SOUFRE
Le soufre s’unit à l’oxigène et forme les acides sulfureux y hj p o- sulfureux , hypo-s ulf urique et sulfurique. Il s’unit aussi à l’hydrogène et donne naissance à Y acide hydro- sulfurique ( l’hydrogène sulfure' ). Combine' aux corps combustibles simples, il donne naissance à des sulfures, etc.
Le soufre est très répandu dans la nature. On le trouve en masses translucides ou opaques qui forment des couches dans diverses sortes de terrains ; souvent on le rencontre disséminé dans différentes pierres et particulièrement dans du sulfate de baryte. Le soufre natif se trouve aussi dans quelques roches quartzeuzes des terrains primitifs, au Brésil et dans les cordilières de Quito. On le trouve dans les terrains secondaires et tertiaires. Les principales mines de soufre existent près des volcans actifs. On compte de nombreuses solfatares ( soufrières ) dans le royaume de Naples , à la Guadeloupe, etc.
Le soufre se retire des sulfures naturels par la distillation. On l’a trouvé dans plusieurs plantes, et surtout dans les Crucifères. Sa présence dans les matières animales a été constatée d’une manière positive ; ce corps appartient donc aux trois règnes.
Le soufre est employé par le pharmacien sous deux états : le premier, à l’état de cylindres, le soufre en canon; le deuxième , à l’état pulvérulent , la fleur de soufre . Autrefois, pour obtenir ce second produit , on sublimait le soufre dans un appareil formé de vases nommés aludels , placés les uns sur les autres; à la partie inférieure était le soufre, qui , par la chaleur , se réduisait en vapeurs, et se condensait dans les pots supérieurs. La méthode qu’on emploie aujourd’hui n’est plus la même; elle est plus économique. Employée en 1806 par M. Boffe de Marseille, elle consiste à sublimer le soufre dans une chambre voûtée faite exprès ; la vapeur qui s’élève d’une chaudière placée dans la chambre , se condense par le refroidissement, elle se dépose sur les parois, d’où l’on peut l’enlever. Si l’on continue la sublimation pendant un long espace de temps, le soufre sublimé se liquéfie, et
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coule à la partie inférieure de la chambre, oii se trouve une cannelle qui sert à le retirer liquide : on le reçoit dans des moules en bois , où il prend la forme cylindrique. Le soufre, pendant sa sublimation, rencontre dans la chambre ou dans les vases dans lesquels on le sublime, de l’air avec lequel il se combine, et donne naissance à de très petites quantités d’acide, mais qui peuvent être plus considérables selon les circonstances. L’acide formé pendant cette opération a été désigné par les chimistes sous le nom d 'acide sulfurique . Pour l’enlever aux fleurs de soufre, on opère comme il suit. On met dans une terrine de grès une certaine quantité de cette substance , on y ajoute très peu d’eau, on mêle, et quand tout le soufre est bien mouillé, on ajoute une nouvelle quantité de liquide; on jette le tout sur une toile tendue au-dessus d’un carré , on laisse égoutter. On termine le lavage en versant de l’eau sur le filtre jusqu’à ce qu’elle cesse de rougir la teinture de tournesol. Quand le filtre est égoutté, on le déploie sur une claie garnie de papier , et l’on étend le soufre de manière à lui faire présenter beaucoup de surface. On le porte alors- à l’étuve , où il se dessèche. Lorsqu’il est bien sec , on le triture dans un mortier , et on le met dans un bocal de verre que l’on ferme avec un bouchon de liège.
L’analyse du soufre brut étant souvent demandée aux pharmaciens par les fabricans d’acide sulfurique, qui, dans leur fabrication , doivent avoir égard à la pureté de cette substance, voici comme on l’opère. On pulvérise un échantillon commun pris dans plusieurs parties de la masse de soufre dont on veut apprécier la valeur; on en pèse exactement une quantité quelconque, ioo grammes par exemple; on le dessèche à l’étuve sur un bain de sable ou sur la table d’un poêle. On reconnaît la perte qu’il a éprouvée par l’évaporation de l’eau qu’il contenait. Supposons qu’elle soit égale à 4 centièmes , on opérera la combustion complète des 96 de soufre dans une capsule de terre cuite ou de platine , placée sur des charbons ardens et à l’air libre, sans élever la température jusqu’au rouge brun. Après le refroidissement, on pèsera le résidu de