‹ Dictionnaire des drogues simples et composées, ou dictionnaire d'histoire naturelle médicale, de pharmacologie et de chimie pharmaceutiqueChapitre 71 sur 130 · COMPOSÉ · texte numérisé non relu

COMPOSÉ

BAUME DE GILEAD. F.. Résine de la Mecque.

BAUME DES JARDINS. Balsamite.

BAUME DES ILES DE FRANCE ET DE BOURBON. On donne dans ces îles le nom de liaurae , au Baccharis viscosa de Laiparck , plante qui appartient à la famille des Synantbérées, Corymbifères de Jussieu. On l’emploie contre les catarrhes, et comme vulnéraire, en infusion , en sirop , etc. (A. EO BAUME DE JUDÉE. F. Résine de la Mecque.

BAUME DE LA MECQUE. V. Résine de-lj. Mecque. BAUME NERVIN ou nerval. F. Onguent d’huiles volatiles, balsamique > camphré.

BAUME OPODELDOCK. V. Savon ammoniacal camphré. BAUME DE POIX. On désigne improprement sous ce nom une résine liquide, noircie par du charbon qui surnage la poix noire dans la préparation de cette substance : elle flue des filtres qui ont servi à la purification de la térébenthine.

Cette substance passait autrefois pour vulnéraire, étant prise à l’intérieur dans une boisson appropriée.

BAUME DU PÉROU. Bahamum Peruvianum. Il est produit

BAUMES. 3gg

par le Myroxylum pendferum. L. , grand arbre de la famille desLcg^mineuses et de la Décandrie Monogynie, qui croît dans l’Amérique méridionale, et particulièrement au Pérou. On distingue dans le commerce trois sortes ou variétés de baume du Pérou, le hlanc ^ le roux et le noir. Le baume du Pérou blanc est liquide, assez semblable pour sa couleur et sa consistance à la térébenthine du pin. On le trouve renfermé dans de petites calebasses , et on l’obtient par la simple incision du tronc et des branches. Le baume du Pérou roux ne diffère du précédent que par sa consistance plus grande et presque solide, par sa couleur jaune roussâtre. Également contenu dans des fruits de calebassier, il parait n’êti’e que du baume du Pérou blanc, plus ancien et ayant acquis une teinte plus foncée et une consistance plus grande. Ces deux sortes sont fort rares dans le commerce, où on leur substitue fréquemment le liquidambar ou le baume de Tolu. 11 n’en est pas de même de la troisième sorte, le baume du Pérou noir, qui est fort commun. On l’obtient par la décoction dans 1 eau des branches du Myroxylum peruiferum. Il est liquide, et offre à peu près la consistance d’un sirop cuit. Sa couleur est d un brun rougeâtre très foncé, son odeur forte, agréable, lïiais moins cependant que celle des deux autres 5 sa saveur est âcre, chaude, aromatique et amère. De même que toutes les autres substances balsamiques, il s’enflamme et brûle quand on le projette ^sur les charbons ardens, en répandant une fumée blanche ot d’une odeur agréable j il se dissout en totalité dans 1 alcool, et o^ se sert du jaune d’œuf ou du sucre en poudre quand on veut le suspendre dans un liquide aqueux.

L analyse du baume noir du Pérou , par Stoltz [Berlin. Jahrbj 187.5 J deuxième partie j p. 24 ) , a donné les résultats suivans :

Jlésine brune peu soluble ....

Résine brune soluble ,

Huile de baume du Pérou. . .

Acide benzoïque

Matière extractive

Humidité et perte

Total, rooo.

4oo BA.UMËS.

Ce baume noir ne contient point d’huile volatile; il a pour base une matière huileuse qui, selon l’auteur, n’appartient ni aux bulles grasses, ni aux bulles volatiles, ni aux bulles empyreumatiques , et pour laquelle il propose le nom particulier èi Huile de baume du Pérou. Cependant, par des distillations répétées, cette huile perd ses propriétés particulières, et prend celles des huiles empyreumatiques. Traitée long-temps à froid par l’acide nitrique concentrée , elle donne naissance à un acide gras particulier. Quoique parfaitement dépouillée d’acide benzoïque, elle en donne encore une quantité considérable., par l’action des acides sulfurique et nitrique concentrés. M. Stoltz, après avoir comparé la composition du baume noir avec celle du baume blanc , croit pouvoir en conclure qu’ils n’ont pas une commune origine, et que le premier n’est pas le produit d’une altération-, il pense au contraire qu’il découle tel qu’on le livre dans le commerce, des incisions faites à l’écoi'ce de l’arbre..

Le baume du Pérou blanc et roux fait partie de quelques préparations pharmaceutiques , parmi lesquelles nous citerons la thériaque , l’orviétan , les pllulés balsamiques de Morton , et quelques autres aujourd’hui à peine usitées. Le baume du Pérou noir est employé comme parfum par les parfumeurs et' les chocolatiers. On peut en retire^ l’acide benzoïque par sublimation. Quant à ses propriétés médicales, comme elles sont à peu près les mêmes que celles du baume de Tolu , nous en parlerons après avoir décrit cette dernière' substance.

BAUME RAKASIRA. Vanderbechet Vogel mentionnent sous ce nom une espèce de térébenthine transparente , tenace , d’un brun rougâtre, d’une saveur amère et d’une odeur balsamique; elle jouit des mêmes propriétés que le copahu , et vient d’Amerlque dans de petites calebasses. (A. R. )

BAUME DE SOUFRÉ. V. Huile d’olive suLfujiiE.

BAUME DE SOUFRE ANISÉ. V. Huile d’anis sulfurée. BAUME DE SOUFRE SUCCINÉ. V. Huile de succin

SULFUBÉE.

BAUME DE TOLU. ^oi

BAUME DE SAINT-THOMÉ. Le baume de Tolu areçu encore cette dénomination, parce qu’il est apporté de l’ile de "Saint- Thomé ou Saint-Thomas, en Amérique. (AU)

BAUME DE SOUFRE T£RÉBE^TI1INÉ. V. Huile de xi-

KÉEENTHINE SULFUeÉE.

baume de SUCRIER. V. Baume a cochon.

BAUME DE TOLU. Balsamum tolutanum. Cette substance balsamique, connue aussi sous les noms de baume d’Amérique, Carthagène^ vient de l’Amérique méridionale, et spécialement des environs de la ville de Tolu, dans la province de Cartbagene. Jusqu’en ces derniers temps on avait cru qu’elle découlait d’un arbre nommé par Linné Toluifera Balsamum, et rapporte à la famille des Térébintbacées ; mais ijçxus avons déînoiitré dans notre Botanique médicale, d’après des renseignemens qui nous ont été fournis par M. le baron cîe Elumboldt, que le genre TUuifera de Linné n’existe pas, c’est-à-dire qu’il a été fondé d’après des documens inexacts. L’arbre d’où découle le baume de Tolu, et dont nous avons vu des écbantdlons recueillis par M. de Humboldt lui-même, aux environs de la ville de Tolu, est une espèce de Myroxylum, tellement voisin A^^Myroxylumperuiferum qui fournit le baume du Pérou, que nous les avions crus identiques. Néanmoins ces plantes diffèrent l’une de l’autre par quelques caractères, etcelle des environs de Tolu doit retenir le nom de Myroxylurn toLuiferum. Cette analogie, et en quelque sorte cette identité d’origine entre ces deux baumes , .s’accorde parfaitement avec celles qui existent entre eux dans leurs propriétés physiques et ebimiques. En effet, il n’existe aucune différence entre le baume de 1 olu et lé baume du Pérou roux. En général, le premier est contenu dans des espèces de bouteilles en terre cuite qu’on nomme potiches^ quelquefois aussi, mais plus rarement, dans des fruits de calebassier. Cette dernière sorte, qui est molle et plus odorante

est aussi plus estimée. ’

Le baume de Tolu est plus fréquemment employé que celui du Pérou; il entre dans la composition de plusieurs baumes pharmaceutiques ou huiles composées, tels que le baume ner-

4o2 bdellium.

Tal, le baume du commandeur ; on en prépare un sirop aromatique, une teintui'e avec laquelle on vernit le taffetas gommé ou d’Angleterre.

Les deux baumes dont nous venons de parler possèdent un mode d’action entièrement semblable. Tous deux déterminent une excitation vive, et doivent être placés au rang des médicamens stimulans. Le baume deTolu, plus fréquemment employé que l’autre , s’administre surtout dans les catarrhes , mais lorsque tous les signes d’inflammation ont disparu. C’est ainsi que ce médicament est recommandé dans la dernière période des catarrhes pulmonaires \ on administre alors soit les tablettes, soit le sirop. Le baume du Pérou , moins usité que celui du Tolu , peut néanmoins s’administrer de la même manière. ^ (A. R.)

BAUME DE VANILLE. Véritable baume qui exsude naturellement des gousses de vanillq^ Il est très rare aujourd’hui, ou plutôt on ne le rencontre plus dans le commerce des parfums, où il est suppléé par la vanille. On l’apportait autrefois du Mexique. (A. R.)

BAUME TRANQUILLE. V. Huile nahcotique.

BAUME VERT. L’un des synonymes de Résine Tacamaque. K. ce mot.

BAUMIER (bois ue). Amyris Opohalsawum ^ L. Balsamodendron Kuntb. ( Téréblnthacées. Juss. Octandrie Monogynie. L.) L’arbre qui produit ce bois donne aussi la substance connue sous le nom de baume ou résine de la Mecque. Le bois est formé de petites branches qui ont une écorce brune striée longitudinalement, et une partie ligneuse blanchâtre; sa saveur est aromatique, légèrement amère; son odeur est douce et agréable. I! est maintenant sans usage. (A. R.)

BDELLIUM. Gomme résine qui se présente en morceaux plus ou moins gros, ordinairement arrondis, d’une couleur grise jaunâtre, verdâtre ou rougeâtre, demi-transparens, d’une cassure terne et cireuse. Sou* odeur se rapproche de celle de la myrrhe , mais elle est plus faible ; sa saveur est amère et âcre; elle adhère aux dents pendant la mastication. M. Pelletier en u

BEHEN. 4o3

donné une analyse {Ann. de Chimie, vol. LXXX, p. 5g), de laquelle il résulte que loo parties sont composées de ; résine, 5g; gomme soluble , 9.2 ; bassorine, 3o.6; huile volatile et perte, i .2.

On ne connaît pas l’arbre qui produit le hdellium. M. de Lamarck soupçonne que ce pourrait être une espèce damj'ris, indigène des contrées orientales et de l’Afrique. On trouve cette substance mêlée à la gomme arabique ainsi qu’à celle du Sénégal. Il parait que la résine animée blanche des anciens auteurs, et particulièrement d’Amatus, n’est autre chose que le hdelliuni Les propriétés médicales de cette gomme résine sont, à une moindre énergie près, celles delà myrrhe. On ne l’emploie point à 1 intérieur. Elle fait partie de plusieurs compositions emplastiques, et notamment de l’emplâtre diachylon-gommé. (A. R.)

BECCABUNGA. Veronica Beccabunga. L. — Rich: Bot. med. I, p. 23 1. Cette espèce de véronique est remarquable par sa tige charnue, succulente, rameuse, couchée et rampante; par ses feuilles opposées, elliptiques^ obtuses, molles et charnues, et par ses fleurs violettes, disposées, au nombre de dis à quinze, en épis axillaires et portés sur des pédoncules glabres. On trouve le beccabunga sur le bord des étangs et des ruisseaux. Sa saveur est amere , un peu âcre et piquante. On emploie le suc de ses feuilles a la dose de 2 à 4 onces, comme antiscorbutique, et il paraît jouir de propriétés diurétiques. Outre le principe volatil âcre, cette plante contient de l’albumine végétale et beaucoup de sulfate de chaux. (A R )

BEC-DE-GRUE. Nom vulgaire de plusieurs espèces de Géranium, et notamment du Géranium gruinum. (A. R.)

Beconquilie. Nom sous lequel on désignait 1 ipecacuanha, dans les premiers temps de son introduction en Europe. fA R I

BEdEGUAR. Galle chevelue, très odorante, qui se développe sur les jeunes rameaux de rosier sauvage, par la piqûre de quelques insectes du genre Cynips. Elle est légèrement astringente; mais c esta quoi se réduisent ses propriétés médicinales, si vantées autrefois. (A R )

BEHEN. Deux racines très différentes portaient ce noiu dans

4o4 belladone.

commerce de l’ancienne droguerie. L’une {hehen bîanô) était tle la longueur du petit doigt, d’un gris cendre a lextéiieur , blanchâtre en dedans, et d’un goût un peu amer. On regardait cette racine comme antlielmintique. Le Centaurea Behen, L. ^ qui la produisait, était une plante rare, indigène de l’Asie-Mineure, et on lui substituait souvent la racine de Cucubalus Behen, L., qui croît très abondamment en Europe. L’autre racine de behen {rouge) était compacte, d’un rouge noirâtre , coupée en morceaux comme celles de jalap, d une saveur styptique et aromatique. Elle passait pour antlielmintique et astringente. On croit que cette racine provenait du Statice ^ Limonium L. , plante très commune sur toutes les côtes maritimes

de l’Europe. ^

BÉLIER. Cet animal, de l’ordre des Mammifères, est connu sous le nom de mouton , lorsqu’il est privé des parties nécessaires â la génération. En cet état, il fournit plusieurs substances utiles à la Pharmacie et dans les arts. V . Mouton. (A.. R-)

BELLADONE. Alropa Belladona. L. — RIcli. Bot. méd., p. 287. Orfila. Leçons de Méd. lég., tab. 5. (Famille des Solanées. Juss. Pentandrie Monogynie. L. ) Cette plante a une racine vivace, épaisse et charnue; une tige haute d’environ un mètre, cylindrique, velue et rameuse. Ses feuilles sont alternes et quelquefois géminées, grandes, portées sur de courts pétioles, ovales-aiguës, presque entières et velues. Les fleurs sont solitaires dans les aisselles des feuilles et aux angles des divisions de la tige; elles ont une couleur rouge terne; la corolle est campanlforme, à cinq segraens obtus. A ces fleurs succèdent des Fruits d’abord de couleur verte, puis rouges et enfin noirs, ayant beaucoup de ressemblance avec les cerises; à la base de ces fruits persiste le calice, et ils offrent intérieurement deux loges renfermant plusieurs graines réniformes.

La Belladone croît dans des lieux incultes et boisés de l’Europe. S^s fruits sont un poison narcotico - acre d autant plus dangereux, que leur apparence cérasiforme et leur saveur douceâtre, sans être bien désagréable, invitent les enfans â les manger; aussi a-t-on dos exemples fré-

BELLADONE 4^o5-

quens de ces einpoisonnemens dans les campagnes. Les soins à donner aux personnes qui ont eu le malheur de manger des baies de belladone, sont les mêmes que pour tous les empoisonnemens par les narcotico-âcres. {V. l’art. Poisons.) Les autres parties de la plante participent, mais à un degré inférieur, aux qualités délétères des fruits, et l’art de guérir les a employés utilement dans plusieurs maladies. Les médecins allemands sont ceux qui ont le plus expérimenté sur l’action de* la racine et des feuilles de cette plante. Il n’est guère de maladies contre lesquelles elle ne leur ' ait paru avoir de l’elBcacité j mais sans nier les propriétés que doit posséder une plante douée de qualités aussi énergiques que la Belladone-, il est permis de croire qu’elle n’a pas des vertus aussi merveilleuses qu’on les a vantées. C’est principalement contre la coqueluche des enfans, et les maladies qui ont leur siège dans le système nerveux, qu’elle a été employée avec le plus de succès. Vers ces derniers temps, un célèbre praticien de Berlin, le docteur Hufeland, en a aussi obtenu de très positifs dans la scarlatine. Un des effets les plus remarquables que produit la belladone sur l’économie vivante, et que d’ailleurs plusieurs plantes de la famille des Solanées présentent également , c’est de déterminer Ta dilatation de la pupille et de la rendre immobile. La chirurgie a su tirer parti de cette singulière propriété pour faciliter certaines opérations qui se pratiquent sur le globe de l’œil, et particulièrement la cataracte. La poudre de belladone s’administre d’abord à la dose d’un demi-grain à. un grain; on élève graduellement cette dose jusqu’à celle d’un scrupule et au-delà; mais il faut agir avec circonspection et affaiblir la dose, si l’on prescrit la racine ; car cette partie est douée de plus d’activité que les feuilles. On se sert rarenrent de l’extrait aqueux de belladone, à moins qu’il n’ait été préparé avec beaucoup de soins. On en compose un sirop dont la^dose est de demi-once à une once.

Le principe délétère de la belladone est un alcaloïde combiné avec l’acide malique, découvert par M. Brandes qui lui a donné le nom Atropine. K. ce mot. Ce chimiste reprenant

4o6 BEN.

l’analyse de la belladone, exécutée auparavant par M. Vauquelîn, a trouvé dans cette plante, les principes suivans : des acides malique , oxalique , nitrique , hydrochlorique , phosphorique et sulfurique combinés avec l’atropine, la potasse, la chaux , la magnésie et l’ammoniaque; de la gomme, de l’amidon , de la cire verte et de l’albumine. M. Vauqueliny avait signalé, entre autres principes, une matière animalisée insoluble dans l’alcool, soluble dans l’eau, et précipitable par la noix de galle; une autre substance soluble dans l’alcool, de l’acide acétique libre, quelques sels, du fer et de la silice. La matière animalisee pal’aît être l’atropine de M. Brandes ; cependant c’est à l’autre substance qui est soluble dans l’alcool, que M. Vauquelin attribue la propriété stupéfiante de la plante. (A. B..)

BEN ( Semences de). Ces graines sont celles du Moringa aptera de Gærtner, espèce long-temps confondue avecle Afuringa oleifera de Lamarck ou Guilandina Moringa j L. C’est un arbre qui croît dans les Indes orientales et qui appartient à la Décandrie Monogynie. L. Ou l’a placé parmi les Légumineuses , quoique son fruit fût un peu différent de ce qu’il est ordinairement dans cette famille. Ce fruit est une gousse longue , à trois valves, pulpeuse intérieurement, et contenant plusieurs graines non ailées, recouvertes d’un test dur et blanc, et ayant une amande amère et huileuse. On retire de ces semences, improprement nommées noix de hen, une buile douce, inodore, et qui jouit du précieux avantage de se rancir difficilement ; aussi est-elle recherchée des parfumeurs , qui l’imprègnent des odeurs suaves, mais très fugaces, du jasmin, de la tubéreuse , etc. Au bout de quelque temps, l’huile de ben se sépare en deux parties, l’une épaisse et facilement congélable; l’autre, qui reste toujours fluide, est par cette raison fort utile aux horlogers pour en graisser les différentes pièces des mouvemens de montres. La graine de ben en nature, quoique purgative, est inusitée.

Une autre semence, connue sous le nom de hen magnum ou de noisette purgative J est produite par le Jatropha multifideu L. Pignons d’Inde. (A. R.)

BENJOIN. 4o7

BENJOIN. BenzoBj Benzoinurn. Ce baume solide est produit par le Styrax Benzoin Dryandr.; arbre de la famille des Ébénacces et de la Décandrie Monogynie, Ij. , cpii croît à Sumatra, à Java, et dans quelques autres îles de la Sonde.

^ Pendant long-temps on a ignoré sa véritable origine , et les divers auteurs l’ont attribué, soit à un Laurus, soit à un Croton et à un Terminalia. Le benjoin découle de l’arbre par des incisions que l’on pratique à son tronc, il est d’abord liquide et blanchâtre , mais il ne tarde pas à s’épaissir et à se colorer par son exposition à fair. Deux sortes de benjoin sont répandus dans le commerce de la droguerie. Le meilleur et le plus pur a reçu le nom de benjoin amygdaloidcj parce qu’il se compose de masses formées de larmes ovoïdes , blanchâtres’, ayant la forme d’amandes cassées. Le benjoin dit en sorte j offre une teinte brune rougeâtre, uniforme, et renferme beaucoup d’impuretés. Son odeur est suave , sa saveur d’abord douce et aromatique, puis ayant assez d’âcreté pour irriter la gorge. lise brise facilement et crie sous la dent pendant la mastication ; il fond par la chaleur, brûle avec dégagement d’une fumée blanche très odorante qui se condense en cristaux d’acide benzoïque.. Il est entièrement soluble dans l’alcool et l’éther, et la solution est précipitée en blanc par l’addition de l’eau. Cette solution étendue d’eau est un parfum fort usité pour la toilette et que l’on nomme lait virginal. L’analyse chimique de ce baume solide donne , selon Bucholz , sur 25 gros de benjoin choisi ; résine 20 gros 5o grains ; acide benzoïque, 3 gros 7 grains; substance analogue au baume du Pérou, 25 grains; principe particulier aromatique soluble dans l’eau et dans l’alcool, 8 grains; débris ligneux, 3o grains.

L’acide benzoïque étant le produit immédiat contenu en assez grande quantité dans le benjoin , c’est de cette substance qu on l’extrait avec avantage, soit par la sublimation, soit en le neutralisant par la chaux ou les carbonates de potasse et de soude, et décomposant ensuite le benzoate alcalin par l’acide muriatique, Acide benzoïque.

Le benjoin est stimulant et tonique; il exerce une action

4o8 BENOITE.

spéciale sur les organes de la respiration. Irritant légèrement la membrane qui revet l’intérieur des bronches et de leurs ramifications , il est très efficace pour faciliter l’expectoration des matières muqueuses qui s’y accumulent , surtout dans les catarrhes pulmonaires. Ou l’administre en poudre à la dose d’un scrupule a un demi-gros. Sa teinture alcoolique peut entrer dans les potions à la dose d’un gros. On en prépare un sirop balsamique qui jouit de propriétés analogues à celles du sirop de baume de tolu, mais qui est plus excitant, parce que ce dernier contient fort peu d acide benzoïque , et 'se recommande principalement à cause de son arôme. On administre quelquefois le benjoin en furaigatoire et frictions sèches. Les vapeurs blanches qu’il dégage réveillent l’action perspiratoire de la peau y elles réussissent dans le traitement des affections chroniques cutanées.

Le benjoin fait partie d‘une foule de raédicamens composés; il est un des principaux ingrédiens des trochisques ou pastilles fumigatoires odorantes. (A. R.)

BENOITE. Geum urbanmn. L. — Rich. Bot. méd., p. 5io. Vulgairement Herbe de Saint-Benoît. ( Famille des Rosacées, Juss. Icosand rie Polygynie. L. ) C’est une plante herbacée, très commune dans les lieux incultes, et aux alentours des habitations. Ses tiges sont grêles, rameuses, ayant des feuilles sessiles à trois folioles inégales. Celles qui sont placées au- collet de la racine sont longuement pétiolées, à plusieurs folioles dentées et incisées, ordinairement au nombx’e de neuf, dont quatre petites et cinq grandes. Ses fleurs de couleur jaune , sont petites, agglomérées et terminales; il leur succède un capitule sei’ré de fruits ( akènes ) remarquable par le style qui les surmonte et qui offre la forme d’un hameçon ou plutôt d’une petite bayonnette. La racine est vivace, brunâtre, horizontale, de la grosseur d’une grosse plume à écrire , entourée d’un grand nombre de radicelles capillaires , brunâtres extérieurement et rouges à leur intérieur. Cette racine est légèrement amèi’e, astringente et d’une odeur qui approche de celle du girofle, d’où le nom de Madix Caryophyllatœ, qu’elle porte dans les officines. Il résulte

BENOITE. 4og

des qualités de la racine de benoîte j qu elle doit posséder des propriétés médicales assez actives. Les anciens médecins lui en attribuaient qui étaient probablement exagérées; cependant , on peut la regarder comme uu médicament tonique et excitant, digne défigurer parmi les nombreuses succédanées indigènes proposées pour le quinquina. On la donne comme fébrifuge, sous forme de décoction, à la dose de demi-once à 2 onces, dans 1 intervalle des accès. Comme les propriétés de cette racine dépendent en grande partie de l’arôme qu’elle contient , il est nécessaire de ne faire usage que de celle qui est très récente et que Ion. a recueillie au printemps, époque où ses principes paraissent être plus actifs et plus concentrés. Elle doit être séchée avec précaution , c’est-à-dire à une douce chaleur , à cause de la fugacité de son odeur.

D’après l’analyse chimique de la racine de benoîte, publiée par MM. Melandri et Moretti ( Bulletin de Pharmacie j t. II , p. 358. ) , elle contient :

Résine 23 grains

Tannin ii8 grains

Extrait oxlgénable grains

Extrait savonneux ^

Acide gallique /

Muriate de potasse (

de magnésie T 89 grains

Nitrate de potasse %

Malate acide de chaux /

Extrait muqueux 9^ grains

Ligneux 1 once 16 grains -5

Huile volatile, eau, perte '^6 grains j

Total.... 2 onces 00.

Une autre analyse de celte racine, par TromsdorlT , a donné les résultats suivans :

4>o BERCE.

Huile volatile plus pesante que l’eau

Résine 4o,oo

Tannin 4io>oc

Aclraganthine 92,00

Matière gommeuse i58,oo

Ligneux 3oo,oo

BENZOATES. On a donné le nom de henzoates aux sels qui

sont le résultat de la combinaison de l’acide benzoïque avec les bases salifiables : les benzoates présentent les caractères suivans. Soumis à l’action du feu, ces sels sont décomposés. Une partie de l’acide se volatilise , l’autre est décomposée , et donne les mêmes produits que ceux qui résultent de la décomposition des matières végétales. Si la base est fixe , elle reste dans le vase où la décomposition s’est faite. (Les benzoates dépotasse et de soude. ) Si l’acide est combiné à un oxide qui ait peu d’affinité pour l’oxigène, le métal est réduit.

Les benzoates des deux premières sections sont solubles dans l’eau ; les benzoates de zinc, de manganèse , le sont aussi; mais ceux d’argent, de cuivre, de fer, de cérium, de mercure, d’étain, ne le sont pas.

Tous les benzoates sont décomposables par les acides puissans ; l’acide benzoïque s’en sépare et se précipite , mêlé au nouveau sel formé s""!! est insoluble; le sel formé, s’il est soluble, reste dans la liqueur.

Le benzoate d’ammoniaque est le seul sel qui soit mis en usage par le chimiste comme réactif pour séparer le fer du manganèse. On le prépare en saturant l’acide benzoïque par l’alcali volatil faisant évaporer et cristalliser. (A. C. )

BERBERIS. Ce nom latin de l’épine-vinette a été francisé par quelques auteurs de ibatière médicale. Epine-vinette. (A. R.)

BERCE. Heracleuin Hplionçlylium. L. ( Ornbellifères Juss. ; Pentandrie Digynie. L. ) Cette plante est la plus grande de toutes les ornbellifères qui croissent dans nos contrées tempérées. Ses feuilles sont découpées en segmens larges et nombreux qui sont

BERIL. 4» *

lobés et même pinnatifides. Cette lorme de feuilles a fait donner îi cette plante le nom de fausse brancursine , à cause de leur ressemblance avec les pieds d’un ours. Les ombelles de la Berce sont grandes, étalées, composées de fleurs blanches, accompagnées d’un iuvolucre polyphj'lle. La racine est longue, grosse, ridée, charnue, blanche, d’une saveur légèrement âcre. On trouve cette plante dans les lieux humides. Ses feuilles étaient employées en cataplasmes comme émollientes; ses fruits passaient pour incisifs, et ses racines, écrasées, faisaient dissiper les callosités de la peau: l’usage en est abandonné. (A. R.)

BERGAMOTTIER. Citrus Bergamia vulgaris. Risso.(Famille des Aurantiacées Juss. Polyandrie Monogynie. L. ) Cette espece de citronnier a des fruits pyriformes, d’un jaune pâle , à vési cules concaves , à pulpe légèrement acide et d’un arôme très agréable. C’est de l’écorce de ses fruits qu’on extrait l’huile volatile si généralement employée comme parfum sous le nom d’huile de bergamotte : les fleurs ont également une odeur excellente. (A. R. )

BÉRIL. Le béril est une variété d’émeraude que l’on trouve en Sibérie et en France; elle diffère de VémeraudètT^av la couleur qui est verte dans l’émeraude , et blanche jaunâtre , vert bleuâtre, vert jaunâtre, etc. dans le Béril. L’analyse de cette substance, dans laquelle M. Vauquelln a trouvé laGlucine, a donné à ce savant les résultats suivans , qu’il a comparés à

ceux obtenus de l’émeraude :

Béril.

Émeraude,

vSilice

Silice

Alumine

A 1 iiininp

Gluclne

Gluclne

Oxide de fer

Oxide de chrome. .

Chaux

CihaiiT

Eau

L’analyse de ces deux substances faites par Klaprotb et

(i) Journal dus mines, n“ 38, p. 98.

BÉTOINE.

Berzélius , ne sont pas tout-à-faît semblables par les résultats , mais elles s’en rapprochent beaucoup. Cette difîërence peut être due à ce que les échantillons n’étaient pas les mêmes. (A. C. )

BERLE. Sium, A ce genre de la famille des Ombellifères et de la Pentandrie Digynie L. , appartiennent quelques especes autrefois employées en médecine. Ainsi , la Berle Chervi {Sium Sisarum^ L.) est pourvue d’une racine qui, selon Bergius , contient de l’amidon semblable à celui de la pomme de terre, indépendamment d’une assez grande quantité de sucre. Marggraf ( Opuscul. chim, t. 1., p. 236) en a retiré trois gros pour une demi-livre de racine sèche. La Berle de la Chine, ou ]eNiNsi(<S'iMOTiVinsijL.), est aussi cultivée pour sa racine tubéreuse, fasciculée, blanchâtre, et qui jouit à la Chine d’une grande réputation comme excitant. La Berle nodiflore ( nodijlorunij L. ) ,est une plante vivace, qui croît abondamment dans les lieux aquatiques de l’Europe. Elle a une tige fistuleuse ,. couchée , garnie de feuilles ailées, à folioles ovales, lancéolées; les ombelles sont sessiles et opposées aux feuilles. Cette espèce, qui était autrefois employée non-seulement comme diurétique, mais encore comme emménagogue et lithontriptique, n’est presque plus en usage. (A. R.)

BETEL. Piper B e tel, L. Espèce de poivrier qui croît dans les Indes orientales et dans la plupart des îles de la Polynésie, où les habitans mâchent les feuilles avant et après les repas pour exciter l’appétit et faciliter la digestion. L’usage continuel de ce masticatoire, ainsi que celui du fruit de l’arec mêlé à de la chaux, teint la bouche de ces peuples en rouge vineux.

BÉTOINE. Betonica qfficinalis , L. — Rlch. Bot. med. , p. 260. Bull. herb. t. XLI (Famille des Labiées Juss.; Didynamie Gymnospernie, L.) Cette plante est vivace; sa racine est fibreuse; ses feuilles presque en cœur, crénelées , velues; ses fleurs purpurines forment un épi lâche au sommet de la tige, qui est simple et haute d’environ un pied.

La bétoine est très commune dans les bois de toute l’Europe. Elle y fleurit pendant les mois de juillet et d’août. Ses feuilles

BETTERAVE. 4i3

sont peu odorantes; leur saveur est un peu astringente, âcre, et légèrement aromatique. La racine est clouée de propriétés plus marquées; elle est plus âcre et nauséabonde. On a employé la poudre de cette racine comme émétique ; mais cette propriété est douteuse, suivant plusieurs praticiens qui l’ont essayée sans succès. Les anciens médecins faisaient beaucoup d’usage de la bétolne. Aujourd’bui on ne se sert plus des feuilles de celte plante que réduites en poudre et coïnme sternutalolres. Elles sont la base de la poudre de bétoine composée. L’eau distillée, le sirop et l’emplâtre de bétolne sont tombés en désuétude.

BETOINE DES MONTAGNES. Un des noms vulgaires de V Arnica montanaj L. Aunique. (A. R.)

BETTERAVE. Beta vulgaris, L. — RIcb. Bot. méd., p.

( Famille des Cbénopodées. Pentandrie Digyule, L. ) C’est une grosse plante herbacée , cultivée abondamment dans les jardins, et même en grand et en plein champ dans plusieurs contrées d’Europe. Quelques botanistes prétendent que la souche ou tige originaire de cette espèce cultivée , est le Beta maritima J qui croît naturellement sur les côtes maritimes de l’Europe, et qui, par la culture, aurait donné naissance aux variétés dont nous allons faire mention.

La PoiEÉE , regardée comme espèce distincte par Linné qui la nommait B. Ciclaj a une racine ligneuse, dure et rameuse. Ses feuilles sont douces et se mangent ordinairement avec de l’oseille, dont elles masquent Tacidité. On s’en sert quelquefois pour panser les vésicatoires et les cautères. liOrsqu’elles ont été bouillies dans Teau, on peut les employer à faire des cataplasmes émoiliens. C’est une sous-variété de la poirée qui est connue sous le nom de Carde-poirée. Cclle-cl n’en diffère que par la cote médiane, plane, large et très développée, et qui est la seule partie comestible.

La Betterave, proprement dite , se distingue par sa racine pivotante, charnue, succulente, qui atteint souvent une grosseur prodigieuse. Nous en avons vu qui pesaient près de trente livres. Les racines de betterave n’intéressaient autrefois que les ama-

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leurs de la table ; aujourd’hui leur emploi est un objet des plus împortans pour l’agriculture, l’économie et la richesse publiques. Ainsi que les feuilles, elles fournissent une nourriture précieuse pour les bestiaux , et surtout pour les bœufs. Elles contiennent une assez grande quantité de sucre cristallisable pour qu’on puisse l’extraire avec bénéfice, même depuis que la paix maritime nous a raménéle sucre de cannes' des colonies. Margraff fut le premier chimiste qui annonça l’extraction du sucre de la betterave. Achard de Berlin, M. Chaptal [Ann. de Chimie, t. XCV, p. 233) et d’autres savans français, perfectionnèrent les procédés de manière à tirer un grand parti de celte découverte. V. l’art. SüCBE.

La betterave offre plusieurs sous-variétés qui ne se distinguent qué par les couleurs des racines et des feuilles. M. Payen (Journ. de Chimie mèd.j 1 , p.38g) a indiqué dans l’ordre suivant, celles qui fournissent les plus grandes proportions de sucre.

1®. B. blanche; racines et côtes des feuilles blanches ou verdâtres;

2°. B. jaune ; racines et côtes des feuilles d’un jaune pâle.

3®. B. rouge ; racines d’un rouge de sang; feuilles d’un rouge foncé.

4°. B. veinée; racines rouges à la surface, blanches intérieurement avec des veines roses. C’est celle qui porte en Allemagne le nom de racine de disette , que l’on cultive en grand pour la nourriture des bestiaux.

Les betteraves demandent, dans leur culture, une terre profonde, bien meuble, un peu grasse cependant et mélangée de sable. Les terrains très argileux et très froids ne lui conviennent pas , ainsi que les terrains trop sacs et sablonneux. On la sème au printemps, lorsque les gelées ne sont plus à eraindre; quelquefois on est dons l’usage de repiquer les jeunes pieds. Les champs de betterave doivent être sarclés avec soin, car c’est une des plantes qui redoutent le plus les mauvaises herbes. C’est dans le commencement d’octobre qu’on doit faire la récolte des racines, parce qu^après cette époque, elles perdent beaucoup de leurs principes sucrés. (A. R.)

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