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grande au sommeil , tels furent les symptômes qui se manifestèrent pendant huit heures chez le mari , et pendant treize heures chez la femme, au bout duquel temps ils reprirent connaissance ; mais la dame T.... conserva une irritation gastrique assez intense , qui persista pendant un mois. Que l'on juge des effets d'une forte dose de datura stramonium par ceux résultant d'une infusion si légère. Le datura stramonium employé en lavement produit des résultats tout aussi fâcheux. » [Méd. lég. , 2' éd., t. m, p. 630.)
Cette plante , bien connue comme un poison violent, était restée d'ailleurs sans application directe à la thérapeutique , lorsqu'en 1765 Stoerck en fit usage contre l'aliénation mentale et l'épilepsie ; ses essais, trop peu nombreux pour inspirer une grande confiance dans le.^ résultats possibles de cette nouvelle médication, furent répétés l'année d'après sur quatorze malades par nn médecin de l'hôpital de Stockholm, le docteur Odhelius, et bientôt ensuite par plusieurs praticiens des divers pays de l'Europe , entre autres par Bergius, Greding , VVedenberg, Maret , Du rande , etc. De nos jours on a étendu les applications de ce moyen , et il a été donné, avec des succès variés , par MM. Christie , K rimer, Meyer, Skiplon, contre l'asthme ; par IM.U. Lentin , Marcet , Begbie , contre les névralgies; par MM. Van- Nuffel, Kirckhûff, contre le rhumatisme, etc. Nous allons plisser successivement eu revue ces diverses maladies, afin de faire connaître mieux la manière dont on les a combattues par le datura, et les avantages qu'on a retires de cette substance dans chacun de ces traitemens.
I. Aliénations mentales. Les aliénations mentales sont les affections qu'on a le plus souvent combattues par le datura. Sur 33 cas rapportés par Stoen^k, Schmalz, llagstroem, lleef, Meyer, Odhelius, Durandc , Maret , Bergius , Greding, Schneider, Bernard et Ameluiig, 21 ont été terminés par la guérison; io ont été suivis d'un changement favorable, passager ou durable ; 2i ont opiniâtrement lésisté.
Les aliénations dont les auteurs ont rapporté l'histoire étaient pour la plupart (les manies , dont plusieurs suit(î de eouclies, (pjehpies unes des mélancolies ou
(les démence? comi)H(jnées ou non de divers svm!)t{^mes d'antres maladies cérébrales. Un certain nombre duraient depuis assez long temps , et oiïraient bien peu de chances de guérison lorsqu'on recourut au moyen dont il s'agit ici. (Bayle, Dibl. de Ihcrap. , t. H,p 524.)
Dans les états de lUnion , on traite la manie sans fièvre par le suc de datura , A la dose de 20 à 50 goiittes par jour. (De Candolle , E.^^sai sur lespropr. mcd. des pfantea , p. 22(5.)
II. ÉpiLEPsiE. Greding,un des premiers qui aient répété les expériences de Stoerck sur l'emploi du datura dans l'épilepsie, ne réussit que dans un cas à vaincre cette maladie rebelle. Odhelius a traite , à Stockholm , quatorze épilepliques avec l'extrait de cette plante ; huit ont été guéris, cinq soulagés. Ces malades éprouvaient , pendant leur traitement , une céphalalgie légère , des étourdissemens ; les yeux s'obscurcissaient , etc. ; mais ces accidens cessaient peu à peu. (Mérat et Delens , loco cit.) J)u reste, (ireding fait observer (il/n??. de VAcad. de Stockholm)^ et avec raison, (jue les malades dOdliélius étant trop promptement sortis de Pliôpital, il était impossible de rien affirmer de la guérison d'une maladie dont les paroxysmes revenaient à des intervalles si peu calculables.
11 paraît, en définitive, que, dans un certain nombre de cas où la maladie n'a pas été guérie , elle a été modifiée d'une manière avantageuse, qu'elle a, par exemple, été transformée, ou en des espèces d'accès lipolliymiques très légers et revenant périodifiuement , ou en un sentiment de formiciUion fort incommode et périodique comme les attaques.
11 [. AsTHMK i:ssi:ntiel. « L'incontestable eflicacité de ce médicament dans l'asthme, disent M'NI. Trotisseaii et Pidotix, le jilacent au rang de ceux sur lesquels la thérapeutique peut li* mieux comi)ter. L'usage de fumer une espèce de datura (/). wt'/e/, D. fa^tnosft^,, pour guérir l'asthme, est poi)ulaire dans les Indes orientales, si l'on en croit Sims [The Edinbiirg mrd.
and sitrrj. journal , t. vm, an ist2). Le doctem* Anderson, médecin à Aladras, qtii le recommandait beaucoup , en remit à un onicicr-gf'néral anglais qui en apporta en
Europe en 1802, et en donna à M. le docteur Sims. Celui-ci en fit fnmer à un jeune |)hihisiq!ie et à un médecin asthmatique, qui fuient notablement soulagés.
)) Le datnra stramonium , seul employé en Europe, jouit de propriétés identiques. Le même médeci/i raconte qu'un négociant était souvent réveillé tout-tà-coup , vers deux heures du matin , par un accès de sulTocation qui semblait devoir le faire périr, et qui diu'ait de trcnle-six à soixantedouze heures. L'accès a été supprimé immédiaiement, puis toujours prévenu par lusage du datura stramonium fumé en guise de tabac. AL English rapporte i Edhib. med. and surg. journ., t. vn, an 1811) (pie, sujet lui-même à des accès d'asthme extrêmement violens que rien ne soulageait, il fut guéri immédiatement en fumant du datura stramonium. Il était employé de la même manière et avec le même succès par Christie , médecin en chef des hôpitaux de Ceylan. Ce praticien cite le cas d'un 3L Ébert, atteint depuis deux ans d'un astlnne nocturne; l'accès était guéri ou prévenu lorsque le malade fumait du datura fastuosa.
» Mais des faits plus récents observés et publiés par Krimer {Journ. compl. du diclionn. des se. wcd., t. v, p. 573) confirment ceux que nous venons de rapporter. Ce médecin cite eimi histoires d'asthmatiques guéris en fumant du datura stramonium. 3Ieyer {Journal d'Hufeland , avril 1827) recommande le même moyen, dont il s'est bien trouvé dans les asthmes spasmodiqucs. INous avons vu l'illustre Laèiuiec et I\L Cayol se servir du même remède avec avantage dans des cas semblables.
» S'il était permis de faire connaître ici les résnllats de notre propre expérience, nous (lirions (pie (h; nombreux essais nous ont convaincu de l'extrême efficacité du datura stramonium ein[)loyé et fumé contre l'asilime. Or, par le mot aslhnie, nous n'entendons pas une difficullé de respirer permanente et liée évidemment à une lésion mateiielle et inamovible des organes de la circulation ou de la respiration, mais bien seulement une dyspnée souvent extrême et essentieUemeni intermiltenle ou rémittente , dyspnée que n'explicpie aucune lésion inalcriellc appréciable (Ju cœur
ou des poumons, dyspnée toute nerveuse, et qui peut se montrer aussi comme phénomène accessoire et non nécessaire dans les affections organiques diverses de la poitrine.
» Les deux premiers malades que nous ayons traités par ce moyen offraient tous deux des symptômes identiques , et tous deux ont été guéris. L'asthme, chez eux, était franchement intermittent; l'accès déhuiait brusquement tous les soirs à dix ou onze heures, pour durer jusqu'à quatre ou cinq heures du matin : son intensité était telle que les malades étaient obligés de se tenir debout et de s'accrocher aux meubles pour pouvoir respirer. Dès que l'accès était terminé , la respiration devenait calme , et , pendant tout le jour , ces deux malades pouvaient vaquer à leurs occupations , marcher , courir, monter des escaliers sans éprouver plus d'essoufflement que les personnes les mieux portantes et les plus habituées aux exercices violens. Cet état durait pendant huit jours , un mois et davantage, puis il y avait un temps de calme , et les accès recommençaient. L'un d'eux depuis sept mois, l'autre depuis quatre, n'avaient pu se coucher. Nous leur fîmes fumer du dalura stramonium, et, à la lettre, la maladie fut guérie à l'instant même, au point que, dès la première nuit, ils purent se coucher et dormir sans oppression. Depuis plus de quatre ans ils ont éprouvé de temps en temps des retours de leur asthme, mais ils fument dès qu'ils en éprouvent les premières atteintes , et peu de minutes suffisent pour les calmer. C'est donc dans cette forme particiilière de l'asthme que le datura réussit le mieux ; mais il s'en faut qu'il guérisse toujours , même dans ce cas ; nous avons souvent réussi, mais aussi nous avons souvent échoué , et (luchpuifois aussi , dans Lasthmespasmodifiue non intermittent (pii cède en {.'énéral mniiis bifu au datura, nous avons vu ce médicament calmer les accidens avec autant de rapidité (\uc dans l'asthme nocturne. Ce moyen est eneorc employé avec avarit;tge pour cahïier la toux et la dyspnée des phlhisicjues, des malades atteints de c.itarihe et de maladies du co'ur , lor-qu'iU éprou\eiit dr; temps en temps de loppression , (jue l'on doit rapporter à une modification nerveuse
plutôt qu'aux lésions organiques graves que l'on a pu constater chez eux.
» Nous faisons habituellement mêler des feuilles de datura à parties égales de feuilles de sauge. On fume ou avec une pipe ou avec de petites cigarettes de papier. La dose de feuilles sèches de datura est, pour chaque pipe, de 75 centigrammes à 1 gramme (15 à 20 grains). On en fume une ou plusieurs par jour , suivant le besoin. Pour les hommes qui font un usage habituel du tabac , on mêle le dalura au tabac lui-même.
» Les inspirations de vapeur d'eau chaude chargée de datura stramonium conviennent aussi, mais sont loin d'être aussi actives ; elles ne peuvent d'ailleurs être employées quand la sulfocation est extrême, car elles augmentent momentanément les accidens dyspnéiques.
i> Quant à l'adm.inistration interne de ce médicament dans les cas de dyspnée , nous n'avons jamais eu beaucoup à nous en louer, mais M. Skipters [Transactions of the med. and pliysical Society of Calcutta^ V. 1 , 1827), médecin aux Indes orientales, raconte qu'il a guéri deux personnes d'un asthme spasmodique extrêmement violent , en leur faisant boire de l'infusion de 30 grammes (1 once) d'écorce de racine de datura fastuosa dans 750 grammes (1 livre et demie) d'eau, que Von réduisait à 500 grammes (1 livre); il donnait à la fois 60 grammes (2 onces) de cette décoction. » [Traité de thèrap., 1. 1, p. 236.)
Nous ne pouvons nous dispenser d'ajouter ici que le fait cité plus haut de l'empoisonnement observé par M. A. Devergie nous fait considérer les deux observations de M. Skipters , sinon comme fau.'^ses, au moins comme entachées d'une grave erreur dans l'indication des doses , car une |)areille quantité de datura devrait donner heu à de graves accidens d'intoxication.
IV. NkvralghvS. Ces alfeclions, si douloin*euses et parfois si tenaces , ont clé attaquées avec succès par le stramonium. L(î docteur Yaidy a fait connaître deux cas de névralgie faciale où il en obtint du succès; dans je premier, il donna 1 demigrain d'extrait (l«i seinencr-s par jour, et (piatre prises sudirent pour assurer la guérisoii du maludc \ dans le second , il près-
crivit 1 grain d'extrait des capsules, et, après en avoir pris 8, le sujet fut tellement soulagé qu'il ne jugea pas à propos de continuer : ce dernier, qui était une femme , pendant qu'elle usait de ce remède , était étourdie, éprouvait des vertiges , de la sécheresse au gosier , accidens (pii cessèrent en discontinuant l'emploi du médicament. [Journ. cowplém.^ t. viu , p. 18, et t. XI, p. 176.) Suivant Kinkholf, les frictions de teinture de feuilles de pomme épineuse^ faites sur le trajet douloureux des névralgies , suffisent pour les guérir : il en rapporte quatre cas dont le siège était dans diiïérentes régions du corps, et dont il obtint la cessation par ce moyen. {UuUtt. des se. méd., Férussac, t. xi , p. 197.) M. Marcet , habile chimiste de Londres, a guéri [)lu<ieurs sujets atteints de douleurs nerveuses par Tusage d'un quart ou d'un demi-grain par jour d'extrait de graines de siramoine, douleurs qui avaient résisté aux autres remèdes. {Journ. îinic. des se. méd.. t. xvi, p. 107.)
V. Rhumatismes. «. Le docteur ZollickolTer, disent M>L IMérat et Delens {loco cit.)., a retiré de grands avantages de remploi interne et externe du stramoniiun dans le rhumatisme chronique ; il se sert d'une teinture composée de 50 grammes (1 once) de semences sur 2o0 grammes (8 onces) d'alcool , dont il donne de 8 à 12 gouttes par jour, en augmentant graduellement jusqu'à ce que le malaise et les étourdissemcns forcent de suspendre ; alors il conseille des frictions sur le lieu douloureux, avec une pommade faite de deux parties en poids d'axonge sin* une des feuilles, qii'on fait cuire à un feu doux : ce médecin rapporte un assez grand nombre de cas de guérison par ce moyen.
{/leviie médicale., t. xi, p. 469.) Le docteur Yan rsulFcl cite celui d'un nianouvrier, qui éprouvait depuis long-temps des douleurs intolérables à l'épaule droite, et rpii fut guéri pir l'administration de 1 décigramme (2 grains) d'extrait de dalura dans 2o0 grammes (s onces) d'eau distillée , qu'on lui fit prendre diieure en heure par cuillerées; on prescrivit en même Irmps un liniment compose de 2 grammes (demi-gros) du même extrait, mêlé avec 123 grammes (4 onces) d'huile d'olives, pour frictionner les parties douloureuses :
en moins de huit jours la douleur avait dispaiu {youv. hibl. méd., t. u, p. 431); il prit en tout 14 décigrammes (28 grains) d'extrait à l'intérieur, et 12 granwnes (5 gros) en frictions.
» Au Brésil , suivant Marti ns , on emploie la décoction de datura .^tramo- Wii/?7î, L., contre les douleurs dentaires et le gonflement des gencives. {Journal de chim. méd., t. m, p. o.oO.) M. Orfila a vu une céphalée se dissiper par l'euqiloi de 1 décigramme (2 grains) d'extrait de stramonium, qui causa d'abord un narcotisme eirrayant. )» {^ouv. Journ. de méd..^ décembre 1819.)
Enfin , nous terminerons cette énumération des applications thérapeutiques du datura slramonium en disant qu'il a été employé quelquefois encore dans les cas de convulsions hystériques par Odhélius et Wedenberg, dans la chorée par Odhélius, dans le tétanos par Begbie, dans Tascite et le cancer par 3Iarcet, dans le traitement de la brûlure par BorzenkolT, etc.
« Le mode d'administration du datura stramonium, dit M. Bayle [loco cit.) , est moins varié que celui de plusieurs autres médicamens. On en fait usage principalement sous trois formes, en extrait, en teinture et en fumée. La préparation de l'extrait exige beaucoup de soin , si l'on veut qu'il jouisse de toute l'activité dont il est susceptible ; celui qu'on tire des graines est plus énergique que celui qui vient des feuilles ; d'autres circonstances |)euvent encore le faire varier pour le degré de sa force ; ainsi , Grcding rapporte que l'extrait de Vienne , qui lui avait été envoyé par Sloerck , exigeait une dose trois fois plus forte que l'extrait de Leipsick pour produire le même elTet.
» Stoerck donnait 23 milligrammes fl;2 grain;, soir et matin, d'extrait en pilules , et montait jusqu'à 13 centigrammes (5 grains). Odhélius, \Vedenberg, commençaient par la même dose que ce dernier , et s'élevaient jusqu'à 53 ou 40 centigrammes (7 ou 8 grains) par jour; Greding administrait 1 décigramme (2 grains) de l'extrait de Vienne, et augmentait graduellement jus(|u'à 9 ou même 12 (18 ou 24 grains) par jour; il ne donnait qu'une très petite dose de l'extrait de Leipsick en commençant, 23 milligrammes à 3 centigrara.
il s'élevait graduellement jusqu'à 2 décigrammes par jour ; 3 décigrammes ne pouvaient pas être dépassés. D'autres commençaient par 75 milligrammes en trois fois (Marcet), par 1 2 ou 25 milligrammes toutes les trois ou quatre heures (Begbie). Les autres auteurs ont administré l'extrait de stramonium de la même manière ou avec de légères modifications qui ne méritent pas d'être indiquées.
» MM. de Kirckhoff et Engelhart, indépendamment de l'extrait qu'ils employaient contre les rhumatismes chroniques , prescrivaient des frictions avec la teinture , ou des cataplasmes avec les feuilles de la plante. M. Van Nuffel , dans un cas de cette espèce , couronné d'un succès complet, a fait usage de frictions avec un Uniment dans lequel entraient 2 grammes d'extrait. M. Amelung administre à Tintérieur, 10, 15 à 20 gouttes de teinture , quil fait préparer avec 50 grammes de graines de stramonium et 90 grammes d'alcool.
» Sims , English, Krimer, Ghristie , Meyer, ont fait usage de la fumée des feuilles sèches et hachées de cette plante , employées à la manière du tabac. Meyer conseille aux personnes qui ont l'habitude de fumer de prendre deux pipes par jour ; une pipe et demie est suffisante pour les autres personnes et pour les femmes ; on augmente ensuite graduellement. Krimer prescrit une pipe trois fois par jour dans les premiers temps , et ensuite toutes les deux heures »
Outre l'extrait et la teinture dont il vient d'être question , il est encore quelques autres formes sous lesquelles on emploie le datura stramonium , et dont il est nécessaire de dire quel({ues mots ; ces formes sont le suc exprimé , l'alroolature , l'huile par coction, la pommade, la décoction , la poudre, la teinture élhérée, l'emplâtre et le vin de semences.
Le SMC est rarement employé à l'inférieur : son principal usage en thérapeutique est pour les rolfyns calmants, dans la eximposition dcs^jnels on peut le faire entrer à la dose d<î qu(«lques gouttes ; car, ainsi que le fait obsc'rver M. Giacomini [loc. cit.), le strainoFiiuni n'est pas moins efficace (pi(; la bclladoncî |)Our dissi(>cr la contraction morbide de la pupille, pour cal- T. ni.
mer la sensibilité et les douleurs de l'œil, et pour vaincre l'inflammation de cet organe.
Ce suc exprimé sert aussi à la préparation de deux des extraits que l'on trouve dans les pharmacies , l'extrait avec la fécule et l'extrait de suc dépuré de datura.
Vhuile de datura stramonium s'emploie comme calmante, soit en frictions, soit en applications à la surface d'un cataplasme émollient. La dose doit toujours être proportionnée à l'étendue de la partie frictionnée ou recouverte par le cataplasme.
La pommade de datura stramonium s'obtient comme l'huile précédente ; en substituant seulement l'axonge à l'huile, et on l'emploie de la même manière.
La décoction de datura stramonium est préparée seulement pour l'usage externe; on l'emploie en lotions, en fomentations , en bains , ou encore on s'en sert pour la préparation des cataplasmes. On doit, dans tous les cas, avoir égard à l'absorption qui peut se faire du principe actif, et par conséquent surveiller les effets produits si l'application a lieu sur un point de la peau qui présente des solutions de continuité.
La poudre de datura stramonium, obtenue en pulvérisant les feuilles sèches par contusion, est employée comme nous l'avons dit plus haut en parlant de l'extrait , mais on peut les donner à dose double au moins de ce dernier.
La teinture éthérée de datura stramonium n'est usitée qu'à l'intérieur et se donne comme la teinture alcoolique et comme l'alcoolature de la même plante.
Vemplâtre de datura stramonium résultant du mélange de neuf parties en poids d'extrait alcoolique de datura avec deux parties de ré.sine élémi et une partie de cire blanche , (ist spécialement employé contre les douleurs névralgiques. On en prépare des écussons plus ou moins larges , suivant l'étendue de la partie souffrante , et (\[\e l'on ap|)rK[ue au point où la douleur se fait sentir avec le plus d'intensité.
Le vin de semences de datura stramonium [pharmacopée batave) constitue un excellent médicament , ((ue l'on n'emploie qu'à l'intéricHir, {)l que l'on donne conHiio la teinture alcooli(iue de datura en commençant, mais dont on au;.çme!ifn progressivement les do.ses, suivant les (îIIcMs ))roduits.
DELIRIUM TREMEXS.
Enfin , nous terminerons cette liste en disant que le datura stramonium fait partie du médicament huileux composé , désigné par le nom de baume tranquille.
Il nous resterait maintenant à parler du traitement de l'empoisonnement par la plante dont nous nous occupons ; mais l'extrême analogie de son action et de celle de la belladone nous engage à renvoyer le lecteur à ce qui a été dit sur ce point en traitantdecettedernière.(Koy. t. II,p. 25).
DÉLIGATION. (Voy Bandage).
DÉLIRE. (Voy. au Supplément).
DELIRIUM TREMEXS. On appelle d(?//rium tremens (Sutton), œnomanie ^[Ràyer) , encéphalopathie crapuleuse ( Léveillé ), folie des ivrognes , une maladie caractérisée par un délire ordinairement accompagné de tremblement, d'hallucinations et d'insomnie, et occasionnée par l'abus des boissons alcooliques.
(]e nom de delirium Ircmens , que nous ne conservons ici que par respect pour l'usage , est d'autant plus vicieux que le j)hénomène tremblement qu'il semble présenter comme caractéristique est tout à fait accessoire et manque souvent, tandis qu'il ne tient pas compte du seul caractère essentiel de la maladie, sa cause, l'induence des boissons alcooliques. Ce dont nous traiterons ici, c'est d'un délire aigu, essentiel, c'est-à-dire ne dépendant pas d'une lésion organique appréciable , offrant enfin tous les caractères d'une névrose de l'intelligence, occasionnée par l'abus des boissons alcooliques. Ce délire , dont nous allons tracer la description , ne se sépare pas des autres formes de délire , seulement par sa cause, mais aussi par sa forme svmptomatique et par le traitement qui lui convient.
Causes. Le delirium tremens ou la folie des ivrognes reconnaît pour cause l'abus (U^> boissons alcooliques.
On a prétendu que l'eau-de-vie seule avait la propriété de déterminer cette maladie. Telle était l'opinion de Hufeland, de J. Frank et de (juelques autres médecins allemands. Cela ne tiendrait-il pas à ce que ces médecins exerçaient dans un pays où le prix du vin étant fort élevé , le peuple ne boit guère que de l'eau-de-vie? Léveillé dit avoir observé plusieurs malades qui n'avaient jamais fait abus que de vin, et
qui ne buvaient jamais ou presque jamais d'eau-de-^ie {Histoire de la folie des ivrognes , 1830 , p. 257.) Mais M. Marcel fait remar([uer qu'à Paris, au moins, le vin que les ivrognes consomment en général chez les détaillants, est falsifié ; que ce n'est que de l'alcool avec un peu de matière colorante , ou une petite quantité d'un vin qui ne mérite pas de porter ce nom ( De la folie causée par l'abus des boissons alcooliques , thèses de Paris , 1 847 ).
Du reste, ce n'est que par l'alcool qu'ils contiennent que les vins déterminent l'ivresse, et suivant que, naturellement ou artificiellement, ils en seront plus ou moins chargés , ils deviendront plus ou moins aptes à produire le delirium tremens. Le vin blanc aurait, en particulier, suivant Léveillé, la pro[>riété de produire à la longue le tremblement des membres ( loc. cit., p. 256), et l'auteur de l'excellent article Folie des ivrognes de la Bibliothèque du médecin praticien , a également observé que l'usage immodéré du vin blanc amenait le désordre de la raison (t. IX, p. 478. 1849).
Cette affection est beaucoup plus commune dans les pays septentrionaux que dans le Midi. LaNorwége, la Suède, le Danemark , la Russie , la Pologne , les États-Unis, l'Angleterre, l'Allemagne, sont les contrées qui en offrent le plus d'exemples. Elle est plus rare en France , et surtout en Italie. Elle devient maintenant assez fréquente dans l'Inde et dans l'Amérique , où le goût des boissons spiritueuses s'est répandu depuis im grand nombre d'années [Compend. de méd. prat., t. III, p. 13).
Certaines professions prédisposent manifestement au delirium tremens , parce qu'elles semblent i)lus inséparables que d'autres des excès alcooliques , soit par le milieu dans lequel elles entretiennent les individus , soit à cause de la nature des travaux qu'elles réclament. Ainsi, les marchands de vin, les distillateurs, les hommes employés sur les ports , les marins ; parmi ces individus , il en est beaucoup chez qui la funeste habitude de boire le vin blanc le matin à jeun, j)rend certainement la plus grande part dans la production de la maladie.
On observe beaucoup plus souvent le