‹ Dictionnaire des drogues simples et composées, ou dictionnaire d'histoire naturelle médicale, de pharmacologie et de chimie pharmaceutiqueChapitre 6 sur 130 · ACHE · texte numérisé non relu

ACHE

Elle pousse plusieurs tiges d’environ deux pieds, grosses, cannelées, vertes, creuses en dedans; ses feuilles ressemblent à celles du persil, mais elles sont beaucoup plus grandes , vertes, lisses, luisantes, remplies d’un suc d’une odeur forte et désagréable , d’une saveur âcre. Les feuilles radicales sont portées sur de longs pétioles rougeâtres, cannelés, creux.

Ses fleurs sont blanches et disposées en ombelles.

Aux fleurs succède le fruit, qui consiste en deux petites coques arrondies sur le dos, cannelées, grises, d’une odeur aromatique, d’une saveur âcre. ^

La racine est longue, grosse, droite, blanche, pivotante, se divisant en plusieurs branches.

On fait un sirop avec le suc de la plante, une conserve avec ses sommités.

La racine est une des cinq racines apéritives, et entre dans la composition du sirop de ce nom.

Les semences entrent dans la composition de l’électuaire bénit laxatif, du philon romain, des trochisques d’alkekenge, de la poudre cbalybée.

L’ache des marais est excitante, apéritive et carmiuative.

Ache douce, scéleri ou céleri. Apium dulcej celeri Italorum, Ce n’est qu’une variété de la précédente.

La racine , la tige et les sommités de cette plante sont d’usage sur nos tables : on les mange en salade. On donne à la racine le nom depiecf de céleri ou tête de céleri j parce qu’elle présente un centre commun assez gros, charnu, auquel adhèrent les fibres radicales qui constituent les organes suçoirs.

La tige et les feuilles de Tache douce qui végètent à l’air libre, et qui sont maintenues constamment en contact avec la lumière , sont d une couleur verte et d’une saveur âcre, désagréable. Les maraîchers ont soin de reunir les tiges en un faisceau, de les lier et de cacher les racines qui y adhèrent, dans du terreau, en les couvrant de fumier, pour intercepter le contact de la- lumière; c est ce qu ils nomment blanchir^ et ce que les botanistes appellent etioler. Cet étiolement des végétaux leur enlève leur Toûie 1. 3

saveur âcre., vireuse la couleur blanche qu’ils acquièrent est due à un commencement de désorganisation.

La semence du céleri ou acbe douce entre dans la composition de la thériaque.

MM. Hübner et Vogel ont récemment constaté la présence de la mannite ou principe sucré de la mantte dans la racine et les feuilles du céleri.

L’analyse du céleri a été faite par Vogel de Munich , qui y a

trouvé les substances suivantes :

i®. De l’huile volatile incolore à laquelle est due l’odeur pénétrante du céleri;

a®. Une huile grasse mêlée de chlorophylle ;

3®. Du soufre en petite quantité;

4°. De la bassorine dissoute dans un acide faible qui constitue une gélatine tremblante ;

5°. Une matière brune extractive et une matière gommeuse ;

6°. De la mannite;

Du nitrate de potasse en quantité considérable ;

8®. Du muriate de potasse.

Il y a une variété du céleri dont la racine acquiert une giosseur très considérable, et qu’on nomme, pour cette raioon , cèlerir-raye. On la mange après l’avoir fait cuire.

Ache de montagne. L’un des noms vulgaires de la llvèche.

ACIDES. On a nommé acides des combinés qui, en général, sont aigres, rougissent le papier de tournesol, saturent les bases salifiables, et donnent naissance à des combinaisons nouvelles appelées sels. La propriété de rougir plus ou moins fortement le papier bleu de tournesol, d’être plus ou moins aigre au goût, de saturer plus ou moins vivement , ou en plus ou moins grande quantité les basés, distingue les acides, en acides plus ou moins forts , plus ou moins acides.

Les acides forment de grandes classes qu’il est nécessaire de faire connaître. On les distingue en acides minéraux , formés d’hydrogène ou d’oxigène et d’un corps du règne minéral. Ces acides minéraux sont oxacides lorsqu’ils doivent leur acidité à

la combinaison du corps combustible avec l’oxigène; et en hydracides, lorsque cette acidité résulte de Tunion d’un corps simple, de nature minérale, combiné avec l’hydrogène. ’

On appelle acides végétaux les acides qui sont composés des élémens des substances végétales, l’oxigène, l’hydrogène et le carbone.

On nomme acides animaux des acides composés d’hydrogène, de carbone, d’oxigène et d’azote. On voit que ces derniers ne diffèrent des acides végétaux que parce qu’ils contiennent , outre 'l’hydrogène, l’oxigène, le carbone, une certaine proportion d’azote.

Les acides végétaux contiennent, tous, les mêmes principes, mais en proportions différentes. Ces différences de proportions donnent naissance à divers acides. Les chimistes, dans quelques cas, déterminent le changement de ces proportions, et convertissent un acide végétal en un autre acide de même nature, mais contenant les principes végétaux en des proportions différentes. .

Acide acétique, acide acéteux; vinaigre distillé vinaigre radical; acide pyroligneux, vinaigre de bois. L’acide acétique est connu sous un grand nombre de dénominations diverses, selon qu’il est le produit de diverses opérations, ou qubl est retiré de divers liquides. On le trouve dans le commerce sous diverses formes et états. Nous indiquerons successivement ces diverses préparations, en les différenciant par les noms qui leur sont donnés.

Acide acétique impur. Vinaigre obtenu par la fermentation. Ce produit, préparé en faisant fermenter des liqueurs diverses (la bière, le cidre, le vin, etc.), est un liquide acide ayant une faible odeur piquante et agréable; il contient de l’alcool, de l’acide tartrique,tle l’acide mali^ue, des matières extractives et colorantes, des sulfates et tartrates de potasse; il est peu employé pour la préparation des produits pharmaceutiques, mais beaucoup dansl usage domestique. Le vinaigre ordinaire se trouve

(i) oyez ce mot.

sous deux états; le premier, coloré par la matière rouge du raisin, est rouge et porte le nom de vinaigre rouge; le second, coloré en jaune, porte la mauvaise dénomination de vinaigre blanc. Tous ces vinaigres ne sont pas identiques ; ils sont plus ou moins colorés, plus ou moins acides, selon qu’ils proviennent de différentes liqueurs , ou qu’ils ont été préparés avec des vins recueillis dans divers terroirs, et dans des années sèches ou pluvieuses.

Le vinaigre ordinaire doit avoir une saveur aigre franche , une odeur agréable*, il doit tenir son acidité de l’acide acétique même, et non d’autres acides ajoutés. Versé dans le creux de la main, il ne doit pas y laisser d’odeur désagréable après qu’il s’est évaporé.

Ce produit se prépare de la manière suivante : on met dans des tonneaux qui doivent contenir de 3 à 4oo pintes de liquide, loo pintes de bon vinaigre; on y mêle, en huit jours, lo litres de vin; après ce temps, on ajoute une même quantité de ce liquide; on répète une troisième et une quatrième addition de vin, après le même espace de temps. Le quarantième jour, on retire une quantité de vinaigre équivalente à celle du vin ajouté, et l’on y remet de nouveau , et par intervalles , une nouvelle quantité de vin, que l’on enlève lorsqu’il est converti en vinaigre.

On a reconnu qu’il fallait, pour que l’acidification du vin eût lieu, que le tonneau fût toujours au tiers vide; qu’il fallait en outre enlevei’, au bout d’un certain temps, le tartre et la lie qui se déposent au fond des tonneaux (^nommés mère). Ces dépôts s’opposeraient à la fermentation.

La quantité de temps demandée pour la conversion du vin eu vinaigre peut être plus ou moins longue; mais on peut reconnaître que le vinaigre est fait, en plongeant dans la liqueur un bâton blanc, recourbé à son extrémité, et en le retirant horizontalement : si cet instrument est chargé d’une écume blanche, on regarde le travail comme fini; si le bâton, qui doit être blanc, est rouge, il faut encore laisser fermenter. Les conditions nécessaires à la fermentation du vinaigre sont; i“. l’accès de l’air dans le tonneau où il doit se former; 2°. le lieu où sont placées les liqueurs destinées à être con-

verties en vinaigre doit avoir une température plus élevée que celle de l’atmosphère ; 3°. les liqueurs doivent contenir des matières qui fassent la fonction de ferment; si elles n’en contenaient pas, il faudrait en ajouter; le liquide doit contenir une certaine quantité d’alcool , ou tout au moins de matière sucrée susceptible d’être convertie en alcool (i).

Le vinaigre ordinaire peut être altéré: i°. par la présence de sels métalliques provenant des ustensiles ou vases; 2". par des acides qu’on lui^ aurait ajoutés dans le but de le rendre plus fort ; 3°. par l’addition de substances très âcres, destinées à lui donner de la force. On reconnaît la présence du cuivre par une lame de fer ou par le prussiate de potasse; celle du plomb par l’bydrogène sulfuré, qui précipite le métal à l’état de sulfure; celle de l’acide bjdrocblorique parle nitrate d’argent, qui donne lieu à la formation d’un chlorure insoluble dans l’acide nitrique et soluble, lorsqu’il est encore humide, dans l’alcah volatil. L’acide sulfurique est démontré dans le vinaigre par le muriatede baryte; il y a formation d’un précipité, sulfate de baryte, qui est insoluble dans l’acide nitrique, et qui est incombustible lorsqu’on l’expose sur des charbons ardens. La force apportée au vinaigre par des snbstances âcres se reconnaît en faisant évaporer cet acide: celui-ci se volatilise en laissant un résidu âcre qui se fait sentir vivement lorsqu’on porte une portion de l’extrait sur la langue.

Vinaigre de bois. On appelle vinaigre de bois, acide pyroligneux,Vaciàe acétique obtenu de la distillation dubois. Cet acide se prépare en introduisant, dans des appareils qui peuvent être regardes comme degrandes cornues, des quantités plus ou moins’ grandes de bois, en plaçant ces appareils sur des fourneaux, et en chauffant. Le bois se décompose, donne Heu à la formation de gaz, de goudron, et à de l’acide acétique. On adapte i l’appareil une allonge en métal qui se rend dans un cylindre plus ou moins long; on rafraîchit le cylindre par de l’eau qui l’entoure au

(t) Près de Berlin, on prcp.ire du vinaigre avec de l’alcool étendu d’eau wcle A f.es substances ternieniescibles et h du tartre.

moyen d’un second cylindre j enfin, on recueille le produit liquide condensé dans des réservoirs faits exprès. Le produit condensé est un mélange d’acide acétique faible, mêlé à du goudron, dont une partie est seulement mélangée, tandis qu’une autre partie est dissoute’, on sépare le goudron mélangé qui surnage en enlevant l’acide au moyen d’une pompe qui plonge au fond du réservoir, et on reçoit le liquide dans des chaudières de fer. On sature l’acide acétique par de la craie pulvérisée que l’on ajoute peu à peu ; on enlève au moyen d’une cuiller de fer une certaine quantité de goudron qui se sépare et qui vient surnager ; on laisse ensuite déposer la liqueur , et l’on tire à clair par décantation j on fait évaporer la liqueur décantée jusqu’à ce qu’elle porte i5® à l’aréomètre; on verse alors dans cette liqueur une solution concentrée de sulfate de soude, jusqu’à ce qu’une nouvelle addition de ce sel ne déterniine plus de précipité. H y a double décomposition , formation d’acétate de soude et de sulfate de cliaux : ce dernier sel étant insoluble, se précipite au fond de la bassine ; on laisse déposer , et l’on décante la partie liquide, qui est une solution d’acétate de soude; on la fait évaporer jusqu’à ce qu’elle porte 28“ à l’aréomètre ; on la laisse déposer, et on place cette solution encore chaude dans des terrines que l’on porte à l’étuve pour que la cristallisation puisse bien s’opérer. On sépare les cristaux, on fait évaporer les eaux mères: si elles sont trop colorées, on les traite par un cinquième de charbon animal, on filtre et on fait cristalliser de nouveau. Lorsque les eaux mères refusent de donner des cristaux , on les fait évaporer à siccité ; on calcine , on traite le résidu par l’eau pour obtenir par le lavage du carbonate de soude liquide , qu’on fait évaporer et cristalliser.

L’acétate de soude ainsi obtenu, on le dissout une deuxième fois pour l’obtenir plus blanc; et lorsqu’il est cristallisé et bien sec, on le décompose dans un alambic, à l’aide de la chaleur: et de l’acide sulfurique, après l’avoir réduit en poudre fine. Dans cette opération , l’acide sulfurique décompose l’acétate, il s’unit à la soude , met l’acide acétique à nu; celui-ci se

volatilise et est recueilli par la condensation. L’alambic doit être garni d’un chapiteau en argent, si l’acide qu’on veut obtenir est destiné à être employé daus l’économie domestique; un chapiteau en étain suffit pour préparer l’acide destiné à la plupart des usages des arts.

L’acide acétique du bois peut être plus ou moins étendu d’eau, et par conséquent avoir une valeur plus ou moins grande. On doit toujours, lorsqu’on achète un acide, n’apjrrécier sa force qu’avec un pèse-acide dont l’exactitude soit hien connue; à défaut de cet instrument, on peut s’assurer de sa valeur par son pouvoir saturant.

Le vinaigre de bois peut être additionné d’acides étrangers . On doit s’assurer de sa pureté et chercher à reconnaître si cet acide ne contient pas d’acides sulfurique, hydrochlorique, ou même quelquefois des acides végéjtaux, comme nous l’avons dit pour le vinaigre. Ou constate la présence de l’acide muriatique par le nitrate d’argent, celle de l’acide sulfurique par un sel de baryte , enfin celle d’un acide végétal par l’é > vaporation, qui laisse l’acide végétal à l’état sec, tandis que l’acide acétique se volatilise.

Quelques falsificateurs ajoutent au vinaigre de bois de l’acétate de soude; d’autres mettent dans le commerce de l’acide qui contient du sulfate de soude. On peut reconnaître toutes ces falsifications en faisant évaporer le vinaigre : il laisse pour résidu ces sels, tandis que l’acide, s’il est pur, se volatilise en entier.

Le vinaigi’e de bois, plus ou jnoins concentré, s’obtient à ces divers étals de concentration par plusieurs procédés. 1°. On peut se. servir d’un sel avide d’eau qui ne soit pas décomposable par l’acide acétique; le muriate de chaux est de ce nombre; ainsi , on distille du vinaigre de bois sur du muriate de chaux fondu; on obtient cçt acide plus concentré. On se sert ensuite du froid pour obtenir une plus grande concentration; à cet effet , on expose du vinaigre de bois déjà très concentré, et obtenu par le muriate de chaux, à une basse température; le vinaigre le plus fort cristallise; on enlève ces

4o ACIDES.

cristaux, on les fait liquéfier, et on les expose de nouveau â Txne température de 20° sous 0°; on répète l’opération jusqu’à ce que tout l’acide soit susceptible de se congeler à une température de 12°. Cet acide très fort porte de 88° à 90°.

2°. On peut obtenir du vinaigre très concentré en mêlant à du charbon de bois parfaitement desséché une quantité de vinaigre, et en plaçant le mélange dans la cucurbite d’un alambic -, distillant ensuite , l’eau passe d’abord : par une chaleur plus forte , on obtient l’acide acétique privé de la plus grande partie de ce liquide.

Depuis peu, le vinaigre de bois a été recommandé comme un médicament convenable pour la guérison des ulcères phagédéniques. Ces ulcères lavés avec cet acide étendu d’eau, changent de nature, et l’on obtient leur cicatrisation.

Vinaigi-e radical. Cet acide s’obtient delà distillation de l’acétate de cuivre ; on le prépare de la manière suivante. On introduit dans une cornue de grès, lutée d’avance, une certaine quantité d’acétate de cuivre; on met cette cornue sur un triangle placé dans un fourneau à réverl)ère; on recouvre la cornue d’un laboratoire et celui-ci d’un dôme; on adapte ensuite une allonge au col de la cornue et on fait succéder à l’allonge un ballon tubulé surmonté d’un tube de sûreté courbe a angle droit; l’extrémité du tube doit plonger dans un flacon contenant de l’acide acétique. Cet acide est destiné à condenser les vapeurs acides qui pourraient se dégager pendant l’opération. L’appareil étant disposé, on lute les jointures avec soin, et, lorsque les luts sont secs, on échauffe la cornue doucement d’abord, puis on élève graduellement la température : par cette opération, l’acétate de cuivre est décomposé, une partie de l’acide acétique est mise à nu, tandis qu’une autre partie de cet acide se décompose et est convertie en acide carbonique , en hydrogène carboné, eu eau, en esprit pyro-acétique et en charbon mêlé au métal très divisé qui reste au fond de la cornue.

On recueille à l’état de vapeur l’acide qui passe à la distillation ; on le condense en rafraîchissant le ballon au moyen

d’un filet d’eau que l’on fait couler sur ce vase, et cela, jusqu’à la fin de l’opération. ( Cette manière de rafraîcliir vaut mieux que celle qui consiste à se servir de linges mouillés: si l’on oublie de renouveler ceux-ci, le ballon s’échauffe; ou risque de briser ce vase en le mettant ensuite en contact avec des linges trempés dans l’eau froide. )

On continue de chauffer la cornue jusqu’à ce qu’elle soit d’un rouge obscur et qu’il n’y ait plus de dégagement de vapeur ; lorsqu’on est arrivé à ce point , on arrête le feu , on laisse refroidir l’appareil, on le démonte : on recueille l’acide qui a passé à la distillation ; il est ordinairement coloré en vert; cet effet est dù à ce qu’une partie de l’acétate de cuivre est entraînée dans l’allonge^ au moment où s’opère la décomposition de l’acétate.' MM. Vauquelin et Vogel ont même remarqué que cet acétate se déposait en petits cristaux blancs sur les parois de l’allonge , et que ces cristaux , mis en contact avec l’eau , reprenaient leur couleur bleue.

L’acide acétique radical ainsi obtenu doit être rectifié pour pouvoir être livré au commerce; cette rectification se fait de la manière suivante : *

On introduit l’acide obtenu dans une cornue tubulée, on adapte à celle-ci une allonge, puis un ballon ; on place le tout sur un fourneau , et ou procède à une nouvelle distillation. On a soin de condenser l’acide par le refroidissement, et on le conserve dans des vases de verre fermés avec des bouchons à l’émeri.

L’acide acétique, dans les acétates secs, est composé, selon MM. Berzelius, Gay-Lussac et Thénard, de

Carbone 5o , 224 Oxigène 44 4?

Hydrogène 5,62g.

( Gay-Lussac et Thénard. )

( Berzelius. )

Les chimistes ont long-temps fait la distinction de deux acides plus ou moins oxigénés, V acide acéteux et Y acide acétique. Darrac et M. Adet ont démontré, par des travaux publiés dans les journaux scientifiques, que l’acide appelé acé-

leux ou acétique est le même acide , et qu’il diffère seulement par un état de concentration plus ou moins grand.

L’acide acétique pur est d’une pesanteur de io,63 à i6“ de température; il est incolore; il répand une odeur piquante, agréable, qui lui est particulière ; il cristallise à i3“; il rougit les couleurs bleues végétales, s’unit aux oxides métalliques, aux alcalis organiques , les sature et forme avec eux des combinaisons salines connues sous le nom acétates. A l’état de cqncentration, tel que nous venons de le désigner j s’il était introduit dans l’économie animale , il pi’oduirait des accidens , et agirait comme poison. L’acide acétique provenant de l’acidification des vins, et quelquefois le vinaigre de bois étendu d’eau, est employé en Thérapeutique comme rafraîchissant et antiseptique ; on l’administre ordinairement daps diverses boissons qu’on acidulé convenablement. Le vinaigre de vin entre dans beaucoup de préparations pharmaceutiques ; il sert a préparer le sirop de vinaigre , les oximels , l’extrait de Saturne, l’onguent égyptiac, l’oxicrat, etc., etc. Le vinaigre radical est introduit dans des flacons avec du sulfate de potasse pour obtenir la préparation connue sous le nom de sel de vinaigre : bn le mele quelquefois avec les essences de girofle , de cannelle et avec un peu de camphre, pour préparer des flacons de vinaigre qu’on demande sous le nom de vinaigre aromatique anglais. ■

Les moyens à employer pour reconnaître si le vinaigre ra.dlcal contient du cuivre ou tout autre métal qui pourrait venir des instrumens qui ont servi à le préparer ou a le contenir sont les mêmes que ceux que nous avons indiques pour 1 essai du vinaigre ordinaire. (^* ^0

Acide oxi-acétiqtje. On a donné ce nom a l’acide acétique obtenu de la manière suivante ;

On prend la baryte oxigénée , deutoxide de barium, on la met en contact avec de l’acide acétique pur qui la dissout sans effervescence; lorsque la dissolution est faite, on verse dans le sel formé ( acétate de baryte ) de l’acide sulfurique, en ayant soin de n’en ajouter que la quantité necessaire poui précipiter la baryte dissoute. H y a formation de sulfate de baryte

iuâolubie et d’îicide acétique combiné à une certaine quantité d’oxigène ; on laisse déposer , puis on sépare l’acide liquide du sulfate de baryte solide qui se dépose.

Les caractères de l’acide acétique oxigéné ont été peu étudiés; on sait cependant que lorsqu’on le traite par la soude ou par la potasse, pour en former des acétates, il laisse échapper du gaz oxigène et de l’acide carbonique. (A. G.)

Acide ambrÜque découvert par MM. Pelletier et Caventou , dans l’ambre gris. Cet acide est jaune lorsqu’il est en masse ; sa couleur, lorsqu’il est divisé, est blanche; il est fusible à une température au-dessus de 100°; peu soluble dans l’eau, il se dissout facilement dans l’alcool et l’éther; il s’unit aux bases salifiables , et forme des sels nommés amhrèates. (A. G.)

Acide antimonieux , oxide d’antimoine par- le nitrcj oxide blanc df antimoine ^ oxide d’ antimoine majeur. Cet acide est le résultat de la combinaison de l’antimoine avec l’oxigène , dans les proportions de 2g, 8'j d’oxigène, et de 100 d’antimoine. Il peut etre préparé par la combustion de l’antimoine, ou encore par le traitement du métal par l’acide nitrique à l’aide de la chaleur. Cet acide est d’un beau blanc ; il est insoluble dans 1 eau, soluble dans les acides, mais moins que le protoxide; il est fusible a une haute température; pendant son exposition a la chaleur, il se sublime sous forme de cristaux blancs prismatiques. Fondu avec un quart de son poids d’antimoine métallique, cet acide est ramené à l’état de protoxide d antimoine. L’acide antimonieux , combiné aux bases salifiables , donne naissance à des sels appelés antimonites.

Acide antimonique. L’acide antimonique est le résultat de la combinaison de l’oxigene et de l’antimoine , dans les proportions de 35,556 d’oxigene, et de 100 parties de métal.

Cet acide s’obtient de la manière suivante : on jette dans un creuset un mélange d’une partie d’antimoine pur en poudre, et de six parties de nitrate de potasse; on continue de chauffer le creuset à une chaleur rouge pendant une heure ; au bout de ce temps, on retire le creuset du feu et on le sou-

met à des lavages réitérés qui enlèvent toute la potasse. On fait ensuite digérer le produit, ainsi lavé par l’eau , dans de l’acide hydi’ochlorlque': quand cet acide s’est emparé de la potasse , on jette sur un filtre, on lave de nouveau avec de l’eau distillée, on fait sécher., et on continue la dessiccation pour enlever toute l’eau restante.

L’acide ainsi obtenu est sous forme pulvérulente, de couleur blanc - jaunâtre ; il rougit les couleurs bleues végétales ; chauffé au rouge, il laisse dégager de l’oxigèue et passe à l’état d’acide antimonieux.

L’acide antimonique est administré à l’intérieur comme diaphorétique, à la dose de lo à 4o grains. (A. C.)

Acide allanïoÏque , acide amniotique. Cet acide fut découvert par MM. Vauquelin et Buniva; ces chimistes remarquèrent qu’en faisant évaporer jusqu’aux trois quarts de leur volume des eaux de l’amnios de Ja vache, et en laissant refroidir lès liqueurs ainsi évaporées , il s’y formait des cristaux -, ceuxci étaient coloi’és et impurs; lavés avec une petite quantité d’eau, ils sont débarrassés de la matière extractive qui les accompagne; ils deviennent alors blancs et brillans ; ils sont légèrement acides, rougissent le papier de tournesol, sont solubles dans l’alcool, dans l’eau froide, et plus solubles encore dans l’eau bouillante; placés sur des charbons ardeus, ils se boursouflent, se décomposent en donnant lieu à un charbon très volumineux , à de l’acide prussique, à de l’eau, à de l’ammoniaque, enfin, à des gaz et à tous les produits de la décomposition des matières animales.

L’acide amniotique s’unit aux alcalis, et forme avec eux des sels très solubles; il s’unit aussi aux carbonates alcalins , mais avec le concours de la chaleur , qui aide alors à la réaction de l’acide sur ces sels. Les acides décomposent les amniotates, ils en précipitent l’acide sous forme d’une poudre blanche. Les sels formés par l’acide amniotique ou allantoïque ne précipitent pas les sels terreux ; ils ne décomposent pas non plus les solutions nitriques d’argent , de mercure et de plomb.

. D’après un Mémoire de notre collègue Lassaigne, cet acide

n’exIste pas dans les eaux de l’amnios, mais bien dans celles de l’allantoïde; c’est pourquoi ce chimiste lui a donné le nom düacide allantoïque. (A. C.)

Acide arseniedx , protoxide d’arsenic y arsenic blanc. Combinaison de l’oxigène et de l’arsenic métallique dans les propor-^ lions de de métal et de 3 d oxigene. Ce produit se trouve en petite quantité à l’état naturel ; mais on l’obtient du grillage des minerais qui contiennent des alliages d’arsenic et d’autres métaux : ou le recueille dans les cheminées des fourneaux qui servent à opérer ce grillage. Il est sous forme de croûtes blanches, transparentes à l’intérieur, recouvertes d’une couche opaque. Si l’on chauffe de l’arsenic métallique, avec le contact de 1 air, on voit 1 acide arsenieux se former et se déposer sur les parois du vase où sc fait l’opération; il est alors sous forme d’une poudre blanche, quelquefois sous celle de petites aiguilles.

Cet acide est d’une pesanteur spécifique de 3, >7; il rougit les couieurs bleues végétales- Mis sur les charbons ardens, il se réduit en vapeui’s blanches qui ont une forte odeur d’ail, mais qui a quel([ue chose de particulier. Chauffé en vaisseaux clos, il se volatilise et se condense sur les parois du vase. Si la chaleur est poi tée a un assez haut degré, on peut le convertir en un vei I e transparent, susceptible de cristalliser en tétraèdres à angles tronqués. Soumis à l’action de l’hydrogène ou du carbone à l’aide de la chaleur, cet acide est décomposé, il est converti en métal, et si l’on a employé l’hydrogène, il y a formation d’eau; si au contraire on s’est servi de carbone, on obtient de l’acide carbonique. L’acide arsenieux est soluble dans 80 parties d’eau froide, dans i3 parties d’eau bouillante. J1 cristallise par le refroidissement de cette dernière solution ou par l’évaporation de la première; sa forme cristalline a été regardée comme un tétraèdre par Fourcroy, et comme un octaèdre par Bouillon-Lagrange.

L eau qui contient 1 acide arsenieux en solution a une saveur d’abord douceâtre, mais ensuite elle cause à la goi’ge une irritation Il es forte; elle excite la salivation. L’acide arsenieux est soluble en petite quantité dans les huiles et dans l’alcool; traité par la chaux

dans un tube de verre, cet acide est en partie décomposé , et son oxigène se porte sur une partie de l’acide arsenieux , et le convertit en acide arsenique qui s’unit à la chaux , forme un arsèniate de chaux, tandis que la partie du métal privée d’oxigène se sublime et se condense sur les parois du tube.

L’acide ai’senieux s’unit aux bases , et forme des æls nommés arsénites.

Traité par l’acide nitrique, à l’aide de la chaleur , cet acide est converti en acide arsenique. L’acide arsenieux est un des plus violens poisons connus; on ne doit le remettre que d’après des ordonnances de praticiens connus ou en suivant des formalités indiquées par les lois.

Les secours à donner dans les cas d’accidens causés par cet acide consistent à provoquer le vomissement par les moyens ordinaires , à administrer ensuite l’eau de chaux mêlée à des boissons adoucissantes et albumineuses, enfin des eaux minérales hydrosulfurées préparées pour boisson. Les réactifs qui servent à indiquer la présence de cet acide sont ; i°. lorsqu’il est à l’état solide, l’action de la chaleur, qui le volatilise avec l’odeur d’ail; son mélange avec le charbon dans un tube, qui donne lieu 'à la réduction du métal qui se condense sur les parois du tubo; 2°. ‘lorsqu’il est à l’état liquide, il rougit le papier de tournesol , verdit le sirop de violettes. Il est précipité sous forme de poudre blanche par la chaux. Le précipité recueilli et séché , mis sur les charbons, donne des vapeurs d’odeur alliacée, et laisse un résidu terreux qui n’est autre chose quefoxide de calcium. IleSt précipité de sa solution sous forme de flocons jaunes par 'l’acide hydrosulfurique; le précipité lavé doit présenter les caractères du sulfure d’arseriic , qui sont les suivans ; il est décomposé par la potasse , qui s’unit au soufre, et laisse dégager l’arsenic. Si l’on fait cette opération dans un tube de verre, le métal se volatilise et se dépose, sur les parois du tube. On peut aussi obtenir un précipité par les hydrosulfates ; mais il faut avoir soin d’ajouter, en même temps queThydrosulfate, une petite quantité d’acide hydrochloriqne ou nitrique.

L’acide arsenieux est encore précipité de sa solution par le n i trate d’argent ammoniacal j le précipité doit être j aune. On doit , dans ce dernier cas, avoir égard à ce que le liquide qu’on examine ne contienne pas de muriates: ces sels nuisent à l’elFet dii réactif; Il faut alors, par des opérations préliminaires, priver la liqueur de ces sels. On peut aussi reconnaître la présence- de l’acide arsenleux par le sulfate de cuivre ammoniacal ; ce sel détermine un précipité d’un beau vert (vei't de Scheèle). Cè précipité, lavé et séché, mis sur des charbons ardens , laisse dégager l’odeur alliacée qui caractérise l’arsenic. Le sulfate de cuivre ammoniacal peut faire reconnaître la présence de l’aeide arsenieux dans une liqueur qui ne contiendrait qu’un cent-dixmillième de son poids de métal. La pile voltaïque peut encore servir à faire reconnaître l’acide arsenieux liquide: en soumettant cet acide à sou action, il est décomposé; l’oxigène se dégage au pôle positif, l’arsenic se porte au pôle négatif. Si l’on a employé des fils de cuivre , le fil où se porte le métal est blanchi ; il y a formation d’un alliage du cuivre et d’arsenic; en chauffant ce fil. On donne lieu à la volatilisation de l’arsenic, qui s’oxide et se volatilise avec l’odeur d’ail.

Le chimiste appelé pour constater la présence de l’acide arsenieux doit surtout procéder de manière à obtenir l’arsenic réduit. Ce métal jouit de propriétés particulières qui le font bientôt reconnaître, et qui ne laissent aucun doute sur l’opération que l’on a été appelé à faire.

L’acide arsenieux est employé dans les arts et dans la Thérapeutique; on l’administre contre les fièvres intermittentes, dans les cas d’affections cutanées, dans les cas de rhumatismes chroniques, etc. , etc. Il entre dans la préparation de la liqueur de Fowler,dans les onguents contre les ulcères, dans la pâte caustique deRousselot et du frère Côme. Cette pâte a été modifiée par le docteur Dubois. On ne doit employer ces médicamens qu’avec la plus grande précaution , et ils ne doivent être mis entre les

mains des malades qu’au moment même où ils doivent s’en servir.

L’acide arsenieux doit être acheté entier : on risque, lorsqu’on

le prend à l’état de poudre, d’avoir un produit mélangé. On trouve -cet acide mêlé à de la craie (carbonate de cliaux.), a du sulfate de baryte ; on reconnaît qu’il est pur en le soumettant à l’action de la chaleur : l’acide arsenieux se volatilise en entier et ne laisse pas de résidu, ce qui n’a pas lieu lorsque cet acide est altéré. ^1.)

Acide aksenique. Cet acide, qui est le résultat de la combinaison de l’arsenic métallique et de l’oxigène, ne diffère du précédent que parce qu’il contient une plus grande quantité d’oxigène par rapport au métal. Les proportions de cette combinaison sont les suivantes :

Arsenic métallique.'

Oxigène 52,63i.

L’acide arsenlque se prépare , ou en traitant l’arsenic métallique par l’acide nitrique, ou en soumettant l’acide arsenieux à l’action de ce même acide. Dans ces deux cas , on ajoute de l’acide nitrique en excès sur l’acide ou sur le métal pulvérise; on fait réagir jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de dégagement de gaz nitreux ; ou fait dissoudre le résidu , qui est de l’acide arsenique; onfdtre la solution, et On la fait évaporer jusqu’à siccité.

L’acide préparé d’après ce procédé est sous la forme d une masse solide blanche, n’ayant presque pas de saveur d abord ; mais celle-ci se développe après quelques instans ; elle est acre, caustique et métallique. La pesanteur spécifique de l’acide arsenique est de 3,3gi. Soumis à l’action de la chaleur, il est fixe d’abord; mais à une haute température il devient fusible, conserve sa transparence, prend la forme vitreuse, attaque les vaisseaux dans lesquels on le fond, attire l’humidité de l’air. Si on le chauffe plus fortement, l’acide est en partie décomposé : il y a dégagement d’oxigène; une partie de l’acide est ramenée à l’état d’acide arsenieux qui se volatilise. L’acide arsenique est soluble dans 6 parties d’eau froide et dans 2 parties d’eau bouillante. L’acide à l’état liquide, évaporé à moitié , prend la forme d’un sirop ; si l’on continue l’éva-

ACID£S.

poration,par le refroidissement, on obtient des cristaux grenus Les corps combustibles simples, le carbone, l’hydrogène à l’aide de la chaleur, décomposent cet acide; quelquefois cette décomposition a lieu avec production de flamme.

Les combinaisons salines de l’acide arsenique avec les bases saliliables sont appelées arséniates.

L’acide arsenique étant plus soluble que l’acide arsenieux il est plus actif et plus dangereux encore que ce dernier. Les Lcours a donner contre les accidens que peut causer son introduction dans 1 économie animale sont les mêmes que ceux que nous avons indiqués pour l’oxide d’arsenic {L^acide arsenieux). l.es reactifs qui servent à le faire reconnaître sont : i". la chaleur- à un haut deçé, elle le décompose avec dégagement d’oxigène et formation d oxide d’arsenic qui se volatilise sous forme de vapeurs blanches ayant l’odeur d’ail.

rin-i' '>"'’«“^.<i6l>aiyte,<Iesl.TOHane. prc-

cpuentla dissolution d’acide arsenique. Les précipité» formé,

par CCS so ulious (arséniates de chaui. de baryte, dertronliane), ares, scellés, étant eaposés sur des charbons ardens, se décomposent en donnant des vapeurs blanches, ayant l’odeur oiide d arsenic. On obtient pour résidu, ou de la baryte, ou de a cbaus;, ou enlîn de la strontiane, selon la solution employée.

. La solution d acide arsenique, saturée par la potasse, et mise en contact avec une solution de sulfate de cuivL, donne lieu a un précipité bleu lequel séché, lavé et soumis à' l’action

pocr rtïd:

solu^denitaL°d’rgei’r“'' ■'“"e* '»

ett«Ué“'‘‘' l’huile ou au savon,

en mét lo'”'^ “ 1; '“ '“''’ ‘'«onipose ; l’acide est converti

2 31’ ety condense sur les parois du vase oli

qui se .Îyage 'urbonique

L acide Iiydrosnlfunque, le» liydrosulfates, à l’aide de Tome I.

6o ACIDES.

quelques gouttes d’acide , déterminent la décomposition de l’acide arsenique ; le métal combiné au soufre se précipite sous forme d’une poudre jaune, qui est le sulfure d arsenic (orpiuj etc. ).

Cet acide ne doit être délivré qu’avec la plus gi-ande précaution , soit de la part des praticiens qui pourraient l’ordonner , soit de celle des pharmaciens qui sont appelés à le préparer .

Acide benzoÏq.uej fleurs de benjoin^ acide du benjoin. L acide benzoïque est connu depuis long-temps; cependantla description de ses propriétés ne fut faite qu’en i6o8,par Biaise Vigénère, dans son Traité de V Air et du F eu.

Cet acide existe dans les baumes. Fourcroy et M. ^ auquelin l’ont reconnu dans les urines des animaux (particulièrement 'dans celles de la vache, du cheval et du chameau); il existe encore dans la vanille, la cannelle, et quelquefois, suivant M. Bouillon-Lagrange, dans l’ambre gris. Il a été découvert par M. Braconnot dans la fève-tonka j dans l’/iofcus odoratus , àaxisXaiUhoxanthujJi odoratum (graminées), et quelques chimistes l’ont trouvé dans l’urine des enfans et dans celle des adultes. Un grand nombre de procédés ont été prescrits pour obtenir cet acide : le premier et le plus ancien est la distillation sèche (sublimation), qui a valu à cet acide le nom de fleurs de benjoin; les autres sont la distillation, i°. avec le muriate de soude; a"- avec une demi-partie d’acide sulfurique , ajoutée au benjoin pulvérisé ( Hatchett ) ; 3“. avec un mélange de parties égales de benjoin et d’acide sulfurique; 4“. avec l’alun; la décoction avec l’eau; la décoction avec l’eau et la chaux (Scheèle); le traitement au sous-carbonate de potasse par digestion; le traitement par le sous-carbonatc de soude; le même traitement par décoction avec le même sel ( Suersen et Jéromel); par l’action de l’eau chaude (procédé de Geoffroy); par la dissolution dans l’alcool (méthode de Bucholz) ; enfin par la dissolution dans l’alcool, suivant le procédé de Stoke, que ce chimiste regarde comme le procédé le plus avantageux et le plus économique.

ACIDES. 5j

Procédé par sublimation. Il consiste à mettre du benjoin grossièrement pulvérisé dans une terrine de terre vernissée, à recouvrir ce vase avec une autre terrine de la même grandeur, percée d’un trou, ou encore à la recouvrir d’un cône de carton adapté et luté à la terrine, à soumettre le tout à une douce chaleur. L’acide benzoïque, plus volatil que la matière résineuse , se sublime et se condense, ou sur les parois de la terrine supérieure ou sur les parois du cône de carton. Au bout d’une heure dé sublimation on délute l’appareil , on recueille l’acide sublimé • on lute de nouveau, et on recommence la sublimation; on enlève de nouveau l’acide, et on continue de la même manière jusqu’à ce que le benjoin fournisse de l’acide coloré; on peut alors arrêter l’opération, laisser refroidir l’appareil, et traiter le résidu par la chaux. Ce mode d’agir donne de nouveau une certaine quantité d’acide (i).

Procédé de Scheèle. On prend i partie de chaux caustique dehtee, 4 parties de benjoin pulvérisé et 25 parties d’eau; on mêle le tout ensemble , et on fait bouillir pendant vingt minutes. On laisse déposer et on décante la liqueur lorsqu’elle est claire ; on ajoute de nouveau de l’eau , on porte à l’ébullition et on filtré la ligueur bouillante; on épuise le précipité par de l’eau, on réunit les liqueurs et on les faitévaporer jusqu’aux trois quarts. Le liquide étant ainsi rapproché.^ et contenant un sel d’acide benzoïque et de chaux (benzoate de chaux), on verse dans ce produit, goutte à goutte, de l’acide hydrochlorique, jusqu’à ce qu’il y en ait un léger excès; par cette addition d’acide hydrochlorique, on décompose le benzoate de chaux. L’acide hydrochlorique s’empare de la chaux , forme un hydrochlorate de chaux soluble, tandis que l’acide benzoïque se précipite sous forme de petits cristaux. On laisse déposer l’acide, on sépare la liqueur claire , et on jette les cristaux sur un filtre; on les lave à plusieurs reprises avec de l’eau froide. On peut alors faire cristalhser de nouveau ou faire sublimer: dans le premier cas, il suffit de dissoudre l’acide dans l’eau bouillante, et de laisser

(i) Modification. ( A. Ch.)

cristalliser parTefroidissement; dans le second cas, on se sert du même procédé que celui employé pour obtenir l’acide benzoïque par sublimation.

Procédé de Stoltze. On réduit en poudre le benjoin , on mêle ■ensuite i partie de ce baume solide avec 3 parties d’alcool : lorsque la dissolution est complète, on filtre, on introduit la liqueur qui est acide dans un alambic, on sature l’excès d’acide par du sous-carbonatede soude neutre, dissous dans 8 parties d’eau additionnées de 3 parties d’alcool. Lorsque la saturation est complète, on soumet à la distillation pour obtenir l’alcool; le résidu de la distillation contient de l’acide benzoïque combiné à la soude ( benzoate de soude ) ; on décompose ce sel par l’acide sulfurique : l’acide benzoïque se dépose (?t reste à l’état solide dans la solution de sulfate de soude d’dù l’on le sépare. Cet acide étant encore coloré, on le redissout dans l’eau bouillante et on le fait cristalliser. M. Stoltze ayant répété les divers procédés connus pour comparer les quantités d’acide que l’on peut obtenir en les employant, il a cru devoir les classer de la manièi’e suivante, d’a,près le produit qu’il a obtenu du traitement de looo parties de benjoin, contenant 194,25 parties d’acide benzoïque.

Partiel,

Par son procédé , Stoltze a obtenu. ....... i8o

Par celui de Bucholz . . i38

Par celui de Sebeèle i35

Par le sous-carbonate de potasse laS

Par le sous-carbonate de soude (décoction). . . 120

Par le sous- carbonate de soude (digestion). . . ii5 Par distillation avec ^ partie d’acide sulfurique. 88 Par distillation avec 1 partie d’acide sulfurique. 86 Par la distillation avec le muriate de soude. . 83

Par la distillation avec l’alun 81

Par sublimation 76

Par l’eau bouillante 59

D’après cette table, le procédé donné par l’auteur de ces ex-

périences serait le meilleur à suivre : il pourrait encore être modifié en employant d’abord la sublimation, qui donne de l’acide benzoïque d’une odeur très agréable; ensuite, en traitant le le résidu par le procédé de Stoltze, pour épuiser le baume. Ce moyen combiné pourrait donner, ce me semble, de bons résultats ( Chevallier ).

L acide benzoïque pur obtenu par sublimation est sous forme de prismes allongés, ayant un aspect satiné; sa couleur est blancbe; il est quelquefois coloré en jaune. La saveur est chaude, acre, piquante; dissous dans l’eau ou dans l’alcool, sa solution rougit la teinture de tournesol. L’acide benzoïque est odorant lorsqu il a été obtenu par sublimation; mais cette odeur ne lui appartient pas, elle lui est communiquée par une huile volatile que on peut en séparer de la manière suivante : on fait dissoudre 1 acide benzoïque dans l’alcool; lorsque la solution alcoolique est faite, on la filtre et on la précipite par l’eau, l’acide e zoique étant peu soluble dans l’eau, se dépose, dépourvu

d odeur ; 1 huile essentielle reste dissoute dans l’alcool étendu {, tjiese ).

L’acide benzoïque est inaltérable à l’air; sa pesanteur spécifique selevea 0,667; soumis à l’action de la chaleur à iioo cen igrades, ,1 se fond et se résout en un fluide transparent; a une emperature plus élevée, il commence à se sublimer. Cet ac.de e.st soluble dans les acides sulfurique et nitrique ^ ncentres; si 1 on étend d’eau ces solutions, l’acicle benzoïque Ben précipité: il est soluble dans les huiles grasses; il s’u-

étr^upf ^l^éré par des substances

prénaLr''^^' «égligence apportée dans sa

tracrerV sulfurique, des

par de ri ® ® extraction; quelquefois il est sali

filiation Tl' ^ déposée sur l’acide lors de la dis-

furiauP * T ^ reconnaître la présence de l’acide sul-

acid^f Jn """T" carbonates par les

> es, qui déterminent une elTervesCencc. Des fnisilica-

teurs ont cherché à tromper le phai’macien en ajoutant à cet acide de Vasbesie en filamens soyeux; il est très facile de reconnaître cette falsification et de déterminer la proportion dans laquelle elle est faite : pour cela, on traite loo grains de cetacide falsifié, par l’alcool ; à l’aide de la chaleur , l’acide est dissous; on filtre et on fait évaporer ; l’asbeste reste sur le filtre. Ces substances étant ainsi séparées , on prend le poids de chacune d’elles.

L’acide benzoïque est employé en Médecine à l’intérieur, à la dose de lo grains à 5 gros, et à l’extérieur , en fumigations contre quelques rougeurs. (A. C.)

Acide BouiTiQUE , découvert par M. Braconnot, dans le suc exjirimé du holetUfS pseudo-ignarius. Qn l’obtient en traitant par l’alcool rectifié le suc du bolétus réduit en consistance, de sirop, en dissolvant dans l’eau distillée le produit insoluble dans l’alcool qui contient cet acide, et en précipitant la dissolution aqueuse par la solution de nitrate de plomb ; le précipité formé de bolétate et de phosphate de plomb, décomposé par l’hydrogène sulfuré, le sulfure précipité séparé par la filtration, et la liqueur évaporée, donne des cristaux permanens, qui sont, de l’acide bolétique. Cet acide doit être jiurifîé par solution dans l’alcool; on l’obtient alors par l’évaporation de la splution; en prismes tétraèdres irréguliers, de couleur blancbe. Ces cristaux sont inaltérables à l’air. Sa saveur est acide, analogue à celle de la crème de tartre; il est soluble dans i8o parties d’eau, dans 45 fo.is son poids d’alcool; il rougit les couleurs, bleues végétales , précipite les solutions nitriques de fer , d’argent et de mercure. Soumis à l’action de la chaleur , l’acide bolétique se sublime; les vapeurs refroidies se condensent sous forme d’une poussière blanche que l’on peut recueillir.

Cet acide sature quelques oxides métalliques , et donne naissance à des sels nommés holètales. (A. C.)

Acide bomeique. Cetacide, qui fut signalé, en 1781, par M. Cbaussier, comme existant dans le ver à soie, est peu connu; il serait à souhaiter qu’on l’étudiât de nouveau pour reconnaître ses, propriétés et constater ou non son existence. Le

travail de M. Cliaussier fait partie du t. II des Mémoires de V Académie de Dijon. (A. C.)

Acide bohique, acide horacique; sel sédatif de Hombergj sel narcotique volatil de vitriol. Cet acide est le résultat de l’union du bore avec l’oxigène , dans les proportions de i oo de bore et de 228,57 d’oxigènej il fut découvert en 1 702 par Homberg, qui l’obtînt, pour la'première fois, en chauffant ensemble un mélange de sulfate de fer et de borate de soude. Ce procédé fut ensuite modifié. Leméry fils prépara l’acide borique par sublimation, mais au moyen de l’acide nitrique et de l’acide hydrochlorique. Gepffroi indique le moyen de l’obtenir en précipitant la solution du sous- borate de soude par les acides. C’est ce moyen qui est encore mis en usage aujourd’hui.

L’acide borique existe dans la tourmaline. Hoëffer, chimiste toscan, reconnut, en 1776, son existence dans les eaux des lacs de la Toscane. Mascagny, qui fit presqu’en même temps cette découverte, eut l’idée d’exploiter en grand l’eau de ces lacs, pour en obtenir l’acide. Cette idée, mise à exécution il y a quelques années, n’eut pas tout l’avantage qu’on pouvait en attendre} la grande quantité d’acide ainsi obtenu ne pouvant être mis en usage dans le commerce, le prix de l’acide et du borate de soude baissa considérablement. L’acide borique obtenu des lacs n’est pas à l’état de pureté , il est mélangé avec d’autres substances étrangères. L’analyse d’un échantillon de cet acide

naturel nous a donné pour résultat , sur 100,

Eau (humidité) 34

Acide borique pur 55

Résidu insoluble (1) 2

Potasse 2,5o

Oxide de fer

Ammoniaque i

Acide sulfurique 4

(i) ferre, charbon, une inalièrc animale insoluble dans l’eau.

y» ^ACIDES.

Plus, des traces d’acide hjdrochlorique, d’acide carbonique , d’alumine , de chaux,

de cuivre et de silice.

Cet acide, ainsi extrait des lacs, ne peut être enïployé dans l’usage médical sans avoir été purifié : pour cela, on le fait dissoudre dans l’eau distillée; on rapproche la solution pour faire cristalliser ; on recueille les cristaux qu’on lave, qu’on fait redissoudre de nouveau et cristalliser; on recueille les cristaux, OH les fait égoutter, on les lave ensuite avec de Peau distillée, et on les fait sécher.

Un rnojen plus ordinairement usité pour préparer l’acide borique consiste à faire dissoudre dans l’eau le sous-boratÈ de soude, à en saturer ce liquide, et à filtrer la solution lorsqu elle est encore chaude: par ces opérations, on sépare les substances étrangères insolubles qui peuvent s’y trouver. Lorsque la liqueur est filtrée, on ajoute peu à' peu à ce liquide de l’acide sulfurique; celui-ci ayant plus d’affinité pour la soude que u’en a l’acide borique, s’unit à cette base et met à nu l’acide borique, qui se sépare et se dépose dans la liqueur sous forme de paillettes (i); on le recueille, on le lave à l’eau froide à plusieurs reprises, et on le fait sécher sur du papier, puis on le conserve dans des boîtes de bois garnies de papier à l’intérieur.

L’acide borique cristallise en lames hexaèdres, minces, irrégulières, d’un blanc satiné, d’un toucher doux et onctueux; sa saveur est légèrement aigre, puis fraîche, amère, et enfin un peu sucrée; mis sous la dent, il est ductile. Il est inodore: sa pesanteur spécifique lorsqu'il est en écailles s’élève à i,479 et à i,8o3 lorsqu'il est fondu. L’acide borique en paillettes, soumis à l’action du feu dans un creuset de platine, se boursoufle; si

(i) La quantité d’acide sulfurique à ajouter à la solution est de too grammes pour 320 grammes de sous- borate de .soude.

AGlDEy. 5^

l’on augrueutc la clialeur, il entre en fusion, et donne, par refroidissement, un verre dur, transparent, qui, exposé au contact de l’air, devient un peu opaque. Cet acide vitrifié, traité par l’eau bouillante, se dissout dans ce liquide, et donne par refroidissement des cristaux d’acide borique. L’acide borique vitrifié ne diffère du précédent que parce qu’il contient une moins grande quantité d’eau que l’acide cristallisé eu paillettes, qui, selon quelques auteurs, contient 43 parties d’eau sur 100 d’acide.

Tj acide borique est soluble dans treize fois son poids d’eau bouillante, et dans 35 parties d’eau à io°. Si l’on soumet à la distdlation la solution aqueuse d’acide borique , une partie de 1 acide dissous passe et cristallise dans le récipient.

L acide borique est plus soluble dans l’alcool que dans l’eau; cette solution brûle avec une flamme verte.

Cet acide s unit aux bases salifiables, et donne naissance à des sels particuliers nommés borates.

La découverte de la décomposition de l’acide borique et la connaissance du bore sont dues à MM.Gaj-Lussac et Thénard. Ces savans obtinrent ce résultat en traitant de l’acide borique par le potassium. {F. bore.)

L’acidq borique est employé en Médecine pour faire la crème de tartie soluble j dans les arts, comme mordant pour plusieurs couleurs; il sert aussi aux chaudronniers , aux bijoutiers, comme fondant, pour faire couler les soudures.

L acide borique peut quelquefois être mêlé d’acide sulfurique et de sulfate de soude. Cette altération est facile à reconnaître: cet acide, lorsqu’il contient de l’acide sulfurique, attire légèrement l’humidité de l’air; lorsqu’il contient du sulfate de soude, . ce sel étant bien examiné, on reconnaît une légère efflorescence.

^ On peut facilement s assurer de la présence de l’acide sulfu— 1 >que ou d un sulfate : on verse dans une solution faite avec acide boi ique soupçonné impur, une solution d’hydrochlorate aijlc; le sel de baryte est décomposé; il y a précipitation te a bt.rjte a 1 état de borate et de sulfate ; eh traitant par

l’adde nitrique, le borate est dissous, tandis que le sulfate ne l’est pas. (A. C.)

Acide butyrique, découvert, en i8i4, par M. Chevreul, dans le savon et dans le lait de beurre, mais seulement connu à l’état de pureté en i8i8. Cet acide est composé de

Oxigène, atomes. ... 3 .... 3o,585

Carbone 8 .... 62,417

Hydrogène ii .... 6,998.

Cel acide se prépare de la manière suivante : on saponifie le beurre par la potasse; on délaie la masse savonneuse dans l’eau, on décompose la dissolution par l’acide tarti’ique , et l’on .soumet à la distillation la liqueur filtrée : les acides volatils, au nombre desquels est l’acide butyrique, passent à la distillation. On reprend de nouveau le produit de la distillation,, et on le soumet une seconde fois à cette opéi’ation.

On neutralise la liqueur distillée avec de l’hydrate de baryte cristallisé; oq forme alors du butyrate, du caproate et du ca^ prate de baryte ; mais comme 1 00 parties d’eau dissolvent 36 parties de butyrate, tandis qu’elles n?en dissolvent que 8 de caproate à ro®,5, et 5 seulement de caprate, quoiqu’elle soit à 20°, en évaporant la liqueur à siecité, et en traitant les sels par des quantités d’eau convenables, on obtient ces sels séparés les uns des autres. Une fois le butyrate obtenu pur, on le décompose par l’acide sulfurique, en ayant soin de ne pas. mettre d’acide en excès (k) : l’acide se sépare; il se rassemble. à la surface, du vase, et on le recueille avec une pipette.

Cet acide est liquide ,.ressemljlant à une huile» volatile ; il est presque incolore; sa saveur est acide, piquante, ayant un arrière-goût douceâtre ; son odeur est celle de la pomme de reinette: à 9° aurdessus dezéro, il est encore liquide; il a besoin

(i) 100 de butyrate de baryte exigent, pour être décomposés, 63 partiesd'acide sulfurique étendu de 63 parties d’eau,

de plus de 100° pour entrer en ébullition. Dans un vase vide d’air, il se volatilise sans se décomposer; avec de l’air, le contraire arrive.

Cet acide s’unit à la plupart des bases salifiables, et donne naissance à des sels nommés hulyrates. (A. C.)

Acide camphohique. Cet acide fut découvert par M.Kosegarten. Ce chimiste reconnut qu’en faisant réagir huit fois de suite, et dans un appareil dislillatoire, de l’acide nitrique sur du camphre, on.obtenait, pour résultat de ces opérations, un acide ayant des propriétés particulières. M. Bouillon-LagrangCj ayant répété les expériences de M. Rosegarten, les modifia de la manière suivante ; on traite le camphre par l’acide nitrique; on distille; on a soin de détacher le camphre qui se volatilise ; on l’ajoute à l’acide resté dans la cornue; on verse de nouveau une quantité d’acide, et l’on distille; on continue l’opération de la même manière jusqu’à ce que tout le camphre soit acidifié. 20 par-! ties d’acide nitrique à 36° sont nécessaires pour convertir en acide une partie de camphre. L’acide camphorique formé cristallise dans la liqueur; on sépare les cristaux ; on les place sur un filtre; oh les lave avec de l’eau distillée, pour séparer l’excès d’acide nitrique; on les fait dissoudre dans l’eau distillée chaude ; on filtre la liqueur ; on fait évaporer jusqu’à ce qu’il se forme une pellicule : par l’efroidissement, on obtient l’acide camphorique cristallisé.

L’acide camphorique a une saveur acide amère; il rougit la teinture de tournesol ; il est soluble dans l’eau , cristallise par refroidissement en cristaux parallélépipèdes d’une belle couleur blanche ; exposé à l’action de la chaleur, à une douce température, il se fond et se sublime; à une chaleur plus forte, il répand une fumée épaisse et se dissipe en totalité.

Cet acide diffère de l’acide benzoïque en ce qu’il n’est pas précipité de sa solution alcoolique par l’eau. Il n’a pas été assez examiné; on ne connaît ni son action sur l’économie animale ni les usages qu’on peut en faire.

L’acide camphorique s’unit aux oxides métalliques, et forme des sels nommés camphorates. (A. C )

Acide capeique, découvert en 1818, par M. Chevreul, dans Je savon fait avec le beurre de vache; il est formé de

Oxigcne. . . 3 atomes.

Carbone. . . 18 atomes.

Hydrogène... 29 atomes.

Cet acide s’obtient, ainsi que les acides des corps gras, par la saponilication. Il a une odeur analogue à celle de la sueur, melee d’une faible odeur de bouc; sa saveur est acide, brûlante, ayant aussi la saveur de bouc. Cette dernière propriété le fait distinguer de l’acide caproïque. L’acide caprique est soluble dans l’eau, dans la proportion d’un dixième; il est souble dans 1 alcool en toutes proportions.

L’acide caprique s’unit aux oxides métalliques, et forme des sels qu on appelle caprates. ^ )

Acide CAPHoÏQUE, découvert en 1819, par M. Chevreul, dans e savon préparé avec les beurres de vache et de chèvre. Meme mode de préparation que l’acide caprique; cet acide est formé

D’oxigène. . . 3 atomes.

Carbone. ... 12 atomes.

Hydrogène 19 atomes.

Il est incolore, son odeur est semblable à celle de l’acide acétique faible; sa saveur est ac|de, piquante, ayant un arrière-goût plus prononcé que celui de l’acide butyrique; il blanchit la partie de la langue sur laquelle on le met pour connaître sa. saveur ; il est très peu soluble dans l’eau , il est au contraire trè soluble dans l’alcool. L’acide caproïque s’unit aux bases salifiables, et donne naissance à des sels nommés caproates,

Acide carbonique, air méphy tique, air fixe, acide crayeux. Cet acide, dont la nature demeura long-temps inconnue, est le résultat de la combinaison du carbone et de l’oxigène, dans les

proportions de 27,67 de carbone, et de 72,33 d’oxigène. Cette combinaison gazeuze est d’une densité pins grande que celle de l’air atmosphérique; l’air pesant 1,0000, l’acide carbonique pese 1,5245. Cet acide existe mêlé à l’oxigène et à l’azote dans l’air atmosphérique; il fait partie constituante de \ albâtre calcaire et des marbres ; on \& trouve presque pur dans des lieux bas et caverneux (i), dont il forme l’atmosphère; il se rencontre en dissolution dans des eaux acidulées répandues sur la surface du globe; il se dégage d’un grand nombre de fermentations, et se forme pendant la combustion du bois, du charbon , etc.

On peut se procurer l’acide carbonique gazeux, ou dissous dans eau, en agissant de la manière suivante : on introduit dans un flacon à double tubulure du carbonate de chaux en petits fragmens; on adapte à l’une des ouvertures du flacon un tube de verre recourbé à angle droit , et qui va plonger dans un deuxième flacon semblable au premier, que l'on a rempli d’eau : à la deuxième tubulure de ce dernier flacon, on adapte un tube qourbe à angle droit. Si l’on veut obtenir l’acide carbonique dissous dans l’eau , alors on fait plonger ce tube dans de l’eau très froide, ou si l’on veut recueillir le gaz sous une cloche, on a un tube approprié à ce genre d’opération. {F. le mot TUBE. ) L’appareil étant monté, on le lute de manière à ce que le gaz ne puisse, se dégager que par les tubes : les luts étant secs, on introduit dans le premier flacon, par la tubulure opposée à celle qui porte le tube, de l’acide hjdrochlorique étendu; on ferme ensuite cette tubulure avec un bouchon. L’acide hydrochlorique se trouve en contact avec le carbonate de chaux; celui-ci est décomposé; la chaux s’unit a 1 acide hydrochlorique, forme un hydrochlorate de chaux {muriate de chaux ) qui reste en dissolution; l’acide carbonique gazeux se dégage, passe dans le premier flacon; il se lave dans l’eau qu’on y a mise; Il passe ensuite dans le

(î) La grotte du Chien, dans le royaume de Naples, offre un exemple de» lieux bas , offrant une almosphère d’acide carbonique.

second , et de là par [le tube j alors on le recueille , soit dans l’eau où il s’en dissout une partie, soit dans des cloches à l’état gazeux.

L’eau dissolvant peu de gaz acide carbonique à la pression ordinaire de l’atmosphère , on a recours, pour opérer cette solution, à des efforts produits par des machines nommées pompes. ( F. Eaux minérales. )

Propriétés de V acide carbonique gazeux . Ce gaz est transparent, plus pesant que l’air atmosphérique; on peut, par conséquent, le verser d’un vase dans un autre. Il est impropre à la combustion et à la respiration : une bougie plongée dans ce gaz s’éteint subitement; un animal que l’on y place est asphyxié sur-le-champ. L’acide carbonique rougit le papier et la teinture de tournesol; si on laisse le papier et le liquide exposés à l’air, la couleur rouge disparaît. Recueilli dans la bouche ou par les narines, il a un goût piquant particulier, qu’on ne peut mieux définir qu’en le comparant à celui que nous fait sentir le vin de Champagne mousseux ouïes liqueurs fermentées qui pétillent. Il est traversé par la lumière qu’il réfracte; mais il n’est pas altéré. Exposé à l’action de la chaleur, il se dilate. Il est absorbé par le charbon sec, et on peut l’en dégager sans qu’il ait subi d’altération : si on le fait passer sur du charbon incandescent, il se charge d’une nouvelle quantité de ce corps, et passe à l’état d’oxide de carbone. Cet acide est utile dans la végétation; il est décomposé par les oi’ganes des végétaux, son radical reste fixé dans ces corps, et l’oxigène se dégage.

Propriétés de V acide carbonique dissous dans Veau.

L’acide carbonique liquide rougit le papier et la teinture de tournesol; sa saveur est d’une acidité agréable. Si l’on expose à l’air ou que l’on chauffe sa solution, l’acide se dégage : le même dégagement a Heu lorsqu’on expose l’eau acidulée à une basse température. L’acide carbonique, gazeux ou liquide, s’unit aux oxides métalliques, les sature et donne naissance à des sels nommés carbonates.

Cet acide est très employé en Médecine. C’est dans le but de l’administrer que l’on ordonne la potion de Rivière, les eaux minérales gazeuses, etc. C)

Acide CAsiiQUE. Cet acide fut découvert par M. Proust dans les fromages faits; il lui attribue l’odeur et une partie des propriétés de cet aliment.

On prépare l’acide caséique en traitant par l’eau chaude, ou la matière caséeuse qui a subi la fermentation putride', ou les fromages lorsqu’ils sont faits (i). On divise ces substances dans l’eau; on liltre la, liqueur qui a dissous de l’acétate, du phosphate , du caséate d’ammoniaque , de l’oxide caséeux, de la gomme et du sel marin; on fait évaporer la liqueur en consistance sirupeuse; on traite par l’alcool ordinaire qui dissout les sels ammoniacaux; on abandonne le liquide alcoolique dans un flacon étroit, et on y ajoute, tous les deux jours, une petite quantité d’alcool concentré: par cette addition, on détermine le dépôt d’une matière gommeuse. Après quinze jours de traitement, on décante la partie liquide, on évapore, puis on délaie le résidu dans l’eau; on ajoute ensuite à ce mélange du carbonate de plomb, dans la proportion d’un huitième du poids du liquide ; on fait bouillir pendant quelques minutes: l’ammoniaque se dégage à l’état de carbonate. On a, dans la liqueur, du phosphate, de l’acétate et du caséate de plomb. Ces deux derniers sels étant solubles, on les sépare du phosphate qui ne l’est pas et qui reste sur le filtreon fait ensuite passer dans la liqueur de l’acide hydrosulfurique qui décompose l’acétate et le caséate, en précipitant le plomb à l’état de sulfure. On filtre, et dans la liqueur on a I acide caséique et l’acide acétique libres , mais mêlés à un excès d’acide hydrosulfurique; on évapore en consistance sirupeuse: pendant l’évaporation, les acides acétique et hydrosulfunque se volatilisent et laissent l’acide caséique à l’état de pureté.

(0 On entend par re mot, le fromage fermente de manière à pouvoir èira mange avee plaisir, puuv.iir cire

L’acide caséique est un peu. jaune; il a une saveur amère, acide, se rapprochant de la saveur du fromage; il prend, par une évaporation convenable et ménagée, une consistance grenue ; soumis à l’action du feu, il se décompose en se comportant comme les matières animales et en donnant, les mêmes produits. II est soluble dans l’eau et dans l’alcool; il précipite en blanc l’infusion de noix de galles, en jaune le muriate d’or, en blanc le perchlorure de mercure, en blanc le nitrate d’argent. Ce dernier précipité devient jaune, ensuite rougeâtre.

L’acide caséique rougit le papier de tournesol; il s’unit à l’ammoniaque et à d’autres oxides métalliques ; il forme des sels que l’on a nommés casèates.

L’acide caséique., traité par l’acide nitrique , se convertit en acide oxalique. Cet acide étant séparé des fromages, ceux-ci n’ont plus ce goût qui les fait rechercher et qui ne paraît être dû qu’à la présence de l’acide caséique. C’est sans doute à l’acide caséique combiné à l’ammoniaque qu’est due la. propriété digestive du fromage. (A. C.)

Acide cjétiqüe. {V. Cétine.)

Acide cévadique. Cet acide fut annoncé en 1820 par MM. Pelletier et Caventou, qui le découvrirent dans le veratrum sabadilla. Ces chimistes l’obtinrent de la manière suivante : on met en contact avec de l’éther sulfurique, à l’aide de la chaleur, de la cévadille; le produit étbéré, filtré, soumis à la distillation, laisse un résidu très acide, gras, onctueux, de couleur jaune , tout-à-fait insoluble dans l’eau et d’une odeur particulière. Ce produit doit être saponifié au moyen de la potasse, et le savon formé décomposé par l’acide tartrique en excès, les matières grasses sont alors recueillies sur un filtre. La liqueur filtrée, soumise à la distillation, donne pour produit volatil un liquide aqueux, acide, très odorant; l’acide qui existe dans ce liquide saturé par l’eau de baryte , donne par l’évaporation de la solution saturée , un résidu formé de baryte et d’acide cévadique (cévadate de baryte), d’une belle couleur blanche. Ce sel, traité par l’acide pbospborique est décomposé, l’acide

s^en sépare sous forme d’aiguilles blanches, brillantes, nacrées. Pour débarrasser cet acide du phosphate de baryte qu’il retient, on l’introduit dans une cornue et on soumet celle-ci a une douùe chaleur :1 acide se réduit en vapeurs^ ces vapeurs condensées, laissent 1* acide pur, sous forme de cristaux d’aune belle couleur blanche.

L’acide cévadique est blanc, solide, sous furmes d’aiguiÜes; il est soluble dans l’êau , l’alcool , l’éther ; son odéur a quelque ressemblance avec celle de l’acide butyrique-, il est fusible à 20®. un peu au-dessus de ce degré, il sè ré-duit eu. vapeurs qui peuvent être condensées; il s’unit aux hases salifiables, et forme un genre de sels nommés cèvaJates.

L action de cet acide sur l’économie animale n’a pas encore été étudiée. ^ ^

Acide chlorique. L’existence de cet acide fut indiquée par Berthollet, puis par Chénevix; mais la découverte en est due a M. Gay-Lussac, qui se le procura à l’état de purete en i8i4 ; a cette epoque il en Ct connaître les propriétés.

Cet acide s’ohtient en précipitant le chlorate de baryte par I acide sulfurique faible, en ajoutant de cet acide en quantité convenable pour que toute la baryte soit précipitée. Le sulfate de baryte qui se forme étant insolùble, on le sépare par le filtre de l’acide chlorique qui reste en dissolution ans le liquide; ainsi obtenu , l’acide chlorique eSt incolore, inodore; son odeur se développe lorsqu’il est concentré; sa saveur est acide; il rougit les couleurs hleues végétales; il est indécomposahle par la lumière; si On lé concentre par une doiicé Chaleur il acquiert une consistance oléagineuse; si l’on con- Lnue d elever la température, il se volatilise en partie sans prouver d alteration; une autre partie de Facide se décompose et donne heu a un dégagement de chlore et d’oxigène. Mêlé avec les acides hydrochlorique, sulfurique, sulfureux, ces acides le^decomposent. L’acide chlorique, mis en contact avec les so utins métalliques, ne les précipite pas; il s’unit cependant aux bases salifiables, et forme des Sels nommés d’abord

riates, puis chlorates par M. Gay-Iaissac. '

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