‹ Dictionnaire des difficultés de la langue française, extr. du Dictionnaire universelChapitre 21 sur 29 · ACAD · texte numérisé non relu

ACAD

Au travers doit être suivi de la préposition de : Passer au travers de la ville ; à travers doit être suivi d'un régime direct : à travers le visage et non du visage.

Troupe, Troupes. Troupes au pluriel et sans régime, signifie des gens de guerre, les corps militaires.

Troupe se dit aussi en ce sens au singulier, pour un petit corps de cavalerie, ou d^infanterie. Cet officier conduit bien sa troupe, il tient sa troupe en bon ^^a^.-— Acad.

Mais ne dites pas, avec quelques traducteurs dû Nouveau-Testament : Toutes les troupes étaient dans Vétonnement ; toutes les troupes s^étonnoient, pour exprimer stupebant omnes turbœ»

Dites, toute la multitude, tout le peuple s^étonnoit, etc.

Trouver MAUVAIS, Trouver BON. Dans ces expressions, bon et mauvais ne prennent ni genre ni nombre, quand elles signifient ap»

prouver, consentir^ désapprouver, ne pas consentir.

Elle trouve mauvais que vous sortiez souvent ; c'est-à-dire, ello n'approuve pas que, etc.

Votre mère trouve bon que vous achetiez des livres ; c'est-à-dire approuve, consent que, etc.

Mais dans un autre sens, on dira avec M.

Lemaitre : Je trouve bonne l'action que vous trouvez maut7at5e.— -Bouhours.

Trouver (se mal), se trouver mal. Se mal trouver ne se dit qu'aux temps composés^ et il marque un mauvais succès dans une afikire. // s^est mal trouvé de n^avoir pas suivi vos conseils*

Se trouver mal, c'est ressentir une incommodité, tomber en foiblesse. Je me suis trouvé mal ce matin^

Un, Peut-on dire : Hégésiochus fut un de ceux qui travailla le plus efficacement à la ruine de sa pairie 9

Restant tâche de justifier cette phrase et plusieurs autres semblables, parce que, selon lui, un suivi d'un nom ou d'un pronom pluriel, est tantôt pris dans un sens distinctif, et tantôt dans un sens numératif.

Un est distinctif, dit^il, quand il exclut toute idée d* égalité, ou que la chose qu'il exprime est mise au-dessus ou au-dessous de toutes les autres ; et cette distinction est marquée par un superlatif; alors l'adjectif ou le relatif qui est après, doit être au singulier, parce que c'est un qui en est le substantif ou Pantécédent, et non pas le nom ou pronom pluriel au génitif, comme quand on dit: C^est un des hommes de la cour le mieux fait. Ctésias est un des premiers qui ait exécuté cette entreprise.

Par cette dernière phrase, selon Restant, on entend non-seulement que personne n'avoit

exécuté l'entreprise, avant Ctésias» mais encore qu'il Ta exécutée avant tous les autres, et qu'il leur en a donné l'exemple.

Il semble que, pour exprimer cette pensée, il est plus naturel et plus clair de dire : Ctésias est celui qui a exécuté le premier cette entreprise.

Hégésiochus fut celui qui travailla le plus efficacement â la ruine de sa patrie»

Qefut la chose qui contribua davantage d les lier étroitement avec elle»

Dans cette dernière phrase, comme le rapporte Restant, il n'y a point de superlatif : Da^^ vantage n'est pas un superlatif, c'est un comparatif*

En un mot, dans les phrases rapportées par Restaut, des premiers de ceux^ sont au pluriel ; donc en bonne grammaire comme en bonne logique, les relatifs qui s'y rapportent, qui en déterminent la signification, et sans lesquels ces mots ne formeroient pas de sens, doivent être an pluriel.

Si l'on suivpit la distinction de Restaut, il y auroit souvent équivoque, même pour ceux qui connoitrolent cette distinction. Par exemple, que j'entende dire : C* est une des plus belles éditions que j* aie vue ou vues. Comme je ne saurois distinguer à la prononciation, si celui qui parle dit vue ou vues, je ne puis pas non plus distinguer s'il veut dire que cette édition est la plus belle qu'il ait vue, ou si elle est seulement au nombre des plus belles.

On sera dans le même embarras pour les phrases suivantes : C^est une des meilleures

pièces qu'il ait composée ou composées. Une des plus belles actions qu^ilait faite, ou faiteiu Un d§is meilleurs mots quHlait dit, ou dits, etc.

M. Roussel de Bréville pense que l'on doit écrire au singulier : C^est une des choses çict a le plus contribué à mon bonheur. Pourquoi ?

c'est que le plus , la plus^ signes de comparaison, se trouvent joints aux verbes ; et la constraction pleine sera : c^est la chose de toutes celles qui a le plus contribué à mon bonheur.

On doit, en parlant comme en écrivant, éviter toute ambiguité* Or, on ne peut bien connoitre le sens de ces sortes de phrases, si l'on ignore la distinction imaginée on rapportée par Restaut* Dans un grand nombre de ces phrases, il y aura encore équivoque, même pour ceux qui connoîtront cette distinction. Nous devons d'ailleurs exprimer notre pensée d'une façon claire et qui ne laisse point d*équivoque,«— Wailly.

Un* Quelques auteurs mettent ce mot avant le nom propre de quelques individus qu'ils yenlent louer ou signaler, et disent i Un Delille, un de S t. "Pierre ; c'est une faute. Un se prend indéfiniment : un homme^ et ce n'est pas ce qu^ils prétendent faire: ou bien on s^en sert pour exprimer une comparaison, et l'on dit : Un Ctcérony pour un homme éloquent comme Cicéron; mais on ne peut l'appliquer à l'individu dont on parle sans le comparer. Ce substantif numéral désigne un être entre plusieurs semblables ; or il n'y a qu'un Delille, qu'un de St.-Pierre, etc.

Vais (je), je vas. Tous ceux qui savent éqrire et qui ont étudié» disent : je rot*, et disent fort bien, selon la grammaire qui conjugue ainsi ce verbe : je vais, tu vas^ il va. Car, lorsque chaque personne est différente de l'autre,' en matière de conjugaison, c'est la richesse et la beauté de la langue, parce qu'il y a moins d'équivoques, dont les langues pauvres abondent.— Y a u os l A s .

Clément appuie le sentiment de Vaugelas, comme le seul conforme au Dictionnaire de l'Académie, qui conjugue ainsi le verbe aller .- Jp vais, tu vas, il va.

Voltaire a fait dire à T homme qui cherche à se connoître :

Que 8Dis-je ? où 8ais.Je ? où vais-Je > et d'où suie-je tiré ?

Je vais est le seul qui soit aujourd'hui autorisé par l'usage. Je vas a été rejeté ; et d'une commune voix on a condamné je vas, —

Académie.

Valet, Serviteur. En terme de civilité et de compliment, on dit : Je suis votre servie leur. Je suis votre valet, ne se dit qu'en riant, quand on refuse de faire ou de croire quelque chose.

On dit aussi en ce sens : Je suis votre ser^ viteur, ou simplement, serviteur^^^W AihhY.

Verbes suivis d'un substantif sans ARTICLE. Quand nos verbes régissent un subs<

tantif qui n*a point d'article, ils doivent être suivis immédiatement de ce substantif, comoae si Tun et l'autre ne composoient qu'un seul mot: avoir faim^ avoir chaud, etc. Donner avis, donner quittance^ se donner carrière, etc^ Prendre garde ^ prendre jour, etc. Faire grâce, faire face, etc.

Jamais ces verbes ne souffrent la transposition de leur rég^ime ; et l'on ne peut jamais rien mettre entre le verbe et le régime, si ce n'eâ un pronom, donnez^moi parole ; ou une . particule, ayez en pitié ; ou enfin un adverbe, do»* nez hardiment parole.

Je ne crois donc pas qu'on puisse excuser la transposition de Racine :

J>e mille autres secrets j'anreis compte à vous rendre;

Il faut nécessairement : J^aurois à vous rendre compte, — D'Olivet.

Un verbe actif ne peut avoir deux régimes simples, ainsi il y a une faute dans ce vers de Racine:

Ne TOUS informez point ce que je deviendrai.

Parce que vous et ce sont régimes simples :

il falloit : Ne vous informez point de ce que je deviendrai, ce qui auroit rompu la mesure du vers. Si Racine avoit mis : Ne me demandez point ce que je deviendrai, sa phrase eût été correcte, parce que me est ici pour à moi, régime composé. — D'Olivet.

Yerbe passif. Le verbe passif a pour régime de ou par.

n« A»n*^i#^;o de quand le verbe exprime une

^«tioii à kqueUe' le corps n*a point dé part; comme dans les premiers exemples. Et Ton met ordinairement par^ quand le verbe exprime une aetîcm. du eorps> ou à laquelle le corps et Pâme ont part.

Votre conduite, sera approuvée d*une cont" mune voix par les personnes sages et éclair rées»

N'employez jamais par avant Dieu. Dites :

Les Juifs ont été punis de Dieu* — Wailly.

Un verbe se met souvent au pluriel, quoiqu'il soit précédé d'un nom au singulier : une infinité de gens pensent ainsi^ et non pense, La* plu« part se laissent emporter par la coutume» et non se laisse; cependant on dit la plupart du monde se laisse tromper. Nous disons encore, nonseulement tous ses honneurs et toutes ses richesses ; mais toute sa vertu yévanouit, et non p^SfS'' évanouirent. — Panceouckc. -

Vers pour envers est une faute» Le premier indique la direction ; le second, l'objet vers lequel on dirige. On le prend pour à t égard de»

Ville (à la), en ville. On dit : Iffonsieur est d la ville ^ pour marquer qu'il n'est pas à la campagne ; et l'on dit : Monsieur est en vilie^ pour marqnei^ qu'il n'est pas au logis.^ —

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