‹ Dictionnaire des drogues simples et composées, ou dictionnaire d'histoire naturelle médicale, de pharmacologie et de chimie pharmaceutique (volume 2)Chapitre 42 sur 107 · TANNAGE · texte numérisé non relu

TANNAGE

quels ils ont quelque vengeance à exercer. Le fruit de tanguin est une sorte de drupe ovoïde recouverte d’un épiderme luisant, ridée longitudinalement, ayant le péricarpe sec, filamenteux1, et un noyau ligneux très dur, crevassé à la surliice comme celui de l’amandier, mais double ou quelquefois triple en grosseur, et ayant une suture marginale dans le sens de sa longueur par laquelle le noyau opère sa déhiscence. Ce noyau renferme une amande formée de deux lobes distincts , d’une couleur blanchâtre ou légèrement rosée, onctueux au toucher , et d’une saveur d’abord amère et qui devient ensuite piquante. C’est cette amande qui sert aux Madécasses pour la préparation de leur poison, et c’est sur elle que MM. Henry fils et Olivier ont publié, dans le tome X du Journal de Pharmacie , un travail chimique et physiologique, dont nous donnons ici les résultats. Elle se compose : i°. d’une huile fixe, limpide, douce, congelable à io°; 20. d’une matière particulière , cristallisable , neutre, résineuse; 3°. d’un principe brun , visqueux , légèrement acide, amer, incristallisable , verdissant par les acides et blanchissant par les alcalis ; 4°. de gomme , des traces; 5°. d’albumine végétale en grandie quantité; 6°. de chaux et d’oxide de fer, des traces. D’après les expériences de M. Olivier sur plusieurs animaux , c’est dans la matière cristalline que réside l’action délétère du fruit, action qui est analogue à celle des poisons âci’es et excitans ; mais la substance brune a aussi une action narcotique très marquée. La singulière propriété qu’offre cette substance de verdir par les acides, et qui ne se présente que dans la résine de gayac, l’a fait considérer par M. Henry comme un principe immédiat , pour lequel il a proposé le nom de tanguine.

(G..iN.)

TANNAGE. On a donné ce nom à une opération des arts, qui consiste à saturer la gélatine qui existe dans les peaux et les cuirs verls. Le but du tannage est d’obtenir un tanna te de gélatine qui remplit les cellules du tissu et fournit un cuir solide, imperméable à l’eau, jouissant d’une assez grande flexibilité. (A. C.)

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TANNIN (i). On a donné le nom de tannin naturel à un principe particulier qui existe dans les végétaux. Les travaux des chimistes sur ce produit sont nombreux , et ils sont dus à MM. Lewis, Deyeux, Seguin, Proust, Davy, Fiedler, Ricliter , Merat Guillot , Bouillon-Lagrange , Tromsdorff, Dizé, Wahlemberg , Cadet de Gassicourt, Sertuerner, Wutig, Hatchette , Chevreul , Pelletier, Caventou, Berzélius , etc., etc.

Divers procédés pour l’extraction de ce principe ont été décrits par les auteurs. Le premier consiste à verser une solution d’hydro-chlorate d’étain dans une infusion de noix de galles, à recueillir le précipité jaune qui se forme, à le laver, à le délayer dans l’eau, et à faire passer un courant cl’acide hydro-sulfurique dans le mélange. L’acide hyclro-sulfurique précipite l’oxide métallique , et le tannin qui y était uni se dissout dans l’eau. On filtre la solution , on la fait évaporer à siccité ; elle fournit un résidu que Proust ( auteur de ce procédé ) avait regardé comme du tannin pur , mais que plus tard il reconnut pour du tannin combiné à de l’extractif.

Le deuxième procédé, dû à M. Deyeux, consiste à verser une solution saturée de carbonate de potasse dans une infusion de noix de galles concentrée par l’évaporation ; il se précipite une matière d’un blanc jaunâtre, regardée comme du tannin pur ; mais ce précipité, examiné par l’auteur et par Davy, a été reconnu comme une combinaison de tannin, d’acidç gallique et des carbonates de potasse et de chaux.

Le troisième procédé, dû à M. Dizé, est le suivant: on verse, dans une forte infusion de noix de galles, de l’acide sulfurique ou hydro-chlorique. La présence de l’un de ces acides détermine la formation d’un précipité blanc très épais. Ce précipité a été considéré par Proust comme une combinaison de tannin et de l’acide employé. Ce précipité lavé à l’eau froide d’abord, dissous ensuite dans l’eau bouillante, puis additionné d’un sous-carbonate de potasse , lé tannin s’en sé-

(i) Thompson pense que l’on devrait donner h ce produit le nom d 'acide tannique.

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pare ; on le lave et on le fait 9échcr ; ce tannin , d’après l’examen, a été reconnu pour un mélange de tannin, d’acide gallique et d’extractif.

Le quatrième procédé, dû à M. Mérat Guillot, fournit du tannin qui n’est pas pur. Ce procédé consiste à traiter par les acides nitrique ou hydro-chlorique étendus le précipité que produit l’eau de chaux versée dans une solution de noix de galles, recueillant le précipité noir qui se forme dans le liquide et qui est d’un noir brillant.

Le cinquième procédé est dû à M. Bouillon-Lagrange. L’auteur verse dans une infusion de noix de galles de la dissolution de carbonate d’ammoniaque, jusqu’à ce que la liqueur ne se trouble plus. Après avoir séparé par le filtre le précipité produit, on le lave avec de l’eau froide, jusqu’à ce que celleci, après avoir passé sur le précipité, soit incolore. On enlève le précipité, on le met en digestion dans de l’alcool à 0,817 de poids spécifique, jusqrt’à ce que la liqueur alcoolique qui sert à épuiser le précipité ne soit plus acide et ne rougisse plus la teinture de tournesol ; on enlève alors le précipité, oii l’enveloppë dans du papier joseph pour le priver d’humidité sans le faire sécher complètement.

Un sixième procédé, très compliqué, est dû à TromsdorfF: ce procédé est consigné dans l’ouvrage de Tompson, t. IV, p. 226. Il fournit du tannin qui n’agit pas mieux que celui obtenu par le procédé de M. Bouillon-Lagrange.

Depuis ces travaux , le savant chimiste suédois , M. Berzélius, s’est occupé d’expériences sur le tannin de la noix de galles, de l’écorce de chêne, du quinquina, du cachou, de la gomme kino ; il a vu que le tannin de la noix de galles contenait : i°. de l’acide gallique ; 2®. des sels formés parla potasse et la chaux avec ce même acide et avec du tannin ; 3°. du tannin altéré se présentant sous une forme particulière et indiqué comme étant de V extractif ; f. une combinaison insoluble dans l’eau froide et formée de tannin et peut-être d’acide peclique.

Selon M. Berzélius, Annal der Physik und Chimie, 1827,

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n° 6, p. 257 , la préparation du tannin peut être très simple en se servant , pour cette préparation, de réactifs qui sont sans action sur les substances qui accompagnent ce tannin ; les substances reconnues les plus convenables jusqu’à ce jour sont l’acide sulfurique et la potasse.

Yoici les deux procédés indiqués pour obtenir le tannin. Premier procédé. On prend une infusion chaude de noix de galles , on la traite d’abord par une très petite quantité d’acide sulfurique étendu, dans le but de clarifier la liqueur; il y a formation d’un léger coagulum qui doit être séparé par filtration. L’infusion étant clarifiée et filtrée, on y ajoute de l’acide sulfurique étendu de son poids d’eau, en ayant soin de faire cette addition peu à peu et en remuant le mélange ; on continue aussi long-temps que le précipité se réunit : au bout d’une heure, ce précipité se présente en une masse visqueuse semi-fluide. Arrivé à ce point de l’opération , on décante le liquide et l’on y ajoute de nouveau et avec précaution, de l’acide sulfurique concentré, continuant d’en ajouter jusqu’à ce qu’il n’y ait plus formation de précipité. Cette dernière combinaison , qui est du sulfate de tannin, s’offre sous l’aspect d’une masse blanche tirant sur le jaune ; il est insoluble dans l’eau acide. Ce sulfate est recueilli sur un filtre lavé à l’eau aiguisée d’acide sulfurique, puis exprimé entre des feuilles de papier; lorsqu’il est ainsi lavé, on le fait dissoudre dans l’eau pure, qui prend alors une couleur jaune pâle. Cette solution est ensuite traitée par du sous-carbonate de plomb en poudre fine qui enlève d’abord l’excès d’acide , enfin par une courte macération l’acide combiné au tannin disparait. Lorsque tout l’acide est séparé, on filtre la liqueur, on la fait évaporer à siccité ; on obtient une masse dure, fendillée, d’un jaune brunâtre, formée de tannin pur et de tannin altéré par l’action de l’air. Pour séparer ce produit, ou réduit la masse en poudre , et l’on met cette poudre en digestion avec l’éther à 3o°. La solution éthérée, filtrée et abandonnée à une évaporation spontanée, fournit du tannin pur sous forme d’une masse jaune transparente, à peine inaltérable à l’air.

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