‹ Dictionnaire des drogues simples et composées, ou dictionnaire d'histoire naturelle médicale, de pharmacologie et de chimie pharmaceutique (volume 2)Chapitre 35 sur 107 · SUREAU · texte numérisé non relu

SUREAU

pour couler les suppositoires ; niais les moules en papier, pouvant être faits de manière à former des suppositoires plus ou moins gros, ils remplacent la série de moules nécessaire.

SUREAU. Sambucus nigra, L. — Ricli. Bot. me'd. , t. I, p. 447- ( Famille des Caprifoliace'es. Pcntandrie Trigynie , L.) Arbrisseau fort commun dans les haies de toute l’Europe , où il fleurit au mois de mai. Ses branches offrent un canal médullaire d’un diamètre fort considérable. Leur écorce est composée extérieurement d’un épiderme qui est d’abord lisse et d’une belle couleur verte , mais qui ensuite devient grisâtre, fendillé et parsemé d’aspérités. Sous cet épiderme est une couche herbacée de tissu cellulaire dont l’odeur est nauséeuse ainsi que toute la partie corticale. Les feuilles du sureau sont opposées, imparipinnées , à folioles ovales, acumine'es , un peu dentées sur les bords , et d’une couleur verte foncée. Les fleurs sont blanches, petites, nombreuses, disposées en corymbes ombelliformes au sommet des branches. Les fruits sont d’abord rouges , puis noirs, arrondis , couronnés au sommet par les lobes du calice persistant , pleins d’un suc jaunerouge, renfermant trois petits noyaux.

Les fleurs de sureau sont d’un usage fréquent dans la Médecine populaire. Elles jaunissent par la dessication, et elles conservent une odeur assez agréable. On les emploie en infusion et à l’intérieur comme excitantes et sudorifiques ; à l’extérieur, comme émollientes , sous forme de cataplasmes et de fomentations. On en prépare une eau distillée qui contient une quantité notable d’ammoniaque. Ces fleurs font partie de plusieurs médicamens composés , tels que le vinaigre antiseptique, le baume tranquille , les espèces anti-laiteuses, etc. Infusées dans les vins blancs ordinaires, elles leur communiquent un arôme qui a quelque rapport avec celui des vins muscats.

La seconde écorce des jeunes rameaux ou la partie corticale munie de son enveloppe herbacée, mais privée d’épiderme, est purgative, et a été préconisée par Boerrhaave et Sydenham,

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contre l’iiydropisie. Gn l’administrait en décoction, à la dose de 2 à 6 gros pour une pinte d’eau.

Les fruits, vulgairement nommés baies de sureau , servent à préparer un extrait ou rob que l’on emploie, comme sudorifique, à la dose de i à 2 gros, et comme pnrgatif,à celle de 4 à 6 gros. Le sue de ces fruits fournit , par la fermentation , une liqueur vineuse en usage chez les peuples des pays septentrionaux. (G. ..N.)

SURELLE ACIDE. Oxalis Acetosella , L. — Ricin Rot. inéd. , t. II, p. 726. (Famille des Ge'raniacées de Jussieu. Oxalidées, Richard et De Candolle. Monadelpliie De'caudrie, L.) C’est une très petite plante herbacée qui abonde dans les lieux ombragés et humides de l’Europe , surtout dans les pays de montagnes. On lui donne vulgairement les noms d 'allcluya , pain de coucou , trèfle aigre, oseille des bûcherons, etc. Sa tige est souterraine , horizontale , renflée d’espace en espace et présentantdes écailles charnues, de l’aisselle desquelles partent les fibres radiccllaires, les feuilles et les fleurs. Les feuilles sont pe'tiolées , composées de trois folioles en cœur renversé , pliées en deux suivant leur longueur, et souvent appliquées l’une contre l’autre par l’effet du phénomène que l’on connaît sous le nom de sommeil des plantes. Les fleurs sont solitaires , au nombre de deux ou trois sur le pédoncule , blanches et régulières. Les fruits sont capsulaires, à cinq angle6 et à autant de loges renfermant un grand nombre de graines.

Les feuilles de la surellè sont d’une agréable acidité; elles servaient autrefois «"préparer un sirop et une conserve qui ne sont plus employés. Dans certains pays où cette plante abonde, on en retire le sel d’oseille ou sur-oxalate de potasse , qu’elle contient en assez grande quantité. (G... N.)

SWIETENIA. Genre de plantes de la famille des Méliacées de Jussieu , Cédrélées de R. Brown , et de la Décandrie Monogynie , L. , dont deux espèces sont remarquables par leurs usages économiques et médicaux. L’une est le Swietenia Mahagoni , qui fournit le bois d’acajou employé dans l’ébénisterie. T'- Acajou ( bois d’ ). L’autre est le Swietenia febrir

SYNANTHÉRÊES. 1 55

f/ga, Roxburgh, Plant, coromand. , t. I, p. l8, tab. 17. C’est un grand arbre qui croît dans les forêts des montagnes de l'Inde orientale. Son écorce est rouge , compacte , fragile , couverte d’un épiderme rude et gris. Elle est très amère , astringente, et employée comme fébrifuge dans l’Inde, où elle remplace le quinquina. Cependant elle ne contient pas de cinchonine. L’extrait que l’on prépare avec cette écorce ressemble beaucoup aü kino. (G...n.)

SYMPHITUM OFFICINALE. V. Consoude.

SYNANTHÉRÉES ou COMPOSÉES. Synanlhereœ , Composites. Les botanistes désignent sousce nom la plus vaste famille du règne végétal. Elle se compose de toutes les plantes dicotylédones à étamines ayant leurs filets insérés sur la corolle , et les anthères réunies en un tube traversé par le style. Lesfleurs, ordinairement petites et nombreuses , sontréunies en tête et forment ce que l’on nomme un capitule, ou mieux une calathide. Elles sont entourées d’itn involucre oupéricline composé de plusieurs pièces qui , dans les divers genres de la famille, sont foliacées ou scarieuses, épineuses ou non épineuses, etc. Le réceptacle ou clinanthe, sur lequel elles reposent est, tantôt nu, tan tôt muni de paillettes. Les corolles sont monopétales, régulières, à cinq divisions , ou irrégulières et en forme de languette dejetée, diversement dentée au sommet. Le style qui traverse le tube formé par les anthères est souvent muni de poils destinés à faire sortir le pollen des loges de celles-ci , à les balayer en quelque sorte pour que l’influence du pollen puisse s’exercer sur le stigmate; aussi M. H. Cassini, à qui l’on doit d’importans travaux sur la famille des Synanlhérées , donne-til à ces appendices du style le nom de poils collecteurs ou balayeurs. Le fruit est un akène renfermant une seule graine dressée, et couronnée à son sommet par une aigrette de poils simples ou plumeaux ; quelquefois cet akène est nu à son sommet. L’aigrette n’est autre chose que le limbe calicinal qui se développe extraordinairement après la floraison ; conséquemment le calice est toujours adhérent à l’ovaire.

Les modifications extrêmement nombreuses que l’on observe

iS6 SYNANTBÉRÉES.

dahs l'organisation des fleurs de Synantliérées , ont facilité la distribution du nombre immense des plantes dont cette famille se compose , en un nombre aussi fort grand de genres qui, de même que dans les autres familles très naturelles, sont bien faiblement caractérisés. Ces genres ont ensuite été groupés en plusieurs tribus qui pourraient être considérées comme autant de petites familles appartenant à une même classe générale caractérisée par la soudure des anthères. Nous avons parlé des travaux de M. H. Cassini sur ces plantes, et peut-être serait-il convenable de mentionner ici les tribus qu’il y a établies, et dont le nombre s’élève à une vingtaine environ; mais nous en sommes détournés par les mêmes considérations qui nous ont empêché d’adopter les subdivisions établies par M. De Candolle dans les Crucifères elles Légumineuses. V . ces mots.

Tournefort partageait les Composées en trois sections, savoir: i°. les Flosculeuses , dont les calathides se composent de fleurons, c’est-à-dire de fleurs à corolle Lnfundibuliforme et régulière; 3°. les Semi— flosculeuses , dont les calathides n’offrent que des demi-fleurons , c’est-à-dire des fleurs à corolle en languette ; 3°. les Radiées, où le centre de la calatliide se compose de fleurons, et la circonférence de demifleurons; ces derniers sont nommés rayons.

La Syngénésie ou la ic)e classe du système sexuel de Linné correspond à la famille des.Synanthérées. V . l’art. Syngénésie, où nous avons indiqué les subdivisions de cette classe.

Dans le cours de ce Dictionnaire , nous avons adopté les trois divisions établies jadis par Vaillant, admises depuis au rang de familles par M. De Jussieu dansson Généra planlarum. Elles portent les noms de Chicoracées , Cinarocéphales et Corymbij'eres . De ces tribus , la première est la seule tellement naturelle qu’il est impossible de la désagréger. Les plantes dont elle se compose offrent entre elles une grande analogie de propriétés médicales , et nous leur avons consacré un article spécial. V . Chicoracées. Quant aux deux autres tribus, ce sont des amalgames de groupes très distincts et aussi bien càracté-

SYNGÉNÉS1E. i%

lises par leurs formes que par leurs vertus. Ainsi, les GmaroceV pliales comprennent, non-seulement les Carduace'es qui fori ment une tribu assez distincte , mais encore des plantes ayant beaucoup d’affinités avec celles que l’on a placées parmi les Corymbifères. Celles-ci doivent être nécessairement partagées en un grand nombre de petites tribus dont les propriétés t| médicales offrent quelques diversités. Nous citerons comme exemples, les Ariémisiées , qui sont pour la plupart aromatiques ; les Hélianthées , dont les différentes parties contiennent un principe alibile ou des matières féculentes , huileuses, etc. i. .

Considérée dans son ensemble , la famille des Synantliérées a se compose d’une si grande quantité de plantes utiles en Médecine, qu’il serait fastidieux d’en donner ici la liste. C’est j pourquoi nous n’indiquerons , parmi les principaux articles à consulter, que les suivans : Absinthe, Armoise, Arnica, Aünf.e, Bardane, Camomille, Carthame, Centaurée, Chardon 'büjnit, Chicorée, Laitue , Matricaire;, Pissenlit, Semen-cqntra , Ta- I naisie et Tussilage, (Gi-.iy.)

SYNGÉNÉSIE. Linné a donné ce nom à. la 19e classe de son

Î système sexuel. Elle comprend toutes les plantes dont les étamines sont soudées ensemble par leurs anthères, et elle correspond entièrement (1) à la famille des Synantliérées de la

I méthode naturelle. La Syngéuésie se subdivise en plusieurs ordres, savoir : i°. Syngéuésie égale, où tous les fleurons de la calathide sont hermaphrodites ; exemple, la chicorée > le pissenlit, la laitue, etc. ; 2°. Syngéuésie superflue, où les fleurons du centre de la calathide sont hermaphrodites, et, ceux de la circonférence femelles et fertiles , mais en quelque sorte superflus; exemple, l’armoise, l’absinthe; 3 °. Syngéuésie fruslranée , où les fleurons du centre sont hermaphrodites , et

(1) La Syngénésie monogamie, c'est-à-dire l’ordre dans lequel les Heurs pourvues d’ètainines syngénèses ne sont pas rc'unics en un capitule, comme, par exemple, dans les violettes, a c'te' supprimc'c par la plupart des auteurs modernes qui suivent le système de Linné'.

ceux de la circonférence femelles et stériles; exemple, les centaurées, le grand soleil, etc.; \a. Sjngènésie nécessaire , où les fleurons du centre sont mâles ou hermaphrodites j stériles , tandis qu’à la circonférence les fleurons sont femelles et nécessairement fertiles ; exemple , le souci ; 5°. Sjngénésie séparée, où les fleurons, quoique réunis en tête dans un involucre commun , sont néanmoins séparés les uns des autres , et contenus dans un petit involucre particulier; exemple, Y Echinops. (G. ..N.)

SYPHON. V. Siphon, t. IV.

SYRINGA VULGARIS. V. Lilas.

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TABAC. Nicotiana Tabacum, L. — Rich. Bot. inéd. , t. I, p. 297. ( Famille des Solanées. Pentandrie Monogynie, L. ) Plante annuellé, originaire du Nouveau-Monde, d’où elle fut apportée eu Europe dans le seizième siècle. Sa culture s’est ensuite répandue sur toute la surface du globe, mais printipalement dans les régions chaudes et tempérées. La tige du tabac est haute de 2 à 4 pieds , dressée , rameuse , cylindrique, pubescente et visqueuse. Ses feuilles sont alternes, très grandes, ovales, aiguës , rétrécies à leur base, sessiles , pubescentes sur les nervures , légèrement visqueuses , d’un vert foncé en dessus, plus pâles en dessous , longues d’environ 1 pied* larges de 3 à 4 pouces. Les fleurs sont grandes, roses, à corolle infundibuliforme , et disposées en une petite panicule au sommet de la tige et de ses ramifications.

Toutes les parties de cette plante , les feuilles surtout , exhalent une odeur vireuse et désagréable qui , par la dessication, devient très pénétrante. La saveur du tabac ainsi desséché est amère et très âcre ; elle irrite fortement la membrane muqueuse , et détermine une abondante sécrétion de salive. 11 est inutile de nous étendre sur son emploi comme poudre à priser et connue substance à fumer et à mâcher. Ces usages, si vulgaires aujourd’hui , n’étaient, dans L’origine ,

que de pure fantaisie 5 ils sont devenus des besoins pour une infinité de personnes, à un tel point que le monopole de la vente du tabac est un des impôts indirects dont le produit rapporte le plus au Gouvernement. Il résulte de ce monopole, que nous n’avons, en France , qu’un tabac de médiocre qualité; car rien ne stimule les planteurs et les préparateurs comme la concurrence commerciale. Or, eu ce moment, cette concurrence ne pouvant exister , les employés de la régie font leur devoir , et rien de plus. A la vérité , le sol et le climat influent sur les qualités du tabac , de manière à y faire distinguer plusieurs sortes ou variétés , selon les pays où cette plante est cultivée. Ainsi, les tabacs de la Virginie, de la Havane (i), du Ee* 1vaut, etc., ont des qualités fort différentes. D’ailleurs, le Nicotiana Tabacum n’est pas la seule espèce que l’on cultive pour les usages économiques • on fait encore un grand usage : i°. du Nicotiana rusliea , L. , nommé vulgairement tabac femelle et tabac du Mexique. Ses feuilles sont entières , ovales , obtuses, cordiformes, épaisses et glutineuses. Ou croit; que c’est la première espèce que l’on a cultivée en Europe. 2°. Du Nicotiana paniculata, L. , ou tabac d’Asie , tabac de Véritie, qui a des feuilles pétiolées, cordiformes, aiguës, un peu pubescentes et blanchâtres, ,? , r

Nous avons dit plus haut que lé tabac était originaire de l’Amérique. Quand les Espagnols abordèrent au Mexique, ils le trouvèrent en usage parmi les habitans, mais seulement comme un médicament énergique et stupéfiant, dont, les prêtres idolâtres se servaient en certaines circonstances,. lorsque, par exemple, ils voulaient paraître inspirés : à cet effet, ils en respiraient la fumée qui les jetait dans une sorte d’excitation mentale, bien favorable à leurs impostures. De tabac était désigné sons le nom de Petun chez divers peuples

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(i) Selon M. Yirey, on emploie, à Cuba, po.u,r parfumer ,1e tabac , le Piqueria trineruia, petite plante de la famille des Synantliërëes qui croît naturellement dans cette île et dans le IWexiqne. Elle est cultivée au Jardin du Roi , ît Paris. ■ • ■ ;

i6o TABAC.

tle l’Amérique méridionale. Les Espagnols l’ayant observé d’abord près de Tabago , lui donnèrent le nom de ce pays , et ce nom a été conservé ou légèrement modifié dans la plupart des idiomes. Nicot, ambassadeur de France en Portugal, fut le premier qui, vers l’année i56o, apporta du tabac en poudre et en fit présent à Catherine de Médicis, d’où lui est venu le nom de poudre de la Reine , sous lequel il fut long-temps connu. Son usage devint bientôt général , et se répandit chez tous les peuples de la terre. Les Orientaux s’y adonnèrent d’abord avec une telle passion , qu’un Soplii de Perse fit défense de priser du tabac sous peine de mort, ou du moins menaça de faire couper le nez aux priseurs. Un autre souverain ( Jacques I", roi d’Angleterre ) écrivit un ouvrage contré le tabac ; et les foudres du Vatican furent lancées contre les àmateurs de cette poudre. Ces défenses îr’ont abouti qu’à faire rechercher avec encore plus d’ardeur une substance qui , par ellemême , n’offre qu’un attrait , pour ainsi dire, négatif; car ce n’est pas la légère excitation produite par une poudre puante ou par sa fumée qui puisse être un plaisir réel ; c’est une jouissance toute particulière, du genre de celles que créent les habitudes , que l’on ne savoure pas avec délices , mais dont l’impérieux besoin se fait sentir lorsqu’on en est privé.

Considéré comme médicament , le tabac est doué de propriétés énergiques. La poudre est un sternutatoire qui peut avoir quelquefois un emploi avantageux. Il en est de même de sa fumée que l’on administre dans l’asphyxie par submersion, en l’insufflant dans les voies aériennes des noyés , où elle détermine de l’irritation ainsi que la contraction clu diaphragme et tend à rétablir la respiration.

La décoction de tabac, prise à l’intérieur , agit à la manière des poisons narcotico-âcres. On fait usage de cette décoction comme médicament externe, soit en fomentations, soit en lavemens , dans l’apoplexie, le tétanos traumatique et d’autres affections du système nerveux. Mais son emploi, même extérieurement, doit être fait avec prudence, et l’on a plusieurs exemples où cette drogue a produit les plus fâcheux ré-

sultats. Nous nous contenterons de citer celui rapporte' par M. Ânsiaux de Liège (i), d’une jeune dame qui expira aussitôt après avoir pris un lavement fait avec une décoction de 2 onces de tabac à fumer. On doit observer , il est vrai , que le tabac à fumer est beaucoup plus âcre que les feuilles simplement desséchées (2) ; mais nous croyons néanmoins que le tabac contient un principe âcre et stupéfiant, analogue à celui de la straxnoine et d’autres Solanées, que l’on ne saurait employer avec trop de circonspection. V. Stramoine. Pour plus de sécurité , il convient de n’administrer les feuilles de tabac qu’à l’état frais. On 11e craint pas alors que l’herboriste ou le pharmacien leur substitue , par mégarde ou ignorance , celles d’une autre plante ; ces feuilles fraîches 11e paraissent pas d’ailleurs douées d’une activité aussi dangereuse que lorsqu’elles ont subi , pendant la dessication , une sorte de fermentation qui a pu en faire varier les principes constituans.

On a employé avec succès , à l’extérieur , la décoction de tabac dans le traitement local de la gale, et pour détruire la vermine qui pullule dans certaines parties du corps.

Plusieurs analyses du tabac ont été publiées par divers chimistes. Nous ne citerons ici que les résultats de celle qui a été publiée par M. Vauquelm. ( Annales de Chimie , t. LXXI , p. 3g, et Bulletin de Pharmacie , t. I, p. 418. ) Ce célèbre chimiste a opéré sur la variété à larges feuilles du Nicoliana Tabacum , et en a obtenu: i°. une grande quantité d’albumine ; 20. une matière rouge , soluble dans l’alcool et dans l’eau , se boursouflant considérablement lorsqu’on la chauffe , et dont la nature n’est pas bien connue ; 3°. un principe âcre, volatil, incolore , légèrement soluble dans l’eau, très soluble dans l’alcool; 4°- de la résine verte ou chlorophylle ; 5°. de la fibre ligneuse; 6°. de l’acide acétique; 70. du nitrate de po-

(1) V. Journ. de Chim. méd. , janvier 1827, p. a3.

(2) Afin d’exalter les propriétés du tabac à priser ou à fumer, ou mettes feuilles en tas, on les arrose légèrement avec de la mélasse délayée et de l’eau salée; on les remue de temps h autre, pour favoriser la fermentation et le dé veloppement du principe volatil.

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