‹ Dictionnaire des drogues simples et composées, ou dictionnaire d'histoire naturelle médicale, de pharmacologie et de chimie pharmaceutiqueChapitre 21 sur 130 · ALOÈS · texte numérisé non relu

ALOÈS

tières, l’une eilractive-savouneuse, l’autre purement résineuse, puisqu’elle se dissolvait parfaitement dans l’alcool et qu’elle restait assez long-temps sans altération dans l’eau ; niais au bout de quelque temps, cette substance résineuse communique à l’eau une teinte et une légère saveur, ce qui doit être attribué plutôt à un commencement de décomposition qu’à une véritable dissolution. Il résulte de l’analyse comparée des deux sortes d’aloès,par MM. Bouillon-Lagrange et^^ ogel, i°. quel’aloès succolrin contient o,68 d’extractif ou principe savonneux, et O, 32 résine , tandis que l’aloès hépatique rentèrme o ,52 extractif, et, 0,6 de matière insoluble , désignée par TromsdorlF sous le nom d’albumine végétale coagulée ; 2“. que l’aloès succotrin se résinifie par le chlore, et qu’il donne une huile volatile agréable à la distillation, tandis que l’aloès hépatique n’en donne pas. Ce dernier caractère ne nous semble pas sans importance pour l’art pharmaceutique, car on sait que l’aloès qui entre dans la préparation de l’élixir de Garus est supprimé comme inutile par quelques praticiens. Cependant l’huile volatile de l’aloès succotrin imprime à cette liqueur un goût particulier, agréable, et qui peut contribuera sa propriété stomachique.

Guyton-Morveau , dans ses recherches sur la matière colorante des sucs des végétaux, etc., avait indiqué les moyens de tirer parti de la belle couleur violette que donne le suc d’aloès, et surtout l’aloès succotrin , soit pour la teinture des soies, soit pour en former, avec l’oxide de tungstène, des laques qui résistent aux plus fortes épreuves. Fabroni a également obtenu une belle couleur d’un pourpre violet exlrêmement.yif , eu exposant à l’air le suc récent des feuilles de YAloes soccotorina angustifolia. En desséchant ce suc coloré , on obtient une belle couleur transparente, soluble dans l’eau, et susceptible d’être appliquée , sans apprêt, à la teinture de la soie.

L’aloès entre dans la composition des élixirs de vie , de Garus et de celui dit de propriété. On en prépare des pilules simples ou^ composées ; il entre dans quelques onguens ou emplâtres •, on en fait une teinture alcoolique; on en prépare un extrait à l’eau, pour être sûr de sa pureté. (A.. R.)

ALPISTE. 2,3

ALPHENIC, Sous ce nom on désigne le produit suivant , qui n’est plus, mais à tort, préparé par le pliarinacieu.

On fait un décoctum d’orge mondé : lorsqu’il est pi'éparé, on y ajoute du sucre blanc, on fait cuire jusqu’à ce que le sirop soit arrivé à l’état de sucre cuit à la plume. On j-etire du feu, on ajoute alors quelques gouttes d’huile aromatique (de fleurs d’oranger , de citron, etc.); on agite, on coule sur un marbre huilé. Lorsque la masse est refroidie, on la malaxe en ayant soin d’avoir les mains imprégnées d’huile bien fraîche et sans saveur. En tirant cette masse en longueur, en la repliant à plusieurs reprises sur elle-même, on interpose de l’air entre ses molécules , et on lui fait acquérir une belle eou-leur blanche ; lorsqu’elle est en cet état, on la roule sur un marbre pour la réduire en cylindres de 3 à 4 pouces : on tord ces cylindres pour leur donner la forme spirale. (A. G.)

ALPISTE , graine de Canarie. Phalaris canariensis. Plante de la Triandrie Digynie de Linné. Ses tiges sont au nombre de trois ou quatre, et s’élèvent à la hauteur d’un demi-mètre. Ses feuilles ressemblent à celles du blé, mais sont plus petites; .ses fleurs forment un gros épi cylindrique ; ses semences sont blanches, grises ou brunes, luisantes comme le millet, oblongues comme celles du lin.

L’alpiste est originaire des îles Canaries. On la cultive dans les pays chauds de l’Europe.

La semence sert d’aliment aux oiseaux. On en fait une farine qui est apérltive.

Selon M. Marcel de Serres, cette farine est employée par les tisserands pour faire la colle dans laquelle ils trempent les fils des étoffes qu’ds veulent fabriquer. Elle est, pour cet usage, préférable à celle de froment.

M. Dubuc de Rouen, ayant examiné quelle était la cause hygrométrique de la farine du Phalaris canariensis, y a reconnu la présence du muriate de chaux; il a conclu de cet examen que l’on pourrait remplacer avec économie cette farine par de la fécule de pomme de terre mêlée de muriate de chaux pour faire la colle parement des tisserans. 11 a donné la formule sui- Tome 1.

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vante jvour préparer cet encollage qui est toujours semblable.

Fécule I livre,

Colle de gélatine . . i once ,

Eau q- s. ,

Muriate de cbaux. i once (ou 6 gros).

ALQUIFOUX. Nom donné au sulfure de plomb à grandes facettes. (A. R.)

ALUDELS. Les aludels sont des espèces de pots qui peuvent s’emboîter les uns dans les autres, pour former un tuyau ou appareil plus ou moins long. L’appareil composé d’aludels servait pour différentes sublimations, et surtout pour la préparation du soufre sublimé. On prépare aujourd’bul les fleurs de soufre dans d’autres appareils plus commodes. ( Soufbe.)

ALUMINE, oxide d’aluminium, argile, argile pure. Cette substance, maintenant considérée comme uti oxide métallique, est le résultat de l’union d’un métal, l’aluminium, avec l’oxigène. Cet oxide a été long- temps regardé comme une substance terreuse ; anciennement elle était confondue avec la chaux et la silice. Geoffroy jeune, Gellert, Margraff et d’autres chimistes démonti’èrent qu’elle était d’une nature particulière, et ces savans reconnurent que les diverses argiles lui devaient leurs propriétés essentielles.

L’alumine existe en grande quantité dans la nature; elle entre dans la composition de pierres très dures , le corindon , le rubis, le saphir ; elle fait partie constituante des argiles. On la trouve combinée à l’acide sulfurique.

L’alumine n’est pas employée dans l’art pharmaceutique; cependant le pharmacien chimiste appelé à préparer cette substance pour les usages des arts doit savoir le faire. On l’obtient de la manière suivante :

On prend de l’alun pur et exempt de fer (i); on en fait une

(i) L’alun exempt de fer, précipité parla potasse, donne un produit qui doit se redissoudre en entier dans un excès de cet oxide métallique.

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