‹ Dictionnaire des doublets; ou, Doubles formes de la langue françaiseChapitre 5 sur 56 · Grammaire historique de la langue française, p · texte numérisé non relu

Grammaire historique de la langue française, p

2. Aqua a donné en vieux français ève, comme equa donna ive, antiqua, antive : d'où aquarium, évier. Les mots latins (tels qu'aquarium) transportés en français par les savants n'ont aucun intérêt linguistique, et j'ai dû les omettre pour la plupart (par exemple déluge et diluvium, sauge et salvia, etc.); un petit nombre seulement (examen, cancer, factum, papyrus, album, etc.), qui sont entrés définitivement dans notre langue, ont trouvé place ici. — - Notre ancienne langue, qui était

antiphona, antienne-antiphone. cumulus, comble -combre'- eu -

àngelus^ ange-angelus. mul.

apprehéndere^ apprendre-appré- ddctylus, datte-dactyle.

hender. débitum, dette-débit.

alba, aube-album*. décima^ dîme-décime.

basilica, basoche-basilique. décorum, décor-decorum.

canônicus^ chanoine-canonique. diclum^ dit-dicton.

cancer, chancre-cancer. dûctilis^ douille-ductile.

chorus, chœur-chorus. examen, essaim-examen.

clâssicum, glas-classique. explicitus, exploit-explicite.

clavicula, cheville-clavicule. exprimere, épreindre-exprimer.

Xiolligere, cueiliir-coUiger. fdbrica, forge-fabrique.

computus, compte-coraput. factum, fait-factum.

côpula, couple-copule. féria, foire-férie.

côphinus, cofTre-coffin. frâgilis, frêle-fragile.

cucûrbita, gourde ^-cucurbi te. frémere, freindre-frémir.

régulière à l'origine et qui respectait l'accent latin, , donna lieu à un grand nombre de doublets de ce genre : affliger, adultère, albumine, aspic, aride, calomnie, caractère, cellule, cithare, cymbale, dalmatique, débile, déprimer, domestique, épidémie, esprit, extorquer, étymologie, fao-' teur, fistule, glandule, habile, hérétique, hernie, lecteur, lunatique, martyre, maxime, minime, rapide, rustique, symphonie, utile, véronique, etc., étaient en vieux français : afflire (affligere), avoutre (adûlter), aubun (albumen), aspe (âspis), are (âridus), chalenge (calûmnia), caraus (charâcter), ciaule (céllula), cidre (cithara), cymble (cymbalum), daumique (dalmâtica), dieble (débilis), depreinre (deprîmere), domesche (domésticus), ypidème (épidémia), espir (spîritus), estordre (estôrquere), étymologe (étymolôgia), faitre (factorem), fesle (fîstula), glandre (glândula), liable (hâbilis, dans Ducange V habilius), erège (heréticus), hargne (hérnia), litre (léctor), lunage (lunâticus), martre (martyr), mesme (mâxima), merrtie (mînima), rade (râpidus), ruste (rûsticus), chifoine (symphônia), utle (ûtilis), veroine (verônica), etc.... Beaucoup de ces mots n'ont point coexisté dans la langue ; mais nous les citons pour opposer l'une à l'autre les formes spontanées et les formes savantes.

1. Aube ot album ne sont point un doublet véritable, l'un dérivant d'album, l'autre d'alba : on peut cependant les considérer comme tels, puisqu'ils ne diffèrent que par la finale ; au contraire pâtre et jMisteur ne peuvent former un doublet ; dans chacun d'eux, la place de l'accent est différente : l'un vient de pastérem, l'autre de paitor.

2. Par la chute du c médian : cu{c)urbita, comme le prouve le vieux français gouourde.

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