AMANDES
ligneuse contient une, rarement deux graines, recouvertes d’une pellicule fauve et pulvérulente. Cet arbre fleurit dès les premiers jours du printemps.
II découle du tronc de l’amandier une gomme légèrement colorée , qui est une des gommes du pays. ( V. Gomme du pays. )
On distingue deux espèces d’amandes, l’une douce et l’autre amère. C’est la différence de leur saveur qui a fait naître cette première distinction. Il y a plusieurs variétés dans les espèces d’amandiers. Nous nous attacherons aux deux plus essentielles, qui se rapportent aux amandes douces. La première comprend les amandes à coques dures; la seconde , celles à coques fragiles. Celles-ci sont d’usage sur les tables , et sont débitées dans le commerce avec leurs coques.
Les amandes à coques dures sont ou oblongues ou presque rondes; celles-ci sont appelées aTOanufrs princesses; elles sont débitées dans le commerce ordinairement cassées et mondées de leur enveloppe ligneuse.
Tous les climats ne fournissent pas des amandes également bonnes à être conservées sèches et à fournir de l’huile. Les amandiers que l’on cultive dans le nord de la France ne fournissent que des amandes dont les principes sont plus aqueux qu’huileux, aussi les consomme-t-on presque toutes dans leur fraîcheur; il est rare qu’on les fasse sécher. Les amandes que nous voyons dans le commerce nous viennent sèches de la Barbarie, de nos départemens méridionaux, de la ci-devant Touraine et des environs d’Avignon ; celles de, ce dernier lieu sont les meilleures.
On doit choisir les amandes pleines, entièx’es^^bien nourries, sèches et bien saines. Elles sont sujettes à être attaquées par les insectes ou rongées par les animaux, et à sê i-ancir, lorsqu’elles sont exposées à une atmosphère humide. Il faut les garder dans un lieu sec. On peut les conserver pendant deux ou trois ans. Selon M. Boullay, 100 parties d’amandes douces contiennent 54 parties d’huile grasse, 24 parties d’albumine semblable à celle du blanc d’oeuf, 6 parties de sucre liquide, 3 parties de gomme. C’est avec les amandes garnies de leur pel-
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licule, bien frottées dans un linge rude pour en séparer la poussière jaunâtre, que l’on doit préparer l’huile d’amandes douces, soit par la percussion , soit par le moulinage , et ensuite par l’expression, afin d’obtenir une buile^qui ne contienne point d’eau, et ne se rancisse pas aussi promptement. Cette huile est douce, claire, transparente et insipide. C’est surtout elle que l’on emploie en Médecine, particulièrement pour l’usage interne.
Les amandes sont au nombre des fruits émulsifs. Si on les pile après les avoir mondées de leur peau , avec de l’eau ajoutée peu à peu; il en résulte une émulsion ou lait d’amandes, qui est composé d’huile et de mucilage étendus dans l’eau. Ce lait d’amandes est la base des loochs blancs et du sirop d’orgeat. Les cosses d’amandes sèches font la base des poudres de couleur des parfumeurs, et l’amande leur sert à faire la pâte de ce nom pour les mains.
Les amandes sont employées par les confiseurs qui les habillent de sucre et en font des dragées. On en fait aussi des aliraens d’offices, autrement gâteaux d’amandes.
Quant aux amandes amères, elles sont composées des mêmes principes que les amandes douces , mais elles contiennent de plus de l’acide hydro-cyanique et une huile volatile jaune plus pesante que l’eau ( Bohm, 1802 ), aussi ces amandes prises en grande quantité exercent-elles une action délétère sur l’économie animale. Néanmoins, quelques médecins, tels que Berglus etHufeland, ont proposé de les employer au traitement des fièvres intermittentes. On n’est pas encore bien d’accord sur celui des principes des amandes amères qui leur, donne cette propriété délétère. Quelques-uns l’attribuent à l’acide hydro-cyanique, qui, en effet, est peut-être le poison le plus violent du règne végétal. M. Vogel pense que leur huile volatile entièrement privée d acide hydro-cyanique est un poison extrêmement subtil. {Bal. de Ph. oct. 1821. ) D’un autre côté, M. Robiquet, dans les recherches qu’il a publiées de Pharm.j 1822), dit que pro-
bablement M. Vogel n’était pas parvenu à priver entièrement son huile volatile de l’acide prussique. Cet habile chimiste est porte b croire que l’acllon dclctcre,dans ce cas, est due à un
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principe azoté, qui paraît inclépemiant de l’acide prussique.
Les amandes amères entrent dans la préparation du sirop d’orgeat. On en met une partie sur deux parties d’amandes douces. Quelques auteurs pensent que les amandes amères jouissent de la propriété de neutraliser les effets des liqueurs fermentées et de dissiper l’ivresse. (A. R.)
AMANDIER. Amygdalus sativa. L. Amande.) (A. R.)
AMBRE BLANC. Espèce de succin de couleur blanche transparente. Le nom d’ambre vient d’a/raira^ expression arabe. ( V. SücciN. ) (A. R.)
AMBRE GRIS. Ambarum cineritiiim. L’ambre gris est une matière concrète, d’une consistance tenace commela cire, d’une odeur suave lorsqu’on la chauffe ou qu’on la frotte. Cette substance a fait long-temps l’objet des recherches des naturalistes, curieux de connaître son origine. On l’a prise pour un bitume, pour une écume de mer desséchée au soleil, pour un amas de rayons de cire et de miel long-temps exposés au soleil et convertis en ambre, pour des excrémens d’oiseaux, etc. Enfin, il y a eu jusqu’à dix-huit opinions énoncées sur le compte de l’ambre 5 celle de sa formation originaire de miel et de cire a eu pour partisans le célèbre Leraery, et a été adoptée par Formey. Ce qui l’a beaucoup accréditée, c’est une circonstance singulièrement remarquable et dont l’évènement se présente journellement dans les pharmacies. Un pot qui contenait du miel et qui s’est trouvé découvert, est devenu la proie des fourmis; ces insectes ont aspiré toute la partie sucrée et ont mis à nu la partie purement extractive qui répand une odeur douce d’ambre extrêmement suave. C’était assurément bien capable de faire présumer que l’ambre devait son origine au miel et à la cire. Mais M. Sw^édiaur, médecin anglais, a fixé les opinions par le rapport des observations qu’il a publiées. Il dit que l’ambre gris se trouve dans le canal alimentaire du cachalot , que Linné a appelé Physeter macrocephalue j et que Daubenton dit être d’une espèce différente de -celui du (jroenland. L’opinion de Swédiaur est fondée sur ce que 1 ambre gris renferme des oa de sèche, des arêtes de poissons qui ont servi de nourriture