‹ Dictionnaire des drogues simples et composées, ou dictionnaire d'histoire naturelle médicale, de pharmacologie et de chimie pharmaceutique (volume 2)Chapitre 89 sur 107 · ZINC · texte numérisé non relu

ZINC

fournissent une sécrétion employée comme parfum sous le nom de civette. ce mot.

ZINC. Corps combustible simple métallique existant dans la nature, i°. combiné à l’oxigène (à l’état d’ oxide) \ 20. uni â l’oxigène et aux acides carbonique et sulfùriqué ( à l’état de carbonate et de sulfate) • 3°. à l’état d’oxide ét combiné avec la silice (la calamine). '

L’époque où le zinc fut décôuvert n’est pas précisément connue ; cependant son emploi à l’état d’alliage remonte à la plus haute antiquité. Albert-le-Grand, qui mourut dans le XIIIe siècle, est le premier qui en ait parlé dans ses écrits ; mais d’après ce qu’il en dit, il est douteux qu’il ait pu èxaminer ses propriétés physiques, car il l’appelle marcaSsile d’or. Pour la première fois , dans le XVe siècle, ce métal fut appelé zinc , et c’est dans les écrits de Paracelse , qui annonçait gravement que le zinc était et n’était pas un métal, ajoutant qu’il consistait principalement en cendres de cuivre (1).

Le zinc n’a jamais été trouvé, en Europe, à i’état de pureté; mais dès le commencement du XVIIe siècle, on connaissait un mode pour l’extraction de ses mines. Le premier procédé paraît être dû à Isaac Lawson ; le second , à d’Henkel ; il date de 1721. Von Swab , en 1 7 4 ^ t obtint ce métal par distillation, et MargrafF, en 1 7 ^6 , publia dans les Mémoires de Berlin un procédé pour l’extraction du zinc.

L’extraction de ce métal s’opërè en plusieurs pays.' L’Angleterre possède plusieurs établissèmens de ce genre. Les mines exploitées sont le sulfure de zinc : celui-ci est grillé , le résidu est pulvérisé et mêlé à du charbon de bois , puis soumis à une forte chaleur, dans dé grands pots d argile' fermes. Le zinc réduit tombe par gouttes dans un tube de fer adapté à l’extrémité inférieure du pot de grès, et il coule dans un vase contenant de l’eau. Il est ensuite fondu et coulé en lingots, puis exporté dans divers pays, et notamment dans le nord de l’Europe.

fl) Le zinc n aussi etc appelé speltre.

zinc. 34s

En France, ce métal est extrait de la calamine, dans l’ancien département de l’Ourllie, et l’on agit de la maniéré suivante. On bocarde la mine, onia lave, on l’introduit dàUs de grands tuyaux de terre, après l’avoir calcinëë et niêîéêttVfcc du charbon. Ces tuyaux traversent un grand fôurnëaü que l’on chauffe avec du coke, et l’une de leurs extrémités est Inclinée de manière que l’extrémité ouverte Soit plùs ëlevëe èt communique avec d’autres tuyaux inclinés dans un sens opposé. La réunion de ces tubes forme un grand apparèïl distilla toire dont la cornue est représentée pâr les premiers tuyaux , et le récipient par les autres. L’appareil disposé , on chauffe fortement : le métal se réduit et' se sublime dans les tuyaux qui> sont hors du fournëaii ; on le fait tomber dans un bassin, de réception ; on le retire de ce bassin , On le fait fondre de nouveau et on le livre au commerce.

Le zinc pur s’obtient par distillation à vase clos. A cet effet, on introduit du zinc concassé dans une cornue , qu’on place dans un fourneau à réverbère recouvért de son dôme.

On adapte à la cornüe une allonge en fer, dont l’extrémité plonge dans l’eau de quelques lignes seulement. La surface du liquide ne doit pas être très grande , afin d’éviter les aedidens qui pourraient être occaSionés par l’absorption de l’eau et par son ascension dans la cornue. On chauffe : le zinc se fond et së réduit en vapeurs, qui se condensent dans l’allonge et dans l’eau. Il faut avoir soin de maintenir le feu pendant tout lè temps de la distillation, et de relever le bout de l’allonge aussitôt que l’opération est terminée. Toutes ces précautions oht pour but d’éviter l’absorption de l’eaii dans le vaSe distillatoire. On sépare le métal de l’eau , on le fait fondre dans un creuset , et on le coule dans une lingotière. Le zinc se conserve dans des boîtes fermées, placées dans un endroit sec.

Ce métal est solide , d’une couleur blanche brillante avec une nuance bleuâtre. Sa structure est lamelle use ; frotté quelque temps entre les doigts, il les noircit; il leur communique en même temps une odeur Sensible et un goût particulier.

Lp zinc est plus mou que dur ; son poids spécifique, lors- .qu!i|. es>t fondu , varie de 6,861 à 7,1 ; le plus léger est considéré comme le plus pur. Lp poids spécifique , lorsque ce métal a été écroui, m’élève à 7,1908. Ce métal forme, pour ainsi .dire, une limite. entre les métaux cassans et les métaux malléables; sa malléabilité ne peut entrer en comparaison avec celle du cuivçe, du plomb ou de l’étain ; mais aussi il n’est pas cassant comme l’antimoine, le bismuth et l’arsenic ; en effet , il ne se brise pas sous le marteau, et semble en quelque sorte s’y aplatir; enfin , à l’aide d’une pression égale et graduée, on peut le réduire en lames très minces, qui sont, souples et élastiques , mais qui ne peuvent se ployer plusieurs fois sans se rompre. Chauffé à ioo° centigrades environ, il devient très malléable; on peut le battre sans le rompre, et, aminci par le marteau, il peut être laminé et travaillé au tour. Porté à une température de 2o5° centigrades, on le rend assez cassant pour pouvoir le pulvériser. Le zinc est ductile; on peut le tirer en fils ; se-. Ion Muschcmbroek , un fil de zinc de 2 millimètres de dia-, mètre peut supporter sans se rompre un poids d’environ Soumis à l’action delà chaleur, le zinc se fond à la température de 3Go° centigrades; si l’on porte la température au-delà de ce degré, le zinc se volatilise. Si, lorsqu’il, a été fondu, on le laisse refroidir lentement, il fournit de petits faisceaux formés de prismes triangulaires disposés dans tous les sens ; ces cristaux , exposés à l’air sans être entièrement refroidis , prennent une couleur irisée, ce qui tient à un coiumencement d’oxidation. Exposé à une température plus considérable que celle nécessaire pour la fusion , et avec le contact de l’air, le zinc brûle avec une flamme très vive et se volatilise. La partie qui se volatilise s’enflamme dans l’air et fournit un oxide blanc très léger, qui était connu des anciens sous le nom de pomphalix. ( V. Oxide de zinc.) )

Exposé, à l’action de l'air, à la température ordinaire , il se ternit, mais û’éprouye aucun autre changement; gardé sous l’eau, sa surface se noircit ; l’eau est lentement décomposée;

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il y a combinaison de l’oxigène avec le métal et dégagement de gaz hydrogène. La décomposition de ce liquide a plus promptement lieu par l’élévation de la température, et si l’on fait passer de l’eau en vapeur sur du zinc chauffé à une température très élevée, cette décomposition s’opère avec rapidité. Le zinc se combine à l’oxigène, au chlore, à l’iode, au phosphore, au soufre; il s’allie avec les métaux. Ce métal est employé dans les laboratoires, i°. pour la préparation de l’oxide blanc; 20. pour obtenir du gaz hydrogène. Dans les arts, on s’en sert pour faire des gouttières,, des corps de pompe, des baignoires , pour recouvrir les édifices , pour la construction des piles voltaïques, pour faire du bronze. On avait pensé pendant quelque temps pouvoir s’en servir pour Jabriquer des instrumeus culinaires; mais des expériences faites par beaucoup de personnes, et quelques-unes qui me sont propres , prouvent que ce métal ne peut servir à cet usage , par la raison qu’il est facilement attaqué par les acides et les corps gras et qu’il pourrait en résulter de graves inconvéniens. On 11e se sert plus de ce métal pour faire de ces instrument ; il en est cependant quelques-uns qui ont été répandus dans le commerce , et il serait utile qu’ils fussent destinés à d’autres emplois. (A. C.)

ZINGIBER OFFICINALE. V. Gingembre.

ZIRCONE, Oxide de zirconium. La zircone est blanche, insipide, inodore , inaltérable par l’eau et par les. fluides impondérables, réductible par le potassium. Sa découverte est due à Klaproth ; elle date de J 789 ; on l’a trouvée dans l’hyacinte de Ceylan et dans le zircon , qui eii contient environ 65 pour 100. Cet oxide a été étudié par MM. Guyton, \auqueliu, Clievreul, Laugier , Dubois et Sylveira. On doit à ces derniers le procédé suivant, pour l’obtenir ù l’état de pureté (1). . • . ' j-, •. ü. .'

(t) LVxistcncc île lu zircone avait été signalée dans lu poivre par M. Paoli, mais cc fait a été démenti par un article inséré pu 182^, dans le Journal

de Pharmacie , p. 43 .j ■ :! • . ;u.

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