‹ Dictionnaire des drogues simples et composées, ou dictionnaire d'histoire naturelle médicale, de pharmacologie et de chimie pharmaceutique (volume 2)Chapitre 72 sur 107 · UPAS · texte numérisé non relu

UPAS

ULMUS CAMPESTRIS. F. Orme.

UPAS. Les naturels cle l’île de Java désignent sous ce nom diverses sortes de poisons végétaux dont ils se servent pour empoisonner leurs armes de guerre et de chasse. Parmi ces poisons , il en est deux surtout ( Upas anliar et U. tieuté ) qui sont célèbres par leur extrême activité , et à propos desquels certains voyageurs ont bâti un roman qui , malgré sa ridicule exagération, n’en a pas moins passé pour une histoire très avérée dans l’esprit des lecteurs crédules et superficiels. Un médecin de la compagnie hollandaise de Indes, nommé Foerscli, s’était plu particulièrement à recueillir les traditions populaires sur l’Upas, et à les embellir des rêves de son imagination. Il avait fait une peinture fort touchante du sort de ces malheureux dont la condamnation à la peine capitale était commuée en un sort presque aussi cruel , puisqu’ils n’avaient qu’une chance extrêmement douteuse de résister à l’action de Y Upas qu’ils étaient chargé de recueillir. L’arbre croissait dans une vallée de désolation , où nul être animé ne pouvait prolonger son existence ; les oiseaux qui par hasard traversaient les airs dans le voisinage tombaient subitement asphyxiés; les poissons des ruisseaux d’alentour en ressentaient aussi la redoutable influence ; enfin , il n’est sorte de contes que l’on n’ait débités sur ce dangereux végétal.

Les voyageurs modernes , particulièrement Leschenault de La Tour et Horsfield, ont fait justice de toutes ces absurdités en réduisant l’histoire de ces substances vénéneuses à ce qu’il y avait de positif. Il est certain que leur activité est des plus dangereuses lorsqu’elles sont introduites dans le système circulatoire; mais hors des limites du corps humain, elles n’a— gissent nullement, et Leschenault a pu recueillir impunément du suc d’antiar sur l’arbre qui le fournit.

Cet arbre croît principalement à l’extrémité orientale de l’île de Java, ainsi qu’à Bornéo , Sumatra , et dans les autres grandes îles de l’archipel indien. 11 avait anciennement été décrit par Rumphius, qui , dans son Herbarium amboinense, le désignait.sons le. nom d’ Arbor loxicaria. Leschenault (Ann, Tome Y. Ig

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du Muséum, vol. XVI , p. 476-, tab. 22) lui a imposé celui à’Jnlfaris toxicaria, et a reconnu qu’il appartenait à la famille des Urticées. Le suc propre contenu dans l’écorce de l’antiar est très visqueux, et a une saveur fort amère; celui que l’on retire du tronc a une couleur jaunâtre , tandis qu’il est blanc dans les jeunes pousses. D’après M. Horsfield, les Javanais préparent leur poison de la manière suivante : ils recueillent, dans la soirée, le suc d’antiar qu’ils mettent dans un tuyau de bambou; le lendemain ils le mélangent avec le suc exprimé de certains végétaux aromatiques broyés et triturés avec soin , tels que le Kœmpferia galanga, l’ Amomum Zerumbeth, une espèce particulière d 'Arum , de l’oignon et de l’ail commun , et enfin du poivre noir. Le mélange étant bien agité , ils placent au milieu une graine de Capsicum frutescents qui tournoie irrégulièrement dans le liquide ; lorsque l’agitation a cessé , ils ajoutent une certaine quantité de poivre et une nouvelle graine de Capsicum ; enfin , ils répètent cette opération jusqu’à ce que la graine de Capsicum devienne immobile , en laissant autour d’elle une sorte d’auréole ; la préparation du poison est alors terminée. On le conserve dans des branches de bambou que l’on bouche aux deux extrémités et que l’on garnit de substance résineuse. C’est avec ce poison que MM. Magendie et Delile ont fait un grand nombre d’expériences sur les animaux, desquelles il résulte que l’antiar agit comme tous les poisons narc'otico-âcres ; il est absorbé, porté dans le torrent de la circulation, et agit consécutivement sur le cerveau et la moelle épinière; il détermine souvent tous les effets des substances émétiques. Analysé par M. Pelletier, il n’a donné aucune trace de strychnine. La chair des animaux tués par les flèches empoisonnées au moyen de l’antiar ne contracte aucune qualité vénéneuse; il suffit d’enlever la partie où la flèche s’est enfoncée. Sous ce rapport , l’antiar est analogue au Curare ou TVorara, poison des indigènes de l’Amérique méridionale. V. ’Curahe.

CL pas tieuiê est un aùtrë poison dont les effets sont encore plus violens que ceux de l'an tiar. Les Javanais lui donnent le di .1 suroT

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