‹ Dictionnaire des drogues simples et composées, ou dictionnaire d'histoire naturelle médicale, de pharmacologie et de chimie pharmaceutiqueChapitre 10 sur 130 · Tome I · texte numérisé non relu

Tome I

d’acide sulfurique qui entre dans sa composition et qui était mêlé à l’acide tartrique.

L’acide tartrique contient quelquefois du sulfate acide de potasse. On reconnaît cette falsification en faisant calciner une certaine quantité de cet acide, recueillant le produit de la calcination qui est en partie converti en sulfure de potasse. On s’assure qu’il existe bien réellement de la potasse dans le résidu, et comme cet alcali ne peut provenir de l’acide tartrique , elle indique l’impureté de cet acide.

L’acide tartrique peut quelquefois contenir du cuivre provenant des instrumens qui ont servi à sa préparation ; pour reconnaître la présence de ce corps, on se sert d’ammoniaque, qui donne à la solution une couleur bleue : ou bien l’on se sert d’une lame de fer bien décapée; celle-ci , trempée dans une solution d’acide tartrique contenant du cuivre , prend une belle couleur cuivrée.

S’il contenait du plomb, l’bydrogène sulfuré le précipiterait en noir.

S’il est mêlé à de la crème de tartre , l’eau est un réactif suffisant; elle dissout facilement l’acide tartrique, et laisse le tartre pour résidu. (A. C.)

Acide tdngstique , açi(,le du tungstène j acide du TV olfram. Cet acide existe dans deux minéraux seulement : l’un , appelé autrefois tungstène, est le résultat de la copibinaison de l’acide tungstique ayec l’oxide de calcium ( le lungslate de chaux') \ le deuxième, connu sous le nom de tungstate de fer de JVqlfrajfij est une combinaison d’acide tungstique , de fer oxi^.é et d’une petite quantité d’oxide de manganèse : c’est de ce dernier produit que l’on extrait l’acide ( i ).

Pour obtenir l’acide tungstique , on emploie le procédé suivant, dû à Bucholz : on mêle ensemble une partie de wolfram réduite en poudre fine , avec deu^ parties de carbonate de potasse; on place ce mélange dans un creuset sur le feu, pp le tient en fusion pendant une heure, en ayant soin de remue^ de

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.^r) M. Va-oquelin vient de trouver tte- Pacitle wngstnjnc dans Hoxtdc de manganèse de la romanèche. ■'

temps en temps; au bout de cet espace de temps, on verse la masse fondue sur du' marbre, et lorsqu’elle est presque refroidie , on la réduit en poudre. On traite cette poudre à plusieurs reprises par de l’eau distillée bouillante; on l’épuise ainsi de tout ce qu’elle contient de soluble. Tous les liquides étant réunis, on traite la liqueur par de l’acide hydro-chlorique ; on ajoute de cet acide jusqu’à ce que l’addition de ce corps ne produise plus de précipité; on recueille ce précipité sur un filtre, après l’avoir bien lavé , on le traite de nouveau avec une solution bouillante de carbonate de potasse; on le précipite ensuite de nouveau par l’acide liydro -cblorique : le précipité séparé est mis en digestion dans l’acide nitrique, pour lui enlever les dernières portions de potasse qu’il peut retenir ; on le lave ensuite à grande eau, et on le dessèche dans un creuset de platine.

Dans cette opération on a pour but de décomposer le tungslate de fer; l’acide s’unit à l’oxide de potassium pour former utt tungstate de potasse, dont on séparé l’acide tungstique à l’aide de l’acide bydro-cWorique.

L acide tungstique est en poudre ; il est jaune, sans saveur ; il est insoluble dans l’eau, n’ayant aucune action sur les couleurs bleues végétales. Cet acide prend quelquefois une couleur bleue'; quoique insoluble dans l’eau, il peut cependant rester en suspension dans ce liquide. Il lui donne alors une apparénce' Taitéusè et une couleur jaunâtre.

L acide tungstique s’unit aux bases salifiàbles'; il donne nais'sance a un genre de sels que l’on a nommés tungstàies.

Des essais thérapeutiques sur l’acide tung'stiqiié ont été tentés dans des cas d’épilepsie : quelques unes de ces tentatives odt paru présenter des résultats avantageux;' mais ces expériences, faites en trop petit nombre, demandent à être répétées pour éclairer la question (Burdett').

On administre cet acide à la dose de lo graiii^ patf jour, 5 le matin et 5 le soir, amene eri' pilule à l’aidê, d’üti' mucilagèf de gomme adragante. ■ i i

Acide übiqüe acic^e liihiquej acide lithiasiquej acide bèi ^oardiqucj acide des calculs. La découverte de l’acide urique

igS ACIDES.

est due à Scheèle, qui, dans la publication qu’il fit de ses expériences en 1776, annonça la présence d’un acide particulier dans les calculs urinaires. Les résultats annoncés par Scheèle furent confirmés par Bergman qui , ainsi que d’aulres chimistes, s occupait d ej^périences sur la nature des concrétions calculeuses qui se forment dans la A’essie. L’acide urique fut d’ abord appelé acide bézoardique par Morveau, puis acide lithique, enfin acide urique, qui est le nom sous lequel il est connu aujourd’hui.

Cet acide, a été étudié par Bergman et Fourcroy , puis par MM. Higgins, Wollaston, Pearson, Vauquelin, Williams, Henry , Prout, Proust, Chevallier, Lassaigue, etc. , existant dans les urines humaines; il se dépose souvent sous forme d’une poudre jaune yil constitue des calculs urinaires formés de couches concentriques. Uni à l’ammoniaque, il donne lieu à d’autres calculs ; il existe dans la partie blanche des excrémens des oiseaux. M. Vauquelin l’a trouvé dans les urines blanches et troubles que rendent les serpens. M. Robiquet l’a découvert dans les cantharides. M. Brugnatelli l’a trouvé combiné à l’ammoniaque dans les matières excréraentitielles de la falêne du ver à sole, et dans le blanc du même insecte. Il est uni à la soude dans les calculs arthritiques ( qui se forment dans les articulations). On. J’a trouvé dans une sécrétion produite par les poi-es c/tej.’eZw. ( Heller et Clievallier. )

Procédé d^extraction. On prend des calculs d’acide urique, on les réduit en poudre line , on les fait dissoudre dans une solution de potasse à l’alcool ; on laisse déposer la liqueur , on tire à clair la solution alcaline, on l’étend d’eau, et on la filtre. La liqueur filtrée est ensuite décomposée par l’acide hydrochlorique ou par l’acide acétique. Ces acides s’unissent à la potasse et précipitent l’acide urique , qui se dépose sous fo^me d’une poudre blanche, rude au toucher. On recueille le précipité aur un filtre; on le lave d’abord avec un peu d’eau aiguisée d’alcali volatil, puis avec de l’eau chaude, et jusqu’à ce que ce liquide n’enlève plus rien au précipité (i).

(i) On peut aussi obtenir l’acide urique en traitant de la même manière

L’acide urique possède les caractères suivans : ii est pulvérulent, insipide, inodore; il rougit la teinture de tournesol; il se dissout dans 1720 parties d’eau à 16° centigrades, et dans 1 i5o parties d’eau à 100° centigrades. Cette solution, par refroidissement, laisse déposer dc' l’acide urique sous forme de petits cristaux. La dissolution aqueuse d’acide urique rougît le papier de tournesol.

Cet acide est plus pesant que l’eau; il est soluble dans les solutions alcalines , moins soluble dans l’ammoniaque , et peu soluble dans les carbonates alcalins. Soumis à l’action de I acide nitrique , à l’aide la chaleur, ces deux acides se décomposent: les produits de cette décomposition sont de l’eau, de l’acide carbonique, de l’oxide d’azote, de l’acide prussique, de l’acide purpurique, de l’ammoniaque. A une époque de la décomposition, la liqueur devient rose et carminée. Cette coloration est due, selon M. Vauquelin , à la présence d’une matière particulière.

Soumis à l’action de la chaleur dans une cornue dè verre à laquelle on adapte une allonge et un ballon, on obtient du carbonate et de l’hjdro-cyanate d’ammoniaque ( qui cristallisent sur les parois du ballon). Il y a ensuite production d’une liqueur épaisse empyreumatique qui contient beaucoup de pyro-urate ^ammoniaque. Cette liqueur se solidifie par refroidissement. Vers le milieu de l’opération, des lames brillantes viennent se déposer sur les parois du flacon : ces lames constituent un acide partieulier qui avait été découvert par M. William Henry, et qui a été étudié depuis par MM. Chevallier et Lassaigne. Ces c imistes ont déterminé les proportions chimiques de cet acide, quia été nommé^ciàepYro-uriqueli). Sur la fin de l’opération,

les dépôts qni se forment dans les urines de l’homme ( avant qu’elles aient subi la putréfaction ). ^

(i) L’acide pyro-urique est compose

d’oxigène..... ^^^3^

de carbone 38,29 ’

à'azote. ,6^84

d hydrogène 10,00 (Chevallier et Lassaigne}.

igS ACONIT NAPEL.

il y a pi'oduction d’une matière huileuse empyreumatique , très colorée , et dégagement de gaz ; la cornue contient un résidu qui est du charbon.

X’acide urique, suivant M. Bérard, est formé en poids de3g,i6 d’azote 33, 6 1 carbone 18,89 oxigène 8,34 hydrogène.

Cet acide n’est pas employé dans l’art médical ; mais formant quelques calculs des voies urinaires, ses propriétés doivent être étudiées par le pharmacien, qui est souvent appelé à faire l’analyse des concrétions qui le contiennent. ( V. Calculs.)

Acide zooniqüe. Acide particulier que M. Berthollet avait reconnu dans le liquide provenant de la distillation des matières animales.

Cet acide ayant été examiné par M. Thénard, ce savant reconnut qu’il était formé d’acide acétique combiné à une matière animale. Un autre chimiste l’avait considéré comme de l’acide lactique. (A. C.)

'. Acide ztjmique. Par ce nom, M. le docteur Thomson désigne l’acide nancéiquej découvert par M. Braconnot. ( V. p. 13^. )

ACMELLE..ir. Spilanthe.

ACONIT NAPEL. Aconitum napellus. L. Rich., Bot. méd., t. II, p. 63 1. (Renonculac. J. Polyand. trigyn.L. ) Belle plante vivace qui croît dans les Alpes, les Pyrénées, etc., et que l’on cultive quelquefois dans les jardins. Sa racine, renflée en forme de navet , donne naissance à une tige de trois à quatre pieds de hauteur, cylindrique et glabre, portant des feuilles pétiolées, partagées en cinq ou sept lobes très profonds et incisés. Ses fleurs violettes forment un long épi au sommet de la tige.

Toutes les parties de cette plante sont extrêmement acres et vénéneuses. C’est un poison violent pour l’homme et les animaux , et le nom de tue-loiip qu’on lui donne , ainsi qu’a une autre espèce du même genre, vient de ce que, dans les pays de

ACONIT NAPEL. 199

montagnes, on mélange sa racine avec de la viande hachée afin de faire des appâts pour détruire les loups ; aussi M. le professeur Orfila a-t-il rangé le napel et les autres espèces d’aconit parmi les poisons âcres. Néanmoins, l’aconit napel a été introduit dans la thérapeutique médicale par Stoerck , qui l’administrait contre la syphilis et le rhumatisme chronique. M. le professeur Fouquier l’a donné avec quelque succès comme diurétique dans les hydi’opisies passives. La préparation que l’on doit préférer est l’extrait préparé avec le suc exprimé des feuilles fraîches. Sa dose est d’un à deux grains, que l’on peut successivement augmenter. On donne aussi la poudre des feuilles, à la dose de quatre à huit grains. C’est un médicament dangereux, dont il est plus prudent de s’abstenir.

D’après les expériences de M. le professeur Orlila , le suc des feuilles d’aconit, introduit d’une manière quelconque dans l’économie animale, détermine des acciden s graves, suivis d’une mort prompte. La l’acine agit de la même manière et avec encore plus d’énergie. L’extrait résineux de cette plante paraît être la préparation la plus violente. L’aconit est absorbé, agit sur le système nerveux et spécialement sur le cerveau, et déterminé une sorte d’aliénation mentale.

Les moyens de remédier aux accidens produits par ce poison sont : 1°. de faire immédiatement vomir le malade, surtout si l’introduction du poison est encore récente, alin de le rejeter hors de l’estomac. On devra employer des moyens doux , l’eau tiède, la titillation de la luette, ou l’ipécacuanha. Comme celte substance vénéneuse agit d’abord sur l’estomac, qu’elle irrite, on emploiera les boissons adoucissantes, ou même l’application d’une douzaine de sangsues à l’épigastre, si les symptômes inflammatoires paraissaient intenses. S’il se développait quelques signes d’excitation cérébrale, on emploierait les révulsifs. Enfin , une forte infusion de café en poudre , les antispasmodiques excitans , ont été souvent avantageux , quand il n’y avait pas" de douleur au ventre et que le malade tombait dans un état d’abattement et d’insensibilité.

• L’examen chimique de l’aconit napel a été tenté par M. Bra-

ACONIT NAPEL.

connot. Ce chimiste a cru reconnaître la présence de l’acide malique dans ce végétal; mais ce résultat a été infirmé, et M. Vauquelin a retiré de l’acide citrique de l’aconit napel.

li’analyse de ce végétal a été faite en 1808 par M. Steinacher, qui reconnut que cette plante contenait; 1°. de la fécule verte; 2°. une substance odorante gazeuse; 3°. de l’hydro-chlorate d’ammoniaque; 4°. du carbonate; 5°. du phosphate de chaux. M. Tutten avait déjà annoncé , il y a 4o ans , la présence d’un phosphate dans l’aconit.

Parmi les travaux les plus récens faits sur les aconits, on doit citer l’analyse de la racine de l’aconit tue-loup , faite par M. Pallas. Ce chimiste n’ayant pu se procurer la racine du napel , étudia celle du lycoctonum. Cette analyse a fourni les résultats suivans :

1°. Une matière huileuse noire;

Une matière verte ayant de l’analogie avec la matière verte du quinquina; ^

3°. Une matière ayant de l’analogie avec les alcalis végétaux (1) ;

4°. de l’albumine ;

5°. Des malate, muriate et sulfate de chaux ;

6°. De l’amidon;

7°. Du ligneux.

Dans le commerce , on substitue souvent l’un des aconits à l’autre ; c’est aux pharmaciens à reconnaître cette fraude et à donner au praticien l’aconit qu’il demande, sans avoir égard si les propriétés de ces plantes se rapprochent d’une manière marquée les unes des autres.

Les mêmes propriétés se rencontrant dans les autres espèces du même genre, et surtout dans les aconitum paniculatinrij aconitum lycoctonurrij etc. , nous croyons inutile d’entrer dans aucun détail à leur égard. Quant à l’aconit salutifère ou anthora {aconitum anthora^ L.) , ainsi nommé parce que l’on prétendait

(1) La matière alcaline signalée par M. Pallas, et qu’il a décrite dansson mémoire, est sans doute l’aconitine de M. Braude,

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