‹ Dictionnaire des dictionnaires de médecine français et étrangers, ou, Traité complet de médecine et de chirurgie pratiquesChapitre 52 sur 117 · DELIRIUM TREMENS · texte numérisé non relu

DELIRIUM TREMENS

delirium tremens chez les hommes que chez les femmes, si ce n'est peut-être en Angleterre et en Pologne où les deux sexes seraient atteints dans la même proportion (Rayer, Mémoire sur le delirium tremens , 1819, p. 7). J. Frank assure cependant que , à ivrognerie égale , les femmes sont beaucoup plus rarement prises de delirium tremens que les hommes , et se demande si 1 écoulement menstruel ne serait pas pour quelque chose dans cette apparente immunité [Pathologie interne, Paris, 1 840, t. III, p 161.)

Les passions tristes et les violentes émotions ne paraissent pas toujours étrangères au développement de la foHe des ivrognes. « Personne, dit Reid, n'a manqué de faire attention à Tinfluence des passions dans la production du delirium tremens. Quant à moi , je suis même d'avis que l'usage de l'alcool, dans l'absence de ces passions, ne pourrait guère produire le delirium tremens. » (On hypochondr . . . affections.

London, 1816.) Mais il faut faire attention que la plupart des conditions morales ou passionnelles que l'on rencontre dans les antécédents des ivrognes , sont l'effet de l'ivrognerie elle-même ; le désœuvrement , la misère, les chagrins domestiques en sont inséparables , mais ne sauraient sans doute jouer ici que le rôle de causes adjuvantes ou occasionnelles.

Le delirium tremens peut-il se développer chez des individus sobres? J. Frank admet que la respiration d'un air chargé d'alcool peut produire ce résultat. M. Rayer rapporte que M. Tartra, chirurgien du premier dispensaire de la Société philanthropique, avait donné des soins à un sommelier, chez (\uï le dérangement des facultés intellectuelles s'était dévelop[)é de cette façon. Léveillé mot en doute tous les faits de ce genre (loc. cit., p. 261 ). Il est vrai que M. Ségalas a déterminé l'ivresse en injectant de I alcool dans les bronches d'un animal , et que du moment que l'alcool parvient à pénétrer par ab.sorption dan.s les vaisseaux .sanguin.s , de manière a ex(!rcer sur ce liquide, puis sur le cerveau, une action toxique, le delirium treirien.s jXîutsc dév(*jr)()p('r : mais il ot a p(;u jircs imjXKSsible d'admettre qu'un degré d'al)s^)r|)t ion suffisant pui>se s'ex(!rcer chcîz l'homine autrement rjnc p;»r les voies dige:jtives.

M. Marcel , dans l'excellente thèse que nous avons déjà citée, a porté son attention sur les causes occasionnelles du délire luimême, c'est-à-dire sur les conditions actuelles dans lesquelles on le voit se développer : « Pourquoi, chez les individus qui font un usage immodéré des liqueurs spiritueuses, les uns sont-ils frappés de délire, tandis que les autres paraissent conserver impunément l'intégrité de leurs facultés intellectuelles ? L'étude des différentes conditions au milieu desquelles la maladie s'est développée, peut seule conduire à la solution de cette question , et voici , à cet égard , ce que m'ont appris les observations que j'ai recueillies. Dans le plus grand nombre des cas on ne pouvait ra pporter l'invasion du délire à aucune cause bien appréciable ; dans plusieurs même les individus, depuis un certain temps, faisaient moins que d'ordinaire abus des spiritueux. Ce n'est pas que je veuille établir le moindre rapport entre cette sorte d'interruption d'une longue habitude et l'apparition du mal, bien que certaine pratique médicale soit fondée en cas analogues sur pareille circonstance : mais il était important de faire voir que dans maintes occasions, loin de naître sous l'influence de l'action immédiate de l'alcool , la maladie éclatait même alors que cette action primitive avait moins de chance pour s'exercer. Dans ces cas, comme dans beaucoup de ceux qui se rapportent aux autres formes de la folie , la cause occasionnelle nous échappe : nous devons remonter à la cause première, et ici c'est à cette modification lente et puissante du système nerveux , cette sorte d'empoisonnement chronique par l'alcool , qu'il faut s'adresser. Dans un tiers des cas environ . la maladie éclatait après une ivresse plus ou moins j)rolongée, ou seulement à l'occasion d'une légèn; ingestion de S|)iritueux. Chez les premiers , on rcmarcjuait prescpie toujours une démarcation entre les effets inunédiats des boissons spiritucuses et l'apjtarition des phénomènes (pii caractérisent la nouvelle ])ériode; c'était le plus sou\ent un iFitcrvalhî variable pendant le(|U(>l l'économie! paraissait libic de toute atteinte, les individus ayant n^pris les occupations habituelles fie la vie. Chez, les autres, il n'avait lallu (|u'iiiie lé;;ere cpiantité de li(|M(Mir

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