-temps interrompues. Si ces sortes de bains ne combattent pas directement le vice herpétique, ils ont du moins l'avantage de préparer les tégumens à l'action des remèdes. C'est surtout après eux que les préparations sulfureuses ont une action marquée.

Les bains ont en général des effets fort divers suivant les individus, et il faut les varier suivant l'idiosyncrasie des sujets; tous, en effet, ne peuvent supporter les eaux de Baréges ou les eaux alcalines; on est obligé de se borner chez eux aux bains émolliens, tandis que l'on peut stimuler les parties malades avec des topiques plus actifs.

Après les sulfureux employés localement, nous citerons les pommades et lotions d'hydriodate de potasse, les mercuriaux tels que le calomel, Tiodure de mercure, et enfin les [)ommades de; souscarbonate de jiotasse ou de goudron , les lotions savonneuses, v.lv,.

Lne chose fort imi)ortante et sur laqucU« le» auteurs, et à leur tête Alibert,

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insistent beaucoup , c'est de varier les moyens locaux ; car réconomie s'iiabitue facilement à leur emploi ; presque toujours un remède nouveau amène du soulagement, et ces avantages partiels en s'unissant finissent par produire la guérison. Si Ton ne peut changer la substance médicamenteuse elle-même , il faut au moins changer son mode d'administration. On sait d'ailleurs que tel agent thérapeutique, très actif pour une personne, ne Test nullement pour une autre, et enfin que, chez un même individu, un médicament topique n'agit point également sur les différentes parties de son corps, parce que leur organisation est diversement modifiée.

B. Traitement généraî. Les anciens avaient une excellente coutume trop négligée de nos jours, c'était de commencer le traitement des dartres par une préparation, consistant surtout dans l'usage des boissons délayantes et des purgatifs doux répétés. Nous conseillons donc de revenir à cette méthode , du moins dans les cas de dartres étendues et invétérées. Ces moyens sont employés concurremment avec les topiques emoUiensetanodins, et doivent précéder de huit à quinze jours la médication locale spécifique. Lorsqu'il y a irritation vive, que le sujet est vigoureux, on pourra dès le début prati(juer une ou même deux saignées, sans préjudice des évacuations sanguines locales.

Parmi les purgatifs^ les plus employés sont la manne chez les enfans , l'eau de iiedlitz ou de Pulna , les sels cathartiques et le calomel chez les adultes. 11 est bon de les répéter plusieurs fois et à doses faibles pendant toute la durée du traitement : ainsi on fera prendre tous les huit jours 2 à 5 verres d'eau minérale purgative, ou 8 à 12 grains ( 40 à 60 centigr.} de calomel préparé à la vapeur. Il est bien entendu cmc ces moyens ne sont applicables (ju'aux sujets dont le tube iiUestinal est en bon état. A part les cas d'embarras gastrique, les vomitifs sont très rarement employés.

Une foule de substances végétales ont dite préconisées contre les dartres; telles sont la bardane , la fumeterre , le trèfle d'eau , la patience , la chicorée , la scabieuse , le houblon , et surtout la douce-

amère. Déjà Alibert s^élait convaincu du peu d'efficacité de ces médicamens , aux- (luels on avait attribué des vertus dépuratives ; toutefois, il a pu s'assurer dans plusieurs cas de l'action réelle de la saponaire et du suc de pensée sauvage. Aujourd'hui , on prescrit indifféremment l'usage habituel de l'ime des plantes que nous venons d'énumérer, avec la précaution de la changer pour une autre aussitôt que le malade commence à s'en dégoûter.

Chez les enfans on donne avec avantage , chaque matin, une cuillerée de sirop antiscorbutique , de vin de gentiane ou de quin(iuina , surtout si Ion soupçonne quelque chose de scrofuleux dans la constitution.

« Les opinions se partagent lorsqu'il s'agit de décider sur les bons effets du mercure et de ses préparations dans le traitement des affections dartreuses. Certains praticiens regardent ce métal comme une sorte de panacée qu'on peut opposer à toute espèce d'altération chronique de la peau.... 11 est des médecins, au contraire, qui ne parlent que des accidens funestes survenus à la suite de l'administration du mercure. Des accidens ont pu sans doute avoir lieu dans quelques circonstances ; cependant j'ai vu plusieurs individus sur lesquels il n'a produit que des effets salutaires Au surplus , personne n'ignore

que le mercure agit d'une manière directe sur le système lymphatique , et combat les dartres avec eflicacité. Cest mal à propos que les praticiens ont envisagé certaines éruptions comme sipJnjUtiques , parce qu'elles cédaient à V action du mercure ; comme si ce médicament était uniquement approprié à cette maladie.

Ne délruira-t-on jamais une semblable erreur? » ( Alibert^ omd cit.^ p. 357.)

Ce remarquable passage , dont nous avons souligné les dernières phrases, contient l'expression de ce que l'on peut dire de plus exact au sujet des mercuriaux qui, bannis un moment de la matière médicale, ont reconcpiis désormais le rang qui leur appartient dans la thérapeutique.

Les préparations sulfureuses, mais surtout les eaux minérales de liaréges, d'L'nghien , d'Uriages , etc. , jouissent de la réputation la mieux méritée dans le traitement des dartres. Les arsenicaux à fai-

ble dose, vantés par les Anglais, ont été introduits en France vers le même temps que la méthode de Willan , et ont dû en grande partie à leur nouveauté les éloges dont on les a comblés. Les solutions de Pearson et de Fowler {r. t. i de ce Dict., art. Arsenic, p. 438) sont les plus usitées ; les arsenicaux ont beaucoup d'inconvéniens, leur emploi est quelquefois suivi d'accidens graves , et leurs avantages ne sont pas assez grands pour qu'on doive les préférer au soufre et au mercure, que l'on peut manier avec plus de sécurité. Notons toutefois, relativement aux sulfureux, que leur utilité n'est bien constatée que dans les cas d'inertie de la peau, dont ils activent manifestement les fonctions. Il est des individus très irritables qui les supportent difficilement, il faut alors se borner aux adoucissans.

Le régime, dans les affections dartreuses, est d'une haute importance. 11 suffit de se rappeler les causes pour en être convaincu.

« L'abstinence des épices, des substances acres, des boissons stimulantes, l'usage habituel d'une nourriture douce et choisie, ont été conseillés de tout temps aux individus affectés de maladies de la peau. Le laitage, hors les cas de dialhèse scrofuleuse , les viandes blanches, les légumes frais, les fruits, les boissons amères, l'abstinence des liqueurs fermentées, etc., telles doivent être les bases du régime alimentaire. Un exercice modéré, des soins de propreté, l'enlrelien de la liberté des fonctions de la peau, un air pur et tempéré ne sont pas moins nécessaires... Il ne faut pas manfjuer de noter que les soins de propreté, le régime de vie réglé, le changement d li;ibiiudes fjue subissent les gens du peuple (|ue l'on admet dans les hôpitaux, suffirent quchpicfois seuls pour dissiper les maladies cutanées qui avaient motivé b'iir arlmission, et f|ue, si l'on ne lif-nt [)as suflisanurHMit compte de celte influence favorable, on peut s'en laisser imposer sur la prelenflue eflicacité de remèdes qui n'ont pu, en elfet, qtie î)eu ou point de part à la guérison. » ((iibert, our. cit., p. 54.)

(>'est [)ar ces judicieuses remarquas (pn; nous terminerons ce que nous avions à

[F. Eczéma, Impétigo, Lichen, Psoriasis, Pityriasis.)

DATTES. Fruit d'une espèce du genre phœn'ix, de la famille naturelle des palmiers, et de la diœcie hexandrie de Lin. Cet arbre [phœnix dactijlifera , Lin.) n'intéresse les praticiens que sous le rapport de ses fruits qu'on appelle dattes, et qui sont la seule partie employée pour les besoins de l'art de guérir.

Les dattes sont grosses comme le pouce, un peu moins longues et elliptiques ; leur épiderme mince, rouge-jaunâlre , recouvre une chair solide, d'un goût vineux, sucré et un peu visqueux. Cette chair renferme une semence osseuse, oblongue, profondément sillonnée d'un côté et convexe de l'autre.

Les meilleures dattes viennentde l'Afrique, par la voie de Tunis et des autres états barbaresques.

D'après une analyse faite par M. Bonaslre (Journ. de pharm., t. xvnr, p. 724), les dattes sont principalement formées de mucilage, de gomme (analogue à l'arabique), d'albumine, de sucre incristallisable, de sucre cristallisable (analogue à celui de canne) et de parenchyme.

On emploie spécialement les dattes comml béchiques et expectorantes, dans les irritations, les inflammations des organes pulmonaires, lorsque la toux est sèche, fatigante, l'expectoration difficile, et qu'il n'y a pas beaucoup de réaction fébrile. On les recommande aussi dans les cas de phlegmasies des organes urinaires, bien que cependant» on les emploie rarement contre ces dernières affections.

Les formes sous lesquelles on les prescrit sont celles de décoction de pulpe et de pùte.

La pulpe se donne à la dose de 15 à 50 grammes (4 gros à 1 oncej, par cuillerées à calé, de temps en temps, dans le courant de la journée. Si on l'administre à dose plus forte, on observe un effet laxatif.

La pâle, préparée avec une décoction chargée de daltes à Inquelle on ajoute de la gomme arabicjue et du sucre blanc, et que l'on aromatise avec suffisante quantité d'eau distillée de fleurs d'oranger, se donne dans les cas de bronehite et de catarrhe pulmonaire , par morceaux et à volonté: elle est, d'ailleurs, assez rarement employée.

Nous terminerons en disant que les dattes font partie des fruits pectoraux, mélange pbarmacculique résultant de la réunion de parties égales en poids de dattes, de jujubes, de figues cl de raisins de caisse.

DATIJUA. On donne ce nom h un genre de [liantes de la famille naturelle des solanées , et de la pentandrie monogynie de Linné, (le genre renferme plusieurs espèces dont une seule est indi-

gène } mais comme elles se ressemblent dire sur le traitement général des dartres. | toutes pour les propriétés, et qu'elles soitt

employées dans des cas analogues par les médecins des divers j ays où elles croissent, nous nous bornerons à tracer ici riiistoire médicale de celle qui se trouve chez nous.

Le DATURA. STRKMOiyE {datura siramonium , L ), connu cniore sous les noms de pomme épineuse , endormie , etc. , se rencontre dans les lieux sablonneux , autour des villiigcs, le long des chemins, etc. , où elle fleurit en juillet et août. Son odeur est désagréable , nauséeuse, surtout lorsqu'on froisse quelque partie de la plante ; sa saveur est ocre et amère. Par la dessiccation, Todenr se dissipe en entier et la saveur se perd en partie, mais les propriétés physiulogicpies per.-istent. Du reste c'est à Tétat frais (}u'il convient de se servir du dalura slramoine pour les préparations diverses dont il fait la base ; on emploie les feuilles et les semences.

Les feuilles de cette plante ont été analysées par Promnitz [Deutsch. Jahrh. der Pharm. , t. xvi , p. 177) , qui en a retiré une matière gommeuse.une matière extrac tive , de la fécule , de l'albumine , une résine et des sels. Les semences, examinées par Brandes {IJuchner's Jiepertorium ^ 4821) , ont fourni à ce chimiste une matière glulineuse , de l'albumine , de la gomme , une matière butyracée , une cire \erte , une huile fixe, de la tragacanthine, une matière saccharine , de Texlractif gommeux, de l'extractif orangé , des malates neutre et acide de daturine, plusieurs sels à base de chaux et de potasse , de la silice , etc.

î\nL (ieiger et liesse, en Allemagne , eti\LSaumel Simes, en Amérique, se sont occupés depuis de rechercher la daturine, qui est le | rlncipe actif de cette plante {Journ. de pharm. , t. xx , p. 94 et loi) , et c'est à eux qu'on est surtout redevable de ce que Ton ronnait actuellement sur celle nouvelle substance.

» La daturine, dit M.Soubeiran {Nouv.

traité, depharm.^ t. ii, p. 39), existe dans les feuilles et les semences du dalura stramonium , et bien certainement dans les autres espèces du genre datura. Elle se dépose, dans les dissolutions hydro-alcooli(pies, en prismes bien nets, incoloies , très brillans et groupés ; elle est inodore , sa saveur est un peu amère, puis Acre et

semblable à celle du tabac. Elle dilate fortement la pupille des animaux, et elle est très vénéneuse.

M Elle est un peu volatile ; 280 parties d'eau dissolvent une partie de daturine à la température ordinaire. Il suffit de 72 parties d'eau à l'ébullition. La daturine est soluble dans l'alcool; elle est moins soluble dans Telher; ses sels cristallisent bien. >»

L'odeur désagréable de cette plante suffit pour faire soupçonner toute l'énergie dont elle est douée. Ses propriétés, qu;u»t aux eJTets produits sur l'économie animale, paraissent se rapprocher beaucoup de celles de la belladone [r. t. n, p. 16) ; ellèctivement, comme le disent ]\LM. jMerat et Uelens, « introduite dans l'estomac en petite quantité, elle ne provoque pas le sommeil; si on en donne un peu plus, elle agite , cause des etourdissemens, des vertiges, obscurcit la vue, dilate la pupille, produit un léger délire , des idées fantastiques , l'oubli, etc. , effets qui se passent au bout de cinq à six heures. Si la quantité est forte, alors il y a empoisonnement caractérisé par la cardialgie , une soif intense , un sentiment de strangulation , du délire souvent furieux, des gestes bizarres, des mouvemens convulsifs , puis de la paralysie ; le cerveau devient le siège d'une congestion qui produit la somnolence, le ventre est meléorisé , des signes d'inflammation s'y manifestent, etc. ; la mort survient au bout de douze ou quinze heiu-es , el on trouve l'estomac rouge, enflamme, le cerveau injecté , etc. Si on est appelé à temps , il faut faire vomir , puis donner des boissons acidulées avec le vinaigre , le citron , etc. Pendant l'action du stramonium, donné à dose modérée, on voit parfois des sueurs , des coliques, des flux d'urine , des démangeaisons , et même des éruptions à la peau ; la cécité se montre et dure (luebpjes jours. Un pharmacien , en faisant des préparations de celte plante , en eut une qui dura deux jours [BuUct. des se. méd. , Férussac). Dans un autre cas cité par M. le docteur Colson , dans un mémoire manuscrit sur le tremblement merruricl, présenté à l'Académie de médecine, la cécité dure quinze jours, parce que la dose d'extrait de slramonium prise à l'intérieur avait clé forte. M. Orfila dit

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