‹ Dictionnaire des drogues simples et composées, ou dictionnaire d'histoire naturelle médicale, de pharmacologie et de chimie pharmaceutiqueChapitre 95 sur 130 · BOULEAU · texte numérisé non relu

BOULEAU

lave à l’eaii froide; on les met ensuite avec une quantilé convenable d’eau dans un pot de terre vernissé (i). On fait bouillir à petit feu pendant une demi-beure; au bout de cet espace de temps, on coule avec expression; on laisse déposer, et on décante le bouillon qui a laissé séparer quelques substances qui avaient échappé lors de l’expression. (A. C.)

BOULEAU. Betulu alba. L. — Ricli. Bot. méd. , t. I,p. i53. Pubamel, Arbr. , t. I, p. 3g. (Famille des Bétulacées, Rich. Monoecie ïétrandrie, L. ) Cet arbre, qui atteint une grande élévation, se distingue facilement à son tronc recouvert d’un épiderme sec blanc nacré et composé de plusieurs feuillets superposés. Ses brancbes se divisent en ramuscules très grêles, pendans à la manière de ceux du saule ydeureur. Ses feuilles sont pétiolées, ovales, pre.sque triangulaires , irrégulièrement denté«s en scie, pointues, glabres et d’un vert clair. Les Heurs niàles sont disposées en cbatons géminés, situés au sommet des ramifications de la tige; les femelles forment des cbatons solitaires placés au-dessous des mâles , et elles ont des écailles trilobées. Le bouleau croît dans les sols les plus ingrats, et ne craint pas les froids les plus rigoureux. C’est l’arbre qui s’avance le plus au nord, et se rencontre encore dans des contrées où la végétation est excessivement pauvre. Il doit cette force de vie aux nombreux feuillets de son épiderme, qui, tenant plusieurs zones d’air captif, sont peu conducteurs du calorique, et conséquemment mettent le coeur de l’arbre à l’abri du froid extérieur.

Les feuilles du bouleau ont une saveur austère et amère ; on lés a recommandées comme vermifuges et diurétiques, contre la goutte et les érysipèles. L’écorce , qui est astringente et amère, a été employée dans les fièvres intermittentes. Mais c’est surtout la sève de cet arbre qui a été préconisée dans une foule de maladies dlflércntes, principalement celles des voies

(i) Les vases trar"cnt ou J’etain. ne doivent pas être employés pour préparer le l)ouillon d’escargots; ces vases seraient noircis par te soûl rc que eonlicnnent ces animaux. ( Roudet. )

EOULES DE MAKS. 47i

urinaires. Aniourcl’hui, l’einploi de ces produits du bouleau est coniplèleineut abandonne. Margrafa retiré de la sève du bouleau une espèce de miel qui a quelque rapport avec la rnanne. Le bois du bouleau est blanc, flexible, propre à la fabrication des cerceaux et d’autres objets d’économie domestique. L’écorce intérieure est un aliment pour les bubitans des contrées byperboréennes, qui en fout des espèces de galettes, leur seule nourrir ture avec un peu de poisson salé. L’écorce de bouleau contient une substance blanche particulière que l’on a nommée hètulinej et qui a été examinée par MM. Cbevreul, Chevallier et Payen. (A. R.)

BOULES DE MARS, houles de Nancy. Les boules de Mars sont formées d’un mélange de lartrate de potasse et de fer, de tartrate de potasse neutre et de fer en excès. Ce médicament a été pendant long -temps préparé d’après diverses formules différentes entre elles; quelques-unes prescrivaient le tartre cru, d’autres le tartre blanc, et dans des proportions différentes. La formule consignée dans le Nouveau Codex est la suivante. On prend une partie de fer pur et porpbyrisé, et 2 parties de tartre rouge pulvérisé; on ajoute à ce mélange de l’alcool à j8°, en quantité convenable pour en faire une bouillie; on place dans une terrine de terre vernie, et on expose au contact de l’air dans un lieu dont la température soit un peu élevée. On laisse le mélange réagir pendant cinq à six jours, en ayant soin de remuer pendant ce temps avec une spatule de fer ; au bout de cet espace de temps , on po.se la terrine sur un fourneau , on élève la température jusqu’à 60“ environ, et on remue- Lorsque ce produit est réduit en consistance d’un miel épais, on le délaie avec une nouvelle quantité d’alcool à i8‘.’, on fait épaissir, on délaie de nouveau, et on répète l’opération de la même manière juscju’à ce que la mas.se ait perdu l’éclat métallique et acquis une belle couleur noire. On fait alors évaporer en consistance assez soliile pour qu’on pui.sse en faire des sphères, qui, en se desséchant, ne se déforment j)as (i). On les fait ensuite sécher

(1) Ces boulfs doivent |icsci’ d’une Ji trois onces.

Page 1