EAUX SULFUREUSES THERMALES
Baréges (dé()art. des Hautes-Pyrénées), 13aréges est un village situé à une lieue de Saint-Sauveur, 4 deCauterets, 6 de Bagnéres-de-Bigorre, 10 de Tarbes, 210 de Paris. Son élévation au-dessus de la mer est de «io2 toises. Placé presque au sommet d'une vallée étroite, ce village est abrité au nord et au midi par de très hautes montagnes, et est coiiq)osé d'une seule rue longue et spacieuse, qui, à ses extrémités présente les maisons destinées aux étrangers, et au milieu l'établissement thermal. Les variations de température sont si brusques qu'il faut bien se couvrir en tout temps. Six à sept cents étrangers peuver.t s'y loger, sans com[)ter les militaires ; les maisons sont propres, bien distribuées, et l'on y trouve des restaurans l't des cafés bien servis, une pharmacie et une société brillante et nombreuse.
Sources et bains. Il existe trois sources princi[)ales qui, d'après l'intensité de leur température , sont distinguées en source chaude , source tempérée et source tiède. Ces trois sources alimentent dix-sept baignoires, deux douches et deux piscines, dont l'une est destinée aux militaires, l'autre aux indigens; il y a une source consacrée à l'usage des buveurs.
Les principaux bains sont le bain de VEntrée. le (jrand Bain ou bain Royal, le bain du Fond, le bain de Polard , le bain de la Chapelle ou de la Grotte.
Propriétés physiques. Les eaux de Baréges sont claires , lim[)ides , exhalent une odeur d'œufs pourris : leur saveur est douceâtre , fade, nauséabonde, oléagineuse.
Leur surface est recouverte d'iuie pellicule qui leur donne un aspect onctueux ; elles charrient dts glaires qui se déposent sur les bords des bassins. Au point d'émergence de chaque source , il se dégage des bulles de gaz azote pur. La température des sources est la suivante : Polard, 58''.20 cent; la Tempérée, 55°; le Fond, 56° ,25; la Douche, 44°, 38; l'Entrée, 42°; la Chapelle, 28',4.">; laBuvette , 42°,5; les Piscines, 55 à 56°, 2.
analyse chimique. M. Longchamp a trouvé leau de la buvette ainsi composée.
Eau (1 litre). Litre.
Azote 0,004
Sulfure de sodium, gr. 0,(t42l()0
Sulfate de soude , (),U50042
Chlorure de sodium , 0,040050
Silice , 0/>6782G
Chaux ,
Magnésie,
Soude caustique ,
Potasse caustique ,
traces.
Ammoniaque,
id.
Ba régi ne ,
id.
0,208564 Propriétés médicales. « Les eaux de Baréges, dit M. Pâtissier, excitent tous les systèmes, pariiciilièrcment les circulations sanguine el lynq)liatiipic ; activent les sécrétions , augmentent la transpiration , les urines, et agissent en produisant un mouvement fébrile. {Ouv. cité, p. 114.) Bordeu et M. Gasc énumèrent les nombreuses maladies qu'ils ont vu guérir par l'emploi des eaux de Baréges. yVprès ce que nous avons dit plus haut, nous nous permettrons seu-
lement de les mentionner affeclions dar!reuse>^, des plaies par armes à feu, des plaies Ksiuleuses, des caries osseuses, des ulcères, des exosfoses, des douleurs ostéocopes , des tumeurs blanches , des ankyloses, des rétractions tendineuses et musculaires, des rhumatismes musculaires et articulaires , la goutte, la sciatique , le lumbago, les scrofules, les catarrhes pulmonaire et auriculaire, les paralysies partiel les Jes gastralgies, l'ophthalmie, la splénite , Thépalite chronique.
Nous ne répéterons pas ici quelles sont les maladies qui demandent Teloignement des eaux minéra'es sulfureuses; ce sont les mêmes qui veulent que Ton s'abstienne généralement des eaux sulfureuses.
AJO'le d'adminisiration. Ces eaux se boivent à la dose de trois ou quatre verres par jour; malgré tout ce qu'elles ont de désagréable, on finit toujours par s'habituer à leur ingestion, et elles passent alors facilement. Si on les boit en trop grande quantité, elles irritent les voies digestives, ùtent l'a[)pélit et provoquent la diarrhée. Pour mitiger leur action , on les mêle au lait, au petit-lait ou à toute autre boisson adoucissante. Selon les indications , on peut les unir au sirop anti-scorbutique, au vin amer. etc.
Les bains, les douches , qu'on associe presque toujours à la boisson , déplacent les douleurs avant de les guérir, agrandissent les plaies avant de les cicatriser , excitent quehjuelois un léger mouvement fébrile ; cette excita'ion [)eut se prolonger pendant plusieurs mois. Les malades doivent passer successivement des bains les plus tempérés aux plus chauds, et delà plus faible douche à la plus forle.
En injections, ces eaux ^ont efficaces d uis les (lueurs blanches, les engorgemens du col utérin. Ln lavemens, elles ont réussi contre quelques diarrhées chroniques, et les ulcères non vénériens du rectum.
C'est à la source que l'on doit boire les eaux de liaréges ; le lran-.[)orl enlève leur chaleur naturelle et altère leurs propriétés sans les leur faire perdre entièrement , pourvu qu'elles soient à l'abri de I air et de la lumière.
LuruoN ou l'Ar;- i.i'.i;s-i)r:-I.i:( MON ^deparlement rie 1,1 Haute (/aroiuie^.
l-urhon e.Ht une petite ville située à 2
EàÛX. 45#
ce sont des lieues de la frontière d'Espagne, 5 de Saint-Béat, 8 de Saint-Gaudens, dans une riante et fertile vallée, à 513 toises au-dessus du niveau de la mer. L'édifice thermal est vaste, élégant, commode , pourvu de baignoires en marbre , de douches et d'étuves. Le climat est doux; l'hiver n'est jamais rigoureux. On y trouve des tables dhôte , des resîaurans , un beau café , un cabinet de lecture et un vauxhall où se donnent deux bals par semaine. La saison des bains dure depuis la fin de mai jusqu'au mois d'octobre; mais la plus grande affluence des étrangers est depuis le mois de juillet jusqu'à la mi septembre.
Sources. Voici leurs noms et leurs températures.
Grotte inférieure, ou robinet du
cabinet no 15, le plus près de
la source
Grotte supérieure ,
Ferras ,
Reine ancienne ,
Source aux yeux.
Source blanche (a disparu),
Source froide ,
Établissement Soulevât : source
forte , Source faible , Reine nouvelle ou Griffon, Source du chauffoir, Richard nouvelle ,
Ces eaux, reçues d'abord dans de grands réservoirs , sont distribuées ensuite dans l'établissement. 'Joutes les baignoires sont en marbre , excepté celles du petit bâtiment Ferras.
Propriétés physiques. Les eaux de Luchon sont lim[)ides et exhahîut une odeur d'œufs couvés; leur saveur est fade et douceâtre,
/inalyae chimique. Analyse de Bayen.
iviu (1 litre).
Chlorure de sodium, Sulfate de soude cristallisé, (Carbonate de soude sec , Silice dissoute , Soufre dissous , Matière grasse organique ,
O/iDlU
J'roprièléa médicales. Les propriétés
e\eit;uites des eaux d(! Luilion se uiatii-
feslent [)rineipalemeiit sur les organes
rcs[)iratoires, iiu- re»lomac et ses dépcu-
gr. 0,0784 0,H26 0,0522 0,0762
quant, indéf.
id.
4ifl EAUX.
«lances, la ves^ie ol In s'nfaCi' cutanée. Il est important de surveiller leur action , parce que leur usage ranime les points de |)h!egniasie chroniipie qui peuvent exister. Le tube «ligesiif est aussi facilement excité , mais avec moins de danger que les orirancs respiratoires.
Selon Campardon et M. Barric , ces eaux sont efTicaces conlre les dartres et les autres maladies de la peau, les raideurs des tendtms et des ligamens à la suite des luxations et des fractures, les tumeurs blanches, les ankylo-es fausses, les suites de plaies d'armes à feu , les ulcères simples ou compliqués de fistule et de carie , les écrouelles et les ulcères scrofuleux , les catarrhes pulmonaires eliroiiiques , Vastlnie et la phlhisie nuiqucuses, la chlorose , les llueurs blanches, les rhumatismes, les paralysies , la sciatique, les maladies des paupières et des yeux de nature darlreuse ou scrofulcuse. Campardon signale encore Pulililé des eaux de Luchon, dans les obstructions du foie et de la rate, dans plusieurs maladies de l'estomac , et surtout contre les diijestions lentes, difllciles, accompagnés de (laïuosités; dans les maladies nerveuses, telles <iue Thypochondrie, l'hyslérie ; dans les coli.pies luqfhréiiques et' les autres maladies des voies urin aires.
Mode d'administration. On fait usage de ces eaux en bois-on , bains entiers , demi baii-s, dont lies, vapeurs, collyres, injections et lotions. La dose en boisson est de deux ou trois verres, que Ton coupe souvent avec du lait cpii s'associe fort bien avec elles. Les bains sont (l'autanl plus avantageux (ju on peut varier à volonté leur timperalure -. dans les maladies cutanées rebelles on ajoute aux bains dessullures alcalins pour les rendre plus actifs. A coté des sources on trouve des étuves qui reçoivent la cbaleur de Teau qui les traverse.
La méthode que Ton suit à Luchon dans le traitement minéral, et qui consiste à faire passer graduellement les malades (l'une source ta une autre, opère des ellels q«i'.)n attendrait en vain d'une source unique. On con)iirend des lors rpie plusieurs médecins pensent que les eaux de Luchon peuvent remi^lacer les eaux de Baréges , dcCaulerets, de Saint-Sauveur, et qu elles
leur sont préférables à cause de la beauté du lieu et de la douceur du climat.
Aix-la-Chapelle (Prusse).
Ville considérable à 12 lieues de Cologne , 9 de Liège , 7 de Spa , et 80 de Paris. Elle se trouve dans un vallon fertile et riant entouré de montagnes couvertes de bois. On [)eut prendre des eaux dans toutes les saisons.
Sources et bains On dislingue les bains en hautes sources et en basses sources. Les bains des hautes sources sont, les bains ùe r Empereur ^ le bain Neuf, le bain de V Hôtel de la Reine de Ilonqrie , le b.iui de Quirinus. Les bains des basses sources sont, le bain des Seigneurs, le //oNC/î&flc/, le bain des Pauvres. Le plus beau de tous est le Harrenbad bâti en 1710. Dans les hautes sources il y a des bains de vapeur, et dans les autres il existe des doiiclies.
Propriétés physiques. Les eaux sont claires, transparentes, ont une odeur sulfureuse et une saveur alcaline, salée et hépatique. Si on les laisse refroidir elles [)erdent leur odeur, leur goiH et leur transparence, et aciiuièrent une couleur laiteuse et trouble. La température du bain de l'Empereur est de 57° o cent.
Analyse elumique. IJ'après MM. Reumoht et Monheim , l'eau du bain de l'Empereur contient :
Eau (1 litre).
Carbonate de soude , 0,54^44.
Chlorure de sodium , 2,9697.
Sulfate de soude , 0,2(557.
Carbonate de chaux , 0,lo04.
— de magnésie, 0,0 UO.
Silice , 0,0705.
Lcgaz qui se dégage est composé d'après M. Monheim, de
Azote, 5i,2o.
Acide carbonique , 28,2(5.
Acide sulfhydrique, 20,49.
Propriétés médicales. Les vertus des eaux dAix- la-Chapelle ont beaucoup d'analogie avec celles de Bareges et de Bagnères-de-Luchon. Elles conviennentdans les maladies chroniques de la [)eau , les dartres, la gale, les alfections scrofuleuses , les rbumatismcs chroniciues , la dys-
EAUX
pepsie^ les engorgemens du foie, les coliques métalliques, les flueurs blanches, les ankyloses incomplèles , la faiblesse , la raideur et la contracture des membres , à la suite des plaies d'armes à feu, e!c. Hufeland recommande ces eaux contre rhypochondrie : il faut s'en servir avec précaution dans les paralysies produites par une affection cérébrale.
Mode d' administrât ion. Les esiux d'Aixla-Chapelle sont administrées sous toutes les formes : on doit les boii e à petite dose; lorsqu'on en boit un ou deux litres, elles deviennent purgatives. D'abord désagréables au goût, on s'y habitue peu à peu. On peut les mêler avec du lait d'ànesse ou de vache; si elles causent des nausées, des vertiges , il faut les boire refroidies. Aix (Savoie).
Petite ville à 12 lieues de Genève, 18 de Lyon , 40 de Turin , 12 de Grenoble et 2 et d/2 de Chambéry. Aix offre toute sorte d'agremens par sa situation et toute espèce de ressources pour la vie domestique. On a établi dans un très beau local un cercle où s'assemble une société choisie pour faire de la musique , jouer au billard et lire les journaux. On prend les eaux depuis le mois de mai jusf]u'au mois de septembre : les mois de juillet et d'août sont les plus favorables.
Sources. On en distingue deux principales qui jaillissent des rochers , à 43 toises Tune de l'autre avec une abondance extraordinaire : on appelle la première source d'alun ou de Saint-Pcud ^ la seconde est dite de soufre. Comme on ne trouve pas d'alun dans la première qui est située dans une partie élevée de la ville , on a changé sa fausse dénomination en celle de Thermes Uerthollet , en l'honneur du chimiste célèbre (jui était né dans ces contrées. Cette source sert à la boisson, aux bains, et alimente une vaporalion ainsi qu'une piscine à grande eau.
I.a source (ï eau de soufre fournit hs douches et b's bains de vapfMjr du Ixitimenl royal , édilice de forme circulaire qui olfre tout autour une sérif^ (h-c-ibinels destines aux douches ei a\i\ IjouiKoiis : ceux-ci consistent en une Rorle d'rnceinic fort r»'sserrée ci U'vmfc (h* foules parts , ou I eau arrÏNC au fond dune cuve carrée en pierre; on se plonge pendant une ou
deux minutes dans cette eau pour recevoir par tous les points du corps l'action de l'eau et de sa haute température.
L'eau froide des fontaines publi.iucs vient de la haute montagne ; elle est limpide , légère et fort agréable à boire.
Il existe trois autres sources minérales ; l'une chaude qui jaillit dans le jardin du docteur Fleury , l'autre froide et savoneuse découverte récemment dans la propriéié de M. Chevillard; la troisième, appelée eau ferrugineuse de Saint-Simond , est placée sur la route de Genève.
Propriétés physiques. La température des eaux d'Aix ne baisse que temporairement au moment de la fonte des neiges et de la chute des pluies équinoxiales. L'eau est parfaitement transparente,un peu onctueuse au toucher; au moment même de son éruption à travers les canaux elle exhale une forte odeur d'hydrogène sulfuré , qui disparaît par son exposition à l'air. Sa saveur est douceâtre , terreuse; encore tiède elle laisse dans l'arriere-bouche un goût sensible d'hydrogène sulfuré. Le goût des eaux d'alun est moins terreux ; il (ait éprouver quelipie chose de styptique, d'amer, qu'on ne di:;lingue point dans les eaux soufrées. La température des eaux dans les piscines appelées bouillons est de 43» cent. : celle de l'atmosphère des cabinets est de 28o 7. La chaleur des eaux d'alun est de 58° 2 ; celle des eaux soufrées est de 45° 7. Selon M. Michelotti, les bulles qui se dégagent de l'eau de soufre sont composées d'azote.
Analyse chimique. Yoici celle de I\L Buonvicino.