TÉRÉBENTHINES
Il est très rare de trouver du baume de la Mecque pur ; il est presque toujours falsifie' , soit avec la te'rébenthine de Chio , soit avec d’autres sortes de te'rébentbines. Cette falsification n’a heureusement aucunes fâcheuses conséquences, car ces substances sont douées au même degré de propriétés semblables. Nous ne sommes plus au temps où l’on attribuait, d’après les récits des Orientaux , les vertus les plus merveilleuses à cette résine fluide. Ainsi , tout ce qu’on a dit de ses propriétés vulnéraires, stomachiques et alexipliarmaques est aujourd’hui totalement décrédité.
Térébenthine de mélèze. V. Térébenthine de Venise.
Térébenthine de Strasbourg. Terebenthinci cibïelina , officiii. Elle est produite par le Sapin (Abies peclinala, D.C. , Flore française. Rich. Bot. méd , t. I , p. 1 4 1 ) , arbre de la famille des Conifères qui croît abondamment dans les Vosges, le Jura, et daus les régions septentrionales de l’Europe. Pour la recueillir , les paysans grimpent à la cime des arbres , et crèvent les utricules que la térébenthine forme au printemps et en automne sur le tronc en filtrant à travers l’écorce ; ils la reçoivent d’abord dans une bouteille qu’ils ont à leur côté, et ils en remplissent de petites tonnes qui , dans le commerce, portent le nom de goudes (i). La purification de cette térébenthine se fait, chez les paysans des montagnes, cl’une manière simple : un lambeau d’écorce de sapin roulé en hélice leur sert d’entonnoir-filtre , au fond duquel ils mettent des feuilles du même arbre. La térébenthine ainsi filtrée est parfaitement claire, presque incolore , moins consistante que les térébenthines de Bordeaux et de Venise, d’une odeur plus pénétrante, plus riche en huile volatile, et d’une saveur âcre et très amère. Ses usagés sont absolument les mêmes , et elle est préférée pour les préparations pharmaceutiques. Elle entre dans les baumes de Fioraventi , d’Arceus et de Lucatel , l’onguent di-
(i) On obtient aussi cette térébenthine, et en plus grande quantité, par de larges incisions faites au tronc de l’arbre, de meme que pour la térébenthine de Bordeaux.
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gestif, les emplâtres agglulinatif , vésicatoire, diachylon gommé, de Yigo , les sparadraps, et une foule de médicamens externes , dont elle rend les particules très adhésives entre elles et sur les corps auxquels on les applique. Privée de son liuile par l’ébullition dans l’eau , elle forme ce que l’on nomme en Pharmacie térébenthine cuite , dont on fait des pilules astringentes. Cette térébenthine , ainsi que les autres sortes, est encore employée à la confection de plusieurs vernis.
Térébenthine du térébinthe. V. Térébenthine de Ciiio.
Térébenthine de Venise ou Térébenthine du mélèze. Tere~ binthina laricea, T Veneliana , offre. Cette sorte de térébenthine provient du mélèze ( Pinus larix , L. ; Larix europæa, D.C. ; Abies larix, Rich. , Conif. , tab. i3), arbre qui croît dans les Alpes de la France , de la Suisse , ainsi que dans le nord de l’Europe. Le nom de térébenthine de Venise, qu’on lui donne vulgairement, vient de ce qu’on en faisait autrefois un grand commerce dans cette ville. Aujourd’hui, cette térébenthine est expédiée directement des lieux où on la recueille , et particulièrement des environs de Briançon. On l’obtient en pratiquant des trous au pied des mélèzes, et en faisant écouler le suc propre , dans des tonneaux , au moyen de gouttières de bois qui font communiquer ces tonneaux avec les plaies de l’arbre. Cette térébenthine se purifie en la faisant passer à travers des tamis de cuir. Elle a moins de consistance que celle de Ghio , qui d’ailleurs présente avec elle beaucoup d’analogie; elle est plus transparente, d’une odeur forte moins suave , d’une saveur chaude , âcre et amère. Ses propriétés et ses usages sont les mêmes que ceux de la térébenthine de Strasbourg. V. ce mot. (G...n.)
TÉRÉBINTHACÉES. Terebinlhacece . Famille naturelle de plantes dicotylédones, polypétales, à étamines périgynes, composée d’arbres ou d’arbrisseaux à feuilles alternes dépourvues de stipules, et ordinairement composées de plusieurs folioles terminées par une impaire. Les fleurs sont hermaphrodites ou unisexuées, petites et généralement disposées en
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grappes. Le calice est à trois ou cinq sépales quelquefois réunis par la base et soudés avec l’ovaire. La corolle manque dans plusieurs espèces; quand elle existe, elle se compose d’un nombre de pétales égal à celui des sépales. Les étamines sont alternes avec les pétales , en même nombre que ceux-ci, ou en nombre multiple. Le pistil offre trois à cinq carpelles, tantôt distincts, tantôt soudés entre eux, environnés à leur base d’un disque annulaire. Les fruits sont secs ou drupacés , renfermant ordinairement une seule graine.
La famille des Térébintliacées offre des rapports intimes avec celles des Légumineuses et des Rhamnées. Elle se distingue des premières par l’absence des stipules ainsi que par ses étamines toujours libres, sa corolle toujours irrégulière, etc., et des secondes par les étamines alternes avec les pétales , et par d’autres caractères. M. Kuntk a publié , dans les Annales des Sciences naturelles, t. 11, p. 333, un mémoire remarquable sous le rapport botanique, dans lequel il a partagé la famille des Térébintliacées en sept groupes, savoir: i°. les Anacardiées , qui renferment les genres Anacardium , Mangifera , Pistachia , etc. La noix d’acajou, la mangue, la pistache , qui appartiennent à ces genres , sont des fruits usités comme alimens ou comme médicamens , et dont il a été traité dans cet ouvrage. 20. Les Sümachinées, ayant pour type le genre Rhus , nommé en français sumac. 3°. Les Spondiacées , où l’on remarque le genre Spondias , .dont une espèce fournit la prune monbin , qui a été considérée anciennement comme une sorte de myrobalan. 4°- Les Burséracées, l'enfermant les genres Bursera, Icica, Canariam , et Bos-welia. Une foule de substances résineuses balsamiques, telles que les résines de gomart , d’iciquier , tacamaque, l’encens de l’Inde , etc. , découlent des arbres qui constituent ces genres. 5°. Les Amyridées, ainsi nommées du genre Amyris qui fournit quelques résines utiles, la myrrhe, la résine élémi, le baume de la Mecque, etc. 6°. Les Connaracées , composées d’arbres exotiques peu remarquables par leurs produits. 70. Enfin, les Juglandées , que l’on consi-