‹ Dictionnaire des difficultés de la langue française, extr. du Dictionnaire universelChapitre 22 sur 29 · BOUHOURS · texte numérisé non relu

BOUHOURS

Vingt. 11 est à remarquer que, dans la manière ordinaire de compter, on dit, quatrevingts , six-vingts ; et même quelquefois septvingts, huit-vtngts ; mais qu'on ne dit jamais

él4U9'vingtSf trQi$'vingts, einqmiifmg4$^ ni 4UBm pingi^.

Il e9t «Bcore à r^mfiiqaer qoQ, lorsque vlHf i wdtiplié par un aptre Hoipbre préeèd^ mm^ diatement un substantif, on ajoute toiijpiir^ $ à Ja fin de vingt. Ainsi po dit : cent quatre^ vingts chevaui^» six-^ii^ts bonmea quoire^ vingts ans.

Mais on ne rajout^ poipt qnuid il précède W noiabre avqtM^i il est joint Ainsi «m ^:

Çuatre^vingt-deuxj quatre-rmingt^trûis, qna*tre^ingt^quatre, quatre-^vingt^ïxy'^êic 4 D»

ViHGT ET v^ doinande^^l no aiagiriiier ou «n pluriel ? Quand po dit : Vingt €t unstèelSf vingt et Hne pistoU^ ror^ille ne peut diatin^uw» ai siècfe et piètok ^nt aà sioguUer ou an plur rieU La queatioa 9e d0^eut aeuiiMe q«e quand on demanda ;i*il fiMil:.dire ; // a vingt ei un che^ valf ou vingt et fm '<h£vûu^ ians son écurie, Vinpt et %m €h$véi bl«m;a (beUe^^eut, que presque tout d'une vpîi; oai préféré, vingt et mm vhevaux.

11 est certain qu'en dit : Fingt et un an ; et l'usage rautpriset

Maia ce même usa^ yevt qpp, a'U a«ii un adjectif apréa an, on mette cet adjectif a« p|u»i riel : 11^^ vin^t et un ans ac4:4^mpfis9 et pingt et un ans passés t et non pas, il avingJ^4t un im accompli on passé.

Ou dit de même: Ce mots a tr0mt^ et. 9m jour ; et non pas trenie^et^un jours^

$i ('09 y joint uu adjectif^ il &4ii 4iw 99^ f)»^

Id9

fiel t ripa trenU et im jomrà pasiii q%*o% n^u reçu de sei iettref^^AcA^* «

Vis-à-vis est Vàhrégi dé ytedge â VUMgd | et G*est mie etpfeMion <iw «é è^emploie jamais dans la poésie noble, ni dans le discoiar» ora-i toire*

Attjoitrd'iKii on coditteiictf à dire^ touoabtê «î«-<Cvt# dé nùugf bienfaisant vis^à^mê d$ nous; d^ffMla vii-^à-iiU de nouâf titétùntenp viê^â'^vis de nous, Atf U«a de eo«pabIe^ bfteoM fiiigâBt envers nous» diffidla aret aottS) «décon«. teftt de noas»

Vous me ditee qa'tm hooime 4st bien ditpoeA vis~â'vis de moi» qu^il tt Mù tédMtititieilt f>U^â^ 9éê de moi ; dites qtie eèt homme eut bien cKspaaé pour igoi, à mon égard, en IM latent^ qn^il a dn ressentiment contre moi : ou blétt ▼ons parlerea fort maL

Presque jamaîsr Itn VélhfSùa, ha BoMnet^ les Fléchier, les M disflhm^ les Féilîéloiiy les Raçhit, les Qttîmiiilt^ les Boileau ; MoHére même,, et Lafontaine, qui tous les deax ont commis beau** coup de fautes contre la langue, ne te tont ser« vis du terme i^iM*â-vis que pour exprimer vum position de lieu. On disoit : Uaile droite dé i* armée de Seipion vis-à-vis Tât/e gameke d'Anmbai: quand Ptolhmèe fat vi»*â-vis de Céêarf U trembla^

Aujourd'hui que la langue semble commencer i se corrompre, et qn'on s'étudie à parler oit jargon ridieule, on sa sert damot impropre via* ^t£. Ptnsicars gens de lettres ont été ingrats vis»â'ms de moi, au lieu de envers moi» Vous

né trouverez le mot vis-^d-vis employé en ce sens» dans aucoD autear clas/sîqoe du siècle de :Loms xiT.— -Voltairb*

Vivre. On disoit autrefois au parfait défini^ j£ véquis, etc.

Mascaron a dit de la reine d* Angleterre .* La Providence a voulu qu^elle surviquU d ses grandeurs* Et Fléchier : Les Chrétiens vè^ quirent dans la terreur» A présent Je vécus est seul en usage.— -W ail lt.

Voia les femmes^ avoir commerce avec elles.

J. J. Rousseau, a dit de J. C: // voyoit les femmes j pour, il alloit dans leur société» Jean- Jacques n'étoit pas Français.

. Voisin de, voisin 1. Ces vers sublimés d^ Lafontainei Pua des premiers poëtes fran* pis,

Celoi de qui la tête au ciel étoit Toiftine,

Et dont les pieds toochoient à Pempire des morts

sont aujourd'hui déparés par cette faute, voisine au ciel : il falloit voisine du ciel. Le datif dans' le latin, proxima cœlo^ n'autorise pas le voisin â dans le français, mais il a pu tromper le poète; d'ailleurs l'usage a peut<-ètre changé depuis qu'il écrivoit.

Vôtre. C*est une faute que de commencer une lettre par ces mots, j'ai reçu la vôtre; parce qu'on ne peut sous-entendre une chose dont on n*a pas encore parlé, et que, comme l'a trèsbien dit Vaugelas, ces mots, le mien, le tien, le sien et autres semblables, suppléent toujours un nom qui précède : il faut dire, j'at reçu votr^ lettre.

ïéC mien, le tïen^ etc., ne peuvent se rap« porter en même temps à des noms de choses et à des noms de personnes; ainsi 9 on ne peut dire à nn excellent auteur, je ne connois pas de meilleure plume que la vôtre ^ pour je ne connois pas de meilleur écrivain que vous ; ni à un bon maître d'armes, il n*y a pas de meilleure épée que la vôtre, pour il n'y a personne qui tire mieux des armes que vous : les premières façons de parler forment équivoque, et c'est ce qu'on doit toujours éviter.—- Caminade*

N. 6. Sans prétendre proscrire l'étude de la Grammaire, il est essentiel d'observer que la meilleure manière d'apprendre à bien écrire et i parler nne langue, est de ne lire que de bons auteurs, de ne vivre qu'avec des personnes qui parlent bien. On acquiert ainsi une langue et 00e oreille françaises, si Ton peut s'exprimer ainsi : au contraire, les plus longues études ne détruisent qu'à peine les habitudes vicieuses con-* tractées dans des lectures et des conversations d'un style ou d'une locution incorrects. ,

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