‹ Dictionnaire des drogues simples et composées, ou dictionnaire d'histoire naturelle médicale, de pharmacologie et de chimie pharmaceutiqueChapitre 90 sur 130 · BOTANIQUE · texte numérisé non relu

BOTANIQUE

gémit de Toir des hommes, d’ailleurs si philosophes, les exposer avec la plus aveugle crédulité.

A. la renaissance des lettres, la Botanique lit de son côté quelques progrès. Des hommes qui méritent le titre de véritables observateurs, décrivirent les plantes connues de leur temps avec toute l’exactitude que l’on pouvait exiger à cette époque, où l’on sortait à peine d’une profonde obscurité. Quelques-uns s’appliquèrent à l’anatomie des plantes, et révélèrent plusieurs mystères de l’organisation. La découverte des. sexes dans les végétaux fixa l’attention des botanistes sur les organes floraux. On comprit alors leur importance ; on s’aperçut de leurs rapports dans des plantes que l’on n’avait janvals osé comparer entre elles, à cause des dissemblances qu’offraient leurs feuillages, leurs racines, leurs tiges, organes qui )usque là avaient été les seuls pris en considération. Mais , au lieu de comparer les organes floraux dans leur ensemble, on chercha seulement à distinguer les fleurs par celles de leurs parties les plus visibles et qui semblaient les plus essentielles , de sorte qu’on négligea les parties les moins apparentes, mais qui en étaient pourtant les plus importantes. De là l’origine des systèmes artificiels basés, soit sur la corolle, soit sur les étamines, soit sur le pistil, considérés isolément. Le diagnostic des plantes fut considérablement simplifié par ces systèmes, dont les plus remarquables sont ceux de Tournefort et de Linné; et cette savante simplicité fut regardée, pendant longtemps, comme un des plus utiles résultats des efforts de l’esprit humain, appliqués à la science des végétaux. Cependant les auteurs eux-mêmes de ces systèmes ne s’étaient point abusés sur leur insuffisance. Linné, par exemple, avait bien senti qu’il restait une méthode à trouver, plus philosophique et plus digne des méditations du botaniste. « La méthode naturelle , procla- )) raalt-il à ses disciples, est le but vers lequel doit tendre le vrai J) botaniste; celui qui en fera la découverte sera pour moi un » Apollon. )) Les disciples de ce grand maître ne le comprirent pas, parce qu’ils n’étaient pas capables de le comprendre, et qu’ils ne furent que des imitateurs sans génie. La gloire

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de cette découverte était réservée à un Français, à notre célèbre Bernard de Jussieu, qui, luéditant sans cesse et dans le silence sur les plus hautes questions de la science des plantes, parvint à esquisser le grand travail des familles naturelles. Son neveu, M. A.-L. de Jussieu, en développa et perfectionna le plan dans son Généra publié en 1789. Cependant, malgré l’influence de cette méthode sur les progrès des autres parties des sciences naturelles., malgré la perfection à laquelle elle a été portée en ces derniers temps par les travaux des plus célèbres botanistes, la stationnaiie routine de ceux qui se prétendent les disciples purs de Linné et de Tournefort a paralysé en plusieurs lieux l’étude de la Botanique ; elle l’a décréditée aux yeux de beaucoup de personnes, respectables d’ailleurs par leurs savoir, qui ne virent dans les systèmes artificiels qu’un échafaudage ingénieux, mais trop simple et trop peu scientifique, pour arriver à la connaissance nominale des plantes, et rien de plus. L’étude des familles naturelles a des fins tout-à-fait diffère nte.s. C’est d’après les nombreux rapports de tous les organes, qu’on y cherche à établir les affinités des plantes entre elles , de sorte qu’il ne suffit pas qu’elles concordent par un ou deux organes importans , il faut encore que tout leur ensemble fixe leur place dans la classification.

Remarquons ici le grand avantage que la méthode naturelle offre dans ses applications. Les plantes ainsi classées sont également caractérisées par une admirable concordance dans leurs propriétés physiques et médicales, et cette vérité indiquée par Linné, développée surtout par MM. de Jussieu et De Candolle, sera désormais le guide le plus sûr pour arriver à une classification raisonnée des médicamens tirés du règne végétal. Ainsi les familles des Labiées, des Légumineuses, des Térébintbacées, des Renonculacées , des Crucilères, des Ombellifères, des Rubiacées, des Solanées , des Gentianées, etc. , etc., offrent la plus grande analogie dans les propriétés des plantes qui les constituent; propriétés qui dépendent d’une composition chimique à peu près semblable. C’est donc à faire ressortir ces propriétés générales que nous nous appliquerons dans cet

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ouvrage, en exposant toutefois les exceptions qui ont été (signalées. L’heureux accord de la Botanique proprement dite avec la Botanique appliquée facilitera leur étude mutuelle, et fera sentir l’importance de la première, qui est, en général, trop négligée par les médecins , les pliarraaciens , et par tous ceux qui contribuent à l’art de guérir. (A. R.)

BOTRYS. Chenopodium Botrys. L. — Rich. Bot. méd. , t. I , p. 1^2. ( Famille des Chénopodées, Pentandrie Digynie. L. ) Cette plante croît dans les parties méridionales de l’Europe. Sa tige est herbacée, cylindrique, pubescente, rameuse, et porte des feuilles alternes, allongées, pinnatiüdes, à lobes écartés et obtus visqueuses et très odorantes. Les fleurs sont petites, verdâtres, disposées en longues grappes, à l’extrémité des ramifications de la tige. On emploie rarement cette plante , quoique son odeur forte , sa saveur âcre et amère , décèlent en elle des propriétés actives. Elle a une action excitante que les anciens mettaient à profit dans l’hystérie et les catarrhes chroniques. On en préparait une eau distillée, et on l’administrait en infusion théiforme.

On a donné le nom de botrys du Mexique à l’ambrolsine ( Chenopodium ambrosioides j L. ) , qui se rapproclie beaucoup ' de notre Botrys et par les caractères botaniques et par les propriétés.Ambhoisine. (A. R.)

ÇOUC. Hircus. C’est le mâle de la chèvre , animal de la classe des Mammifères et de la famille des Ruminans. Son sang, son suif, sa fiente et son urine ont été souvent recommandés dans le traitement des maladies; mais l’expérience a fait justice de ces médicamens inutiles et dégoùtans. L’odeur forte et désagréable qui Imprègne la chair et toutes les parties du bouc, empêche d’en user comme aliment. Sa femelle et ses petits n’offrent pas au même degré cette mauvaise qualité. Le lait de la première est très nourrissant. V> Lait. (à. R.)

BOÜCAGE ANIS. V. Anis.

BOÜCAGE ( GRAND ). Pimpinella magna. L. — ( Omhellifères, Juss. Pentandrie Digyuie, L. ) Celle plante a une racine cylindrique, de la grosseur du doigt, noirâtre extérieurement

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cl garnie de radicelles à son extrémité. Scs feuilles sont piunées, à folioles lobées uniformément, l’itnpaire seulement trilobée. Les ombelles sont ordinairement blanches; mais dans une variété qui croît abondamment sur le Jura et les Alpes, elles sont d’un beau rose. La variété blanche est assez commune dans les bois élevés, et notamment à Montmorency, près Paris; on la nomme vulgairement houquetine j et l’on donne le nom de bouqueiine noire à la variété rose.

La racine, désignée dans les Pharmacopées sous la dénomination de Radix Pimpijiellœ nigrcBj a une odeur agréable et une saveur douceâtre aromatique. Elle communique à l’eau et à l’alcool , avec lesquels on la distille , une couleur bleue de saphir due à une huile volatile qui ressemble, sous le rapport de cette couleur, à l’huile de camomille. Ou dit que dans le nord de l’Allemagne, les distillateurs s’en servent pour donner une belle couleur bleue à l’eau-de-vie. Cette racine est excitante, comme celles de la plupart des ombellifères.Elle entrait dans la composition de l’alcool général, de la poudre d’arum composée et de la poudre cbalybce , préparations maintenant inusitées. (A. R.)

BOüCAGE (l’ETiT ). P. Boucage saxifrage.

* BOU CAGE SAXIFRAGE. Pimpinella Saxifraga.l^. — Rich. Bot. méd. , t. II , p. 457. ( Ombellifères, Jius. Pentandrie Digynie, L.) Vulgairement petit Boucage et Persil de bouc. Cette plante , qui est très commune le long des chemins et dans les autres lieux incultes de l’Europe , a une racine vivace, blanche, ])ivotante; une tige dressée, striée, pubescente, un peu rameuse. Ses feuilles radicales sont péliolées, à folioles sessiles , presque cordiformes , obtuses, dentées, glabres; les caulinaires ont les folioles plus allongées et incisées; les supérieures, entières et linéaires. Les Heurs sont blanches, et forment des ondielles composées de 12 a i5 rayons. La racine de celte plante, désignée dans les ouvrages de matière médicale sous le nom de Radix Pimpinellœ albœ^ a une odeur forte , une saveur d’abord amere, puis douceâtre, aromatique et chaude. On en faisait usage comme stomachique et pour provoquer les sécrétions. Les Icuilles et les fruits participent à ces propriétés. (A. R.)

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