‹ Dictionnaire des drogues simples et composées, ou dictionnaire d'histoire naturelle médicale, de pharmacologie et de chimie pharmaceutique (volume 2)Chapitre 28 sur 107 · STYRAX · texte numérisé non relu

STYRAX

turages de la province des Mines , où les liabitans le nomment Quinado Campo ; son écorce est en morceaux ou fragmens irréguliers, demi-roulés, d’une longueur variable, d’environ 2 à 3 lignes d’épaisseur, d’une texture comme subéreuse extérieurement, plus dure à l’intérieur , d’une couleur jaune d’ocre, plus foncée à l’extérieur. Cette écorce n’a point d’odeur , mais elle a une saveur excessivement amère , sans mélange d’âcreté ni d’astringence. Toutes les autres parties de la plante ont aussi une saveur amère , à l’exception de la pulpe des fruits , que les enfans mangent avec plaisir et sans leur causer de mal. Les médecins du Brésil emploient cette écorce dans les fièvres périodiques , à peu près aux mêmes doses que le quinquina. Ces effets ont été confirmés par quelques essais tentés en France par M. Guilbert. M. Ségalas a aussi constaté , par des expériences sur les animaux , que cette écorce ne produisait aucun accident fâcheux. Dans les Mémoires du Muséum d’Ilistoire naturelle, M. Vauquelin a publié une analyse de l’écorce de Stryclinos pseudoquina , dont le principal résultat est l’absence de la strychnine et de l’acide igasurique , principes actifs des autres plantes de , la famille des Strychnées. Voici les substances qui composent celte écorce : i°. une matière amère en grande quantité, et dans laquelle réside probablement la vertu fébrifuge ; 20. une substance résineuse particulière ; 3°. une matière gommeuse colorée et unie à un principe animalisé qui modifie ses propriétés physiques ; 4°- un acide particulier, ayant de l’analogie avec l’acide gallique.

Enfin, M. Cailliaud a trouvé, dans la Haute-Égypte, un arbrisseau qui est une espèce de Slrychnos ( S. innocua , Delile), et dont le fruit, de la forme d’une petite orange, quoique sans usage , est connu pour n’ètre point malfaisant. Il n’est pas amer , et jusqu’ici on n’a trouvé d’espèces vénéneuses de Strychnos, que parmi celles qui sont amères.

STYRAX LIQUIDE. La substance connue sous ce nom dans le commerce de la droguerie est un mélange excessivement

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impur de diverses matières , mais qui a pour excipient un liquide brun très épais , d’une odeur suave d’acide benzoïque, et provenant, soit de la plante qui fournit le slorax, soit de celle qui donne le liquidant bar. V . ces mots.

Il y a lieu de croire que les fabricans de styrax liquide du commerce se servent tout-à-la-fois du liquidambar sirupeux et noirâtre d’Ame'rique, ainsi que du vrai styrax liquide , probablement obtenu par décoction des branches du liquidambar oriental, et qu’ils y ajoutent de la terre , de l’huile de noix , du vin , et surtout une grande quantité d’eau. Ces impuretés varient , quant à leur quantité et à leur nature plus ou moins vile , selon la cupidité des sophisticateurs. On doit choisir celui qui en laisse le moins,

1 et qui a rôdeur balsamique la plus forte et la plus franche.

Ordinairement le styrax liquide du commerce a la consistance - du miel , une couleur grise foncée , une odeur forte et une a saveur aromatique. Il offre quelquefois à sa surface une efflorescence d’acide benzoïque ; il se dissout, sauf les impuet retés, dans l’alcool , mais mieux à chaud qu’à froid ; la liqueur alcoolique laisse précipiter , en se refroidissant , une substance cireuse , et par l’évaporation une sorte de résine : ct enfin , elle donne des cristaux d’acide benzoïque.

Le styrax liquide entre dans la composition de quelques (K emplâtres, et notamment dans celui de Yigo avec le mercure. » (G... N.)

ant STYRAX SOLIDE. V. Storax.

SUBER. V. Liège.

ffl SUBÉRINE. On a donné ce nom à une substance particulière U, qui fait la plus grande partie de l’écorce extérieure du Quercus Su ber, et probablement de l’épiderme des autres plantes, jnt M. Chevreul est le premier qui ait séparé de la subérine les ■né’ différentes substances qui l’accompagnaient, au moyen de if* l’eau et de l’alcool, en se servant d’un appareil distillatoirc particulier.

La subérine pure est très légère, molle, élastique, d’une „1(ot texture spongieuse, d’une couleur rougeâtre ; soumise à l’ac-

lion de la chaleur , elle se décompose en donnant naissance , i°. à des gaz; 2°. à un peu d’eau très acide; 3°. à de l’huile incolore acide; 4°- à de l’huile jaune acide; 5°. à de l’huile brune ; 6°. à une petite quantité d’ammoniaque ; 70. à une matière particulière qui se sublime en partie dans le col de la cornue, en partie dans le produit liquide; enfin, les o,25 d’un charbon très combustible, ioo parties de subérine traitées par 6oo parties d’acide nitrique à 32° de Baume' , soumettant à la distillation et coliobant, ont fourni i partie d’une matière blanche et brillante insoluble dans l’alcool; io parties de résine retenant de l’acide nitrique, et qui est insoluble dans l’eau, soluble dans l’alcool bouillant ; 22,4 P* d’acide subérique ; 7,6 p. d’acide oxalique cristallisé ; de plus, de l’ammoniaque et du principe amer. ( V . les Ann. de Cliim., t. XCVI, p. i55. ) On 11e se sert pas, en Médecine, de ce produit. (A. C.)

SUBLIMATION. Opération qui consiste à faire volatiliser des matières sèches et solides , et à les condenser dans la partie supérieure de l’appareil. (A. C.)

SUBLIMATOIRE. Qui sert à la sublimation.

SUBLIMÉ. On a donné autrefois le nom de sublimé aux produits que l’on obtient par sublimation ; ainsi, on appelait sublimé doux , le proto-chlorure de mercure; sublimé corrosif, le deuto-chlorure du même métal. Ces dénominations sont tombées en désuétude. (A. C.)

SUCS MÉDICINAUX. On donne ce nom à la partie liquide des végétaux ou de leurs organes , obtenue à l’aide de l’expression , et à laquelle on a fait subir quelques autres opérations, dans le but de rendre cette liqueur plus propre à combattre les maladies, ou aux usages auxquels on la destine.

L’origine de ces médicamens et la manière de les obtenir datent d’une époque fort ancienne ; l’empereur Cliin-Noug, Hippocrate , Galien , Dioscoride , et beaucoup d’autres savans médecins de l’antiquité, en ont parlé dans leurs écrits.

Formation des sucs dans les végétaux. Les plantes vivent aux dépens des milieux qu’elles habitent ; fixées dans le sein

SUCS MÉDICINAUX. fo

de la terre par leurs racines, elles pompent , par les suçoirs ou spongioles de leurs extrémités , l’eau , les sels et les autres corps qui leur sont propres; et au moyen du grand nombre de pores répandus sur toutes leurs surfaces exposées à l’air, elles aspirent les élémens contenus dans ce fluide. Ces principes , élaborés par l’acte de la végétation , sont ensuite transformés en sève, et sécrétés dans les vaisseaux propres par leurs membranes. Selon l’espèce de végétal et son organisation , résultent des composés organiques diflerens , propres à leur servir de nourriture, et que nous employons à nos besoins.

Classification des sucs. Suivant la nature des combinaisons produites par l’acte de la végétation , les sucs varient dans leur composition, et doivent jouir, par cela même , de propriétés chimiques et médicales diverses. C’est d’après la prédominance des principes les plus actifs qu’ils recèlent , que nous les diviserons en sucs :

i°. Acides. Les sucs de ce genre ont une saveur acide très marquée , d’où dépendent les propriétés qu’ils ont de faire effervescence avec les carbonates alcalins , de neutraliser les oxides minéraux et organiques , de rougir les couleurs bleues végétales , etc. Exemple : sucs de berbéris , cerises , dirons , coqueret ou alkekenge , coings , groseilles , poires , pommes , oranges, oseille, surelle acide, verjus, etc. Ils sont presque tous officinaux.

1°. Alcalines. Les propriétés énergiques que ces sucs exercent sur nos organes sont dues à un alcali organique qu’ils contiennent? Exemple : sucs de belladone , ciguë, jusquiame , m or elle , nicoliane, pavot, stramoine, etc. Us sont tous transformés en extrait, et prescrits dans cet état.

3?. Amarinés. Les divers principes amers exercent sur l’économie animale une action qui les rend précieux dans un grand nombre de circonstances. Comme ces principes varient parleurs propriétés médicales , nous distinguerons les sucs de ce genre en deux ordres.

i . Sucs amarinés ioniques. Exemple : sucs de petilé cën- Tome V A

5o sucs médicinaux.

laurèf., chardon bénit, chicorée, fume terre , ményanlhè , pissenlit, saponaire , scabieuse , etc.

2. Sucs amarinés cathartiques. Exemple : sucs de bryone , globulaire-lurbith , hyeble, nerprun, etc.

4°- Tanninés. Les sucs de ce genre , bien que légèrement amers, diffèrent essentiellement des derniers par la propriété qu’ils ont de précipiter les sels de fer en bleu foncé ou en vert ; de former des combinaisons peu solubles avec la gélatine , l’albumine et quelques principes amers , etc. Ils se rapprochent beaucoup plus des sucs acides, soit à cause de l’acide gallique qu’ils recèlent en quantité, soit au resserrement analogue, mais plus intense, qu’ils déterminent dans les fibres des tissus vivaces. Exemple : sucs d’hypocisle , de Rhus loxicodtndron , de R. radicans , etc.

5°. Aromatiques. Us sont caractérisés par la présence d’un corps odorant qui leur donne les propriétés excitantes et diurétiques qu’on leur a reconnues. En raison de la nature bien tranchée de leur arôme , on peut les diviser en deux ordres.

1 . Sucs aromatiques proprement dits. Tels sont ceux cl ’ache, de cerfeuil , de fenouil, de menthe , de persil, etc.

2. Sucs aromatiques acres. Ce sont ceux d’ail , de co— cliléaria , cresson, oignon , etc. Ils ne doivent point subir l’action de la chaleur, qui les dénature.

6°. Résineux. Les sucs de ce genre doivent leurs propriétés à la résine qu'ils tiennent en solution. Exemple : sucs d’élalérium, de graliole , etc.

n°. Sucrés. C’est à la présence et à la prédominance du principe sucré qu’ils recèlent, que ces sucs doivent leurs vertus et la propriété qu’ils possèdent de subir la fermentation alcoolique. Exemple : sucs de betteraves , de canne à sucre , de tronc d’érables , de liges de mais et de sorgho , de raisins , etc.

8°. Salines. Ceux-ci doivent à l’abondance d’un ou plusieurs sels , les propriétés médicales qu’on leur a reconnues. Exemple : sucs de bourrache ( le sel de nitre paraît être celui de ses constituâtes dont l’action sur nos organes est le plus

SUCS MÉDICINAUX. 5i

marquée) , de pariétaire ( idem ) , de joubarbe ( malate acide de chaux), etc.

On pourrait être tenté de diviser cette dernière en deux ordres , savoir , en sucs salinés proprement dits et en salinés mucilagineux ; mais comme la quantité de mucilage varie dans les sucs des végétaux de cette classe suivant le terrain, la saison , l’époque de la végétation , etc. ; que leur viscosité n’est le plus souvent due qu’à de l’albumine et à quelques autres corps; que tous les sucs mucilagineux ne le sont pas toutes les années, même pendant les diverses périodes de leur végétation , comme cela a lieu pour celui de bourrache , celte distinction est inutile.

Récolte des substances végétales destinées a l’extraction des sucs. Pour récolter avec soin les végétaux et leurs parties , il importe essentiellement d’avoir égard : i°. au climat naturel ; 2°. au terrain et à l’exposition où ils se plaisent; 3°. à la saison dans laquelle ils fleurissent ou fructifient naturellement; 4°. à leur âge ou aux diverses périodes de leur végétation ; 5°. à l’état sauvage ou de culture ; et 6°. à l’emploi auquel on destine leurs sucs.

1 . Racines. On doit récolter , à la dernière période de la végétation , les racines de betterave, de bryone, et celles de carotte, à l’époque de la floraison, parce que les premières et les dernières seront alors plus sucrées, et les secondes plus amères.

2. Tiges. Les tiges de maïs contiennent beaucoup plus de sucre , ainsi que celles du saccharum offtcinarum , après la fécondation , qu’avant , ce qui indique en quel temps on doit s’en servir.

3. Plantes herbacées . Si le besoin l’exige , on peut en faire la récolte en tout temps , pourvu qu’on les choisisse pourvues de toutes les qualités physiques nécessaires ; dans le cas contraire, on récoltera la bourrache à la floraison de juillet ; la pensée sauvage, à la floraison; le cresson et la saponaire, également ; les orties griècbe et brûlante, à la fructification.

4- Feuilles. La récolté des feuilles doit se faire depuis la floraison jusqu’à la fructification , et l’on doit préférer les feuilles caulinaires et raméales , lorsque la plante en est pourvue, aux feuilles radicales , qui sont plus aqueuses , moins sapides et odorautes.

5. Fleurs. Les roses rouges seront cueillies avant leur épanouissement , de même que celles de millepertuis , si l’on voulait en exprimer le suc , parce que les premières en donneraient un plus astringent, et les secondes un autre plus résineux qu’après leur développement complet ; mais les roses pâles , le nymphéa blanc et le nénuphar jaune , ainsi que le plus grand nombre des autres fleurs , ont plus de vertu après leur entier épanouissement qu’avant.

6. Fruits. Si l’on recherche dans leurs sucs les principes amers, sucrés, colorans et aromatiques , on doit les cueillir lorsqu’ils sont complètement mûrs ; si c’est l’acidité , la meilleure époque d’en faire la récolte est de les prendre un peu avant leur maturité.

Extraction des sucs. Connaissant le temps où les végétaux sont doués de leur plus grande énergie , il convient de leur faire subir quelques opérations préliminaires et indispensables, qui sont :

i°. L’émondation des parties mortes , morcelées , étiolées, etc. ; 20. le lavage; 3°. Yessujrage dans un linge neuf ou rude des fruits à épicarpe cotonneux; 4°- la décortication, ou la séparation de l’écorce de certains fruits , tels que les oranges , citrons, grenades , etc. On doit bien se garder d’enlever celle des pommes , des poires et des coings , qui est très odorante , ni même celle des baies , qui est pourvue de l’odeur et de la partie colorante, car le suc perdrait une grande partie de ses qualités ; 5°. Y égrapage , ou la séparation des rafles du raisin , de l’épine-vinette, du sureau , de l’hyèble, etc. ; 6°. la division.

Celle-ci se pratique selon la texture de la substance. Ainsi : .1°. ou pulpe les mûres, les ronces, les framboises, les fraises, etc. , dans le but d’ouvrir leurs vésicules et de mettre

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tout-à-fait en contact la pellicule odorante et colore'e avec le suc. 2°. On triture légèrement dans un mortier do gaiac , les fruits du nerprun, de l’hyèble, du sureau, du berbéris ; les groseilles , les cerises, les merises, le verjus, etc., sans écraser leurs pépins , noyaux, semences, etc. , qui , âcres pour la plupart , communiqueraient aux sucs des propriétés différentes. 3°. On rdpe entièrement les racines charnues et peu fibreuses intérieurement, telles que les betteraves, carottes, navets, raves, etc. ; et seulement jusqu’aux loges les fruits à sarcocarpe ferme et succulent , comme les poires, les pommes , les coings , etc. Le râpage doit se faire promptement , afin d’exposer le moins de temps possible la pulpe au contact de l’air, qui la brunit promptement et rend le suc qu’on exprime plus coloré. 4°’- On conluse les plus petites racines, les écorces, les feuilles, les fleurs et les plantes entières.

Les plantes et leurs parties soumises aux opérations préliminaires ci-dessus indiquées , ont besoin d’ètre tvaite'es par d’autres opérations, qui sont : la macération , la coction , la fermentation et l’expression.

i°. Macération. On l’emploie pour faciliter la séparation des sucs enveloppés par le mucilage ou la gelée végétale , et pour opérer la dissolution des parties colorantes et aromatiques de l’épicarpe du fruit. Cette opération doit être faite dans un lieu où la température ne soit ni inférieure ni supérieure à 10 ou 12° : on reconnaît qu’elle est terminée quand le suc se sépare de la pulpe ou de la gelée, formée instantanément ou pendant le contact. A cette époque, on divise la matière, si elle est consistante , et on la met égoutter sur des toiles, dans un lieu frais , afin d’empêcher la fermentation de s’y établir.

On soumet à la macération les groseilles, l’épine-vine.tte , les framboises, les mûres, l’hyèble , le nerprun , les cerises, la pulpe des coings, des pommes , des poires , etc. ; ces dernières mises à l’abri ducontact de l’air. Les sucs bruts des fruits gélatineux ou mucilagincux perdent de leur densité par la

macération : tels sont ceux de fraises, framboises, groseilles,

mûres, nerprun, etc.

Cette opération exige l’addition d’une petite quantité d’eau, toutes les fois que les végétaux ne sont pas assez succulens par eux-mêmes , soit naturellement , exemple : le chiendent , le gramen , les labiées ; soit accidentellement , comme cela arrive pour la saponaire et la pensée sauvage en fructification, pour la bourrache cueillie dans des terrains secs et graveleux , pour le narcisse des prés en fleurs, etc. Cette addition d’eau doit se faire au commencement de la contusion des plantes, afin qu’elle se mêle intimement avec le suc ; sans cette précaution , le produit se conserve moins de temps.

?.°. Coction. La coction ne doit être mise en usage que pour les fruits inodores et inaltérables à la chaleur , alors qu’on veut convertir leur suc en extrait ou en sirop. Elle réussit parfaitement pour ceux de nerprun, byèble et sureau. Elle a pour but d’opérer la dissolution de toutes les parties solubles sans en altérer aucune , et d’en transmettre les qualités aux préparations qu’on en fait. On y procède en exposant les fruits écrasés et placés dans un vase d’argent , de porcelaine ou de toute autre matière inattaquable par les sucs , sur un feu vif, jusqu’à ce que la liqueur sortie des loges par la fluidité qu’elle a acquise , recouvre la pulpe et ait jeté quelques bouillons couverts ; on procède alors à sa séparation d’avec la pulpe. Les fruits acides soumis à ce procédé donnent des sucs d’une qualité inférieure.

3°. Fermentation. Nous n’indiquerons ici cette opération que parce qu’elle a été regardée , par plusieurs pharmacologistes , comme très propre à obtenir le suc des fruits; mais nous répéterons qu’elle donne lieu à la décomposition du sucre, du mucilage , de la gelée, et qu’au lieu d’obtenir de vrais sucs médicinaux , on n’a que du vin , du cidre , du poiré, du mauvais vinaigre, etc. , parce que le sucre, le mucilage , la gelée végétale des fruits qu’on y soumet , se transforme en alcool ou en acide acétique.

4°. Expression. Les substances , traitées chacune scion sa

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nature et l’emploi que l’on veut faire de son suc , par les diverses operations indique'es précédemment, ont besoin du secours de l’expression. Toutefois, cela n’est pas nécessaire pour celles qui ont subi , l’une à la suite de l’autre , la pulpation et la macération, la coction et le coulage; leur résidu seulement peut y être soumis , si l’on désire l’épuiser complètement. Il est une classe de fruits, comme les limons, citrons, bigarrades , oranges et semblables, qui ne doivent être qu’exprimés , sans avoir besoin d’aucune autre opération précédente, si ce n’est la décortication.

Chaque végétal ou chacune de ses parties étant préparé comme nous l’avons dit plus haut , on procède à l’expression. Pour cela, on place dans des sacs de toile forte la pulpe des substances , soit seule , soit disposée couche par couche avec de la paille hachée, lavée et séchée; si elle est de nature très'inucilagineuse , gélatineuse ou élastique, on lie l’ouverture de manière à ce qu’aucune des parties solides ne puisse s’échapper ; on place ces sacs à la presse , et Ton exprime graduellement. On doit retourner la pulpe des citrons et autres fruits semblables , lorsqu’on opère en grand, afin d’en retirer tout le suc. Par cette opération , la pulpe se trouve exprimée, et le suc, à cause de son incompressibilité, passe par les mailles du tissu.

L’expression donne lieu à un grand nombre de faits intéressans , qu’il serait trop long de détailler ici ; nous renvoyons, pour plus ample information , au Journal de Chimie médicale, t. iv, p. 134.

Dépuration des sucs. Plusieurs corps de nature insoluble, tels que le parenchyme , la chlorophylle et autres matières colorantes , la fécule amilacée , l’inuline , etc. , troublent la transparence des sucs nouvellement exprimés, et les disposent à s’altérer promptement. Pour obvier à cet inconvénient, et les rendre plus propres aux usages auxquels on veut les faire servir, on les soumet à la dépuration ; celle-ci se fait de plusieurs manières , et elle doit être relative à leur emploi ot à leur nature.

On dépure la plus grande partie des sucs ; quelques-uns cependant sont prescrits quelquefois à l'état impur; tels sont : i°. ceux des Crucifères et de quelques Labiées, qui, dans cet état, ont paru plus actifs; 2°. ceux que l’on concentre en extrait par le procédé de Storck ; 3°. ceux que l’on transforme en ratafia ; et 4”. les sucs que l’on veut conserver par le procédé d’Appert.

Les modes de dépuration sont de deux ordres , mécaniques ou chimiques.

Dépuration des sucs par les moyens mécaniques. La dépuration par le repos , la décantation , le coulage et la filtration, font partie de cet- ordre. ✓

1. Du repos. On dépure, par le repos, les sucs visqueux et très albumineux, tels que ceux de mercuriale , morelle, ortie grièche et piquante , belladone , stramoine , etc. , afin d’en faciliter plus tard la filtration. On peut soumettre à un repos d’une à deux heures les sucs acides; mais cela n’est pas d’une grande rigueur, surtout en été, à moins qu’ils ne proviennent de fruits très mûrs. Les sucs sucrés perdent beaucoup par le repos , et il est très imprudent de les y soumettre , parce qu’ils s’y altèrent très promptement.

Cette opération ne doit servir que pour aider à la dépuration des sucs visqueux par filtration, et la décantation , que l’on emploie pour les séparer de leurs fèces , ne doit être mise en usage que dans le cas où la transptqence parfaite de ces liquides n’est pas rigoureusement nécessaire.

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