‹ Dictionnaire des drogues simples et composées, ou dictionnaire d'histoire naturelle médicale, de pharmacologie et de chimie pharmaceutique (volume 2)Chapitre 34 sur 107 · Tome Y · texte numérisé non relu

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j 46 SULFURES MÉTALLIQUES.

deux de limaille de fer , et la quantité d’eau nécessaire ; à introduire ce mélange dans un ballon , et à élever la température pour déterminer l’action du soufre sur le fer, et la formation d’un sulfure. Cette réaction s’opère avec dégagement de calorique, et donne lieu à une combinaison dont la couleur est noire ; ce sulfure, décomposable par les acides , donne facilement une très grande quantité d’hydrogène sulfuré.

La seule précaution à prendre est de ne préparer ce sulfure qu’au moment même du besoin. Sans cela, il pourrait s’altérer par le contact de l’air.

SULFURE DE MERCURE. La combinaison du soufre avec le mercure donne lieu à deux préparations pharmaceutiques,. La première, connue sous le nom de Sulfure noir de mercure , Èthiops minéral ; la deuxième sous le nom de Cinabre lorsqu’elle est en masse, et sous celui de Vermillon lorsqu’elle est réduite en poudre fine,

Un grand nombre de procédés ont été indiqués pour préparer l’éthiops minéral. Nous donnerons ici ceux qui doivent être suivis de préférence pour obtenir ce produit.

ÉTHIOPS MINÉRAL, Sulfure noir. Le plus ancien et le plus simple des procédés usités pour sa préparation se trouve indiqué dans le nouveau Codex. Il consiste à triturer ensemble dans un mortier de marbre ou dans une chaudière de fonte 80 parties de mercure pur et 160 parties de soufre, jusqu’à ce que le mélange ait acquis une couleur noire due à la formation d’un sulfure métallique. M. Guibourt , dans son travail sur le mercure, a démontré d’une manière positive que le produit connu sous le nom à'Élhiops minéral, proto-sulfure de mercure, est un mélange de métal et de deuto-sulfure de mercure, et qu’il n’existe qu’un seul sulfure de mercure, qui est le cinabre.

Quelques précautions qu’on prenne, quelque temps qu’on mette à préparer ce produit , on n’obtient qu’une combinaison imparfaite, qui, examinée au microscope, laisse apercevoir des globules métalliques. On peut obtenir l’éthiops en faisant passer dans une solution d’un proto-sel acide de mercure de

l’acide hydro-sulfurique préparé' de cette manière; on peut aussi, par expression, en séparer une partie du métal. Quelquefois on modifie le premier de ces procédés en se servant de la chaleur pour obtenir cette préparation. Alors on fait tomber dans une chaudière de fer contenant du soufre fondu , du mercure qu’on a divisé en le faisant passer à travers les poTes cl’une peau de chamois préparée ; on agite au moyen d’une spatule en fer, pour faciliter la combinaison du soufre et du métal. Lorsque la masse est bien homogène dans toutes ses parties, on la retire du feu, et on la coule sur un marbre. Cette masse, qui est d’un gris-noirâtre, est ensuite réduite en poudre, et conservée dans un flacon bouché. Sa couleur, qui est grise d’abord , passe au noir au bout de quelque temps. L’étliiops préparé par le premier procédé ( la trituration seulement , sans l’aide de la chaleur) , est administré préférablement à ce dernier. : 1

Deux autres procédés ont été indiqués pour la préparation de ce médicament. L’un , publié par M. Destouches , pharmacien , dans le premier numéro du Bulletin de Pharmacie , a l’avantage de donner constamment et promptement un éthiops d’un beau ricin Ce procédé Consiste à mêler ensemble 5o part, de mercure et 5o parties de fleurs de soufre dans un mortier de marbre avec un pilon de bois } à humecter ce mélange avec une solution formée de io parties de sulfure de potasse dissous dans pareille quantité d’eau, à le triturer avec cette solution jusqu’à ce qu’il ait passé de là couleur grise au noir foncé ; enfln à laver ce précipité avec de l’eau pour enlever les matières solubles , et à dessécher la poudre à une douce température , à la diviser pour la rendre homogène dans toutes ses parties.

Le sècond pi’océdé , plus Compliqué que celui de M. Destouches , est dû à M. Taddei. Cet auteur propose de réduire le mercure en Sulfate , de laver ce sel par l’eau froidè , de le mêler avec parties égales de soufre sublimé, et de triturer ensuite ce mélange avec une solution de sulfure de potasse jusqu’à ce que le tout ait acquis une belle couleur noire ; alors de le jeter

io..

sur un filtre, de lavera grande eau, de faire e'goulter , de desse'cher lentement, de réduire en poudre, et d’enfermer dans un flacon de verre bien bouclié>

On falsifie quelquefois l’éthiops minéral ; mais il est facile de reconnaître cette fraude en le chauffant sur un vase rougi au feu ou sur des charbons ardens. Ce médicament, s’il est pur, ne doit pas laisser de résidu ; s’il est mêlé avec des substances étrangères, elles restent dans le vase sublimatoire. On peut apprécier leur poids et leur nature par l’examen chimique qu’on leur fait subir. (A. C.)

SULFURE ROUGE DE MERCURE, Cinabre. Ce sulfure, selon l’opinion de M. Guibourt, est la seule combinaison du mercure avec le soufre. Il se prépare en grand , et presque jamais dans les laboratoires. On pourrait cependant, au besoin, l’obtenir de la manière suivante. On fait fondre à l’aide delà chaleur dans une bassine de fer ioo parties de soufre ; lorsqu’il est fondu, on y fait tomber, sous forme de pluie, en se servant d’une peau de chamois , 4»o parties de mercure. On agite pour opérer le mélange. On retire la masse du feu, et lorsqu’elle est refroidie, on l’enlève, on la casse pour l’introduire dans un creuset de terre, placé dans un fourneau, au milieu de charbons ardens. On chauffe , et lorsque la flammé, qui prend plusieurs couleurs , devient d’un beau bleu d’indigo , on recouvre le creuset avec un autre creuset renversé ; on continue de chauffer avec soin pour avoir un même degré de température. Quand la sublimation est terminée , on arrête l’opération , on laisse refroidir l’appareil , on ôte le creuset qui est à la partie supérieure et qui contient le cinabre ; on le casse pour obtenir la masse sublimée , et si ce produit n’est pas d’une belle couleur, on le sublime de nouveau pour lui faire acquérir une belle couleur rouge , qui se développe par la trituration (i).

Le procédé suivant, publié par M. Kirchoff, est simple , et nous a très bien réussi. On mêle et l’on triture ensemble dans

(i) Il est probable que l’on pourrait obtenir le sulfure en poudre, en agissant comme pour obtenir le mercure doux pre’paré à la vapeur.

une capsule de porcelaine, avec un pilon en verre, 3oo pari, de mercure métallique, 68 parties de soufre humecté avec une petite quantité de solution de potasse; on ajoute ensuite au mélange 160 parties de potasse dissoute dans une pareille quantité d’eau. On expose le vaisseau qui contient ce mélange à une douce chaleur , et Ton continue la trituration pendant deux heures, tout en ajoutant de l’eau pour que le mélange soit toujours recouvert de ce liquide de la hauteur de 2 pouces- La masse passe successivement du gris au noir, au brun, enfin au rouge , couleur qui devient de plus en plus brillante. On arrête alors l’action de la chaleur, qui, plus long- temps continuée , donnerait lieu à une altération de la couleur qui serait ramenée du rouge au brun sale. On jette le précipité sur un filtre, on le lave, et on le fait sécher pour l’enfermer convenablement.

M. le comte deMussin Pushkin, d’après l’examen de ce procédé , a proposé , pour prévenir le changement de couleur , de retirer le mélange du feu lorsqu’il a acquis une couleur rouge , de le porter dans une étuve , où , à une douce chaleur, et en le remuant de temps en temps , il prend la belle couleur rouge qu’on lui désire. Le même auteur a remarqué qu’en chauffant fortement ce cinabre, il devenait brun, passait ensuite au violet ; mais que, retiré du feu, il prenait une belle couleur rouge de vermillon , qu’il conservait ensuite.

On mêle souvent au cinabre réduit en poudre ( vermillon ) des substances minérales fixes d’un prix moins élevé ; et c’est à cette fraude que doit être attribué le prix plus élevé du cinabre en morceaux, comparativement à celui du cinabre en poudre. Cette fraude est cependant facile à reconnaître. Le sulfure de mercure étant volatil, les substances qui ont servi à l’altérer restent dans le vase où l’on opère la sublimation ; il est alors très aisé d’en déterminer la nature et la quantité.

SULFURE D’IODE. Avant de terminer notre article sur les sulfures , nous croyons devoir parler ici du sulfure d’iode qui depuis quelque temps est demandé dans les officines, sous les

,5o SUIÎIAC DES CORROYEURS.

noms de sulfure d'iode et à' io dure de soufre. Ce produit s’obtient de la manière suivante : on fait fondre dans un tube de yerre à une douce chaleur un mélange de soufre et d’iode , ayant soin de chauffer suffisamment pour qu’il y ait fusion.

L’iodure de soufre se prépare en faisant fondre ensemble , dans une fiole à médecine, i parties de soufre et i5 parties d’iode , laissant refroidir , cassant le vase pour obtenir le produit fondu qui est d’un noir grisâtre, d’une structure rayonnée. Ce produit, à une chaleur peu élevée, laisse dégager de l’iode. ' (A. C.)

SULFUREUX. V. Acide sulfureux.

SULFURIQUE. V. Acide sulfurique.

SUMAC DES CORROYEURS. Rhus coriaria , L. (Famille des Térébinthacées. Pentandrie Trigynie, L.) Arbrisseau indigène de toute la région méditerranéenne , principalement de l’Orient et de l’Espagne. Son tronc, élevé de io à 12 pieds, se divise en plusieurs branches irrégulières ; son bois est tendre, revêtu d’une écorce qui, surtout dans la jeunesse de l’arbre, est couverte d’un duvet roussâtre. Ses feuilles sont imparipinnées , à i5 ou 17 folioles ovales , sessiles, velues en dessus, bordées de dents obtuses. Aux fleurs , qui sont d’un blanc jaunâtre , succèdent des baies disposées en grappe composée, couvertes d’un duvet roussâtre.

Toutes les parties de cette plante sont éminemment astringentes, qualité qu’elles doivent à la grande quantité de tannin et d’acide gallique qu’elles renferment. Les écorces et les jeunes pousses de l’année , réduites en poudre grossière , sont employées pour tanner les peaux , et sous ce rapport , on fait un commerce assez important de cette drogue. Malgré l’énergie de ses propriétés , on n’en fait pas beaucoup d’usage dans la Thérapeutique, parce que les aslringens et les autres toniques végétaux ne manquent pas aux médecihs , qui ont quelques raisons de regarder comme suspectes les plantes du genre Rhus. Les baies du sumac sont aussi acides et astringentes ; les Orientaux les emploient dans la cuisine pour assaisonner leurs viandes. (G... N.)

SUMAC VÉNÉNEUX. i5t

SUMAC DES TEIN TURIERS. Ou désigne quelquefois sous ce nom , dans le commerce, le redoul ( Conaria myrti folia, L.), arbrisseau indigène des contrées méridionales de l'Europe, et qui jouit de propriétés fort astringentes. C’est avec les feuilles de cet arbrisseau que l’on falsifie le séné. V. les articles Coriaria et Séné. (G...n.)

SUMAC VÉNÉNEUX. Rhus Toxicodendron et Rlius radicans, L. — Ricli. , Bot. méd. , t. Il , p. 5g4- ( Famille des Térébinthacées. Pentandrie Trigynie, L.) C’est un arbrisseau indigène de l’Amérique septentrionale, et que l’on cultive facilement en plein air, dans les jardins de l’Europe. Sa racine est ligneuse, traçante ; ses rameaux faibles, armés de petits suçoirs au moyen desquels ils s’attachent aux corps Aroisins. Les feuilles sont alternes, longuement pe'tiolées, à 3 folioles ovales entières, glabres dans la plante que Linné nommait Rhus radïcans, pubescentes dans son Rhus toxicodendron. Les fleurs sont petites, verdâtres, dioïques , disposées en petites grappes axillaires dressées.

Le suc qui suinte des diverses parties , et même les simples émanations gazeuses de cet arbrisseau , occasionent souvent de graves accidens. On a vu des personnes dont la main avait été subitement couverte d’ampoules , pour avoir touché à ses feuilles ; d’autres ont eu le corps marqué de plaques rouges et de pustules , après avoir été exposées aux émanations du Rhus radie ans.

D’après les recherches de Yan-Mons sur la nature et les effets de ces miasmes délétères, il paraîtrait qu’ils ont pour véhicule du gaz hydrogène carboné, dont l’exhalation a lieu pendant la nuit ou à l’ombre.

M. Orfda a déterminé, par de nombreuses expériences, le mode d’action, sur l’économie animale, des feuilles et de l’extrait du Rhus toxicodendron. Il a vu qu’en général ces substances agissent à la manière des poisons âcres, lorsqu’elles ont été introduites dans le canal digestif, et qu’elles exercent une action stupéfiante sur le système nerveux , après qu’elles ont été portées dans le torrent de la circulation. Ces qualités

a 5a SUPPOSITOIRES.

vénéneuses n’ont pourtant pas empêché plusieurs médecins recommandables d’employer les feuilles et l’extrait de Rhus toxicodendron à l’intérieur, contre les dartres invétérées , l’épilepsie et d’autres affections du système nerveux. La dose de l’extrait est de i5 à 20 grains, répétée deux à trois fois dans la journée, et ensuite graduellement augmentée jusqu’à 1 ou même 2 gros chaque fois.

Le docteur Brera a recommandé le Rhus radie ans contre la paralysie. Il a donné la formule suivante des pilules dont le médicament est la base : Rhus radicans en poudre, 1 grain; réglisse en poudre , 1 gros ; rob de sureau , quantité suffi-?santé pour quatorze pilules dont on donue une toutes les quatre heures. (G... N.)

SUPPOSITOIRES. Médicamens d’une consistance solide analogue à celle des emplâtres; leur forme est celle d’un cône; ils doivent être longs comme le doigt. Les suppositoires sont destinés à être introduits dans l’anus, afin d’exçiter le relâchement et de provoquer les selles. On en prépare d’adoucissans , d’astringens , de caïmans , de purgatifs ; on les prépare avec du beurre de cacao, du savon, du suif, du miel, aux-r quels on incorpore des poudres médicamenteuses , les poudres d’aloès , d’agaric blanc , de coloquinte , de scaminonée , des huiles purgatives, celles d'euphorbe, de croton tiglium (1).

Les suppositoires avec le savon se font en donnant au savon, à l’aide d’un couteau, la forme convenable, c’est-à-dire celle de cône. Ceux avec le beurre de cacao s’obtiennent en faisant fondre cette huile solide , y incorporant la poudre ou huile purgative, coulant ensuite le mélange déjà refroidi , dans des moules de papier fort et collé, placés dans du sable. Enfin , ceux avec le miel s’obtiennent en faisant cuire le miel, en consistance solide et y incorporant les poudres par le battage, de manière à former une masse de consistance convenable.

Quelques auteurs indiquent l’emploi de moules de feivblanc

(1) L’huile d lEuphorbia latllyris entre dans ces suppositoires à la de se de 6 à 8 gouttes.; celle de Croton tiglium J» celle de 1 h 2 gouttes.

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