‹ Dictionnaire des drogues simples et composées, ou dictionnaire d'histoire naturelle médicale, de pharmacologie et de chimie pharmaceutique (volume 2)Chapitre 44 sur 107 · TANNIN · texte numérisé non relu

TANNIN

réduire en poudre. Soumis à la distillation, il ne fournit pas d’ammoniaque , mais une huile jaune , et un autre corps liquide qui cristallise par refroidissement. Ces cristaux ne sont pas formés d’acide gallique, ils ont une saveur forte, empyreumatique ; ils ne noircissent pas les sels de fer, mais leur communiquent une couleur jaune-verdâtre, et donnent naissance ,à un précipité vert-grisâtre. Le tannin contenu dans l’écorce de chêne peut s’obtenir de la même manière.

Le tannin existe en grande quantité dans la nature, et en plus grande quantité dans les substances astringentes, la noix de galles, la tormentille, la bistorte, les écorces d’IIématoxylon, d’Abricotier, de Chêne, de Cerisier, du Cornus mascula , d 'Érable, dé Saule pleureur, d’Olivier de Bohême, du Coriaria myrti folia , du Rhus lyphinum, du Marronnier, du Sorbier, dans les Coques de grenades , les capsules des glands verts.

Cadet de Gassicourt, qui a examiné les végétaux astringens dans le but de reconnaître ceux qui contiennent le plus de tannin, a vu que 160 parties de plantes désignées plus bas contenaient des proportions de tannin qu’il a désignées numériquement.

Tableau des quantités de tannin obtenues au moyen de la gélatine dans V ex trait aqueux fourni par x6o parties de plantes.

Noix de galles

Racine de tormentille . .

Écorce d’hématoxylon.

— - d’abricotier

Coques de grenades. . . .

Écorce de chêne

— de cerisier

— de Cornus mascula. 19

Écorce d’érable . ... r . .

— de saule

— d’olivier de Bohême.

— de Coriaria myrlif .

— de Rhus lyphinum.

Capsules de glands verts.

Écorce de sorbier

— de marronnier

Un tableau fait sur toutes les écorces serait de la plus grande utilité , et pourrait être mis en usage pour décider

TAPIOKA.

quels sont les meilleurs produits à employer dans l’art de tanner les peaux.

Le tannin est usité en Thérapeutique , et ce produit, depuis quelque temps , est employé avec succès ; on peut le considérer comme un de nos meilleurs astringens. Nous croyons que c’est à ce produit qu’est due l’efficacité de la racine de grenadier contre le tœnia. (A. C. )

TANNIN APiTIFICIEL. On a donné ce nom à des produits qu’on obtient en traitant le charbon de terre, l’indigo, les résines par l’acide nitrique, ou le camphre et les résines par l’acide sulfurique. Le mode d’opérer le plus habituellement employé est le suivant. On met dans un matras une partie de charbon de terre et cinq parties d’acide nitrique d’un poids spécifique de i,4, étendu de deux fois son poids d’eau; on fait chauffer le mélange : il y a production d’effervescence , due à un dégagement de deutoxide d’azote. Après deux jours de digestion , on ajoute une nouvelle quantité d’acide ; on laisse digérer jusqu’à ce que le charbon soit dissous; on fait alors évaporer la liqueur jusqu’à siccité , et l’on obtient une masse brune qui est le tannin artificiel. Ce produit possède la plupart des propriétés physiques et chimiques du tannin naturel ; il en diffère cependant par la manière dont il se comporte avec le feu et avec l’acide nitrique. L’acide nitrique n’en opère pas la décomposition, tandis qu’il décompose le tannin qui existe dans les plantes. Exposé à l’action de la chaleur , le tannin artificiel se boursoufle et donne un charbon volumineux ; parmi les produits de la décomposition, on obtient en grande quantité du deutoxide d’azote. ( Chevreul, Ann. de Chimie , t. LVII, LXXII et LXXIII. ) Ce tannin n’est pas employé. (A. C. )

TANNIN ORIENTAL. V. Bablah.

TANTALE. Nom donné au Colombium.

TAPIOKA. Fécule blanche obtenue, par la précipitation, du suc de la racine de Jatropha ou Janipha Manihot , L. , plante de la famille des Euphorbiacées , qui croît en Amérique, et qui fournit en outre la farine de cassave. Le tapioka

i8o TARENTULE.

ne diffère de celle-ci que par un plus grand degré de pureté ; car la cassave est un mélange d’amidon, de libres végétales et de matière extractive , tandis que le tapioka est de l’amidon parfaitement purifié , surtout après qu’on lui a fait subir plusieurs lavages. Cette fécule se rassemble sous forme de grains durs , brillans , assez gros , sans odeur, d’une saveur qui se rapproche de celle de la fève, et ayant beaucoup de ressemblance avec le sagou extrait de la moelle des palmiers ; aussi lui donne-t-on , dans le commerce , le nom de sagou blanc. De même que toutes les autres substances féculentes, le tapioka est nourrissant, et sert à préparer des potages et des bouillies convenables surtout aux convalescens. (G. ..N.)

TARENTULE. Aranca Tarentula, L. — I.ycosa 7’àren tula, Latreille ; Guérin, Iconographie du Règne animal, i,c livraison. Animal de la classe des Arachnides, confondu par Linné avec les araignées proprement dites , mais placé dans un genre particulier par les entomologistes modernes. La tarentule habite les contrées méridionales de l’Europe, et particulièrement l’extrémité de lTlalie. Elle est longue d’environ un pouce , entièrement noire , avec le dessous de son abdomen rouge et traversé par une bande noire. De tout temps, elle fut célèbre par l’effroi qu’inspirait son prétendu venin, et surtout par le mode de traitement que l’on appliquait aux personnes piquées de cette arachnide. Il sexait trop long de mentionner ici le nom des auteurs qui ont parlé de la tarentule et qui l’ont figui’ée , mais si mal, que l’on croirait que plusieurs en ont exagéré les formes hideuses, afin d’inspirer plus d’horreur de cet animal, et d’accréditer, par ce moyen, les absurdités qu’ils ont débitées sur les propriétés de son venin. Selon les uns, ce venin produit des symptômes qui ressemblent à ceux de certaines fièvres ataxiques; selon d’auti'es, il cause seulement quelques taches érysipélateuses, avec quelques crampes légèi'es et des fourmillemens. On a donné le nom de tarenlisme à la maladie que le vulgaire croit produite par la morsure delà tarentule. On dit que cette maladie était caractérisée par un désir effréné d’entendre la musique; qu’elle

TARTRATES.' 181

était endémique dans la Pouillé ; que la musique était le seul moyen de la guérir ; on a même spécifié les airs qui étaient les plus convenables (i) , comme on indique les drogues particulières qui entrent dans la formule d’une potion ; enfin , il n’est sortes d’absurdités qu’on n’ait débitées sur un sujet qui paraissait merveilleux au vulgaire.

Les médecins ont long-temps partagé ces croyances absurdes, mais aujourd’hui il est bien avéré que la tarentule n’est dangereuse que pour les insectes dont elle fait sa nourriture.

TARTAREUX , TARTARIQUE. V. Acidk tartrique , t. 1", p. 187.

TARTRATES. Les tartrates sont des sels qui résultent de l’union de l’acide tartrique avec les bases. L’acide tartrique peut s’unir en plusieurs proportions avec les bases salifiables , et les tartrates qui en résultent sont remarquables , en ce que , lorsqu’ils sont solubles dans l’eau, ils le deviennent moins par l’addition d’une certaine quantité d’acide, tandis que, lorsqu’ils sont insolubles dans ce liquide, leur solubilité est favorisée par cet excès d’acide, comme cela a lieu pour les autres sèls. La plupart de ces sels sont insolubles ou très solubles, en exceptant les tartrates dits alcalins, le tartrate de magnésie, celui de cuivre. La plupart des acides forts troublent la solution des tartrates neutres solubles. Ces acides s’emparent d’une portion de la base , mettent à nu une partie de l’acide tartrique, qui fait passer le sel à l’état de tartrate acide qui se précipite. On a profité de ce caractère pour reconnaître les tartrates neutres alcalins en solution. D’après M. Berzélius , les tartrates sont composés de telle manière, que la quantité d’oxigène de la Lase est à la quantité d’acide dans le rapport de 1 à 8,35 pour les tartrates neutres. MM. Gay-Lussac et Thénard n’ont pas été d’accord avec le chimiste suédois, et ils ont fixé ce rapport comme 1 à 12, 1^.

Ces sels neutres sont tous, comme les sels végétaux, déconi^-

(1) Samuel IlafenrcIFer , prof. il’Ulm, les a notes dans son Traite des maladies de la peau.

i8a TARTRATES.

posés par l’action de la chaleur, en fournissant les mêmes produits que ceux qu’on obtient de la décomposition des sels végétaux. Les tartrates acides brûlent avec une odeur particulière , semblable à celle que répand le sucre brûlé , et qui est connue sous le nom d’odeur de caramel; on obtient en même temps , dans les produits de la décomposition , une petite quantité d’acide pyro-tartrique.

Les tartrates employés dans la Thérapeutique sont assez nombreux : de ce nombre sont les tartrates alcalins , les tartrates de potasse et d’antimoine ( Y émétique ) , le tartrate de mercure, etc. , etc. A chacun de ces sels, nous indiquerons les procédés employés pour les obtenir ; mais nous passerons sous silence ceux de ces sels qui ne sont pas usités. (A. C. ) TARTRATE D’ANTIMOINE ET DE POTASSE. V. Tartrate de potasse et d’antimoine. (Emélique) ,

TARTRATE DE MERCURE , Proto-larlrale de mercure. Sel résultant de la combinaison de l’acide tartrique avec le protoxide de mercure. Il se prépare delà manière suivante. On prend, proto-nitrate de mercure, ?.o grammes (5 gros); on le fait dissoudre dans de l’eau distillée aiguisée d’acide nitrique , 160 grammes ( 5 onces ) , en se servant d’un mortier de verre et d’un pilon de la même substance. Lorsque la solution est opérée, on ajoute peu à peu une solution de tartrate de potasse dissous dans l’eau distillée, et l’on continue d’en ajouter jusqu’à ce que l’addition d’une nouvelle quantité de ce liquide ne détermine plus de précipité. On laisse déposer le précipité (le tartrate de mercure), on le jette sur un filtre, et on le lave à l’eau froide; lorsqu’il est lavé, on le met à égoutter , puis à sécher ; lorsqu’il est sec , on l’introduit dans un flacon bien fermé , placé à l’abri de la lumière. Ce sel est blanc , insoluble dans l’eau , décomposable par les alcalis, qui en séparent de l’oxide noir. Chauffé sur un charbon , il se décompose en donnant naissance à des produits semblables à ceux que l’on obtient de la décomposition par le feu des substances végétales , et à du mercure qu’on peut recueillir, soit à l’état de globule , soit à l’état de vapeur; si l’on reçoit

TARTRATES. i83

cette dernière sur une lame de cuivre, celle-ci est blanchie.

Ce sel est employé dans l’art médical contre les affections syphilitiques. On le fait entrer dans des sirops , des tablettes , des pilules. On ne doit l’administrer à l’intérieur qu’avec précaution , ce sel étant vénéneux. (A. C. )

TARTRATE ACIDULE DE POTASSE, Sur- lartrate de potasse. , . Tartre , Crème de tartre , Sur- lartrate d’oxide de potassium. Ce sel est le résultat de la combinaison de l’acide tartarique avec l’oxide de potassium, dans les proportions de 57 d’acide tartareux , de 33 de potasse , de 7 d’eau , Thénard , et selon d’autres chimistes, Vauquelin et Boullay, de tartrate de chaux, dans les proportions de 6 à 7 pour 100. Le tartrate acidulé de potasse existe tout formé dans quelques végétaux , et particulièrement dans le suc du raisin , et par conséquent dans le vin (suc fermenté de ces fruits).

Le tartre se rencontre dans le commerce sous deux états : i°. sali par des matières colorantes, et portant les noms de tartre rouge et de tartre blanc , selon qu’il s’est déposé dans les tonneaux contenant du vin rouge ou blanc; 20. retiré de ces derniers , et ayant subi une solution et une clarification ; il porte alors le nom de crème de tartre. Ce sel est quelquefois employé dans l’état premier où il est fourni par le commerce, c’est-à-dire sali par des matières étrangères; d’autres fois purifié de la manière suivante. On fait dissoudre la quantité voulue de tartre dans de l’eau bouillante , on filtre la solution; lorsqu’elle est filtrée, on la clarifie en ajoutant peu à peu de l’eau chargée d’albumine. Par l’action de la chaleur , l’albumine , en se coagulant , enlève au tartre quelques matières colorantes, et la liqueur est sensiblement décolorée. On filtre, et Ton fait évaporer, puis cristalliser , et Ton recueille les cristaux , qui , lavés à l’eau distillée , sont mis à égoutter , séchés , et renfermés dans des caisses de bois garnies de papier bleu à l’intérieur (i).

(1) Quelques personnes emploient depuis peu le charbon anrinal : le tartre purifie par ce moyen est d’une pins grande bluucheur.

i84 TARTRATES.

On fait évaporer les eaux-mères , qui de nouveau donnent des cristaux , qu’on traite de la même manière.

Le sur-tartrate de potasse cristallise en prismes quadrangulaires courts, coupés en biais aux deux extrémités. Sa saveur est acide ; il est peu soluble dans l’eau froide , plus soluble dans l’eau à ioo° , insoluble dans l’alcool. Exposé à l’air , il n’éprouve aucune altération. Placé sur des charbons ardens , ou introduit dans un creuset chauffé , ce sel se décompose, donne naissance à de l’acide pyro-tartrique, aux divers produits qui résultent de la distillation des matières végétales, et laisse pour résidu du sous-carbonate de potasse. Les tartres du commerce pouvant être plus ou moins purs, on les soumet quelquefois à des essais chimiques pour reconnaître leur valeur réelle. M. Poutet de Marseille a proposé, pour apprécier celte valeur, de saturer l’excès d’acide du sur-tartrate de potasse par de la lessive caustique à 6°, et de reconnaître la quantité de lessive employée pour cette saturation , comparativement à celle exigée par de la crème de tartre pure. Cette opération peut avoir une contre-épi'euve , qui est la saturation de la potasse , de la crème de tartre obtenue par l’incinération , mais ce moyen , facile à employer par le pharmacien, nous a paru un peu compliqué pour le fabricant. Il est plus simple de calciner ioo parties de crème de tartre pure , de laver le produit de la calcination, de le filtrer et de le saturer par de l’acide sulfurique à un degré déterminé ( io°, par ex. ), de noter quelles sont les quantités d’acide employées à la saturation de la liqueur de lavage ; à faire ensuite incinérer ioo parties de la crème de tartre qu’on veut essayer; à laverie produit de l’incinération, et saturer la liqueur filtrée avec de l’acide au même degré que celui qui a déjà servi à faire la première opération ; à établir la différence entre les quantités d’acide employées pour les deux saturations. Si la liqueur provenant du lavage des cendres de la crème de tartre pure a absorbé 100 grammes d’acide , et que celle provenant de la crème de tartre essayée n’en ait absorbé que n5, il est, reconnu que la crème de tartre essayée

TARTRATES. 1 85

est, en valeur, à la crème cle tartre pure, dans la proportion de 7 5 à i oo , ou de 3 à 4 » etc.

Ce moyeu peut être simplifie'. Pour cela, on modifierait l’instrument de Descroizilles pour l’essai des soudes et potasses, en faisant construire un tube devant contenir la quantité d’acide sulfurique à io° reconnue nécessaire pour saturer la potasse résultant de la combustion de ioo parties de crème de tartre pure. On diviserait ensuite avec soin le tube, ou la partie du tube, en ioo parties égales, et l’on essaierait les eaux de lavage des résidus alcalins des crèmes de tartre, par de l’acide à ce même degré. On obtiendrait de suite des résultats sur la valeur réelle des tartres du commerce (i). On pourrait encore se servir d’un tube tout fait et bien calibré, marquant d’une trace ineffaçable le point contenant la quantité d’acide exigée pour ioo , divisant ensuite ce tube en ioo parties égales.

Le tartrate acidulé de potasse peut être reconnu, i°. par les solutions de cliaux , de strontiane , de baryte , avec lesquelles il forme des précipités ( tartrates ) qui sont décomposables par l’acide sulfurique en donnant de l’acide tartrique , et des sulfates insolubles ; 2°. par la chaleur, qui décompose ces sels en laissant pour résidu de l’oxide de potassium combiné en partie à l’acide carbonique.

Ce sel est employé comme purgatif ; mais son insolubilité est cause qu’on lui substitue la préparation suivante.

SUR -TARTRATE DE POTASSE RENDU SOLUBLE PAR UNE ADDITION D’ACIDE BORIQUE , Tartrate-boro-potassique , Tarlro-borale de potasse. La crème de tartre , comme nous l’avons dit précédemment, étant peu soluble, Lassonne fit voir dans un écrit qu’il publia dans les Mémoires de V Académie, 1755, que ce sel pouvait être rendu plus soluble par l’addition d’une partie d’acide borique sur quatre parties de crètne de tartre. Lémery, en 1 728, et Lefebvre, la même anne'e^ proposèrent l’emploi du sous-borate de soude pour le même

(1) On peut essayer (!c même le tîn tes rouge et Je tartre blanc.

1 86 TÀRTRATES.

objet. Le premier de ces procédés étant encore employé, on prépare ce produit de la manière suivante (i).

On fait dissoudre dans 20 parties d’eau 3o parties d’acide borique ; lorsque la dissolution est opérée , on filtre ; on verse ensuite dans une bassine d’argent, et l’on ajoute peu à peu 210 parties de sur-lartrate de potasse pulvérisé , en ayant soin de remuer continuellement le mélange , pour qu’il soit bien homogène dans toutes ses parties. On le fait ensuite dessécher à l’aide de la chaleur jusqu’à ce qu’il puisse être réduit en poudre; alors on le triture dans un mortier de marbre, on le passe au tamis de soie , et on le conserve pour l’usage.

Quelques manipulateurs préparent ce produit d’une autre manière. Ils prennent une partie d’acide borique pur , 7 parties de crème de tartre. Lorsque le mélange dans ces proportions est fait, ils le réduisent en poudre, qui est passée au tamis de soie d’abord , et ensuite dans un tamis moins serré, afin que le mélange soit plus homogène. On peut encore traiter ce mélange ainsi divisé par un peu d’eau distillée , faire chauffer, et dessécher comme nous l’avons dit précédemment.

M. Soubeiran , pharmacien en chef d’un des hôpitaux civils de Paris, a indiqué le procédé suivant, qui ressemble à celui publié par Boilleau ( V. le Journal des Pharmaciens , in~4°, p. 182), pour préparer la crème de tartre soluble.

On prend une partie d’acide borique , 4 parties de crème de tartre et 24 parties d’eau ; on opère la dissolution à l’aide de l’ébullition , et l’on entretient la liqueur bouillante jusqu’à ce qu’elle soit très concentrée. On ménage

(1) Ce procède' est celui du Codex. Ii a la plus grande analogie avec celui <jue M. Mevrac tils a publié dans le Journal de Pharmacie , janvier 1817. Cet auteur assure qu’il faut , dans la préparation de la crème de tartre, au moins un huitième d’acide borique pour que la crème de tartre ait toute la solubilité désirable. Le procédé de M. Mcyrac consiste h mêler à 400 parties d’eau 100 parties de crème de tartre et ta parties d’acide borique, h faire bouillir, h filtrer, à faire évaporer, pour obtenir un produit pulvérulent.

TARTRATES. 187

ensuite le feu, et l’on agite le produit jusqu’à ce qu’il soit amené à l’état sec et cassant. Dans cet état , on essaie par l’eau foiile pour reconnaître si le mélange est entièrement soluble dans ce liquide. Si la solution se fait complètement, on termine la dessication à l’étuve, et l’on réduit en poudre le mélange, qu’on conserve convenablement. Si la solution est incomplète , on traite le produit par deux parties d’eau froide, on filtre , et l’on évapore à siccité ; la partie soluble évaporée fournit la crème de tartre soluble ; la partie insoluble restée sur le filtre est du sur-tartrate de potasse. (A. C. )

TARTRATE DE POTASSE NEUTRE , Sel végétal, Deulotartrate cle potassium. On prépare ce sel de la manière suivante. On fait dissoudre dans de l’eau distillée qu’on a fait chauffer, du carbonate de potasse pur. Lorsque la solution est faite, on y ajoute peu à peu du sur-tartrate de potasse pulvérisé jusqu’à ce que la saturation du sous-carbonate ait été opérée par l’excès d’acide du sur-tartrate. On sature ensuite par du sous-carbonate de potasse en excès (1), l’excès d’acide qui pouvait exister dans le liquide. On fait bouillir la solution, on la filtre , et on la met de nouveau dans la bassine qu’on a nettoyée. On la fait évaporer, et onia concentre jusqu’à ce qu’elle marque 36° à l’aréomètre. Lorsqu’on est arrivé à ce degré , on arrête l’évaporation, et on laisse déposer la liqueur en prenant des précautions pour la tenir chaude. Lorsque cette liqueur est claire, on décante dans des terrines , que l’on porte dans un endroit frais où ces terrines restent en repos. Il s’y forme lentement des cristaux qu’on sépare du liquide ; on les lave avec une très petite quantité d’eau distillée , on les fait sécher , et lorsqu’ils sont secs on les conserve dans des flacons bouchés en liège. Les eaux-mères décolorées, évaporées au degré convenable , fournissent de nouveau des cristaux. On peut encore obtenir ce sel pour l’usage des officines en agissant de la manière suivante. On fait dissoudre de

(1) Cet excès est ne'cessairc La cristallisation du tnrlrate de potasse s’opère mieux lorsque la liqueur est alcaline. (Baume.)

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