‹ Dictionnaire des drogues simples et composées, ou dictionnaire d'histoire naturelle médicale, de pharmacologie et de chimie pharmaceutique (volume 2)Chapitre 71 sur 107 · TYPHA · texte numérisé non relu

TYPHA

veur, amère; mais cet usage est aujourd’hui tombe' en désuétude. Nous en dirons autant des rhizomes (racines) qui étaient prescrits par les anciens médecins , et qui figuraient parmi les ingrédiens du sirop d ’ Erysimum. En certaines contrées d’Allemagne , les feuilles sont encore usitées comme topiques , et on les fume en guise de tabac. (G... N.)

TUTHIE DES FOURNEAUX. V. Cadmie des fourneaux, t. ï, p. 499.

TYPHA ou MASSETTE. Typha latifolia , L. C’est une plante monocotylédone , formant le type d’une petite famille à laquelle on donne le nom de Typhacées ou Typhinées. Cette plante croît abondamment dans les lieux aquatiques de presque toute l’Europe. Ses souches souterraines ( rhizomes ) sont cylindriques ou légèrement aplaties , de 12 à 1 5 pouces de longueur, et d’environ un pouce à un pouce et demi de diamètre. A l’état frais, elles sont plus pesantes que l’eau , d’une saveur douce, avec un arrière-goût styptique. Leur intérieur est plein d’une substance blanche, assez compacte, d’une saveur agréable. De ces souches s’élève verticalement une sorte de chaume simple , sans nœuds, cylindrique, muni à sa base de feuilles rubanées , et portant au sommet les fleurs qui forment des chatons cylindriques, composés d’une multitude de fleurs monoïques , les mâles occupant la partie supérieure , les femelles placées au-dessous. Les fleurs mâles étant excessivement nombreuses, fournissent une quantité considérable de pollen que , pour divers usages pharmaceutiques et techniques , l’on a substitué à la poussière du lycopode. Les poils qui accompagnent les fleurs et qui sont un peu plus courts que les étamines , constituent un duvet très serré qu’on est parvenu à feutrer , et dont on a fait des tricots, des coussins, etc. Chardin raconte qu’en Perse on mêle la bourre du typha avec de la cendre et de la chaux vive que l’on bat pendant long-temps pour en former une sorte de ciment ou de mortier qui acquiert la dureté du marbre.

Les rhizomes ou racines de typha contiennent beaucoup de fécule, dont la quantité et les caractères varient selon la sai-

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son où l’on a fait la récolte de ces racines. C’est ce qui résulte des recherches analytiques que M. Lecoq a publiées, et dont voici les produits : 1000 grammes de racine fraîche ont donné,

Recolle du mois de décembre. Recolle du mois d’avril.

Eau

Fécule

Gomme J

Sucre F

Tannin s

Malate acide de chaux k

Matière extractive particulière. J

Ligneux

Le résidu ligneux incinéré a donné du carbonate , de l’hydro-chlorate et du sulfate de potasse , de la silice, de la magnésie et de l’oxide de fer.

On voit par ces résultats , qui sont les extrêmes de plusieurs analyses , que l’automne est la saison où il se forme le plus de fécule , et qu’au printemps , c’est le sucre , la gomme et autres principes qui dominent aux dépens de la fécule. En outre , celle qui est obtenue au mois de décembre forme avec l’eau une gelée analogue à celle que l’on prépare avec le salep et qui acquiert une belle couleur bleue par l’iode, tandis que la fécule recueillie dans le mois de mai n’est pas susceptible de se convertir en gelée.

Le Typha anguslifolia , espèce moins commune que le Typha latifolia , et qui croît dans les mêmes localités, fournit aussi des produits semblables. (G... N.)

ULMAIRE ou REINE DES PRÉS. Spirœa Ulmaria, L. ( Famille des Rosacées, tribu des Spirc'acées. Icosandrie Pentagynie , L. ) Plante herbacée qui croît en abondance dans les pâturages et les prés humides de l’Europe. Ses racines sont longues de 2 à 3 pouces , noires à l’extérieur, écailleuses, gar-

a7a UL'MINE.

nies de fibrilles nombreuses filiformes et noires , offrant à l’intérieur un parenchyme un peu charnu et une moelle centrale blanche très lârge. La tige est simple, haute d’environ ?. pieds, portant des feuilles alternes, pinnées , à folioles vertes en dessus , blanchâtres en dessous , incisées-dentées sur les bords, accompagnées de stipules amplexicaules. Les fleurs sont blanches, d’une odeur agréable, et disposées en un corymbe terminal très fourni.

Les racines de la reine des prés ont une saveur astringente due à la présence d’une certaine quantité de tannin ; mais on ne les emploie plus aujourd’hui, ou du moins elles ont cessé d’être officinales. Tl en est de même des feuilles et des fleurs, dont on se servait autrefois en infusion et qui sont légèrement excitantes. (èj...N.)

ULM1NE. Substance solide, insipide, inodore, d’un noir luisant. Ce produit est insoluble dans l’eau froide , peu soluble dans l’eau bouillante, qui cependant acquiert une couleur jaune. L’ulmine est soluble dans l’alcool et dans l’acide sulfurique ; elle rougit le papier et la teinture de tournesol; elle forme, avec les alcalis, des combinaisons très solubles dans l’eau et qui sont décomposées par les acides et par les sels terreux. La solution d’uhnine est décomposée et décolorée sur-le-champ par les solutions de nitrate de plomb et de nitrate de mercure ; le précipité est de couleur brune. L’ulmine a été découverte par M. Vauquelin dans l’exsudation brune d’une écorce d’orme. MM. Klaproth, Berzélius et Braconnot l’ont étudiée successivement. M. Berzélius pense qu’elle est une des parties constituantes de presque toutes les écorces. M. Braconnot l’a signalée dans la tourbe, le terreau, le lignite terreux. Le même chimiste est parvenu à faire de l’ulmine de toutes pièces , en traitant dans un creuset d’argent la sciure de bois par de la potasse caustique, soumettant le mélange à l’action d’une forte chaleur et traitant par l’eau le résidu , décomposant la solution aqueuse par un acide qui précipite l’ulmine. Ce produit n’est pas employé en Thérapeutique. (A. C.)

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