‹ Dictionnaire des dictionnaires de médecine français et étrangers, ou, Traité complet de médecine et de chirurgie pratiquesChapitre 76 sur 117 · TOME m · texte numérisé non relu

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deux après avoir cessé de boire , lorsque l'on sent l'estomac entièrement libre et le besoin de prendre quelques aliments. Les buveurs urinent beaucoup. La quaniilé de l'urine est assez égale à celle des eaux, et rarement moindre, à moins que des sueurs , la diarrhée ou la salivation ne surviennent.

On ne doit pas terminer l'emploi des eaux d'une manière brusque ; mais, sur la fin, diminuer progressivement la dose et revenir à la quantité par laquelle on a commeiicé.

Hygiène du baigneur. Il faut s'abstenir du bain lorsque le corps est très fatigué ou en sueur, et ne jamais y enîrer que quatre ou cinq heures après avoir mangé et autant que l'on ne ressent pas de i)esanteur à l'estomac : l'oubli de cette précaution a souvent occasionné l'apoplexie.

Pendant la durée de leurs règles les femmes doivent s'éloigner du bain. Il n'est pas toujours indiiîerent de se plonger dans un grand bassin ou dans une baignoire ; le poids que l'eau exerce î\ la surface du corps étant en raison directe de la masse de liquide. Il est toujours à propos de fixer, dans des proportions relatives à l'état des malades , la chaleur et le volume d'eau où ils doivent se baigner. Pour prévenir l'évaporation des principes volatils des eaux, les baignoires seront autant que possible fermées par un couvercle. C'est ordinairement le matin à jeun que l'on va au bain : en général un seul bain par jour suffit.

Lorsque les bains chauds sont indiqués, l'on n'y arrive que graduellement, et lorsqu'on aura atteint la température voulue, les bains chauds seront de courte durée. On peut boire avec avantage les eaux minérales pendant la durée du bain. En général, il faut alors se dispenser de manger : mais si le malade éprouve de la faiblesse , une défaillance, on peut lui donner du bouillon. Quelquefois les vapeurs d'eau minérale occasionnent la syncope, qui cesse dès que le baigneur respire un air frais , ou (ju'on lui fait boire un peu de vin pur. Avant le bain froid (de mer), il est utile de faire un peu de mouvement, sans toutefois lro[) s'cchauffcr : ce bain doit être de courte duré(! ( ca\u\ à dix minutes) ; et en général, d'autant moins long (juc la suscepliliililé nerveuse est jtlus ^'rande et que l'eau est plus fioidc. Apre» *'Olre essuyé

promptemçnt au sortir du bain avec du linge non cliaiilTé, il faut prendre un léjzcr exercice qui n'ira point ju-qu'à la sueur. La durée du bain cbaud est de quinze à vingt minutes ; il faut en sortir dès que Ton éprouve des anxiétés, des étouffemens, un peu de vertige. La durée du bain tempéré est d'une heure à deux heures , et même davantage selon l'état des forces du malade. Au sorlir de ces bains il faut se garder de l'impression du froid pendant tout le reste de la journée : il est nicme utile en sortant du bain tempéré de se mettre dans un lit chaud.

Les baigneurs doivent toujours être chaudement velus et s'abstenir des habiîs d'été : la transpiration est esseniielle pendant le traitement par les eaux thermales. Accidens qui peuvent survenir pendant l'usage des eaux minérales. « La fièvre qui survient pendant le traitement ne doit pas toujours inquiéter le médecin et le malade. Elle est souvent un moyen de giiérison employé par la nature ; pendant sa durée , il faut garder le repos , manger peu et suspendre la boisson minérale.

»0n doit tenir la même conduite lorsque les eaux ne passent pas bien , lorsque Von ressent du malaise, de la chaleur à la peau, une diminution de l'appétit , la langueur des forces.

)) Il est très fréquent de voir des personnes qui font abus des boissons minérales, et qui par là s'irritent l'estomac ; elles éprouvent des douleurs à l'épigastre , une anxiété générale : la bouche devient mauvaise , la langue rougit, la peau se sèche , le pouls est petit, fréquent. A la première apparition de ces symptômes, les malades doivent se soiimettre à la diète , et prendre des tisanes acidulés, telles que des limonades végétales, de l'orgeat, de l'oran- «M'ade de l'eau oxymellée. I/iniensité des symptômes nécessite quehiucfois Tapplicalion des sangsues à l'anus ou à l'épigastre. » (Pâtissier, loco cit., p. »o.)

L'abattement dont se plaignmt les malades pendant le traitement minéral n'est pas ordinairement le rè.^ultat d'une faiblesse réelle, mais bien de l'excitation des organes, excitation nécessaire pour opérer la guérison. L'augmentation des douleurs n'est pas toujours un signe dange-

reux : la plupart des eaux déterminent cet effet, qui cède facilement au repos et aux boissons délayantes : souvent aussi cette exaspération est le signe avant-coureur d'une crise favorable par la peau , les urines , les selles.

Parmi les accidens les plus fréquens , il faut noter : 1° un sentiment de froid dans la région épigastrique , que Ton fait cesser en se couvrant la région de reslomac avec des linges chauds et en buvant une tasse de café, de vin chaud ou de quelque autre boisson excitante ; 2° une pesanteur incommode, accompagnée de tiraillemens, de gonflement à l'épigastre : on y remédie par quelques cuillerées d'eau de ileurs d'oranger, de menthe, ou quchpies gouttes d'étlicr; 5» la constipation, qui cesse spontanément au bout de quelques jours par une vie active, ou bien on la combat par quelques grammes de sels neutres , que l'on mêle à la boisson ; 4° les vomissemens ou la diarrhée; si des symptômes concomitans , tels que la rougeur de la langue , la chaleur et l'aridité de la peau, dénotent un état inflammatoire, il faut suspendre l'eau minérale, et se borner aux adoucissans et à la diète : si ces accidens sont purement nerveux , les caïmans suffisent.

Quelques bains d'eau thermale déterminent, au bout d'un certain nombre de jours, une éruption miliaire à la peau : cet exanthème est presque toujours suivi d'un soulagement ou de la guérison. Les eaux acidulés et ferrugineuses produisent quelquefois un léger mal de tcic, de l'assou- [)issement et une sorte d'ivresse. Ces accidens sont de courte durée et disparaissent au bout de quelques jours par l'exercice. Les maladies aiguës intercurrentes inqiosent la nécessiié de suspendre l'emploi des eaux minérales.

Précautions à prendre après l'usage des eaux minérales. C'est une erreur de croire qu'il faut terminer le traitement minéral par une purgation. Si l'appétit est bon , si les digestions s'exécutent facilement, si l'on n'a point commis d'excès dans le régime, il faut s'abstenir de se purger. Il est prudent de ne partir qu'un ou deux jours après avoir cessé de prendre les eaux , de s'en retourner à petites journées, et de saisir en voyageant les mo-

EAUX

mens où les chaleurs sont moins fortes. Après le départ , il faut encore , pendant un mois, suivre le régime qu'on a observé : l'expérience a souvent prouvé que l'action des eaux se prolonge même après en avoir interrompu l'emploi , et que la guérison commencée à la source s'achève, se confirme lorsqu'on est de retour dans ses foyers. Si l'on a éprouvé un soulagement marijué de l'usage des eaux, il faut retourner les prendre, quelques mois après qu'on les a quittées , ou l'année suivante.

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