TANGUIN
chaude. Cette plante doit sa propriété' à l’huile volatile qu’elle contient assez abondamment ; aussi la perd-elle en partie par la dessication, qui dissipe l’huile volatile, mais qui laisse subsister le principe amer. La tanaisie était une des plantes les plus usitées dans l’ancienne Médecine ; mais sa réputation a beaucoup diminué ; on ne l’emploie plus que comme vermifuge et stimulante dans l’aménorrhée et l’hystérie. On la prescrit en infusion en poudre et quelquefois en lavemens ; sa poudre est un des succédanés du semen-contra.
M. Peschier a publié, dans le Nouveau Journal de Pharmacie de Tromsdorff, 1827, 2e cahier, l’analyse des feuilles et des fleurs de tanaisie ; elle a donné les résultats suivans : de l’huile volatile ; de l’huile grasse ; de la résine ; une matière qui tient le milieu entre la cire et la stéarine ; de la chlorophylle; de la gomme; un principe jaune extractif.
Les fleurs contiennent un principe alcalin et un acide particulier (acide tanacétique ) et du phosphate de chaux. Les feuilles renferment en outre du tannin et de l’acide gallique.
TANGUIN ou TANGHIN. C’est le nom sous lequel on désigne, à Madagascar, un poison végétal qui a pour base le h uit d’une apocyne'e peu connue sous le rapport botanique. M. Du Petit Tliouars a considéré cette plante comme ayant de l’analogie avec les Cerhera , et formant un genre nouveau, sous le nom de Tanghinia.
Les Madécasses composent un breuvage avec le suc des feuilles d’une espèce de cardamomum, dans lequel on met la semence râpée du TA madagascariensis ou TA venenifera. Ce breuvage sert d’épreuve judiciaire sur les individus accusés de crimes, lorsque l’on n’a pas de meilleurs témoignages : si la mort suit l’injection du poison , on en conclut que l’accusé est coupable; s’il échappe à la mort, on le regarde comme innocent. Malheureusement , ce n’est pas à ces pratiques barbares et superstitieuses que se borne le déplorable usage de ce poison; les nègres s’en servent quelquefois, aux colonies des îles de France et de Bourbon , pour empoisonner ceux envers les-