ACONITINE
^ju’il était le contre-poison des autres espèces , il possède absolument la même âcreté, et par conséquent il est tout aussi dangereux, et aujourd’lmi son usage est tout-à-fait abandonné.
ACONITINE. L’existence d’un alcali végétal dans l’aconit a été annoncée par M. Brande , qui l’a nommé aconitine. N’ayant aucun détail sur ce principe , nous décrirons sous ce nom une substance végétale ayant de l’analogie avec les alcalis, et qui a été découverte par M. Pallas ( docteur en Médecine ) dans la racine de VoconituTn lycoctonum ( l’aconit tue-loup ).
Cette substance se présente sous forme d’ écailles jaunâtres, transparentes; sa saveur est très amère; elle est soluble dans l’eau froide , peu ou point soluble dans l’alcool froid , soluble dans ce liquide bouillaiit.^s diverses dissolutions ramènent manifestement au bleu le papier de tournesol préalablement rougi par les acides. La petite quantité de cette matière obtenue par M. Pallas ne lui a pas permis de multiplier ses expériences sur cette matière, qu’il considère comme un nouvel alcali végétal, donnant à la racine d’aconit tue-loup les propriétés vénéneuses qu’on lui connaît (i).
Mode de préparation. On prend la racine sécbée à l’air , on la traite à plusieurs reprises par de l’alcool à 4^° bouillant; on réunit les liqueurs, on les Introduit dans une cornue et an soumet à la distillation pour retirer une partie de l’alcool. Lorsque le liquide contenu dans la cornue est réduit au sixième de la masse, on retire la liqueur de ce vase, on la verse dans une capsule de porcelaine, et on la réduit en consistance d’extrait solide ; lorsque l’extrait est refroidi , on le traite par l’eau distillée froide, et on filtre la solution. On ajoute à cette solution filtrée de la magnésie pure ; on fait bouillir pendant quelques minutes, puis on jette sur un filtre ; on lave la matière qui reste sur ce filtre avec de l’eau froide , et on la met à sécher.
Lorsque le précipité est sec, on le retire de dessus le filtre, on le réduit en poudre , et on le traite par l’alcool à 4°“ bouil-
(0 Journal de Chimie medicale, t. I, p.
ACORUS VRAI, lant. Ce liquide abandonné à une douce chaleui', fournit le principe que nous avons décrit précédemment.
II est à désirer que de nouvelles expériences soient tentées pour obtenir Vaconitine, et pour étudier ensuite' sou action sur les animaux. (A. C.)
AOORUS FAUX , acorus adultérin. Racine de l’iris pseudoaccrus. L. Ricb. Bot. méd., t. I, p. io5.
La racine de cette plante, qui croît en abondance dans les marais, est tubéreuse, blanchâtre, remplie de suc, odorante, d’une saveur âcre. On l’emploie comme purgative. On en fait usage dans l’bydropisie, dans les pertes et cracbemens de sang.
La dose est de ( 4* i6 grammes) i à 4 gros.
Les graines torréfiées de cette espèce d’iris ont une saveur amère et légèrement astringente ; on les a préconisées comme un des succédanées indigènes du café. (A. R.)
ACORUS VRAI, ou accrus cdorant. Accrus calamus. L. Rich. Bot méd. 1. 1, p. 48. (Aroïdées , J. Hexand. monog. L. ) La racine de cette plante est fort souvent confondue dans les livre* et les pharmacies avec le caZamzis aromaticus qui en est tout-à-fait durèrent. ( V^, Calamus ahomaticus. )
L’acorus vrai est une plante vivace qui produit des feuilles longues, étroites, à peu près semblables à celles de l’iris, des fleurs disposées en un chaton cylindrique, et des fruits qui ressemblent au poivre long. Il ci’oît dans les lieux humides, en France, en Allemagne, en Sibérie et au Japon.
La racine est grosse comme le doigt, noueuse, genouillée. Sa saveur est âcre, son odeur aromatique. Elle est rosée et spongieuse intérieurement. Selon M. Tromsdorff ( Ann. Chim. t. LXXXI , p. 332 ) , 4 livres de cette racine fraîche sont composées de
Huile volatile plus légère que l’eau i> i & gros
I nuline. i once
Matière extractive » 9 gros
Gomme • • • 3 onces I
. Résine visqueuse . . ....... i once J
AGARIC BLANC. ao3
Matière ligneuse i3 onces 6 gros
Eau 4^ onces.
On s’en sert en infusion comme d’un puissant stomachique. On en fait un extrait, un candi au sucre. Elle entre dans la composition de la thériaque, de l’orviétan, de l’alcool général, et impérial.
Uacorjis verus nous vient sec de la Flandre autrichienne, tle la Pologne et de la Tartarle. La dose est ( de 2 grammes ) 37 grains dans une ou deux tasses d’eau. (A. R.)
ADIANTHE. Adianlhum. Genre de plante de la famille des fougères , qui fournit les deux espèces de capillaires connus sous les noms de capillaire de Montpellier et du Canada. (F" Capillaires. ) . (A. R.)
ADIPOCIRE. Sous le nom d’adipocire, M. Fourcroy avait proposé de désigner, 1“. le gi’as des cadavres 2°. la matière grasse contenue dans les calculs biliaires; 3°. le blanc de baleine; mais, d’après les recherches de M. Chevreul, il est évident que ces substances sont différentes les unes des autres. {V. Blanc be baleine. Gras de cadavres, etc. ) (A. R.)
ADRAGANT. V. Gomme adragante. (A. R.)
AGALLOCHUM. C’est un des noms latins du boisd’aloes. ( F". Bois d’aloès. ) (A. R")
. AGARIC BLANC. Boletus laricis. Buillard. RIch. Bot. méd. t. I, p. 2g. Plante cryptogame, de la famille des champignons, qui croît sur le tronc du mélèze, dans le Dauphiné, la Carinthie et l’Asie. Il a une forme que l’on compare généralement a celle d’un sabot de cheva). Il est dur, spongieux; sa surface supérieure est blanche, marquée de zones concentriques, quelquefois roussâtre. Les tubes qui occupent sa face inférieure sont jaunâtres et très serrés. Celui du commerce, qui nous vient surtout de la Carinthie ou de l’Asie, est blanc, léger, poreux, dépouillé de sa j^elllcule. extérieure. M. Braconnot de Nancy l’a^ trouvé coniposé de 7^ parties d’une matière résineuse particulière, dp ^6 parties de matière fongueuse et de 2 parties d’extrait amer.
agaric de chêne. ,
Cet agaric a été aussi examiné par M. Bouillon-Lagrange, qui a reconnu qu’il contenait un acide libre, de la matière exti active, une matière animale, une résine acide analogue aux baumes, et qui renferme un acide identique avec l’acide benzoïque, des sulfates de potasse et de chaux, de l’hydrochlorate de potasse , et des sels ammoniacaux qui sont décomposes par les alcalis caustiques. Le produit de l’incinération carbonate de potasse et de carbonate de chaux , d hydro-chlorate de potasse, de sulfate et de phosphate de chaux, enfin de fer. ( Annales de Chimie^ t. LI , p, ^5. )
L agaiic blanc est un purgatif drastique très violent, employé contre les hydropisies passives, à la dose de 4 à 6 grains en pilules.
Quelques auteurs l’ont cru le produit d’une excrétion forcée, opérée par la piqûre d’un insecte ; c’est une opinion entièrement dénuée de fondement, et qu’il est Inutile de réfuter.
On prépare avec l’agaric blanc un extrait par macération , que l’on donne à la dose de demi-grain à 4 grains. On se sert quelquefois de la poudre pour saupoudrer les vieux ulcères.
AGARIC DE CHENE. Boletus igniarius. Bull. Rich. l. c. Excroissance fongueuse qui naît sur les vieux chênes, les noyers et autres arbres.
L agaric de chene a la même forme que le précédent; il est épais, fibreux, d’une ténacité de partie assez forte, d’une couleur roussâtre.
On le trouve sur le chêne , le tilleul, le hêtre. On fait subir à ce champignon quelques préparations, soit pour le rendre propre a arrêter les hémorrhagies des petits vaisseaux, soit pour le convertir en un produit connu sous le nom d’amadou, qui est utile pour donner du feu à l’aide du-brlquet. Ces deux préparations S0 font de la manière suivante i
On prend ce champignon , on sépare au moyen d’un couteau 1 écorce extérieure qui le recouvre, on enlève ensuite la substance fongueuse d’une couleur jaune-brunâtre qui est audessous, on la coupe en tranches peu épaisses; on bat ces
AGRA. 2o5
tranches minces sur un billot avec un marteau, pour les amollir, et on continue ce travail jusqu’à ce que l’agaric soit parvenu au point de pouvoir se réduire facilement en morceaux, en le tirant avec les doigts : à cet état , l’agaric est convenable pour arrêter les hémorrhagies et pour d’autres usages chirurgicaux ( i).
Pour convertir l’agaric amené à cet état en amadou, on le fait bouillir dans une solution concentrée de nitrate de potasse; on fait sécher, on bat sur le billot; on remet une seconde fois le produit dans la solution de nitrate; on fait sécher, et on bat de nouveau. L’amadou est alors convenablement préparé.
Quelques fabricans, au lieu de se servir d’une solution de nitre, emploient une solution de poudre à canon: en opérant de même que nous venons de le dire plus haut, ils obtiennent de l’amadou d’une couleur noirâtre.
D’autres auteurs prescrivent de faire bouillir l’agaric dans une solution de chlorate de potasse, au lieu d’employer la solution de nitre. L’agaric ainsi préparé brûle plus rapidement.
L’analyse de l’agaric de chêne a été faite par M. Bouillon Lagrange, comparativement avec celle de l’agaric blanc; les résultats qu’il obtint de cette analyse lui démontrèrent que ce champignon contient
Une matière extractive,
Une très petite quantité de résine ,
Une petite quantité de matière animale,
De l’hydro-cblorate dte potasse,
Du sulfate de chaux ;
Et dans le produit de l’incinération
Du phosphate de chaux et de magnésie,
Du fer. (A. R.)
AGATOPHYLLUM. r. Ravandsara. (A. R.)
AGNüS CASTUS. V. Gattilier. (A. R.)
AGRA, bois de senteur qui nous vient de la Chine, et dont
(i) L’agaric de chêne a été employé par un chapellier de Paris, M. Tria- Mov jeune, à faire des casquettes très légères, qui ressemblent aux casquettes de loutre.
2g6 aigremoine.
on distingue trois sortes également estimées pour leur bonne odeur. L’arbre qui fournit ce bois ne nous est pas connu.
Iæs parfumeurs font entrer ce bois dans la composition de leurs parfums.
AGRAHALID, ou dgihaluh feuille d’). Ce sont les feuilles d une espece de poirier sauvage qui croît en Égypte et en Ethiopie, d ob on nous les apportait sèches autrefois. Elles passent pour vermifugfes prises en infusion théiforme. Quelques auteurs pensent que cet arbre est une espèce de ximenia. (A. R.)
AGRIPAUME. Leonurus cardiaca. L. Ricb. Bot. méd. , t. I, p. 263. ( Labiées, Luss. Didynam. gymnosp. L. ) Cette plante, également connue sous lé nom de cardiaque j est yivace et croît dans les lieux incultes et les décombres ; ses tiges sont rameuses ; velues , carrées , de 2 à 3 pieds de hauteur , portant des feuilles opposées, petioli es, divisées en trois ou cinq lobes, lacinés, pUbescens. Les fleuVs sont purpurines, disposées en vertlcilles multillores. Elle fleurit pendant les mois de juin et de juillet. Ses feuilles ont une odeur aromatique assez forte et peu agtéable. Comme toutes les autres plantes de la même famille, elles sont excitante^, stomachiques. Autrefois elles jouissaient d une sorte de réputation dans la cai’dialgte des enfans; de la son nom de cardiaque; mais aujourd’hui on n’en fait que bien rarement usage. R.)
AIGLE ( BOIS d’ ). V. Bois d’aigliï. (A. R.)
AIGREMOINE. A^iniofiia eüpàtoriâ:. L. Aîcli, Bot. méd. , t. II, p. 5i5. (Rosacées, J. Dodécànd. digynie. L. )
Celte plante s’élève à la hauteur dé 2 pieds. Su tige est droite, velue, simple , de Couleur obscure ; ses feuilles sont interrompù-pinnees , a folioles ovales, dentées et ibégales, dérouleur verte pâle. Ses fletirs sorit jaunes^f fovmant un Ihng épi cyllndriqùei ■ ■ ’
L’aî’gréiriô'iiie' croît dans léfe péé^*, le long des chemins! Elle est detersive , astringente. On l’emploie en gargarisme dans les Ipflammatians de là gorge, en décoction dans les cours de ventre, à la, dose de 2 gros dans, une livre d’eau.
On la donne en poudre à la dose de 24 grains' à" î grUs; en