‹ Dictionnaire des dictionnaires de médecine français et étrangers, ou, Traité complet de médecine et de chirurgie pratiquesChapitre 79 sur 117 · SOURCE SOURCE · texte numérisé non relu

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Eau (1 litre ). de soufre, d'alun. Acide sulfhydrique , 0, 353 0, 355

Carbonate de chaux, 0,11805 0,1^384

— de fer, 0,00387 0,0i)774 Chlorure de calcium, » o,04G44

— de magnésium^ 0,01348 o.^'^^S Sulfate de chaux, 0,04237 0,OGyr>i>

— magiuîsie, 0,or335 0,02522

— soude, 0,03485 0,02522 Matière extract, anim., traces. traces.

0,2Sb5l 0,509r)0

J'roprirtés médicales. Les eaux d'Aix

sont fort ulil(;s pour rappcU-r la siMisihilité,

rétablir le ton de» systèmes musculaire et

EAUX

nerveux. Elles conviennent surtout dans les cngorgeinens sciv-fuleux , les tumeurs indolentes, la chlorose, les diiïerenles espèces de dartres, les sy[)hilldes, les paralysies , les rhumatismes goutteux chroni- (lues, les alfeclions de poitrine causées par la métastase d'un principe morbide, les flueurs blanches, les engorgeinens di's viscères du bas-ventre, les plaies d'armes à feu, les ulcères atoniques, la rétraction des membres, la carie des os, la coxalgie, Tankylose fausse et dans tous les cas où les mouvemens des articulations sont gênés.

Les maladies nerveu-es, si difficiles à guérir, sont, selon iM. Francœur, quehiuefois traitées par les douches d'eaux thermales avec un succès remaniuable : la catalepsie hystérique même disparaît sous leur inlluence salutaire.

Il faut s'abstenir des eaux d'Aix dans toutes les maladies où il existe des symptômes de pléthore et d'inflammation ; dans laphtliisieavec fièvre lente, dans l'épile[)sie et cliez les sujets prédisposés à l'apoplexie : les personnes d'une eonslilution maigre et sèche, celles dont la poitrine est délicate, doivent être très circonspectes dans Tusage de ces eaux.

Mode d'administration. Les eaux d'Aix deviennent potables par le refroidissement (pii leur fait perdre l'odeiu' hepati]ue (jui les caractérise , lorsqu'elles sont chaudes On les em()loieplusfré(Hiemment à l'extérieur qu'à rin'érieur. On boit celles de l'une et l'autre source depuis une livre jusqu'à quatre , à la source même , parce quelles s'évaporent aisément. Dans les nv\ladies de poitrine on leur associe le lait de chèvre, de vache on dànesse. Les bains (jui sont pris dans les maisoiis pariiculièresoù logent les malades, jjcrdent leurs principes volatils, parce cpie Ton est obligé de les laisser refroidir et n'ont guère d'autre action que celle des bains ordinaires; les piscines à grande eau sans cesse renouvelées sont bien |)referables.

Les bains de vapeur et surtout les douches, en rendant la circulation plus active et en procurant d'abondantes sueurs , forment à Aix la base du traitement des malades. Les dou. hes sont administrées dans le bâtiment royal; la tempéralure de l'eau soufrée est de 41° à 43" centig. Elles sont accomi)agnées de frictions , de

massage des chairs et d'exercices articulaires ; la vapeur d'eau retenue dans la chambre, s'y conserve à une leuipéraiure d'environ 57«5 centig., et une sueur abondante couvre tout le corps. Après la douche, le malade bien enveloppé est transporté dans une chaise à porteurs fermée, jusqu'à son lit qu'on a bien chauffe , où il achève le paroxysme de fièvre causé par la douche ou le bain de vapeur. Le malade prend une douche tous les jours, à moins qu'il ne se trouve trop épuisé par la sueur. AL Despine a obtenu de la douche éco^<saise d'heureux résultats dans le traitement des affections nerveuses. Le malade est successivement soumis à l'action de jets d'eau à 47° 5 centig. , et à une température (jue l'on peut abaisser jusqu'à celle de la glace fondante.

EAUX SLLFLREUSE.S FROIDES.

ENGHiE.v LES- BAINS (département de Seine et-Oise).

Hameau situé au milieu de la délicieuse vallée de IMontmorency, sur le bord de l'étang de Saint-(iiatien , à un quart de lieue de Montmorency, à une lieue de Saint- Denis , quatre de Paris. Ce lieu présente un établissement magnili(pie , fondé par iM. Peligor, et les bains et l'hôtel de la pêcherie. Ces établissemens sont situés dans une position admirable, on y jouit des vues les plus pittores(pjes, de jardins agréables, d'un parc de qua'n^ cents arpents planté de beaux arbres et d'un lac remarquable par son étendue, la beautéde ses eaux, sillonné par une légion de cygnes et par un grand nombre de canots à la voile et de gondoles de toutes formes. La forêt de Montmorency, les coteaux d'Andelly, de Saint- Prix, de iMontlignon, de Saniiois, permettent des excursions aussi agréables que variées.

Sources. Il y en a trois qui sont encaissées dans des rotondes et dont l'origine et les [)ropriétes sonlidenticjncs i" La Source ancienne, Colle ou du Roi ; '•1° la Source nouvelle; 5" la Pêcherie. On recueille dans des réservoirs bien fermés les eaux qui coulent sans cesse , et qui sont élevées dans les bàtunens destinés aux bains et aux douches au moyen de pompes et de tuyaux.

Propriêtcs physiques Les eaux d'Enghien sont claires , limpides et répandent

EAUX

une forte odeur d'œufs couvés. Leur saveur fade et douceâtre est suivie d'une légère amertume et d'une espèce d'astriction. Leur température à la source est conslamment de 14° cen'ig., celle de l'atmosphère étant à 170° ; leur densité est de luOO

centig.

Analyse chimique. La

source

Cofie ou

du Roi a donné à M. Longchamps les ré-

sultats suivans :

Eau (1 litre

Substances volatiles.

Azote,

Acide sulfhydrique libre,

Acide carbonique,

Substances fixes.

Hydro-sulfate de chaux,

— potasse,

Muriate de magnésie,

— potasse,

Sulfate de magnésie ,

— chaux.

— potasse,

Sous-carbonate de chaux,

— magnésie,

Silice ,

Alumine,

Matière végéto-animale ,

quantité indét.

Propriétés médicales. Les eaux d'Enghien sont plus riches en [)rinci()es sulfureux que la plupart des eaux des Pyrénées, et peuvent être employées avec surccs pour le traitement de plusieurs maladies chroniques et dans tous les cas où il faut relever le ton des organes affaiblis Ces eaux augmentent la transpiration, Tappétit et produisent la constipation. Elles sont eflicaces d.uis les engorgemens scrofuleux et glanduleux du cou, les maladies cuianécs, (juelques cas d'asthme, les catarrhes chroniques de la poitrine et de la vessie, la metrite chronique, la leucorrhée, les pâles couleurs, la suppression des règles , les diarrhées oj-iniâtres, les gastralgies, les rhuma'ismos anciens, les tumeurs blanches, les dillérr'ntes espèces de paralysie, et surtout la paralysie cl la colique sat>irniiies.

Les individus nerveux, irritables, sujets auxcrachemensde sang, doivent s'ahsl(!nir de l'emploi de ces eaux, ou ne les prendre qu'avec circonspection.

Mode d'adiiiifiislralio/i. Les eauxd'Enghien sont administrées sous toutes les

formes, et, sous ce rapport, l'établissement qui nous occupe, peut servir de modèle. On y trouve deux espèces de douches , l'une chaude, l'autre froide, dont on peut combiner ou faire succéder les applications ; des étuves à l'instar des bains russes, où l'on donne à volonté des affusions d'eau plus ou moins froide : on masse et on frictionne les membres.

Le matin on boit l'eau à la source , à la dose de deux ou trois verres, que l'on peut couper avec du lait de vache ou d'ànesse , dans les affections de poitrine. Les bains sont employés simultanément, et l'activité en est tempérée par une quantité plus ou moins grande d'eau commune , ou même par une addition de gèlaline, selon les indications. Après quelques bains , on observe parfois un exanthème cutané, qui, loin d'être dangereux, est toujours salutaire. La douche descendante est la plus élevée du royaume; elle a 60 pieds de chute.

Les eaux d'Enghien ont l'avantage sur celles de Barèges, de pouvoir être conservées et transportées dans les pays les plus éloignés, sans éprouver d'altération.

Eaux minérales acidulés. Considéralions générales. Les eaux minérales acidulés sont caractérisées par la présence du gaz acide carbonique qu'elles contiennent; elles sont très communes dans l'Auvergne. On a remarqué que plus le terrain d'où ces eaux proviennent est chargé de calcaire et se rap[)roche du terrain primitif, plus aussi elles sont riches en acide carbonique. 3L iJerzélius croit que ces eaux tirent leur origine de montagnes à volcans éteints. (Pâtissier^ ouv. cité, pag. 215).

La saveur des eaux acidulés est vive , piquante, et se perd à mesure (\ug le gaz acide carbonique se dégage sous forme de bullci; qui vieiuicnt éclater à leur .surface. Exposées à Tair lihre, à une douce chaleur, ces eaux perdent leur gaz, d'où dépend leur |)rincipale vertu. Les eaux acidulés sont chaudes ou froides; les premières sont peu nombreuses et jouissent de propriétés spccialcs; les considérations dans Icscpielles nous allons entrer s'ap|)lif|uent seulement aux sources ga/.cuscs froides,

Propriétés médicales. Les eaux acidulés agissent quelquefois par les selles, mais le

EAUX

plus souvent par les urines , dont elles augmentent beaucoup la sécrétion. Elles portent plus à la tète que les autres classes d'eaux minérales, produisent une espèce d'ivresse passagère et de la tendance au sommeil : quelquefois elles augmentent les incommodités des personnes tourmentées par des flatuosités. On sait qu'employé seul, l'acide caibonique produit sur l'économie animale un effet sédatif, antispasmodique ; c'est de cette manière qu'agit la potion antiémétique de Rivière, dont l'acide carbonique fait la base.

Les eaux acidulés ont une action spéciale sur l'estomac qu'elles fortifient sans irriter et dont elles calment l'éiatspasmodique. Il arrive quebiuefois que les buveurs, après avoir pris à jeun quelques verres d'eau minérale acidulée, éprouvent une impression subite à l'estomac , avec perte d'appétit; la sensibilité de cet organe est comme anéantie pendant plus ou moins de temps, et le même effet est transmis, par symi)atbie, à tout l'organisme; les malades n'éprouvent point de douleurs, mais un certain état d'abandon et de calme qui simule en quebjue sorte le narroiismc. Cet état n'a rien de dangereux ni d'inquiétant. Il est occasionné par l'action du gaz acide carboni(pie sur la membrane muqueuse de l'estomac. On prévient cet effet en exposant un instant le verre au soleil, afin que le gaz s'écbappe, ou bien en mêlant l'eau minérale avec une tisane adoucissante.

(Pâtissier, p. 214-15).

Les personnes d'un tempérament sec, bilieux, nerveux, celles f|ui ont des maladies avec symptômes intlanunatoires, ressentent favorablement l'action sédative qu'exercent les eaux acidulés sur le système nerveux. Piises en boisson, les eaux acidulés sont excellentes pour calmer la soif, el Ci nviennent dans les afTeclions qui réclament l'emploi de boissons rafraîchissantes : on les emploie avec succès dans les fièvres bilieuses , les fièvres dites jmtrides, en les coupant avec du [letit lait ou de l'eaii d'orge : on peut même les prescrire sans mélange, lorsque la fièvre n'est pas ardente. Llles exercent une action spéciale sur l'appareil biliaire, et détruisent souvent avec une promptitude remarquable les désordres qui s'y manifestent : elles ne sont pas moins utiles dans les ma-

ladies chroniques, surtout dans celles de l'abdomen, telles que les gastrites, les entérites anciennes, les gastralgies, les engorgemens des viscères du bas ventre, les pâles couleurs, la suppression des évacuations périodiques, les flueurs blanches, l'état de langueur, el les affections nerveuses, telles que l'hystérie et Thypochondrie, etc.

Par suite de leur action prononcée sur l'appareil urinaire et du surcroît de sécrétion des urines qu'elles occasionnent , on les a beaucoup employées dans les maladies qui alTeclent ce même appareil; ainsi, dans le catarrhe vesical , les coliques néphrétiques, les alfections calculeuses.

Les eaux acidulés ne conviennent pas dans les maladies cutanées , à moins que ces affections ne dépmdent d'une névrose de l'estomac ou d'une hépatite chronique. Les individus disposés aux congestions sanguines vers la tête ou vers la poitrine doivent en faire usage avec circonspection.

Mode d'adminUtration. On boit les eaux minérales acidulés, à la dose de 1 à 2 litres et plus, dans la journée. Il faut les boire à la source même pour prévenir le dégagement du gaz acide carbonique : si elles occasionnent des maux de tète, de l'oppression ou un léger mouvement de fièvre, il est avantageux de leur laisser perdre une certaine quantité de gaz. Il faut les boire froides bien entendu ; au besoin, on les coupe avec du lait, du petit-lait ou tout autre liquide adoucissant. Mêlées au vin, elles le rendent mousseux, pétillant, agréable; elles doiuient au vin rouge une teinte violette tirant sur le noir; «mies à l'eau sucrée elles facilitent la digestion. On reconnaît que leur usage doit produire de bons elfets , lorsque l'appétit est augmenté et la digestion rendue plus facile; si elles cau-ent des insomnies, de la diarrhée,etc., il convient d'en suspendreTemploi. Les eaux acidulés exigent les plus grandes précautions pour leur transport et leur conservation.

EAUX ACIULLES THERMALES.

YiCHY (deparlem. de l'Allier).

Petite ville sur la rive droite de TAllier, à 15 lieues de Moulins, 8 de Gannat et 87 de Paris. Le vallon qui la renferme, large, vaste, évasé, est bor-

EàUX.

dé de coteaux et de collines couver- | tes de vignobles , d'arbres fruitiers et de champs cultivés. Le climat est doux, tempéré et Pair très pur. Le quartier des eaux qui est séparé de la ville par une vaste promenade, offre beaucoup d'hôtels tenus avec une grande propreté. Dans l'établissement thermal, il y a un vaste salon , où Ton se réunit pour lire les journaux, danser, etc. Les environs, qui sont très agréables, fournissent aux malades Toccasion de faire de fréquentes excursions pleines d'intérêt. Le grand établissement thermal offre des ressources de tout genre aux personnes qui viennent y recouvrer la santé; il renferme 72 cabinets de bains et 4 douches. La saison commence le 16 mai et finit le 15 septembre. Les pauvres sont reçus dans un hôpital bien situé et assez étendu.

Sources. Il y en a sept : !<> la Grande- Grille; 2° le Puits-Chomel ou Peiit-Puits carré; le petit filet d'eau qu'il fournit est employé en boisson; 5» le Grand-Puits carré ou Grand- Bassin des bains ; 4° le Petit-Boulet ou Fontaine des Acacias; S» la Source Lucas; 6° le Gros-Boulet ou Fontaine de V Hôpital; 7° la Fontaine des Célestins ou du Pocher.

Propriétés physiques. De grossesbulles d'acide carbonique viennent crever à la surface des sources de la Grande-Grille , du Grand et du Petit-Puits carré, de l'Hôpital, et simulent une véritable ébuUition. Selon M. Longchamp , cet acide est très pur. Les .sources Lucas et celle des Acacias ont une odeur un peu sulfureuse.

Toutes ces eaux sont claires et ont une odeur lixivielle très légère ; Peau des Célestins a un goût piquant un peu aigrelet. La source de l'Hôpital , la seule qui soit exposée à l'air libre, laisse surnager une matière végeto-animale , qui se manifeste sous la forme de conserve.

D'après M. Longchamp, la température deseauxdeVichy est la suivante : (irande- Grille, 59", 18 c«'nt.; PuitsChomel,59", 2(); Grand-I5assiii des b.ùiis, 44°, 88; les Acacias, 27", 2o; Lucas, 29», 85; riiôpital, 55", 25; les Célestins, 19", 75.

Analyse chimique. Nous nous contenterons de donner lan.ilyse de la source de la Graude-Gnlle qui a ele faite par 3L Longchamp.

Eau (1 litre).

Acide carbonique,

Carbonate de soude, Chaux, 3Iagnésie,

Chlorure de sodium, Sulfate de soude, Oxyde de fer, Silice,

litre, 0,475

gr.

Propriétés médicales. « Les eaux de Vichy , dit M. Pati.^sier , méritent à juste titre une des premières places parmi les eaux salutaires de la France. La grande quantité de carbonate de soude qu'elles contiennent les rend aptes à guérir beaucoup de maladies en modifiant nos humeurs , en imprimant promptement à celles-ci un caractère alcalin. M. Darcet a expérimenté sur les lieux et sur lui-même qu'en prenant à jeun deux verres d'eau de Yichy , contenant environ 2 grammes de bi-carbonate de soude , l'urine devient promptement alcahne , et qu'elle ne redevient acide que neuf heures après qu'on a bu le liquide minéral. Il a remarqué que les buveurs d'eau qui prennent chaque matin cinq verres d'eau minérale , et qui se baignent en outre tous les jours dans l'eau thermale , sont assurés d'avoir les urines alcalines pendant tout le temps qu'ils font usage de l'eau; du reste, la quantité de l'urine n'est pas sensiblement augmentée. Cette alcalisation ne se borne pas à l'urine ; on l'observe aussi dans la sueur, qui, dans l'état de santé, est toujours acide. Les eaux de Yichy accélèrent la circulation, et , sous leur influence, les plaies que peuvent porter les malades deviennent douloureuses et saignantes. Plusieurs médecins prétendent qu'elles sont purgatives; mais l'observation clinique demontre qu'elles ne le deviennent (jui; lorsque, prises à haute dose , ellos excitent trop vivement les intestins; hors cette circonstance , elles tendent plulôt à consîiper. » {Ouv. cité, p. 223-24.)

(^es eaux réussissent dans un grand nombre de maladies exemi)tcs de symptômes inflammatoires, et ne conviennent pas chez des pcîrsoniies d'uu tcnqjéiamcnt irritable, i'illes bout consideri'es conuiu; fondantes et apérilives : leur principale vertu

se manifeste dans les maladies chroniques dont le siège est dans les organes du basventre, et particulièrement dans les engorgemens du foie , de la rate et dans les coliques hépatiques occasionnées par des calculs ou par toute autre cause. Les gastrites chroniques, les gastro-entérites, les gastralgies, etc., sans lésion organique; les coliques hémorrhoïdales , les obstructions , quel que soit leur siège dans Tintèrieur du bas-ventre ; les pâles couleurs, les (lueurs blanches, les irrégnlarilès de la menstruation et la plupart des maladies qui se développent à rèpo(|ue de la ménopause, trouvent leur guérison ou au moins un soulagement sensible dans l'usage plus ou moins prolongé des eaux deAichy. M. Petit a constaté leur utilité dans rindanimaiion chi onique de Tuiérus, avec tuméfaction du col ou du corps de cet organe : mais alors elles cessent d'être utiles, et deviennent même nuisibles sil existe des symptômes d'inflammation aiguë, des ulcérations ou la dégénérescence cancéreuse : elles paraissent de même modifier d'une manière très heureuse toutes les inflammations chroniques de nature scrofuleuse.

On emploie avec succès les eaux de Yichy pour dissoudre des graviers et même des calculs urinaires : nous n'insisterons pas sur ce point, que nous avons suflîsamment développé en parlant de ces maladies. (Foj. Calcul, Gravier.) L'eau minérale artificielle, appelée par les Anglais soda water , qui est une dissohition légère de bi-carbonate de soude , dans de l'eau chargée d'acide carbonique, rend les urines promptemcnt alcalines, produit des effets admirables dans le traitement de la gravelle , et peut dis.soudrc dans la vessie des calculs d'acide inique.

M. Petit a obtenu des résultats qui démontrent refficacité des eaux de Vichy dans le traitement de la goutte, {/{apport sur remploi des eaux minérales de Fichy dans le traitement de la goultc^d^v M. Pâtissier, 1840.)

Selon M. Lucas, les eaux des Célestins, qui sont froides, ont (juelque analogie avec l'eau de Seltz , et j)eiivcnt être prises comme préi)aratoires aux autres sources :

est depuis long-temps établie pour le traitement de la gravelle et des calculs. La Grande-Grille est renommée pour les engorgemens des organes abdominaux, qu'elle résout en effet lorsqu'ils sont récens : l'eau de la fontaine de l'Hôpital^ à la dose d'un à deux verres , convient aux perso-nnes dont les digestions sont difliciles et qui éprouvent des rapports acides, ainsi que dans les maladie^ consécutives aux courbes , telles que la méirite , la péritonite puerpérale chroni(|ue , les dé[)ôts laiteux, appelés vulgairement lai! s répandus : elle est également eflicace dans les rhumatismes artiiulaires, les crampes d'estomac , les coli(pies nerveuses, les cas de gouite interinii tente , qui troublent les fondions digestives. Les eaiTx de la fontaine des Acacias sont em[)loyées avec succès dans les engorgemens des ganglions du mésentère , les tumeurs scrofuleuses. Celles de la fontaine Chomel , dans les catarrhes pulmonaires dépendant d'une afï'eciion de l'estomac, et dans les toux consécutives aux pleurésies : dansées cas, on mêle l'eau minérale à l'eau de gomme. Parmi les maladies que les eaux de Vichy ne guérissent point, nous mentionnerons celles de la peau, à moins qu'elles ne dépendent d'une altération du système digestif et hépatique. Elles sont nuisibles aux tempéramens secs et aux personnes nerveuses et à poitrine délicate.

On doit les interdire dans les maladies du cœur, dans les catarrhes pulmonaires accompagnés d'éréthisme, dans la phthisie et riiémoptysie.

Node d'administration. Les eaux de Vichy sont administrées en boisson, bains, douches et en pastilles. En boisson, on en prend de 2 verres à i litre dans la matinée. On a remarqué que les goutteux et les calculeux digèrent facilement une grande quantité d'eau •■, circonstance favorable i)our alcaliser plus fortement les humeurs et faciliter leur guérison. Les eaux doivent être bues à la soince, pour que les gaz ne s'évaporent pas; suivant les indications, on les boit pures ou coupées avec du lait ou des tisanes adoucissantes. Pendant les temps d'orage on doit en diminuer la dose, car alors elles sont d'une digestion pénible, et déterminent parfois

la réputation de U fontaine des Céleblins 1 des ballonnemens fort incommodes. M.

EAUX

Petit les fait prendre avec succès aux repas, pures ou coupées avec une certaine quantité d'eau douce, toutes les fois que la susceptibilité de l'estomac ne s'y oppose pas.

Rarement les malades prennent des bains d'eau minérale pure, parce que celle-ci ne manquerait pas de produire une irritation vive à la peau et des accidens inflammatoires; on les tempère en ajoutant soit moitié, soit un tiers, soit un quart d'eau douce.

La température du bain ne doit pas excéder 52 degrés o cent, à 55 degrés 7 cent. A une température plus élevée, le bain devient très excitant ; pendant les chaleurs d'été, il faut toujours en diminuer la température. La durée du bain varie d'une demi-heure à une heure^ et même davantage ; on prend quelquefois deux bains par jour ; le pins souvent, le second est d'eau douce, et est employé pour tempérer l'acûon du bain minéral. Si l'excitation produite est trop vive, en sortant du bain le malade prend un pédiluve dans l'eau thermale, principalement s'il y a tendance aux congestions cérébrales.

Les douches ont à peu près huit pieds de chute. On les a beaucoup recommandées dans les engorgemens abdominaux, soit comme moyen révulsif, soit pour exciter un peu la vitalité de l'organe malade.

Les pastilles sont employées chez les personnes (|ui ne peuvent pas digérer facilement l'eau de Vichy; ce sont les pastilles de Darcet, dont on prend une ou deux avant et après le repas.

On ne remarque pas d'effets bien sensibles, en général, pendant les premiers jours du traitement. QueI(iuefois seulement les malades se plaignent de pesanteur de tète, et disent éprouver pendant le jour un pencliant irrésistible au sommeil. Au bout de quelque temps , lorsque les organes digestifs ne sont [)as trop fortement ;\{\'pcU's, rap[)flit augmente, rievient quelquefois si vif, qu'il est fort difficile d'enq)f^clier les malaflf'S de le satisfaire coinpiélcment ; mais il se calme après un certain temps, et ge perd même tout-à-fait lorsqu'on en abuse, A unecpfjque [dus avancée du traitement, (|ueh|U('S malades se plaiirrient d'agitation pendant le sommeil, de déman-

geaisons à la peau, d'un malaise général, et d'une sensibilité plus grande des organes malades; cette légère agitation peu inquiétante est nécessaire pour amener la guérison des affections chroniques; mais si l'appétit se perd, si la boisson des eaux répugne, il faut alors suspendre le traitement, et donner quelques bains d'eau douce.

La durée du traitement varie suivant la nature de la maladie ; rien ne peut être fixé à l'avance à cet égard, le succès du traitement dépend beaucoup du régime ; la plupart des malades mangent trop ; ils doivent principalement éviter les acides, les fruits rouges, supprimer le vin aux repas, ou le mêler à une grande quantité d'eau.

« Quoique les eaux de Vichy améliorent ordinairement l'état des malades pendant qu'ils en usent, il n'est pas rare cependant qu'ils n'en ressentent le bienfait que quelques mois après. » (Pâtissier, p. 251.)

Saint-Alban (département de la Loire).

Hameau dépendant de la commune de Saint-André d'Apchon, sur la rive gauche de la Loire, à 2 lieues de Roanne. Les eaux de Saint-Alban sont connues depuis long-temps; mais elles ne sont fréquentées que depuis qu'on y a construit des habitations commodes et agréables. Les tables d'hôte sont bien servies et à des prix très modérés. On prend les eaux depuis le mois de juin jusqu'au mois de septembre ; M. le D^ Goin en est le médecin-inspecteur.

Sources. Elles sont au nombre de trois, situées dans un vallon étroit et renfermées dans une petite enceinte carrée. Le Puits rond fournit l'eau pour boisson; le Puits dei galeux sert à faire des lotions; le grand Puits alimente les bains.

Propriétés physiques. L'eau des trois sources est claire, limpide, inodore; sa surface est recouverte d'un grand nombre de bulles, et celle sur laquelle elle coule est couverte d'un sédiment o( reux. Rue à la source elle a une saveur piquante et laisse un arrière-goùt austère : exposée au soleil elle blancliii. proinptement cl se couvre d'une pellicule nacrée; puis d'acidulé qu'elle était elle devient oMclueuse (;t saline. Le gaz acide caiboniiiue libre sort des trois sources d'une manière bruyante; con-

EAUX

tiniiellement de grosses bulles montent, crèvent à la «iirface de IVaii et l'agitent Tiolemment. A l'approche des orages, cette sorte d'chiillilion augmente. Le volume de gaz qiii s'échappe des trois fontaines dans l espace de douze heures, est de 50 mètres cubes d'après M. (ioln {Mémoire sur les eaux de Saint- Jlhan , 1834, p. 15), et ce volume se trouve doublé aus!^itôt qu'on diminue de moitié la colonne d'eau que contient le puits princijial : quantité énorme qui n'existe dans aucune espèce d'eau minérale.

Analyse chimique. L'eau de Saint-Alban a èié analysée d'une part par MM. Orf]la,Barruel et Soubeiran , et d'autre part par MM. Cartier et Barbe. Voici les résultats (jucces messieurs ont obtenus :

Analyse de M3L Orfila, Barruel et Soubeiran.

Eau (1 litre).

Acide carbonique, quantité indét.

Bi-carbonate de soude , 1,215

— chaux, 0,89i

— magnésie, 0,423

— fer, 0,058 Chlorure de sodium , 0,032 Analyse de M3L Cartier et Barbe.

Eau (1 litre).

Acide carbonique , litr. 0,405

Carbonate de soude, g' 1,8528

— chaux , 0,5705

Sulfate de chaux, 0,1418

INitrate de chaux, 0,5450

Oxyde de fer, 0,1041

Terre argileuse , 0,2277

5,0599 Propriétés médicales. Nous empruntons la plus grande partie de ce qui suit au mémoire de IVL Goin , qui le premier a bien fait connaître tout le profit que l'on peut tirer des eaux de Saint-Alban dans le traitement des maladies. <* Ces eaux, dit ce praticien , sont très apéritives et surtout diurétiques. Les premiers jours cet effet est général, tous les buveurs l'éprouvent; c'est la période d'excitation ; elle est une pour tout le monde. Celle de surexcitation qui vient ensuite au second septénaire , à peu près , est difficile à bien déterminer, résultante (pfelle est de l'idiosyncrasie de chaque individu; rarement elle est la même chez plusieurs ma-

lades ; ceux-ci sont tourmentés par l'insomnie ou un besoin impérieux de dormir; ceux-là par une forte transpiration ou une grande sécheresse de la peau ; les uns sont constipés ou ont de la diarrhée ; les autres accusent des palpitations, des bourdonnemens ou battemens dans la tête, nomment toutes les céphalalgies :

quelques-uns éprouvent des maux d'estomac ou se plaignent de coliques; enfin tous sont manifestement en dehors de l'état naturel . et ces phenoiiiènes qui préludent toujours à un autre état qui est encore annnnal sont, quant à leur durée et leur multiplicité , en raison des conditions sous loquelles les malades font usage des eaux minérales.

«' Dans tous les cas le produit de cette période, qui mériterait d'être nommée période d'incubation , est toujours une éruption de boutons qui a lieu plus ou moins prom[)tement et avec plus ou moins de force (si c'est là ce que l'on nomme la poussée, il y a des poussées spéciales).

M Le plus grand nombre des malades éprouvent un prurit qui précède ou acconq)agne cette éruption ; il est souvent intolérable, quelques-uns n'en sont que peu tourmentés ; mais alors les boutons , au lieu d'être miliaires , sont rares et très gros , rouges et acurainés. » {Mém. cit. , p. 16 et 17.)

M. Goin a remarqué que ce prurit et cette éruption fatiguaient principalement les parties qui avaient éle le siège de plaies ou dedouleurs.il a vu les anciens ulcères, ceux surtout qui avaient le caractère syphilitique , se rouvrir à la suite d'une cril)lure , de petits boutons ou par le fait du travail inflaunnatoire (]u'ils apportaient. Ha vu les blennorrhéesra[)pelees constamment à leur état aigu, et les accidens auxquels elles avaient donné lieu disparaître. Cette puissance perturbatrice qui est de courte durée , loin d'être préjudiciable à la santé des buveurs , est regardée à Saint-Albau comme favorable. M.

Goin y attache une grande importance dans la pluralité des cas.

Les eaux de Saint-Alhan conviennent principalement dans les maladies des voies urinaires , ainsi (|ue des faits nombreux Tout prouvé au docteur Cartier de Roanne et à M. Goin lui-même. Leurs

EAUX

bienfaits se font principalement sentir dans la néphrite chronique : ce dernier praticien cite dans son mémoire des observations remarquables à cet égard.

Ces mêmes eaux cessent d'être diurétiques, au dire de M. Goin, dans les hydropisies; alors même elles sont plutôt nuisibles qu'utiles , ainsi que dans les maladies du cœur. Il n'en est pas de même dans les névroses, où leur efficacité est manifeste.

C'est sous leur influence, dit M. Goin, que se dissipe cet assemblage confus de symptômes , sans règles et sans types , qui, sans être jamais pathognomoniques, se rapportent à toutes les maladies ; ainsi disparaissent ces contractions convulsives et anormales du poumon , ces palpitations soudaines, irrégulières et bizarres, ces céphalalgies fixes, ces vomissemens porrassés , ces rapports nidoreux , cette torpeur des intestins, ces lipothymies, ces flux spontanés d'urine , ces sputations fréquentes, ces sueurs nocturnes, ces réveils en sursaut, ces craintes, ces alarmes sans causes , sans raisons , en un mot tout le cortège des affections nerveuses. (P. 21 et 22.)

Dans la période de surexcitation, TafFection ancienne revêt un caractère d'acuité ; une fièvre locale s'allume dans tout ce qui est engorgement ou inflammation chronique , suivie de prurit sur les parties de la peau affectée par des dartres , et d'une éruption qui n'a de commun avec la poussée ordinaire que le nom : alors les scrofules , les engorgemens froids , certaines congestions reçoivent une impulsion salutaire. Les irrégularités de la menstruation disparaissent; les accidens qui se rattachent à son établissement ou à la ménopause cessent; les fluxions hémorrhoïdaires se dissipent, ainsi que toutes ces douleurs à cause métastatique , toutes ces inflammations de nature scrofuleuso, herpétique ou syphilitique. L'eflicarité des eaux de Saint-Alban dans les maladies de la peau est telle (pron peut presque les considérer, selon M. Goin, comme un anti-dartreux spéciliquc.

Selon ce même praticien , ces enux sont contraires dann lesaff(!rfionsdel;i poitrine, du cerveau , de la moelle è[»ini(:r«î , dans les inflammations des membrautts séreuses

TOMii l!T.

et muqueuses. Enfin, M. Goin résume aux suivantes les atîections que l'on rencontre encore parmi les buveurs de Saint-Alban : névrose , polyémie , scrofules , syphilis , dartres, la gale, le porrigo, le lichen et le prurigo, la lèpre et le psoriasis , l'icthyose, l'éléphantiasis. La stérilité amène également un grand nombre de femmes à Saint- Alban.

Mode d'administration. Les eaux de Saint-Alban se boivent à la dose de cinq à six verres chaque matin ; on prend en même temps des bains composés d'eau commune et d'eau minérale ; chez quelques personnes , l'eau qui ne passe pas lo matin est bien digérée le soir.

Les bains d'eau minérale sont préférables, mais non d'une manière absolue, selon M. Goin , dans les cas de nécrose , de scrofules , de syphilis, de chlorose , de leucorrhée, de dartre papuleuse et squammeuse. Les bains d'eau commune sont indispensables dans les cas de pléthore , de néphrite , de congestion vers la matrice , de dartres pustuleuses; les autres déterminent des accidens.

Les bains de vapeur et les douches locales et générales , ainsi que les bains de gaz acide carbonique , sont employés par M. Goin contre certaines affections rhumatismales. « Ce dernier bain, dit ce praticien , est le remède de prédilection de ceux qui ont des douleurs.»

La durée du traitement est de vingt à vingt-cinq jours.

Mont -d'Or (départ, du Puy-de-Dôme).

Village situé à 1,052 mètres au-dessus du niveau de la mer, à 8 lieues de Clermont-Ferrand, à 25 de Lyon, 105 de Paris. On trouve au Mont-d'Or le plus beau monument thermal qu'il y ait en France et peut-être en Europe ; il offre un vast« salon dans lequel on donne des bals plusieurs fois par semaine : la société des baigneurs y est très brillante. L'atmosphère y est très variable, et il est prudent de porter toujours des vêtcmens de laine. Le pays offre plusieurs sites et objets dignes du plus haut intérêt. On se rend aux canx de|>uis le l.*) juin jusqu'au 20 septembre.

Sources. Il y en a sept (jui sortent de la montagne; de TA iigl«'('i(|iii sont : i"" Sainte- M'tryncrite^ 2" la fontaitic rarolin*',^^*U

EAUX

ër.

quant, indét.

bain de César ou la 6rotto, 4» les sources du Grand-Bnin ou bain Saint-Jean^ 3" le l)ain Ramondy 6° la source liigvy , 7° la foiitaine de la Madeleine.

Propriétés physiques. Ces eaux sont transparentes et ont néanmoins un aspect gras; leur odeur est nulle; la saveur est d'abord acidulée, puis onctueuse et salée; sur la fin, elle devient amcre et un peu st^'plique ; la source Sainte -Marguerite a une saveur aigreleite. La température de les eaux varie de 42° à 47" centig.; celle de la fontaine Sainte-Marguerite est de IS".

Analyse chimique. Celle de M. Bertliier donne les résultats suivaiis.

Analyse du bain César.

Eau (i litre).

Acide carbonique,

Bi-carbonate de soude , Chlorure de sodium , Sulfate de soude , Carbonate de chaux ,

— de magnésie , Silice, Oxyde de fer ,

l,ol8 Propriéii'i médicales. Prises en boisson , les eaux du Mont-dOr alTaiblissent les jambes pendant les premiers jours , portent un peu à la tète , accélèrent le ]iouls, determiiK'ut alternaiivemcnt doâ l)ouirées de chaleur et de sueur, occasionnent (juelques nausées , diminuent Tappétit , provoquent le sommeil et augmentent les lluxions dont les membranes muqueuses sont le siège. Ces eirets sont moins sensibles après le troisième ou (piatrième jour. L'appétit, d'abord un peu diminué, augmente , à moins que les voies digestives ne soient en mauvais état; dans ce dernier cas , il survient du dégoût pour les alimens, la langue se couvre d'un enduit t'pais et bbncliàtre , la tète devient pesante , la digestion se fait mal , il y a des rapports nidoreux, les eaux fatiguent l'estomac, le malade ne les boit qu'avec répugnance.

L'emploi des purgatifs est alors fort utile. iJu (piatrième au septième jonr, la plupart des malades se trouvent mieux; l'ap[)étit se réveille , le sommeil dcNient plus calme et les forces augmentent. La transpiration e>t très facile et Texpeclora- Uon plus «bondiiule. Les sellei sont rares;

il y a constipation sans malaise ni mal à la tète. Si les urines sont plus abondantes , elles deviennent en même tenips sédimenteuses : dans ce cas , la transpiration n'est pas notablement augmentée; cependant , les eaux portent plus généralement à la peau qu'aux urines. H n'est pas rare que des furoncles, des éruptions de différente nature , des abcès dans le tissu cellulaire ?ous-cutané , se manifestent et soulagent les malades.

Selon I\L Bertrand, les eaux du Montd'Or conviennent dans le catarrhe pulmonaire chronique , quelle que soit son ancienneté, et dans la péripneumonie également chronique, s'il y a peu de fièvre et peu de chaleur à la peau. On les emploie avec succès dans les affections chroniques du poumon survenues à la suite de la rétrocession d'un principe morbide quelconque ou succédant à une fièvre exanthématique , ou à la suppression des règles ou des hémorrhoïdes.

Les mêmes moyens sont convenables dans rhémoptysie des personnes peu irritables, et dont la circulation capillaire cutanée est languissan.te, à moins que la maladie ne se conq)lique d'une dilatation anévrismatique. Ils peuvent suspendre la marche de la phthisie tuberculeuse , en déterminer la guèrison si les tubercules sont peu nombreux, et, dans certains cas, prévenir cette dégénération.

On ne doit permettre les eaux en boisson ni en bains dans la phthisie , lorsque les crachats ou les selles ont [tris le caractère collirpiatif. Dans toute maladie du poumon grave et ancienne , si , ])endant l'usage des eaux, il survient une amélioration brusque et très remarquable sans phénomène criti(iue (pii rexpli(pie, il faut aussi, à quelque petite dose que les eaux soient données , en faire cesser ou suspendre l'administration.

Quehpies bons effets que les eaux produisent, il convient rarement de les prendre au-delà de vingt jours; de leur usage trop prolongé résulterait une stimulation trop forte.

Ces eaux n'améliorent pas l'état des personnes atteintes de dyspnée nerveuse ou asilime convulsif; elles produisent de bons clfets dans l'asthme Immide succédant au catarrhe pulmonaire chronique, ou à la ré-

EAUX

trocession du principe rhumatismal ou dartreux.

Les paralysies qui succèdent au rhumatisme , aux phlegmasies cutanées ou à des évacuations habituelles supprimées , peuvent être guéries par l'usage des douches et des bains du Mont-d'Or. Dans la paralysie rhumatismale , c'est un bon signe si les douleurs qui ont précédé cette alfection se réveillent pendant Tusage des bains.

Quand la paralysie due à cette cause est incomplète , il faut faire discontinuer le traitement s'il augmente la faiblesse sans rappeler les douleurs préexistantes. S'il survient à la peau de la chaleur et de la rougeur locales, ou une éruption de boutons également locale , et que ces phénomènes ne soient accompagnés que d'un léger état fébrile, on ne doit point suspendre le traitement. On risque d'aggraver l'état du malade si , dans les paralysies survenues à la suite d'un coup sur la partie postérieure du tronc , on fait diriger la douche sur le rachis. Les eaux du Montd'Or sont rarement utiles dans les cas où la paralysie dépend d'une affection du cerveau ou de ses dépendances.

Ces mêmes eaux sont presque toujours salutaires contre le rhumatisme musculaire chronique sans complication ; lorsque l'affection se complique d'infection vénérienne, les douleurs ne se calment point pendant l'immersion. Si la faiblesse succède à la douleur pendant le traitement, il faut suspendre le traitement ; si le rhumatisme coexiste avec un état nerveux constitutionnel ou antérieur, les bains ne conviennent pas; ainsi (pie dans les cas où l'amaigrissement a fait des progrès, et surtout s'il existe des indices de fièvre hectique.

Dans les gondemens articulaires chroniques, de cause rhumatismale goutteuse, les eaux du Mont-d'Or produisent de bons effets; mais il est prudent de commencer le traitement par les bains tem[)érés ; les bains et les douches sont rarement utiles contre les gondemens articulaires anciens, et aggravent ceux qui sont de nature syphilitique. D.ins les cas de faibles-e articulaire oceasionnéc par la goutte, les bains qui sont alors utiles doivent précéder de quelques jours l'emploi des douches.

Leg luxationii consécutives du fémur

, sont prises matin à jeun

peuvent être guéries par les eaux du Montd'Or, quand la cause est externe et le sujet sain ; mais leur usage est impuissant dans le cas de complication scrofuleuse. Quelle que soit la cause de la luxation consécutive^ les bains et les douches fortiSent le membre luxé , en préviennent l'amaigrissement, et le plus ordinairement augmentent l'étendue des mouvemens plus ou moins gênés par le nouveau rapport des parties.

Les eaux du Mont-d'Or produisent encore de bons effets dans les affections chroniques du cœur, de l'estomac, des intestins et de l'utérus, lorsqu'il n'y a point de lésion organiijue, et surtout que la cause de la maladie dépend d'une rétrocession du principe rhumatismal, goutteux ou dartreux.

Mode d'administration. Les eaux, dont on use en boisson la dose de 5 verres le une demi-heure d'intervalle ; elles sont administrées pures ou coupées avec le lait, l'eau de gomme, l'eau de riz; en général, elles activent la circulation, hâtent le retour des règles et en augmentent la quantité. Pendant l'époque menstruelle, il faut en suspendre l'emploi. En outre, les exutoires suppurent davantage , et ceux qui étaient presque taris reprennent leur ancien cours.

En se plongeant dans le Grand-Bain^ le malade éprouve les effets suivans : chaleur vive, accélération de la circulation, respiration précipitée, forte coloration du visage qui se couvre de sueur, injection des cornées , sueur universelle , assoupissement qui peut devenir dangereux si l'on reste trop long-temps dans le bain; au sortir de l'eau, peau colorée et inégalement boursouflée , tête un peu embarrassée, jambes chancelantes, sueur persévérante , un enduit onctueux couvre tout lo corps. Dans le lit, le baigneur éprouve graduellement la diminution de tous les symptômes, et la dernière ifclion du baiu est de laisser l'habitude extérieure dans une transpiration abondante et inodore.

La répercussion, chez les malad(!s (pii re-» tournent à pied dans leur chambre , est sans exemple; le mouvement excentri(pie est trop fort pour (jue l'air extérieur opère io refoulement. La iranspiraliou ubou-

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