STYRAX
turages de la province des Mines , où les habitans le nomment Quinado Campo ; son écorce est en morceaux ou fragmens irréguliers, demi-roulés, d’une longueur variable, d’environ 2 à 3 lignes d’épaisseur , d’une texture comme subéreuse extérieurement, plus dure à l’intérieur , d’une couleur jaune d’ocre, plus foncée à l’extérieur. Cette écorce 11’a point d’odeur , mais elle a une saveur excessivement amère , sans mélange d’âcreté ni d’astringence. Toutes les autres parties de la plante ont aussi une saveur amère , à l’exception de la pulpe des fruits, que les enfans mangent avec plaisir et sans leur causer de mal. Les médecins du Brésil emploient cette écorce dans les fièvres périodiques , à peu près aux mêmes doses que le quinquina. Ces effets ont été confirmés par quelques essais tentés en France par M. Guilbert. M. Ségalas a aussi constaté , par des expériences sur les animaux , que cette écorce ne produisait aucun accident fâcheux. Dans les Mémoires du Muséum d’Histoire naturelle , M. Vauquelin a publié une analyse de l’écorce de Stiy'chnos pseudoquina , dont le principal résultat est l’absence de la strychnine et de l’acide igasurique , principes actifs des autres plantes de la famille des Stryçhnées. Voici les substances qui composent cette écorce : i°. une matière amère en grande quantité, et dans laquelle réside probablement la vertu fébrifuge ; 20. une substance résineuse particulière ; 3°. une matière gommeuse colorée et unie à un principe annualisé qui modifie ses propriétés physiques; 4°- un acide particulier, ayant de Tanalogie avec l’acide gallique.
Enfin, M. Cailliaud a trouvé, dans la Iiaute-Égypte, un arbrisseau qui est une espèce de SirjcJinos ( S. innocua , Delile), et dont le fruit, de la forme d’une petite orange, quoique sans usage , est connu pour n’ètre point malfaisant. H n’est pas amer , et jusqu’ici on n’a trouvé d’espèces vénéneuses de Strychnos , que parmi celles qui sont amères.
STYRAX LIQUIDE. La substance connue sous ce nom dans le commerce de la droguerie est un mélange excessivement
SUBÉRINE. 47
impur de diverses matières , mais qui a pour excipient un liquide brun très épais , d’une odeur suave d'acide benzoïque, et provenant, soit de la plante qui fournit le storax, soit de celle qui donne le liquidambar. F. ces mots.
Il y a lieu de croire que les fabricans de styrax liquide du commerce se servent tout-à-la-fois du liquidambar sirupeux et noirâtre d’Amérique , ainsi que du vrai styrax liquide , probablement obtenu par décoction des branches du liquidambar oriental, et qu’ils y ajoutent de la terre , de l’huile de noix , du vin , et surtout une grande quantité d’eau. Ces impuretés varient , quant à leur quantité et à leur nature plus ou moins vile , selon la cupidité des sophisticateurs. On doit choisir celui qui en laisse le moins, et qui a l’odeur balsamique la plus forte et la plus franche. Ordinairement le styrax liquide du commerce a la consistance du miel , une couleur grise foncée , une odeur forte et une saveur aromatique. Il offre quelquefois à sa surface une efflorescence d’acide benzoïque; il se dissout, sauf les impuretés, dans l’alcool , mais mieux à chaud qu’à froid ; la liqueur alcoolique laisse précipiter , en se refroidissant , une substance cireuse , et par l’évaporation une sorte de résine : enfin , elle donne des cristaux d’acide benzoïque.
Le styrax liquide entre dans la composition de quelques emplâtres , et notamment dans celui de Yigo avec le mercure.
STYRAX SOLIDE. F. Storax.
SUBER. F. Liège.
SUBÉRINE. On a donné ce nom à une substance particulière qui fait la plus grande partie de l’écorce extérieure du Quer eus Suber, et probablement de l’épiderme des autres plantes. M. Chevreul est le premier qui ait séparé de la subérine les différentes substances qui l’accompagnaient, au moyen de l’eau et de l’alcool, en se servant d’un appareil distillatoire* particulier.
La subérine pure est très légère, molle, élastique, d’une texture spongieuse , d’une couleur rougeâtre ; soumise à Bac-
tion de la chaleur , elle se décompose en donnant naissance , i°. à des gaz; 2°. à un peu d'eau très acide; 3°. à de l'huile incolore acide; 4°- à de l’huile jaune acide; 5°. à de l’huile brune; 6°. à une petite quantité d'ammoniaque; à une matière particulière qui se sublime en partie dans le col de la cornue, en partie dans le produit liquide; enfin, les o,a5 d'un charbon très combustible. 100 parties de subérine traitées par 600 parties d’acide nitrique à 3a0 de Baumé , soumettant à la distillation et cohobant, ont fourni 1 partie d’une matière blanche et brillante insoluble dans l’alcool; 10 parties de résine retenant de l'acide nitrique, et qui est insoluble dans l’eau, soluble dans l’alcool bouillant ; 22,4 p. d’acide subérique ; 7,6 p. d'acide oxalique cristallisé ; de plus, de l’ammoniaque et du principe amer. {V. les Ann . de Chim., t. XCVI , p. i55. ) O11 ne se sert pas, en Médecine, de ce produit. (A. C.)
SUBLIMATION. Opération qui consiste à faire volatiliser des matières sèches et solides , et à les condenser dans la partie supérieure de l’appareil. (A. C.)
SUBLIMATOIRE. Qui sert à la sublimation.
SUBLIMÉ. On a donné autrefois le nom de sublimé aux produits que l'on obtient par sublimation ; ainsi , on appelait sublimé doux , le proto-chlorure de mercure; sublimé corrosif, le deuto-chlorure du même métal. Ces dénominations sont tombées en désuétude. (A. C.)
SUCS MÉDICINAUX. On donne ce nom à la partie liquide des végétaux ou de leurs organes , obtenue à l'aide de l’expression , et à laquelle on a fait subir quelques autres opérations , dans le but de rendre cette liqueur plus propre à combattre les maladies, ou aux usages auxquels on la destine.
L’origine de ces médicamens et la manière de les obtenir datent d’une époque fort ancienne ; l’empereur Chin-Noug, Hippocrate , Galien , Dioscoride , et beaucoup d’autres savans médecins de l’antiquité, en ont parlé dans leurs écrits.
Formation des sucs dans les végétaux. Les plantes vivent aux dépens des milieux qu’elles habitent ; fixées dans le sein
de la terre par leurs racines, elles pompent , par les suçoirs ou spongioles de leurs extrémités , Teau , les sels et les autres corps qui leur sont propres; et au moyen du grand nombre de pores répandus sur toutes leurs surfaces exposées à l'air, elles aspirent les élémens contenus dans ce fluide. Ces principes , élaborés par l’acte de la végétation , sont ensuite transformés en sève, et sécrétés dans les vaisseaux propres par leurs membranes. Selon l’espèce de végétal et son organisation , résultent des composés organiques différeils , propres à leur servir de nourriture, et que nous employons à nos besoins.
Classification des sucs. Suivant la nature des combinaisons produites par l’acte de la végétation , les sucs varient dans leur composition, et doivent jouir, par eela même , de propriétés chimiques et médicales diverses. C’est d’après la prédominance des principes les plus actifs qu’ils recèlent , que nous les diviserons en sucs :
i°. Acides. Les sucs de ce genre ont une saveur acide très marquée , d’où dépendent les propriétés qu’ils ont de faire effervescence avec les carbonates alcalins , de neutraliser les oxides minéraux et organiques, de rougir les couleurs bleues végétales , etc. Exemple : sucs de berbéris , cerises , citrons , coqueret ou alkekenge , coings , groseilles, poires , pommes , oranges , oseille, sur elle acide , verjus , etc. Ils sont presque tous officinaux.
2°. Alcalines. Les propriétés énergiques que ces sucs exercent sur nos organes sont dues à un alcali organique qu’ils contiennent? Exemple : sucs de belladone , ciguë, jusquiame , nwrelle , nicotiane, pavot , stramoine , etc. Iis sont tous transformés en extrait, et prescrits dans cet état.
3°. Amarinés. Les divers principes amers exercent sur l’économie animale une action qui les rend précieux dans un grand nombre de circonstances. Comme ces principes varient par leurs propriétés médicales , nous distinguerons les sucs de ce genre en deux ordres.
î. Sues amarinés toniques. Exemple : sucs de jjelite cen-
XoAlE V 4
So SUCS MÉDICINAUX.’
taurée , chardon bénit, chicorée, fumelerre , ménjrttnlhs ,
' pissenlit , saponaire , scabieuse , etc.
2. Sucs amarinés cathartiques. Exemple : sucs de brjone , globulaire-lurbith , hy'eble , nerprun, etc.
4°. Tanninés. Les sucs de ce genre , bien que légèrement amers, diffèrent essentiellement des derniers par la propriété qu’ils ont de précipiter les sels de fer en bleu foncé ou en vert ; de former des combinaisons peu solubles avec la gélatine , l’albumine et quelques principes amers , etc. Ils se rapprochent beaucoup plus des sucs acides, soit à cause de l’acide gallique qu’ils recèlent en quantité , soit au resserrement analogue, mais plus intense, qu’ils déterminent dans les libres des tissus vivaces. Exemple : sucs d’hypocisle , de Rhus toxicodcndron , de R. radicans , etc.
- 5°. Aromatiques. Ils sont caractérisés par la présence d’un corps odorant qui leur donne les propriétés excitantes et diurétiques qu’on leur a reconnues. En raison de la nature bien tranchée de leur arôme , on peut les diviser en deux ordres.
1 . Sucs aromatiques proprement dits. Tels sont ceux d’ache, de cerfeuil , de fenouil , de menthe , de persil, etc.
2. Sucs aromatiques acres. Ce sont ceux d’ail , de co— chléaria, cresson, oignon , etc. Ils ne doivent point subir l’action de la chaleur, qui les dénature.
6°. Résineux. Les sucs de ce genre doivent leurs propriétés à la résine qu’ils tiennent en solution. Exemple : sucs d’élalê— rium , de gratiole , etc.
rj°. Sucrés. C’est à la présence et à la prédominance du principe sucré qu’ils recèlent, que ces sucs doivent leurs vertus et la propriété qu’ils possèdent de subir la fermentation alcoolique. Exemple : sucs de betteraves , de canne à sucre , de tronc d’érables , de tiges de mais et de sorgho , de raisins , etc.
8°. Salinés. Ceux-ci doivent à l’abondance d’un ou plusieurs sels , les propriétés médicales qu’on leur a reconnues. Exemple : sucs de bourrache (le sel de nitre paraît être celui de ses eonstituans dont l’action sur nos organes est le plus
SUCS MÉDICINAUX. 5i
marquée) , de pariétaire ( idem ) , de joubarbe ( malate acide de chaux), etc.
On pourrait être tenté de diviser cette dernière en deux ordres , savoir , en sucs satinés proprement dits et en satinés mucilagineux ; mais comme la quantité de mucilage varie dans les sucs des végétaux de cette classe suivant le terrain, la saison, l’époque de la végétation, etc. ; que leur viscosité n’est le plus souvent due qu’à de l’albumine et à quelques autres corps; que tous les sucs mucilagineux ne le sont pas toutes les années, même pendant les diverses périodes de léur végétation , comme cela a lieu pour celui de bourrache , cette distinction est inutile.
Récolte des substances végétales destinées a l’extraction des sucs. Pour récolter avec soin les végétaux et leurs parties , il importe essentiellement d’avoir égard : i°. au climat naturel ; 2°. au terrain et à l’exposition où ils se plaisent; 3°. à la saison dans laquelle ils fleurissent ou fructifient naturellement; . à leur âge ou aux diverses périodes de leur végétation ; 5°. à l’état sauvage ou de culture ; et 6°. à l’emploi auquel on destine leurs sucs.
1 . Racines. On doit récolter , à la dernière période de la végétation , les racines de betterave , de bryone , et celles de carotte , à l’époque de la floraison , parce que les premières et les dernières seront alors plus sucrées, et les secondes plus amères.
2. Tiges. Les tiges de maïs contiennent beaucoup plus de sucre , ainsi que celles du saccharum ojfflcinarum , après la fécondation , qu’avant , ce qui indique en quel temps on doit s’en servir.
3. Plantes herbacées. Si le besoin l’exige , on peut en faire la récolte en tout temps , pourvu qu’on les choisisse pourvues de toutes les qualités physiques nécessaires; dans le cas contraire, on récoltera la bourrache à la floraison de juillet ; la pensée sauvage , à la floraison ; le cresson et la saponaire, également ; les orties grièche et brûlante, à la fructi-
! fication.
5i SUCS MÉDICINAUX.
4- Feuilles. La récolte des feuilles doit se faire depuis la floraison jusqu’à la fructification , et l’on doit préférer les • feuilles caulinaires et raméales , lorsque la plante en est pourvue , aux feuilles radicales , qui sont plus aqueuses , moins sapides et odoratites.
5. Fleurs. Les roses rouges seront cueillies avant leur épanouissement , de même que celles de millepertuis , si l’on voulait en exprimer le suc, parce que les premières en donneraient un plus astringent, et les secondes un autre plus résineux qu’après leur développement complet ; mais les roses pâles , le nymphéa blanc et le nénuphar jaune , ainsi que le plus grand nombre des autres fleurs , ont plus de vertu après leur entier épanouissement qu’avant.
6. Fruits. Si l’on recherche dans leurs sucs les principes amers, sucrés, colorans et aromatiques , on doit les cueillir lorsqu’ils sont complètement mûrs ; si c’est l’acidité , la meilleure époque d’en faire la récolte est de les prendre un peu avant leur maturité.
Extraction des sucs. Connaissant le temps où les végétaux sont doués de leur plus grande énergie , il convient de leur faire subir quelques opérations préliminaires et indispensables, qui sont ;
i°. L’émondalion des parties mortes , morcelées , étiolées, etc. ; 20. le lavage; 3°. X essayage dans un linge neuf ou rude des fruits à épicarpe cotonneux; \°. la décortication , ou la séparation de l’écorce de certains fruits , tels que les oranges , citrons, grenades , etc. On doit bien se garder d’enlever celle des pommes , des poires et des coings , qui est très odorante , ni même celle des baies , qui est pourvue de l’odeur et de la partie colorante , car le suc perdrait une grande partie de ses qualités ; 5°. X égrapage , ou la séparation des rafles du raisin , de l’épine-vinette, du sureau , de l’hyèble, etc. ; 6°. la division.
Celle-ci se pratique selon la texture de la substance. Ainsi : i°. 011 pulpe les mûres, les ronces, les framboises, les fraises, etc. , dans le but d’ouvrir leurs vésicules et de mettre
tout-à-fait en contact la pellicule odorante et colorée avec le suc. 2°. On triture légèrement dans un mortier de gaïac , les fruits du nerprun , de l’hyèble, du sureau, du berbéris ; les groseilles , les cerises, les merises, le verjus, etc., sans écraser leurs pépins, noyaux, semences, etc. , qui, âcres pour la plupart , communiqueraient aux sucs des propriétés différentes. 3°, On râpe entièrement les racines charnues et peu fibreuses intérieurement, telles que les betteraves, carottes, navets, raves, etc. ; et seulement jusqu’aux loges les fruits à sarcocarpe ferme et succulent , comme les poires, les pommes , les coings , etc. Le râpage doit se faire promptement , afin d’exposer le moins de temps possible la pulpe au contact de l’air, qui la brunit promptement et rend le suc qu’on exprime plus coloré. 4°- On conluse les plus petites racines, les écorces, les feuilles, les fleurs et les plantes entières.
Les plantes et leurs parties soumises aux opérations préliminaires ci-dessus indiquées , ont besoin d’être traitées par d’autres opérations, qui sont : la macération , la coction , la fermentation et l’expression.
i°. Macération . On l’emploie pour faciliter la séparation des sucs enveloppés par le mucilage ou la gelée végétale , et pour opérer la dissolution des parties colorantes et aromatiques de Fépicarpe du fruit. Cette opération doit être faite dans un lieu où la température ne soit ni inférieure ni supérieure à io ou 12° : on reconnaît qu’elle est terminée quand le suc se sépare delà pulpe ou de la gelée, formée instantanément ou pendant le contact. A cette époque, on divise la matière, si elle est consistante, et on la met égoutter sur des toiles, dans un lieu frais , afin d’empêcher la fermentation de s’y établir.
On soumet à la macération les groseilles, l’épine-vinette, les framboises, les mures, l’hyèble , le nerprun , les cerises, la pulpe des coings, des pommes , des poires, etc. ; ces dernières mises à l’abri du contact de l’air. Les sucs bruts des fruits gélatineux ou mucilagineux perdent de leur densité par la
macération : tels sont ceux de fraises , framboises , groseilles , mûres, nerprun, etc.
Cette opération exige l’addition d’une petite quantité d’eau, toutes les fois que les végétaux ne sont pas assez succulens par eux-mêmes , soit naturellement , exemple ; le chiendent , le gramen , les labiées $ soit accidentellement , comme cela arrive pour la saponaire et la pensée sauvage en fructification, pour la bourrache cueillie dans des terrains secs et graveleux , pour le narcisse des prés en fleurs , etc. Cette addition d’eau doit se faire au commencement de la contusion des plantes, afin qu’elle se mêle intimement avec le suc ; sans cette précaution, le produit se conserve moins de temps.
2°, Coction. La coction ne doit être mise en usage que pour les fruits inodores et inaltérables à la chaleur, alors qu’on veut convertir leur suc en extrait ou en sirop. Elle réussit parfaitement pour ceux de nerprun, hyèble et sureau. Elle a pour but d’opérer la dissolution de toutes les parties solubles sans en altérer aucune , et d’en transmettre les qualités aux préparations qu’on en fait. On y procède en exposant les fruits écrasés et placés dans un vase d’argent , de porcelaine ou de toute autre matière inattaquable par les sucs , sur un feu vif, jusqu’à ce que la liqueur sortie des loges par la fluidité qu’elle a acquise , recouvre la pulpe et ait jeté quelques bouillons couverts ; on procède alors à sa séparation d’avec la pulpe. Les fruits acides soumis à ce procédé donnent des sucs d’une qualité inférieure.
3°. Fermentation. Nous n’indiquerons ici cette opération que parce qu’elle a été regardée , par plusieurs phannacologistes , comme très propre à obtenir le suc des fruits ; mais nous répéterons qu’elle donne lieu à la décomposition du sucre , du mucilage , de la gelée , et qu’au lieu d’obtenir de vrais sucs médicinaux, on n’a que du vin , du cidre, du poiré, du mauvais vinaigre, etc. , parce que le sucre, le mucilage , la gelée végétale des fruits qu’on y soumet , se transforme en alcool ou en acide acétique.
4°. Expression. Les substances , traitées chacune selon sa
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nature et l’emploi que Ton veut laite de son suc, par les diverses opérations indiquées précédemment, ont besoin du secours de l’expression . Toutefois, cela n’est pas nécessaire pour celles qui ont subi , l’une à la suite de l’autre , la pulpation et la macération, la coction et le coulage; leur résidu seulement peut y être soumis , si l’on désire l’épuiser complètement. 11 est une classe de fruits, comme les limons, citrons, bigarrades , oranges et semblables, qui ne doivent être qu’exprimés, sans avoir besoin d’aucune autre opération précédente, si ce n’est la décortication.
Chaque végétal ou chacune de ses parties étant préparé comme nous l’avons dit plus haut , on procède à l’expression. Pour cela, on place dans des sacs de toile forte la pulpe des substances , soit seule , soit disposée couche par couche avec de la paille hachée, lavée et séchée ; si elle est de nature très mucilagineuse , gélatineuse ou élastique, on lie l’ouverture de manière à ce qu’aucune des parties solides ne puisse s’échapper ; on place ces sacs à la presse , et l’on exprime graduellement. On doit retourner la pulpe des citrons et autres fruits semblables , lorsqu’on opère en grand, afin d’en retirer tout le suc. Par cette opération , la pulpe se trouve exprimée , et le suc , à cause de son incompressibilité , passe par les mailles du tissu.
L’expression donne lieu à un grand nombre de faits intércssans , qu’il serait trop long de détailler ici ; nous renvoyons, pour plus ample information , au Journal de Chimie médicale -, t. IV, p. 134.
Dépuration des sucs. Plusieurs corps de nature insoluble, tels que le parenchyme , la chlorophylle et autres matières colorantes , la fécule amilacée , l’inuline , etc. , troublent la transparence des sucs nouvellement exprimés, et les disposent, a s’altérer promptement. Pour obvier à cet inconvénient, et les rendre plus propres aux usages auxquels on veut les faire servir, on les soumet à la dépuration ; celle-ci se fait de plusieurs manières, et elle doit être relative à leur emploi et à leur nature.
On dépure la plus grande partie des sucs ; quelques-uns cependant sont prescrits quelquefois à Tétât impur; tels sont : i°. ceux des Crucifères et de quelques Labiées, qui, dans cet état, ont paru plus actifs; 2°. ceux que Ton concentre en extrait par le procédé de Storck ; 3°. ceux que Ton transforme en ratafia ; et 4°« les sucs que Ton veut conserver par le procédé d’Appert.
Les modes de dépuration sont de deux ordres , mécaniques ou chimiques.
Dépuration des sucs par les moyens mécaniques . La dépuration pfêr le repos , la décantation , le coulage et la filtration, font partie de cet ordre*
1. Du repos. On dépure, par le repos i les sucs visqueux et très albumineux, tels que ceux de mercuriale , morelîe* ortie grièche et piquante^, belladone, stramoine , etc., afin d’en faciliter plus tard la filtration. On peut soumettre à un repos d’une à deux heures les sucs acides; mais cela n’est pas d’une grande rigueur, surtout en été, à moins qu’ils ne proviennent de fruits très mûrs. Les sucs sucrés perdent beaucoup par le repos , et il est très imprudent de les y soumettre , parce qu’ils s’y altèrent très promptement.
Cette opération ne doit servir que pour aider à la dépuration des sucs visqueux par filtration, et la décantation , que Ton emploie pour les séparer de leurs fèces, ne doit être mise en usage que dans le cas où la transparence parfaite de ces liquides n’est pas rigoureusement nécessaire.
2. De la filtration et du coulage . La filtration est usitée tous les jours , et elle a été fortement recommandée par le célèbre pharmacien Deyeux , en place de la coagulation * qu’on mettait autrefois presque exclusivement en usage pour dépurer les sucs magistraux. Elle s’opère au moyen d’intermèdes ; tels que le papier non collé , les draps de laine et les toiles de fil.
On se sert ordinairement de deux sortes de papier, le blanc dit papier-Joseph , et le gris. Le premier mérite la préférence sur l’autre , qui communique toujours aux sucs une saveur
et une odeur désagréables ; mais en revanche, il a l’avantage de laisser filtrer plus promptement le liquide. Si l’on désirait s’en servir, il faudrait auparavant le laver à l’eau bouillante, à plusieurs reprises, et jusqu’à ce que l’eau de lavage soit insipide et inodore.
Les draps de laine ne doivent servir que pour dépurer les sucs extraits par coction , et les toiles de fil pour ceux obtenus par macération , seulement lorsqu’on opère en grand ; car , quand on a peu de sucs , il vaut mieux se servir de papier non collé. Ces opérations donnent lieu à plusieurs phénomènes très curieux , que l’on trouvera détaillés dans le Journal de Chimie médicale , t. IV, p. J 84, et suiv.
Dépuration par les moyens chimiques .
j. De la coagulation. On soumet à la coagulation les sucs albumineux que l’on destine à la préparation des extraits et des sirops , afin de rendre par là les produits qu’on en fait d’un plus bel aspect et d’une plus longue conservation. On s’en sert aussi pour dépurer les sucs magistraux très mucilagineux , et pour ceux que les malades ne peuvent digérer facilement, à cause de l’albumine qu’ils renferment.
On opère la coagulation en exposant les sucs à l’action de la chaleur. L’augmentation progressive de celle-ci daris ces liquides détermine la séparation de l’albumine , qui , en se rapprochant ensuite sous forme de réseau, ramasse et entraîne dans son ascension la matière suspendue , à la manière d’un filtre , et vient former une écume épaisse à leur surface. On l’opère à l’air libre pour les sucs inodores , ou dont l’arôme n’est compté pour rien dans les préparations qu’on veut en faire , et en vase clos pour les sucs aromatiques que l’on veut convertir en sirops ; car pour les sucs magistraux , il vaut mieux les filtrer en vase clos. Cette espèce de dépuration fournit des résultats intéressans , que l’on trouvera consignés dans le Journal de Chimie médicale , t. IV, p. 210 et suiv.
2. De la clarification des sucs par V intermède de V albumine et de la chaleur. Cette clarification , proposée depuis long-temps pour d’autres médicamens, a été aussi ancienne-
ment appliquée aux sucs. Elle n’est utile que pour les sucs sucrés; elle est totalement inutile et même préjudiciable pour les sucs visqueux et mucilagineux ; d’abord, i°. parce qu’ils contiennent assez d’albumine par eux-mêmes , sans qu’on soit obligé d’en ajouter pour faciliter leur clarification , et 2°. parce que l’emploi de cet intermède appauvrit la vertu des sucs qu’on y soumet.
Pour l’opérer , on se sert de deux espèces de liquides albumineux , le blanc d’œuf et le sang de bœuf. Le premier est le seul dont on doive se permettre l’usage en Pharmacie , le second s’emploie dans les arts , parce qu’il est moins coûteux et plus facile à se procurer abondamment. Après avoir fait choix de celui des deux intermèdes qu’on doit préférer, on porte le suc sur le feu, et l’on élève îa température à ioo° centigrades ; dès que ce suc est en pleine ébullition, on projette peu à peu l’albumine divisée dans un peu d’eau , en ayant soin d’agiter en tous sens, et A chaque affusion , la liqueur que l’on clarifie , et d’en séparer A mesure l’albumine coagulée. On continue d’ajouter de l’eau albumineuse et d’écumer , jusqu’A ce que le suc soit éclairci au point de pouvoir remarquer le fond du vase, et que le coagulum soit moins coloré , si c’est le blanc d’œuf qu’on emploie , ou enfin, qu’une portion de la liqueur mise A refroidir, conserve sa transparence , lors même qu’elle est étendue d’eau. Arrivé A ce point , on coule par un blancliet. On observe que , malgré leur transparence parfaite , les sucs clarifiés par ce moyen retiennent toujours un peu d’albumine en solution, puisqu’il s’en dépose une petite quantité pendant tout le courant de la concentration de ces liqueurs en extrait.
Dans les arts, ce procédé est modifié suivant l’espèce de suc, ou la fabrique. Ainsi , l’on ajoute de l’eau de chaux , du plâtre , de la craie , du charbon animal, des acides , etc. On conçoit que de semblables moyens changent les propriétés physiques et chimiques des sucs ; mais loin que ce soit un inconvénient, c’est alors un bien par rapport au produit qu’on a en vue de retirer. En Pharmacie, la clarification par le blanc d’œul
cliange tellement les propriétés de ces liquides , qu’on 11e leur accorde presque plus de vertu, tant est grande l’altération qu’ils ont subie. On ne doit pas l’employer pour la dépuration des sucs médicinaux.
De la conservation des sucs. Les sucs , suivant leur nature, peuvent se conserver plus ou moins de temps en bon état. Ceux de fruits et de plantes acides sont plus susceptibles de l’être que ceux de feuilles , de racines , d’écorces et cle fleurs ; les sucs sucrés le sont moins que les sucs salines, et ceux-ci moins que les sucs amers ou aromatiques. Pour prévenir leur altération , qui est toujours produite par le contact de l’air , qui les dispose à fermenter , on a proposé l’emploi de plusieurs intermèdes , qui sont l’huile fixe, l’alcool, l’acide sulfureux , le sulfite de chaux , le bouchage et le calorique , ou le procédé d’Appert.
x. Conservation par l'huile. C’est le plus ancien de tous les moyens, et celui qui est le plus fréquemment usité aujourd’hui , malgré ses inconvéniens. On a proposé tour à tour l’usage de l’huile d’olives , d’amandes douces et d’œillette pour cet objet; mais toutes les unes comme les autres ne sont pas à l’abri d’inconvéniens. On leur a attribué , et à tort , de communiquer une saveur étrangère aux sucs acides, sans considérer que leur saveur change pendant leur conservation, qu’on ait ou non fait usage de ces intermèdes. Le défaut qu’elles ont , c’est de ne pas assez intercepter la communication de l’air qui y pénètre, et qui donne lieu à la fermentation. ( V. Journal de Chimie médicale, t. IV, p. 338.)
2. Conservation par V alcool. Ce corps, qui , mis en contact avec les sucs d’herbes et de plusieurs fruits , trouble leur transparence et détermine la précipitation de leur albumine , etc. , est un excellent moyen de conservation , lors même qu’on bouche seulement avec du papier les vases qui les renferment. Ce moyen n’est cependant pas adoptable en général ; il peut seulement l’être pour ceux que l’on destine à la confection des ratallas, en tenant compte de la quantité d’alcool employé et de sa densité. Il a, dans ce cas, l’avan™
tage de les dépurer, de les conserver et d’éviter qu’en les filtrant on n’en perde toujours une certaine quantité, ce qui est à apprécier en grand , puisque la liqueur est soumise à la filtration après qu’elle est entièrement préparée.
3. Conservation par le gaz sulfureux et le sulfite de chaux. Le gaz sulfureux conserve parfaitement les sucs , mais il les décolore , altère leur odeur et leur communique une saveur et une odeur sulfureuse désagréable et si tenace , orne l’application de la chaleur ne peut les en priver. Ce moyen est donc impraticable en Pharmacie; c’est tout différent dans les arts, où la couleur n’est comptée pour rien , et où l’on peut neutraliser le gaz par l’emploi de quelques agens , sans nuire à la bonté du suc , pour le but qu’ori se propose. Les sucs conservés par le gaz sulfureux déterminent la précipitation des acides que la plupart des sucs de fruits contiennent. {V. Journal de Chimie médicale y t. IV, p. 339. )
L’emploi du sulfite de chaux est à l’abri des inconvéniens du gaz sulfureux, et en possède la propriété conservatrice. Il détermine bien dans les sucs de légers précipités , mais ces dépôts ne sont dus qu’à du sulfate calcaire formé aux dépens de la décomposition du sulfite et de l’air contenu dans le col des bouteilles , dont l’oxigène de ce dernier s’unit à l’acide sulfureux du premier, et l’acide sulfurique formé se combine à la chaux de l’intermède conservateur : 12 à i5 grains de sulfite de chaux suffisent pour conserver exactement , et pendant l’espace de plus d’une année , une pinte de suc acide.
4. Conservation par le procédé d* Appert. Si les intermèdes ci-dessus n’offrent pas, ou ne peuvent pas toujours offrir des moyens propres à conserver toutes les espèces de sucs, tant affmaux que magistraux , le procédé d’Appert a sur eux cet avantage ; il a encore celui de ne leur communiquer aucune saveur ni odeur étrangère , et de conserver leur couleur pendant un plus grand nombre d’années.
Ce procédé consiste : i°. à faire un choix de bouteilles et de bouchons fins et unis ; 20. à remplir chaque vase de suc jusqu’à la naissance du col ; 3°. à boucher exactement les