BARREAU AIMANTÉ
talliqucj ce dont on peut s’assurer au moyen de la lime ou 'par le frottement.
Clarke, en se servant du chalumeau de Rrook, obtint le barium ; il proposa alors d’appeler ce métal Plutonium , mais cette dénomination ne fut pas adoptée.
Le barium est susceptible de s’unir à l’oxigène en plusieurs proportions. Voir Baryte et Baryte oxigénée. (A. C.)
BAROMÈTRE. Le baromètre est un instrument destiné à mesurer la pression de l’atmosphère. Il y a plusieurs sortes de baromètres. La description de ces instrumens ne pouvant faire partie de cet ouvrage, à cause des développemens que ce sujet
exigerait,nous renverrons aux ouvrages de Physique. (A. C.)
BAROTE. Nom donné par Morveau à la baryte. Voir Baryte. BARREAU AIMANTÉ. On appelle barreau aimanté une barre d’acier ou de fer qui, ayant été mise en contact avec les pôles de deux aimans, a acquis au bout d’un certain temps de contact la propriété magnétique, propriété qu’elle conserve plus ou moins long-temps. V. dans les ouvrages de Physique, le mot Aimant.
Le barreau aimanté est employé par le chimiste, pour séparer
de la limaille de cuivre le fer divisé qui peut s’y trouver mélangé.
On se sert aussi (je ce barreau pour séparer le fer qui se trouve mele a quelques minerais (la mine de platine).
D’après des expériences publiées par M. Muray, on peut se servir du barreau aimanté comme réactif. Cet instrument plongé dans une solution de perchlorure de mercure {muriate suroxigene de mercure), la décomposition de ce combiné- le ’ mercure réduit, à l'état métallique se précipite au fond du iase Ou se lait 1 operation.
Le barreau aimanté mis en contact avec la solution de muriate de platine, ou avec celle de nitrate d’argent, les décompose; les métaux sont ramenés à l’état métallique.
Selon le même auteur, ces phénomènes ont même lieu lorsqu on emploie un barreau aimanté recouvert d’un vernis de
388 BARYTË.
BARYTE CARBONATÉE. Voir Carbonate de baryté. BARYTE CAUSTIQUE, terre -pesante j protoxidede hariurti. La bary te, regardée pendant long-temps comme un corps simple, est auj'ourd’hul considérée comme le résultat de la combinaison d'un métal ( Ze barium') avec l’oxigëne, dans les proportions
de Barium i oo
Oxigène ii,66g
La baryte fut découverte par Scheèle , qui la trouva , en dans une mine de peroxide de manganèse qu’il avait soumise à l’analyse ; mais ce corps à l’état de pureté , ne fut connu qu’ep 1 796 , et cette amélioration dans l’état de nos connaissances est due à MM. Yauquelin et Fourcroy, qui lurent à l’Institut un mémoire sur ce sujet , dans lequel ils indiquèrent un procédé de préparation qui donne facilement ce produit. Ce procédé est le suivant :
On introduit dans une cornue ou dans un creuset de porcelaine (i) , du nitrate de baryte cristallisé en octaèdres^ on expose à l’action du feu le vase, et on continue la cbaleur jusqu’à ce qu’il n’y ait plus dégagement d’aucun gaz; on laisse alors refroidir, et on trouve dans le creuset ou dans les débris de la cornue une masse grise verdâtre , solide , caverneuse , d’une saveur âcre : ce produit est la baryte pure.
Pendant l’opération , le nitrate de baryte est décomposé; les élémens de l’acide nitrique séparés les uns des autres, se dégagent à l’état d’azote , d’ oxigène et de gaz deutoxlde d’azote. La baryte séparée de l’acide étant fixe, elle reste au fond du vase où l’opération s’est faite.
La baryte présente les propriétés suivantes (Fourcroy et V auquelln) :
1°. Sa couleur est grise verdâtre, son aspect est caverneux, sa saveur est plus caustique que celle de la chaux vive.
2°. Soumise à l’action du feu au chalumeau et sur un charbon, elle se fond , bouillonne , se réduit en globules qui bientôt pénètrent dans le charbon.
(:) Un creuset de plaline est aussi convenable.
baryte. 389
3®. Eïposëe a l’air, elle s’eflleurit, se divise, éclate avec effort etbrult, seboursouffle, s’échauffe, et blanchit, en s’éteignant avec rapidité. Elle absorbe 0,22 de son poids d’eau et d’acide carbonique.
4 • Elle absorbe 1 eau avec une extrême rapidité ; elle fuse avec bruit, s’échauffe considérablement, solidifie l’eau , se durcit tellement qu’elle forme une espèce de ciment qui adhère fortement au verre ; un peu plus d’eau la change en une poudre blanche très volumineuse. Si on la couvre entièrement de ce liquide , elle s’y dissout avec sifflement; elle cristallise ensuite en aiguilles transparentes qui se groupent et adhèrent entre elles, comme le font les molécules du sulfate de chaux, le plâtre gâché.
5 . L eau froide en dissout un vingt-cinquième de son poids ;
1 eau bouillante plus de la moitié. Cette solution laisse déposer par le refroidissement des cristaux qui, exposés à l’air, s’effleunssent et deviennent opaques. {Voir Baryte cristallisée.)
6°. La solution de baryte {voir ce mot) se couvre plus promptement à l’air d’une croûte blanche , que ne le fait l’eau de
chaux. Ce produit de l’action de l’air est du carbonate de baryte.
7°. Les acides, oxalique, citrique, phosphorique et phospho-
5 ces précipités se redissolvent a 1 aide d’un excès de chacun de ces acides.
8 . La solution de baryte décompose l’eau de savon , les nitrates de mercure, de plomb, d’argent; le premier de ces sels en noir, le deuxième en blanc, le troisième en brun fauve. Un
excès de solution de baryte rend les oxides d’argent et de plomb dissolubles.
9 . La baryte obtenue de la décomposition du nitrate est disso U 3 e ans 1 alcool ; elle est violemment vénéneuse ; elle tue les animaux. Ses propriétés les plus remarquables et les plus caractéristiques sont l’extrême facilité qu’elle a de cristalliser , sa grande solubilité dans l’eau et la propriété de former avec l’acide sulfurique un sel tout-à-falt insoluble, jouissant de propriétés païticulières. ( V nr Sulfate he baryte. ) v
La baryte unie à 1 acide hydrochlorique donne naissance ù,
Sgo BARYTE.
un sel employé en Médecine. ( V. Hydrocielorate de baryte. )
BARYTE HYDRATÉE CRISTALLISÉE. L’hydrate de baryte en cristaux s’obtient de la manière suivante. On prend de la ha-' ry te caustique J on la fait déliter en jetant dessus une petite quantité d’eau distillée ; on introduit la poudre qui résulte de cette opération dans un matras de verre. On ajoute de l’eau distillée et on fait bouillir, en ayant soin qu’il y ait un excès de baryte. Au bout d’un quart d’heure d’ébullition, on jette la liqueur encore bouillante sur un filtre de bon papier Joseph (i), et on laisse refroidir la liqueur filtrée ) elle laisse déposer par reftoidissement des cristaux ; on les réunit , on les met à égoutter entre plusieurs doubles de papier ; et aussitôt qu’ils sont secs , on les enferme dans un flacon à large ouverture, bouché en verre, et que l’on a séché d’avance.
Le journal de Milan, Giorn. de Phisica j Chimicaj etc. (2), tom. VII, page 266, attribue à faux à M. Jos. Pessina, pharmacien de Milan, le procédé suivant, dû à M. d’Arcet , qui le présenta en 1807, d’une manière plus générale, dans lé tome LXI des Annales de Chimie y pag. 25 1 et suiv.
On mêle 100 parties de sulfate de baryte avec 20 parties de poudre de charbon ; on introduit dans un creuset qu’on place dans un fourneau ; on chauffe fortement pendant une heure , on laisse refroidir; on sépare le résidu; on le traite par l’eau bouillante à plusieurs reprises ; on sature les eaux de lavage filtrées par l’un des acides hydrochlorique , acétique ou nitrique. Cette saturation détermine le dégagement d’une quantité considérable d’hydrogène sulfuré et d’acide carbonique. H y a formation d’un sel (acétate , nitrate ou hydrochlorate). Quand l’effervescence a cessé et qu’il y a un léger excès d’acide dans la liqueur , on filtre , on fait évaporer pour décomposer l’hydro-
(i) Les papiers à filtrer ne sont pas e'galement propres à cette operation ; c’est au pharmacien chimiste à choisir les plus convenables (ceux qui laissent le mieux passer les liquides).
(a) Bulletin universel des Sciences , Arts technologiques, iSaS.
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gène sulfuré , et pour précipiter le soufre qui y était tenu en dissolution (i). Lorsque l’évaporation est terminée, on dissout le résidu dans la plus petite quantité d’eau possible; on ajoute à cette solution une solution concentrée de potasse caustique pure qui précipite Instantanément la baryte sous forme de cristaux. On porte le vase dans un lieu dont la température soit le moins élevée possible ; on le laisse dans ce lieu pendant quelques heures (si l’on veut, on peut placer le vase au milieu d’un mélange réfrigérant) ; on décante l’eau-mère , on lave les cristaux avec un peu d’eau distillée ; on les fait sécher en les comprimant entre des feuilles de papier josepb ; on les fait dissoudre dans une quantité d’eau bouillante nécessaire ; on filtre. La liqueur, par refroidissement , laisse déposer la baryte, qui, pour etre amenée à l’état de baryte caustique , n’a besoin que d’être chauffée dans un creuset de platine.
M. d’Arcet pense que , dans cette opération , la préférence doit être accordée aux acides acétiqueet hydrocîilorique , l’acide nitrique étant susceptible de convertir une partie du sulfure de baryte en sulfate. ' ’
M. d’Arcet a obtenu les mêmes résultats de l’emploi delà soude pure.
MM. d Arcet et J. Pessina regardent ce procédé d’extraction de la baryte comme étant plus économique. M. Robiquet n’est pas de cet avis (^Ann. de Chimie j iSo'j, p. 61); il prescrit la calcination du nitrate. (Procédé de MM.Yauquelin et Foiircroy.) On doit cependant faire observer que , si l’on soumet la baryte
trop long-temps a l’action du feu, elle absorbe de l’acide car- Ixjnique.
La baryte cristallisée est sous forme de longs prismes à quatre pans. Ces prismes sont blancs, transparens; ils s’effleurissent à 1 air, perdent de leur eau de cristallisation et absorbent de l’acide carbonique contenu dans l’atmosphère.
(i) M. d Arcet indique qu’on peut arriver au même but en se servant d’uii sel métallique (l’acétate de plomb) qui s’empare du soufre et se précipite 2» l’état de sulfure.
302 BARYTE,
L’action de la baryte a été étudiée sur le corps humain, M, Brodie a conclu de ses expériences : i° que le muriate de baryte affecte la circulation en rendant le cœur insensible au stimulum du sang, et non en détruisant tout-à-fait l’action de la contraction musculaire ; 2°. que le muriate de baryte attaque l’estomac, qu’il agit comme émétique sur les aniraajix qui on.t la faculté de vomir , et opère plus facilement pris intérieurement qu’appliqué sur une blessure ; que les mêmes phénomènes qui autorisent à penser que l’arsenic ne produit ses effets délétères que lorsqu’il est porté dans la circulation, fondent également cette conclusion par rapport au muriate de baryte. (^Mémoires, de là Société de Méd. pratique de Montpellier, 4* partie.)
BARYTE OXI GENEE, deutoxide de barium. La propriété que possède la baryte de s’unir à deux proportions d’oxigène, a été découverte par MM. Gay-Lussac et Thénard, qui ont fait connaître les propriétés de cette nouvelle combinaison.
Le deutoxide de bariiim se prépare de la manière suivante. On introduit dans un tube de verre un peu épais, ou mieux, dans un tube de porcelaine, de petits fragmens de baryte caustique; on dispose ce tube sur un fourneau allongé , recouvert d’une grille; on adapte à l’un des bouts du tube une petite cornue contenant du chlorate de potasse bien seo ( si l’on opère en grand, on se sert d’une cornue contenant du peroxide de manganèse). On chauffe au brun ïa portion du tube qui contient la baryte, on met ensuite sous la cornue qui contient le chlorate de potasse (i) des charbons allumés. Ce sel se fond, l’oxigène se dégage; il passe dans le tube et se trouve en contact avec la baryte. Celle-ci absorbe ce gaz en présentant les phénomènes de l’incandescence : lorsque ce phénomène cesse de se manifester.
(i) Lorsqu’on se sert de l’oxigène provenant de l’oxide de manganèse pour oxider la Laryte , on n’adapte la cornue au tube que lorsque l’oxigèiie qui sc dégage de cet oxide est exempt d’acide carbonique; on s’assure de ce fait en essayant le gaz avec une solution alcaline; s’il est pur, il ne doit pas dimit puer de volume.
BARYTE. 393
on retire du feu , on laisse refroidir, et on enferme dans un flacon bien fermé.
C’est avec le deutoxide de barium que M. Thénard prépare le produit remarquable qu’il a fait connaître sous le nom d’Exu OxiGÉsiE. {Voir ce mot.)
Le deutoxide de barium a moins de saveur que la baryte caustique ; il a aussi moins d’affinité pour l’eau. Mis en contact avec une petite quantité de ce liquide, il se délite lentement sans produire de chaleur sensible.
Le deutoxide de barium n’est susceptible de s’unir aux acides qu en perdant l’oxigene qu’il a absorbé , il passe alors à l’état de
protoxide. L’oxigene séparé reste dans l’eau, ou se dégage, selon les circonstances dans lesquelles on agit. (A. C.)
BARYTE EN SOLUTION , eau de baryte. Cette solution, qui est destinee a servir de réactif, se prépare de la manière suivante : on prend de la baryte caustique (1) ( ou des cristaux de baryte), on 1 introduit dans une fiole à médecine 5 on verse dessus de 1 eau distillée; on fait chauffer. Lorsque la dissolution est terminée, si l’on a traité des cristaux, ou lorsque la baryte refuse de se dissoudre, si l’on a traité de la baryte caustique, on filtre la solution, qui doit etre conservée dans un flacon bien fermé, en ayant soin que le flacon soit toujours plein.
Quelquefois, par refroidissement, la solution de baryte concentrée laisse précipiter des cristaux d’hydrate de baryte; on se, sert de ces cristauj^ pour faire une nouvelle solution ; à cet effet, on varse sur ces cristaux une nouvelle quantité d’eau pure; elle les redissout , et on obtient une solution.
L eau de baryte est employée par le pharmacien chimiste pour faire reconnaître dans un liquide, la présence de l’acldesulfurique, soit libre, soit combiné. Une addition de .ce liquide s empare de 1 acide sulfurique libre, ou elle décompose
(i) On peut SC servir, pour faire cette solution, de la baryte caustique qui reste sur les parois delà cornue ou du creuset, et qu’on ne peut enlever.
our cela, on traite les morceaux de ces vases par l’eau distillée bouillante,, et on filtre le liquide après qu’il a bouilli quelques instnns.
394 BASES SALIFIABLES.
le sulfate soluble; elle se précipite, combinée à l’acide, formant un sulfate ( le sulfate de baryte ) insoluble dans l’eau et dans l’acide nitrique concentré. La quantité de ce sulfate indique celle de l’acide sulfurique contenu dans le liquide. Ainsi , si un liquide précipité par la baryte a donné une quantité de sulfate de baryte sec pesant loo grammes, on conclura d’après la composition du sulfate de baryte , que ce liquide contenait 34,38 d’acide sulfurique, puisque 100 parties de sulfate sont formées
de barium, oxide de baryte. 65,62 ou 66,1
et d’acide 34,38 ou 33,9
(équivalens cbimiques.)
On emploie aussi l’eau de baryte pour reconnaître la présence de l’acide carbonique, pour séparer la strontiane de la baryte, pour déterminer la quantité d’acide carbonique contenu dans l’air (i).
ha baryte caustique, la baryte oxigénéej les cristaux d’hydrate de baryte J la solution connue sous le nom d’eazi de baryte j les sels solubles formés avec cet oxide j sont vénéneux. Les premiers secours à donner contre les accidens qui pourraient être causés par l’introduction de ces produits dans l’économie animale sont : 1®. la limonade sulfurique préparée avec l’eau et l’acide sulfurique du commerce, en quantité convenable pour que l’eau ait acquis une acidité agréable; 2“. des solutions des sulfates solubles, sulfate de potasse, de soude, de magnésie, et de préférence ce dernier; des boissons adpucissantes et mucilagineuses.
L’eau de baryte est un des réactifs les plus usités; il fait partie des collections contenues dans des boîtes appelées boites à réactifs. (A. C.)
BARYTE SULFATÉE. Voir Sulfate de baryte.
BASES SALIFIABLES. Par ce mot on désigne toutes les substances qui sont susceptibles de s’unir aux acides, et de don-
(2) Ti-aitddes Réactifs, de MM. Payen et Chevalier, p. io4/tsuiv.