‹ Dictionnaire des drogues simples et composées, ou dictionnaire d'histoire naturelle médicale, de pharmacologie et de chimie pharmaceutiqueChapitre 20 sur 130 · ALGUES · texte numérisé non relu

ALGUES

L’alcornoque a été le sujet d’essais chimiques. Cadet et M. Nachet se sont occupés, en 1812, de cette substance, et M. le docteur Reîa a publié, en 1818, l’analyse delà partie ligneuse de l’alcornoque.

Les résultats des travaux de Cadet de Gassicourt et de M. Nacliet sont les suivans :

1°. L’infusion et la décoction aqueuse de la racine d’alcornoque ne précipitent ni la solution de gélatine ni celle du tartre stibié ; l’infusion alcoolique préparée avec la racine qui a été traitée ou non par l’eau , précipite la solution d’émétique. Ainsi le principe de l’alcornoque qui précipite ce sel est soluble dans l’alcool , et insoluble dans l’eau ;

2°. Le principe contenu dans l’alcornoque, et qui précipite le tannin, le sulfate de fer et l’acétate de plomb, est soluble dans l’eau comme dans l’alcool ;

3°. Le sel de chaux que contient l’alcornoque est soluble dans l’eau et non dans l’alcool. ( Bull, de Pliarm.j 1812. )

Le docteur Piein a reconnu que la partie ligneuse contenait ;

1°. Gomme io5

2°. Matièi’e extractive 102

3°. Résine 54

4°. Humidité i36

5°. Acide lartrique. des traces.

ALCY ON. Production à polypier qui sert de nid ou d’babitation à certains polypes ; telle est la figue de mer qui, lorsqu’on l’ouvre , laisse apercevoir une multitude de particules jaunâtres, et qui contient une grande quantité de petits polypes.

C’est un produit des vers zoopbytes. (A. R.)

ALCYONIUM mol et RAMEUX. Zoophyte en forme de mains ou de doigts parsemés ’de petits trous. Habitation des vers zoopbytes, (A, R.)

ALGUES. On appelle ainsi une famille de plantes cryptogames, vivant dans les eaux douces et salées : telles sont les varecs , les ulves , les conferves , etc.

Ce nom d’algue est .souvent donné aux feuilles de la Zostera

266 ALIZARIN.

oceanica, que l’on trouve répandues sur le bord de la mer où elles ont été portées par les vagues ; on s’en sert pour les emballages. ' (A. R.)

ALIXIA. M. Nées d’Esenbeck , professeur de Botanique à l’université de Bonn , a fait connaître sous ce nom une écorce aromatique appartenant à la famille des apocynées. \J Alixia aromatica est un grand arbre qui croît à Java, dans le district de Bantam; son écorce ressemble à la cannelle blanche j elle a une odeur agréable de mélilot, mais plus pénétrante, une saveur amère et balsamique. Elle contient un extrait amer , un principe résineux, une huile volatile odorante, une matière gommoextractive, un principe mucoso-sucré , et des traces d’acide benzoïque. Cette écorce n’est point encore répandue dans le commerce. (A. R.)

ALIZARIN. Sous le nom d’alizarin , MM. Collin et Robiquet ont désigné la matière colorante de la garance obtenue à l’état de pureté. Selon ces savans chimistes , l’alizarin pur est en cristaux d’un rouge orangé j il est Inodore, sans saveur, se sublimant aisément, pas sensiblement soluble dans l’eau froide , soluble dans l’eau bouillante ; sa solution est d’une couleur rose; l’alcool , l’éther, le dissolvent en toutes proportions. L’alcool chargé d’alizarin prend une belle couleur rose; l’éther se colore en jaune doré. Il est soluhie dans l’huile de lin ; les alcalis le dissolvent , et ses solutions alcalines paraissent violettes et bleues lorsqu’elles sont concentrées ; elles sont d’une couleur rouge violacée quand elles sont étendues convenablement.

La solution d’alun ajoutée dans une solution d’alizarin, et ce mélange précipité ensuite par la potasse, donne naissance à une laque rose d’une belle teinte.

Procédé extraction. Les auteurs indiquent le procédé suivant : on prend la garance moulue, on la traite par trois ou quatre parties d’eau froide ; après huit à dix minutes de macération , on exprime l’espèce de magma , et on passe le maceratum qu’elles en ont extrait. Au bout de quelques heures, la liqueur se prend en gelée^; on jette cette gelée sur un fdtre où elle s’égoutte peu à peu. Lorsque la portion gélatineuse est à demi

ALKEKENGE. 267

sèche et encore un peu hydratée, on la traite par l’alcool absolu qui se colore en rouge intense’, on jette sur un fdtre, on recommence le traitement alcoolique, et on le renouvelle jusqu’à ce que ce véhicule ne se colore plus en séjournant sur la gelée. On réunit les lavages; on les fait évaporer jusqu’à ce que le liquide soit réduit des trois quarts Sur le quart qui reste , on ajoute une petite quantité d’acide sulfurique qui redissout une petite quantité de matière qui s’était précipitée. On étend ensuite ce liquide avec de l’eau distillée. Cette addition détermine la précipitation de flocons jaunes; on recueille ces flocons, on les lave par décantation; on continue le lavage jusqu’à ce que l’eau de lavage, qui se colore en jaune , ne précipite plus par la solution des sels' de barium. On recueille la matière lavée sur un filtre; elle se dessèche et prend une couleur analogue à la couleur du tabac d’Espagne. On prend cette matière, on l’introduit dans un tube,' et on soumet a 1 action d’une chaleur ménagée et long-temps continuée. Dans celle opération, il y a exhalation de fumées jaunes, ayant une odeur analogue à celle des matières grasses. L’alizarin volatilisé se condense en cristaux transparens, aiguillés , groupés en rayons, et ayant une belle couleur rouge.

Il est probable que là découverte faite par MM. Collin et Robiquet donnera lieu à de nouvelles applications utiles aux Arts, et qui feront faire quelques pas de plus à la science. (A. C.)

ALKEKENGE ou coqüeret. Physalis Alkehengi. L, Ricb. Bot. méd. , t. IV, p. ag/j- ( Solanées. J. Pentand raonogyn. L.)

Celte plante annuelle poussé plusieurs tiges grêles, rondes, rougeâtres , se divisant en plusieurs rameaux , et qui s’élèvent à la hauteur d’un demi-mètre. Ses feuilles ressemblent a celles de la morelle , mais elles sont beaucoup plus grandes : ses fleurs sont blanches. Le pistil devient un fruit mou, charnu, rouge lorsqu’il est mûr, ressemblant à une cerise, enfermé dans le calice qui est devenu vésiculeux , d’abord vert, et qui devient rouge en mûrissant. Le fruit renferme plusieurs semences aplaties et presque rondes, qui sont disséminées dans une substance pulpeuse succulente.

268 ALLUMETTES OXKiÉNÉES.

L’alkeEenge croît dans les pays de vignoLles, et dans les lieux ombragés. On emploie le fruit, dont la saveur est aigrelette et un peu amère, comme diurétique et minoratif.

On .en faisait une eau distillée, des troebisques, et on le fait entrer dans la composition du sirop de cbicorée.

ALLIAIEE ou herbe des aulx. lErysimum Alliaria. L. Rich. Bot. méd., t. Il, p. 662. (Crucifères. J. Pentand. digyn. L. ) France.

Les tiges de l’alliaire sont hautes d’environ un pied et demi a deux pieds ; elles sont menues , un peu velues : ses feuilles sout larges, pointues, presque rondes, vertes , dentelées , d’une saveur et d’une odeur d’ail , quand on les écrase ; ses fleurs sont petites, blanches, composées de quatre pétales disposés en croix. Ses fruits sout des siliçules anguleuses; ils renferment des semences oblongues, menues, noires. Sa racine est longue, menue , blanche , ayant l’odeur de l’ail.

L’alHaire croît le long des baies ; elle est incisive, atténuante, détersive et apéritive. On s’en est servi en décoction dans quelques cas de dyssenterie et d’affections hystériques.

Dans quelques provinces on emploie les feuilles comme assaisonnement.

ALLUMETTES OXIGÉNÉES. On appelle ainsi de petifs fragmens de bois enduits d’un mastic inflammable. On les prépare de la manière suivante ;

On fait un mélange. d’une partie de soufre bien sec porpbyrisé, et de 3 parties de muriate suroxigéné de potasse (chlorate de potasse ) réduit en poudre très fine; lorsque le mélange, que l’on fait sur un papier, avec une carte ( de crainte d’accidens ) , est bien homogène, on en fait, à l’aide de l’eau gommée ou de la colle de pâte , une pâte liquide que l’on colore en rouge avec du cinabre, ou, en bleu avec de l’indigo, dans laquelle on trempe par un seul bout des allumettes soufrées (i) ; on fait ensuite sécher la pâte déposée sur des morceaux de

(i) Quelques personnes mêlent h cette pâte une certaine quantité' de lycopode.

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bois, en les plantant par le bout qui n’a pas été imprégné dans une masse de sable ou de cendres , contenue dans des assiettes ou dans tout autre vase.

Lorsque les allumettes sont sèches , on les réunit pour en former des paquets.

Cette préparation mise en contact avec l’acide sulfurique, donne lieu à une légère détonnation et à l’inflammation de la composition d’abord, et successivement à celle du soufre et du bois. Dans ce cas, il y a élévation de température, décomposition du chlorate de potasse et de l’acide cblorique. L’oxs'gène séparé de l’acide se porte sur le soufre qui s’enflamme; donne lieu à une combustion qui se communique au fragment de bois qui a servi à faire l’allumette. (A. C.)

ALOES ( suc d’ ), L’aloès est de deux sortes , savoir, naturel et artiliciel.

L’aloès naturel est un produit excrétoire que l’on obtient au moyen des incisions que l’on fait aux feuilles de plusieurs espèces d’aloès, et en particulier de Yaloë spicataj alo'é perfoliatfij etc. Ces plantes appartiennent à la famille des liiiacées , et à l’Hexandrie Monogynie. Ce suc extractif naturél exsude à l’endroit des incisions, et se concrète sur les feuilles mêmes. Il se présente en petites larmes granulées, transparentes, de couleur rouge-brune obscure , et à cet état il porte le nom d’a/oès lucide. Cet aloès est très rare, et ne se rencontre guère que dans les cabinets d’Histoire naturelle.

L’aloès du commerce est distingué en trois sortes , savoir : l’aloès succotrin , hépatique et caballin.

La première sorte, ainsi nommée de l’île de Succotra, d’où elle nous venait anciennement, serait mieux appelée aloes citrin.

La seconde, nommée hépatique parce qu’on en a mal à propos comparé la couleur jaune à celle du foie, serait mieux appelée ahès jaune.

La troisième très impure, nommée aloes caballin j parce qu’on l’avait recommandée pour les chevaux, ne doit jamais être employée.

Ces trois sortes d’aloès sont des produits d’une seule opéra-

s.'jo ALOÉS.

tlon. On réunit les feuilles de toutes les espèces d’aloès; ou les pile, on y ajoute de l’eau pour en extraire le suc-, on fait bouillir le marc exprimé , dans de nouvelle eau, pour en extraire tous les principes extractifs; on coule la décoction; on la laisse déposer, on décante; on la mêle avec le suc exprimé préliminairement.

Alors on fait chauffer le tout : la chaleur opère la séparation du parenchyme du suc de ces plantes. On coule de nouveau, et on fait évaporer dans de grandes chaiidières, jusqu’à consistance d’extrait. On coule cet extrait encore chaud dans de grands baquets, et on laisse refroidir paisiblement. Toutes les matières d’interposition vont se déposer au fond du vase, en suivant la loi des gravités spécifiques.

Les premières couches , comme plus légères , offrent l’aloès le plus transparent, et il retient le nom d’alpès succotrin ou citrin. 11 est en masses d’un brun foncé, à cassure résineuse et brillante; sa poudre est d’un jaune doré; son odeur est aromatique et agréable, sa saveur amère.

Les couches moyennes ou secondaires présentent un peu plus d’opacité; la couleur en est plus obscure; on les désigne sous le nom d’aloès hépatique ou jaune. Son odeur est forte, peu agréable, sa saveur également amère, sa poudre d’un jaune l’ougeâtre.

Les couches Inférieures sont chargées de tous les corps étrangers qui n’étaient que suspendus dans l’extrait encore chaud. Cet aloès est plus compacte , d’une couleur brune; il est spécifiquement plus pesant que les deux autres; c’est l’aloès caballin, ou mieux Y aloès noir. Il contient, outre l’extractif et la résine , du sable et beaucoup d’autres matières étrangères.

L’aloès épaissi nous est apporté des pays chauds de l’Amérique et de l’Espagne.

L’aloès est d’une saveur amère , d’une couleur rouge obscure. Celui que l’on distribue dans le commerce est l’aloès hépatique, dont on ne fait point de distinction , sinon avec l’aloès dit caballin.

L’aloès est stomachique et purgatif ; mais il agit spéciale-:

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ment sur le gros intestin , vers lequel il détermine un afflux sanguin. Il ne convient donc pas aux personnes affectées d’hémorrboïdes. Sa dose est de 2 à 4 grains comme tonique, et de 8 à 12 comme purgatif.

L’aloès succotrin ayant été soumis par Tromsdorff à l’analyse chimique, comparativement à l’aloès hépatique, ce chimiste a déduit de ses expériences les conséquences suivantes :

L’aloès succotrin, entièrement soluble dans l’eau bouillante, laisse déposer , par le refroidissement, la matière résineuse qui est un de ses principes constituans. 11 se dissout également dans l’alcool , sans laisser de résidu. Les parties solubles dans l’eau contiennent plus de principe amer que celles solubles dans l’alcool. L’aloès hépatique diffère du précédent en ce qu’il contient une matière animale albumineuse, et moins de résine que celui-ci. 11 ne se dissout pas' complètement dans l’eau bouillante, à cause de la coagulation de la matière albumineuse; il ne se dissout pas non plus en totalité dans l’alcool, et ce serait un moyen de le distinguer de l’aloès succotrin , si leurs caractères physiques n’étaient pas suffisans. 1 00 parties d’^iloès succotrin sont composées de 75 d’un principe savonneux, amer, soluble dans l’eau et dans l’alcool, mais insoluble dans l’étber ; de 25 parties de résine, et d’une trace d’acide gallique. 100 parties d’aloès hépatique contiennent 81 ,25 de principe savonneux amer,6,25 de résine, 1 2, 5 d’albumine, «et d’une trace d’acide gallique. D’autres chimistes distingués, parmi lesquels nous citerons MM. Braconnot, Bouillon-Lagrange et Vogel, se sont aussi occupé de l’analyse des diverses sortes d’aloès. Selon M. Braconnot, l’aloès n’est point une gomme résine comme on l’a pensé, mais c’est un ])rinclpe sui generisj plus rapproché néanmoins des gommes que des résines, et pour lequel il a proposé le nom de résino-amer. Il a fondé sou opinion sur ce que l’aloès est entièrement soluble dans l’eau comme dans l’alcool, et conséquemment sur ce que l’on ne peut dissocier parfaitement la gomme d’avec la résine. Cependant MM. Bouillon- Lagrange et Vogel se sont ralliés à l’opinion de Tromsdorff', et ont prouvé que l’aloès contenait bien réellement deux ma-

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