‹ Dictionnaire des doublets; ou, Doubles formes de la langue françaiseChapitre 2 sur 56 · OBSERVATIONS PRÉLIMINAIRES · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS PRÉLIMINAIRES

Avant d'aborder l'étude de ces trois catégories, il convient de faire les réserves suivantes :

1° Pour obtenir un champ d'observation très exactement limité et étudier le sujet sous toutes ses faces, nous écartons : les doublets des noms propres d'hommes ^ ou de villes 2, les doublets de l'ancien français, nous proposant seulement de donner la liste des doublets du français moderne ^.

2"" L'étude des doublets étant la constatation d'une irrégularité, la comparaison avec les doublets des autres langues romanes est ici superflue et stérile : la comparaison sert à découvrir ou à confirmer la persistance d'un phénomène ; est-on plus avancé quand on sait que mâticum donne en français voyage chez le peuple, viatique chez les savants ; en italien viaggio chez le peuple, viâtico chez les savants ; en espagnol viaje et viàtico : quelle loi en peut-on induire? On fera utilement cinq dictionnaires

1. Tels que Jaœhus qui a donné à la fois Jacques Qi Jacob ; Maximinus d'où sont venus Mesmin et Maximin ; Badulphus qui a formé Raoul et Rodolphe, etc.

2. Tels que Colonia qui donne Cologne et Coulange ; Sabiniacum qui devient, suivant les provinces, Savignac, Savigny, Sévigné, etc.

3. Bien que nous ayons réuni, comme on le verra plus loin, un grand nombre de doublets de l'ancien français, nous ne les avons point admis dans le corps du texte, parce qu'il est impossible d'être complet en cette matière dans l'état actuel des études sur le vieux français, et dans l'ignorance oii nous sommes des anciens dialectes de la langue d'oïl.

-socles doublets des cinq langues romanes ; il ne saurait y avoir un dictionnaire comparé des doublets romans.

3° Pour ne point grossir cette liste outre mesure, nous ne citons en général que les radicaux, et nous laissons de côté les dérivés et les composés *.

4* Le présent travail a pour but de donner une liste aussi complète que possible des doublets français, et de montrer en même temps à quelle cause ils doivent naissance. Ce point éclairci, reste à donner la date au moins approximative de l'entrée de chaque doublet dans la langue ; je remets à un autre moment cette œuvre difficile.

5° La présente liste ne comprend que les doublets proprement dits, c'est-à-dire les doubles dérivations d'un même mot. — Quant aux doubles formes telles que « lectionem, leçon — {k)lection, » dans lesquelles le radical, devenu doublet en français, ne reste dans un des membres qu'à l'état de composé ou de dérivé, nous ne les avons point admises. Nous avons également exclu les simples variétés orthographiques telles que lis et lys, sofa et sopha, pacha et hacha, vacant et vaquant, etc. . . Le doublet étant par sa définition la bifurcation d'un mot, on ne peut rapprocher que les mots d'origine identique : volaille (volatilia), poitrail (pectoraculum) , ancêtre (antecessor), bec (beccus), troublant (turbulantem), aumaille (animalia), bétail (bestialia), lumière (luminaria), cor (cornu), alun (alumen), feuille (folia), ne peuvent former de doublet avec volatile (volaiilis) y pectoral (pectorale), antécesseur (antecessorem), bêche (becca), turbulent (turbulentem) , corne (cornua), animal (animal), bestial (bestiale), luminaire (luminare), alumine (aluminis), folio (folio).

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