TEMPÉRATURE
met par-dessus plusieurs couches de teinture balsamique du commandeur de Permes ( baume du commandeur ).
Ieinture de mauve. On prend les pi taies secs de la mauve sauvage ( Malva sylvestris), on les pulvérise , on les met en contact avec l’alcool h 36» ; on porte à l’ébullition; on filtre ; on fait évaporer ; on traite le résidu par l’eau qui dissout la matière colorante, et abandonne une matière grasse dissoute par l’alcool ; ou filtre, et l’on conserve pour l’usage.
La teinture de mauve passe au ronge avec les acides, et au vert avec les alcalis. Il en est de même de celle de Dahlia.
'I EINTUnE DE NOIX DE GALLES . On concasse les noix de galles; on les met cncontact avec l’alcool à 3<?°, quantité suffisante (8 parties d’alcool sur t de noix de galles ). On laisse en contact pendant quelques jours; on filtre, et
l’on conserve pour l’usagé. On piépure une teinture ac/iieuse ou infusion, en traitant les noix de galles concassées par l’eau è too°, laissant macérer ensuite pendant quelques jours; filtrant ensuite.
La teinture de noix de galle sert S démontrer la présence des sels de 1er, qu'elle précipite en noir. Elle précipité aussi les solutions
d’osmium, en bleu, de tellure, en jaune, d’argent , en blanc , de mercure , en orangé, d’uranc, en brun.
Teinture de tournesol. On prend du tournesol en pain , 3a grain, (i once) ; eau bouillante, ü5n grarn.
( 8 onces ). On laisse infuser pendant la heures; on décante, on filtre, cl l'on conserve pour l’usage.
La teinture de tournesol est employée pour faire reconnaître la présence des acides, qui la font passée à la couleur ronge.
TELLURE. On a donne ce nom à un métal découvert en i 782 par M. Muller de Reichenstein dans les mines d’or de la Transylvanie. Ce métal a été' rangé par Fourcroy dans la classe des métaux cassans et oxidables , et par M. Thénard dans la quatrième section. Le tellure est solide, d’un blanc bleuâtre , très brillant, lamelleux, fragile; son poids spécifique a été évalué à 6,1 15. Il est très fusible , très volatil , susceptible de s’oxider par le contact de l’air et de la chaleur. Il est soluble dans l’acide nitrique ; sa solution est claire et transparente. Le tellure forme un alliage avec le mercure ; il s’unit au soufre et il fournit un sulfure d’une structure radiée. Ce métal , jusqu’à présent, n’a aucun usage. Quelques auteurs ont donné le nom OU acide tellurique à l’oxide de tellure. (A. C.)
TELLURE. Se dit des substances qui contiennent le tellure.
TEMPÉRATURE. On a donné , en Chimie, le nom de leni-
TÉRÉBENTHINES. air)
pé rature , au degré appréciable de chaleur qui règne dans un lieu ou dans un corps. On dit basse température lorsque les degrés de chaleur appréciés sont peu considérables , et haute température, lorsqu'ils sont au contraire très nombreux. Les degrés de température peuvent être divisés en deux sections, ceux qui sont inférieurs à o°, terme de la glace fondante , et ceux qui s’élèvent au-dessus de zéro degré. [V . les ouv rages de Physique.) (A.. C.)
TENACE. On dit qu’un corps est tenace lorsqu’il jouit de la propriété de s’attacher fortement aux corps avec lesquels on le met en contact.
TENACITE. Propriété dont jouissent certains corps, les métaux par exemple, qui jouissent de la propriété de résister efficacement aux puissances qui tendent à rompre la force de cohésion de leurs parties , en les écartant par l’extension.
TENU, TENUE- Ce mot est employé pour indiquer une substance très divisée; ainsi l’on dit une poudre ténue pour une poudre fine.
TÉRÉBENTHINES od RÉSINES FLUIDES. Terebinlhince, Oleo-rcsinœ. On désigne par ce mot toutes les subslances résineuses qui contiennent une quantité d’huile fixe ou volatile suflisante pour leur donner une consistance demi-fluicle. Un grand nombre d’entre elles avaient reçu le nom de baumes, mais on a restreint cette dénomination aux résines solides ou fluides qui sont naturellement combinées à l’acide benzoïque. Les térébenthines proviennent d’arbres appartenant à diverses familles de plantes; elles se rencontrent plus fréquemment dans certaines familles où l’abondance du suc résineux odorant forme un des caractères les plus remarquables ; telles sont les Conifères, et particulièrement les espèces des genres Pin, Sapin et Mélèze. Nous allons mentionner les différentes sortes de térébenthines sous les noms qu’elles portent vulgairemeut dans le commerce de la droguerie.
Térébenthine d’Amérique. Ce nom assez vague s’applique à la térébenthine qui découle de plusieurs espèces de Pins ori—
TÉRÉBENTHINES.
binaires de l’Amérique septentrionale. Le célèbre voyageur Michaux a publié sur ces arbres beaucoup de renseignemens utiles à consulter. Leurs produits offrent entre eux une telle similitude, qu’on les substitue indifféremment les uns aux autres. Parmi les térébenthines d’Amérique, on distingue deux sortes principales , savoir :
i°. Térébenthine de Boston. Elle est pi’oduite par les Pinus australis et P. Strobusj elle se récolte dans une grande étendue de l’Amérique septentrionale et à une distance considérable de Boston ; mais c’est dans cette dernière ville qu’est établi l’entrepôt , ce qui lui a valu son nom commercial. Cette térébenthine a une odeur suave , une amertume médiocre , et elle contient à peu près 17 pour 100 d’huile volatile. O11 la préfère à la térébenthine du pin maritime, vulgairement nommée térébenthine de Bordeaux ; par sa combinaison avec la soude, elle sert à composer un savonule presque liquide.
20. Térébenthine du Canada. On la retire du Pinus Balsamea , L. , soit par des incisions pratiquées au tronc , soit en crevant les grosses utricules ou tumeurs qui se forment dans l’écorce du tronc et des branches. On reçoit le suc propre dans des bouteilles auxquelles on adapte de larges entonnoirs, et on les bouche exactement aussitôt qu’elles sont remplies. Celle qui découle par incision est peu colorée, transparente, tenace, d’une odeur forte et agréable, d’une saveur amère et un peu âcre. On lui donne le nom de baume du Canada. La térébenthine qui s’obtient en crevant les vésicules est presque incolore, transparente, d’une grande fluidité et d’une odeur suave , analogue au baume de la Mecque ou de Gilead , ce qui lui a valu, dans le commerce, le nom de faux baume de Gilead.
Térébenthine de Bordeaux. Terebenlhina pinea, Offic. O11 donne encore à cette substance les noms de térébenthine commune et de térébenthine de pin, parce qu’elle est la plus répandue dans le commerce, et qu’elle découle de diverses espèces de pins, particulièrement du Pinus marilima et du Pinus ,-j' lues tris, qui croissent abondamment dans les laudes de
TÉRÉBENTHINES.
Gascogne. On la retire par le procède' suivant : lorsque l’arbre a atteint l’âge de 3o à 4° ans, c’est-à-dire quand il offre 4 pieds de circonférence, on fait à sa partie inférieure une entaille de 3 pouces de largeur sur i pouce de hauteur , de manière à ce que les couches corticales et le liber soient enlevés. On renouvelle la plaie tous les huit jours, depuis février jusqu’en octobre , par de nouvelles entailles pratiquées audessus de la première , de sorte qu’au bout de quatre ans, on a donné à la plaie une hauteur de 8 à 9 pieds. Alors on fait la même opération sur les autres faces de l’arbre, ce qui donne le temps aux plaies anciennes de se cicatriser, et de pouvoir produire de la térébenthine par de nouvelles incisions. Le suc propre est reçu , au pied de l’arbre , dans de petites auges , et on lui donne dans le pays le nom de gomme molle. On le purifie en le faisant chauffer dans une grande chaudière, et en le filtrant au travers de la paille ; ou bien , si la chaleur de l’été est assez forte, on se contente de placer la térébenthine dans des caisses de bois dont le fond est percé de petits trous, par lesquels s’écoule la portion liquéfiée, tandis que les impuretés restent dans la caisse. Ce dei’nier procédé fournit une térébenthine plus estimée, parce que n’ayant pas été exposée à une température trop élevée, elle conserve en grande partie l’odeur de la térébenthine vierge; aussi la distingue-t-on sous le nom de térébenthine Jine ou de térébenthine du soleil. L’autre sorte , que l’on purifie par le feu , n’est jias aussi transparente ni odorante ; elle est plus colorée , et on ne l’emploie que pour les vernis communs.
La térébenthine de Bordeaux est ordinairement blanchâtre, trouble, consistante, se séparant, par le repos, en deux parties, l’une claire et transparente , l'autre d’apparence mielleuse. Son odeur est forte , peu agréable , sa saveur très amère. Elle fournit 20 pour 100 d’huile volatile.
On l’estime moins , pour les préparations pharmaceutiques , que la térébenthine de Strasbourg.
Térébenthine de Boston et Térébenthine du Canada. V. Térébenthine d’Amérique.
2?. 2 TÉRÉBENTHINES.
Térébenthine de Ciiio. Terebinthina pistacina , Offic. Elle est produite par le térébinthe ( Pislacia Terebinthus , L.), arbre qui croit abondamment dans la région méditerranéenne, particulièrement à Chio et dans les autres îles de l’arcbipel grec. On l’obtient par des incisions transversales que l’on lait, d’espace en espace, au tronc et aux branches de l’arbre; il s’en écoule aussi par des tissures naturelles, mais en très petites quantités , et elle ne tarde pas à se concentrer à l’air et à se convertir en véritable résine mastic. F. ce mot. Chaque arbre n’en donne que 8 à 10 onces; et comme on ne le cultive pas , la térébenthine de Chio est rare dans le commerce. Elle est plus estimée que les autres térébenthines, à raison de la suavité de son odeur, qui rappelle le citron et le fenouil, et de sa saveur, qui n’est pas amère ni âcre. Elle a une couleur citron pâle, tirant sur le verdâtre. Sa transparence est parfaite; sa consistance glutineuse, devenant en vieillissant de plus en plus épaisse, par l’évaporation de l’huile volatile. On lamélange souvent avec la térébenthine du mélèze, qui se reconnaît à son odeur moins suave et à sa saveur amère et âcre.
Térébenthine des Conifères. F. Térébenthine de Bordeaux, de Strasbourg et de Venise.
Térébenthine de copaiiu , Baume de copahu, Balsannnn Copaibœ , Oflic. Substance résineuse, demi-fluide, obtenue par des incisions faites au tronc du Copaifeva ojjicinalis, L., grand arbre de la famille des Légumineuses , qui croît au Brésil (i) , dans la république de Venezuela et en d’autres contrées de l’Amérique méridionale. On l’a. naturalisé dans les Antilles, particulièrement à la Jamaïque et à Saint-Domingue. Cet arbre a un tronc élevé , divisé au sommet en rameaux qui forment vme cime touffue. Ses feuilles sont alternes, composées de trois
(i) Indépendamment du CopaiJ'era officinalis , on trouve encore nu Brésil quatre autres espèces de Copaifera qui forment deux variétés de baume de copahu , differentes par la consistance, la saveur el la couleur. Elles ont été décrites par M. Auguste de Saint-Hilaire, sons les noms tic Copaifent cerdjaliu , C. oblongifolia , C. SeUowii, et C. Mardi.
TÉRÉBENTHINES. 2*3
à quatre paires tle folioles ovales, acuminées, entières , glabres et un peu luisantes. Les fleurs sont blanches, disposées en grappes rameuses dans les aisselles des feuilles.
Chaque arbre peut donner, par an , 3o à 36 livres de suc résineux, c’est-à-dire io à 12 livres par chaque fois qu'on fait les incisions; car cette opération se renouvelle ordinairement trois fois dans l’année. On reçoit le suc dans des calebasses ; il est d’abord très fluide , incolore, niais il ne tarderas à s’épaissir et à prendre une teinte jaune. Telle que nous la recevons par le commerce , la térébenthine de copahu a une consistance d’huile d’olives; une odeur forte, particulière, désagréable; une saveur amère, âcre, repoussante. Parla distillation, elle fournit le tiers, et même quelquefois la moitié de son poids, d’une huile volatile moins pesante que l’eau, et à laquelle le baume de copahu doit son odeur pénétrante. Le résidu de la distillation est une résine transparente d’un vert brun, à cassure plane, d’une odeur et d’une saveur presque nulles. Le baume de copahu se dissout dans l’alcool , et la dissolution reste pendant quelque temps laiteuse, à cause d’une petite quantité de matière insoluble qui finit par se déposer , et qui est analogue, par sa nature , à la résine animée. On parvient à rendre le baume de copahu miscible à l’eau au moyen de jaunes d’œufs , ou d’un mucilage de gomme arabique, et c’est de cette manière qu’011 forme des émulsions fréquemment prescrites par les médecins.
Le baume de copahu est susceptible de falsification par son mélange avec de la vieille huile de ricin , qui a aussi la propriété de se dissoudre dans l’alcool. Cette fraude étant assez fréquente, il importe beaucoup aux pharmaciens de la reconnaître promptement. Voici les moyens qui ont été proposés par MM. Henry, Blondeau et Planche :
i°. On a conseillé de faire bouillir un gros de baume de copaliu dans une pinte d’eau, jusqu’à ce que tout le liquide soit évaporé; le résidu est une matière résineuse d’autant plus molle, que la quantité. d’huile de ricin mélangée a été plus considérable.
224 TÉRÉBENTHINES.
20. Si l’on mêle 2 gros «.le baume de copaliu pur avec 1 gros de potasse liquide contenant un quart de potasse caustique, le mélange a l’aspect et la consistance du cérat; mais, après quelques heures de repos , il se sépare en deux parties : la supérieure est le baume de copahu , l’inférieure est la solution alcaline. Mais lorsque le baume de copahu contient un quart, ou seulement un huitième d’huile de ricin, le mélange ne se sépare pas ; il perd peu à peu son opacité , et se convertit en une masse gélatineuse. Si l’on a employé de la soude caustique (lessive des savonniers) au lieu de potasse, le mélange forme un savon d’autant plus homogène, opaque et consistant, qu’il y a une plus grande quantité d’huile de ricin.
3°. Quatre parties de baume de copahu pur et une partie de sous - carbonate de magnésie agitées dans une capsule, puis abandonnées au repos, se convertissent en une substance qui prend en quelques heures l’aspect et la consistance d’une forte dissolution de gomme arabique. Le mélange conserve au contraire son opacité lorsque le baume de copahu est falsifié avec l’huile.
4°. Enfin, lorsqu’on agite dans une bouteille une partie d’ammoniaque à 22u, avec deux à cinq parties de baume de copahu, le mélange devient en peu d’instans parfaitement transparent lorsque le copahu est pur; il reste , au contraire, opaque s’il y a de l’huile. On peut ainsi reconnaître l’addition d’un vingtième ou même d’un trentième de celle-ci. Il est essentiel que cet essai soit fait à une température de 10 à 1 5° centigrades ; car, à une température de 20 à 2.5°, le baume de copahu qui contient un huitième d’huile redevient aussi transparent que le baume de copahu pur. A une basse température, comme de o à 5°, le copahu le plus .pur, mélangé avec l’ammoniaque, conserve son opacité.
On falsifie encore le baume de copahu avec la térébenthine des Conifères. Ce mélange se reconnaît à l’odeur de celle-ci, qui est surtout très sensible lorsqu’on en projette sur un fer rouge.
La térébenthine de copahu est un stimulant fort énergique. Si 011 l'administre à la dose de quelques gouttes, soit pure.
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soit suspendue dans un véhicule aqueux à l’aide de la gomme arabique ou d’un jaune d’œuf, cette substance agit simplement comme un excitant utile pour activer les sécrétions. Son action est tout autre quand on l’emploie à forte dose, comme, par exemple, à i ou 2 gros et au-delà ; elle occasione alors une chaleur brûlante de l’estomac, des nausées , des vomissemens et des déjections alvines abondantes. Il ne faut l’employer de cette manière que dans les inflammations chroniques de la membrane muqueuse intestinale , et lorsque celle-ci a besoin d’être excitée. Le baume de copahu fait alors cesser la diarrhée, qui n’est qu’un symptôme de cet état. Mais c’est surtout contre la blennorrhagie uréthrale que les praticiens l’emploient avec le plus de succès, et il réussit non-seulement dans les dernières périodes de cette maladie , et lorsqu’il ne reste plus qu’un écoulement atonique , mais encore dès le début de l’inflammation. Ce mode d’action , dont le caractère est, pour ainsi dire, spécifique contre la gonorrhée, a été surtout mis en évidence par MM. Ribes et Delpech. Celui-ci l’a aussi administré avec succès dans le catarrhe chronique de la vessie.
La saveur âcre et repoussante du baume de copahu détournant beaucoup de malades de son emploi , on a cherché tous les moyens pharmaceutiques possibles de déguiser cette mauvaise qualité sans priver la drogue de ses propriétés. En conséquence , on l’a prescrite en potions ou émulsions diversement aromatisées et édulcorées , en pilules , en électuaires , etc. M. Miale a communiqué à l’Académie de Médecine un procédé pour solidifier le baume de copahu , et le rendre propre à être réduit en pilules. Il consiste à prendre une livre de baume de copahu bien pur, quel’on place dans une assiette , et sur laquelle on tamise une once de magnésie fortement calcinée ; on mélange exactement , et on laisse le tout en contact dans un lieu abrité du contact de l’air. Au bout de i5 à 20 jours, le mélange acquiert une consistance pilulaire, et possède la même efficacité que le baume de copahu qui n’a pas subi de préparation. Si le baume de copahu que l’on emploie est falsifié avec de l’huile de ricin, la consistance du mélange n’est que sirupeuse ou on- Tome Y. i5
226 TÉRÉBENTHINES,
guentaire , par conséquent , impropre à la confection des pilules Enfin, on a proposé d’employer la résine de copaliu obtenue par l’évaporation totale de l’huile volatile. Celte préparation, qui a beaucoup d’analogie avec la térébenthine cuite, se donne à la dose de i5 à 24 grains, trois fois par jour, et elle fait cesser les écoulemens blennorrhagiques, même pendant la période d’acuité, dans l’espace de deux à trois jours.
Térébenthine de Dammara. Elle est fournie par le Pinus Dammata, Lambert; Agalhis Dammara, Rich., Conifères, tab. 19, arbre qui croit dans les îles de l’archipel indien. Son odeur est fortement résineuse, sa saveur très amère. Elle se convertit promptement en une résine dure, nommée par les Malais Darnmara-Puïi. On ne sait presque rien sur ses usages , qui doivent être les mêmes que ceux de notre térébenthine.
Térébenthine de Dombeya. Elle découle de l’écorce de Y Araucaria Dombeyi, Rich., Conifères, tab. 20 et 21 , nommé primitivement Dombeya excelsa. C’est un des plus beaux arbres de la famille des Conifères; il en existe des forêts au Chili et dans les contrées adjacentes. La térébenthine de Dombeya est glutineuse, d’un blanc de lait, d’une odeur forte et d’une saveur âcre et amère.
Térébenthine de Fraylejon. Suc résineux , très odorant, qui suinte de Y Espelelia grandijlora , Huinb. et Bonpl., Plant, équin. II, p. 1 1 , tab 70. Cette plante croît dans la république de Colombie , où les habitans lui donnent le nom de fraylejon. Elle appartient à la famille des Synanthérées , et se place près du Sylphium , dont une espèce ( Sylphium lerebinlhinaceum) , qu’on cultive dans les jardins de Botanique , donne également un suc très visqueux , qui peut nous donner une idée de cette sorte de térébenthine, d’ailleurs inconnue en Europe.
Térébenthine de Gilead. V. Térébenthine de la Mecque. On donne improprement le nom de térébenthine ou baume de Gilead, à une variété de la térébenthine d’Amérique. V. ce mot.
TÉRÉBENTHINES. 227
Térébenthine de la Mecque, Baume de la Mecque, de Ju- , dée, de Gilead, Opobalsamum , offic. Cette résine liquide est produite par le Balsamodendron Opobalsamum , Kunth ; Amjris Opobalsamum, L. (1), arbrisseau de la famille des Térébinthacées qui croît en Éthiopie et en Arabie. On extrait le baume de la Mecque par des incisions faites au tronc et aux branches, ou par la de'coction dans l’eau des jeunes branches et des feuilles. Le suc obtenu par incisions a une consistance sirupeuse, une couleur jaunâtre , blanchâtre et opaline à l’état récent, s’épaississant par la vétusté. Son odeur est vive et pénétrante, analogue à celle de la térébenthine de Chio. Sa saveur est aromatique , amère et âcre. Cette térébenthine, à un tel état de pureté, est rare dans le commerce , parce que les Orientaux se la réservent exclusivement. Cependant nous avons eu l’occasion de l’étudier sur une assez grande quantité contenue dans un flacon hermétiquement bouché, que M. le professeur Delile s’était procuré dans la Haute-Égypte, lors de la mémorable expédition française, et qu’il a eu la bonté de nous remettre. La térébenthine fournie par l’ébullition dans l’eau des branches et des feuilles est liquide , jaunâtre , trouble, acquérant de la solidité et de la transparence en vieillissant; sou odeur est forte, agréable, mais beaucoup moins que celle du baume obtenu par incisions.
La térébenthine de la Mecque se dissout dans l’alcool comme les autres résines fluides, mais, selon M. Vauquelin qui a publié un travail analytique sur cette substance ( Ann. de Chim. , t. LX1X, p. 221 ) , elle laisse un résidu peu abondant qui se gonfle et devient glutineux dans l’alcool. Cette matière est analogue à celle que contient la résine animée. V. ce mot. D’un autre côté, M. Bonastre lui trouve de l’analogie avec la bursérine.
(r) Il est probable que le baume de la Mecque provient de diverses espèces du genre Balsamodcnd/on. Le B. Gileadense, Iiuntb, ou Amyris Gileadensi*, L., est egalement cité comme produisant cette substance. Au reste, l’IÛstoire botanique de ces plantes n’est pas encore suffisamment débrouillée.