SUREAU
pour couler les suppositoires ; mais les moules en papier, pouvant être faits de manière à former des suppositoires plus ou moins gros , ils remplacent la série de moules nécessaire.
SUREAU. Sambucus fiigrci, L. — Ricli. Bot. méd. , t. I , p. 447- ( Famille des Caprifoliacées. Pentandrie Trigynie , L.) Arbrisseau fort commun dans les haies de toute l’Europe , où il fleurit au mois de mai. Ses brandies offrent un canal médullaire d’un diamètre fort considérable. Leur écorce est composée extérieurement d’un épiderme qui est d’abord lisse et d’une belle couleur verte, mais qui ensuite devient grisâtre, fendillé et parsemé d’aspérités. Sous cet épiderme est une couche herbacée de tissu cellulaire dont l’odeur est nauséeuse ainsi que toute la partie corticale. Les feuilles du sureau sont opposées, imparipinnées , à folioles ovales, acuminées , un peu dentées sur les bords , et d’une couleur verte foncée. Les fleurs sont blanches, petites, nombreuses, disposées en corymbes ombeiliformes au sommet des branches. Les fruits sont d’abord rouges , puis noirs , arrondis , couronnés au soinmet par les lobes du calice persistant , pleins d’un suc jaunerouge , renfermant trois petits noyaux.
Les fleurs de sureau sont d’un usage fréquent dans la Médecine populaire. Elles jaunissent par la dessication , et elles conservent une odeur assez agréable. On les emploie en infusion et à l’intérieur comme excitantes et sudorifiques ; à l’extérieur, comme émollientes , sous forme de cataplasmes et de fomentations. On en prépare une eau distillée qui contient une quantité notable d’ammoniaque. Ces fleurs font partie de plusieurs médicamens composés , tels que le vinaigre antiseptique, le baume tranquille , les espèces anti-laiteuses, etc. Infusées dans les vins blancs ordinaires , elles leur communiquent un arôme qui a quelque rapport avec celui des vins muscats.
La seconde écorce des jeunes rameaux ou la partie corticale munie de son enveloppe herbacée, mais privée d’épiderme , est purgative, et a été préconisée par Boerrhaave et Sydenham ,
iû4 SW1ETENIA
contre l’hydropisie. On l’administrait en décoction, à la dose de 2 à 6 gros pour une pinte d’eau.
Les fruits, vulgairement nommés baies de sureau , servent à préparer un extrait ou rob que l’on emploie, comme sudorifique, à la dose de i à 2 gros, et comme pnrgatif, à celle de 4 à 6 gros. Le suc de ces fruits fournit , par la fermentation , une liqueur vineuse en usage chez les peuples des pays septentrionaux. (G... N.)
SL EELLE ACIDE. Oxalis Acetosella , L. — Ri cli. Bot. méd. , t. II, p. 726. (Famille des Géraniacées de Jussieu. Oxalidées, Richard et De Candolle. Monadelphie Décandrie, L.) C’est une très petite plante herbacée qui abonde dans les lieux ombragés et humides de l’Europe , surtout dans les pays de montagnes. O11 lui donne vulgairement les noms d ' alleluya , pain de coucou , trejle aigre, oseille des bûcherons, etc. Sa tige est souterraine , horizontale , renflée d’espace en espace et présentant des écailles charnues, de l’aisselle desquelles partent les fibres radicellaires, les feuilles et les fleurs. Les feuilles sont pétiolées , composées de trois folioles en coeur renversé , pliées en deux suivant leur longueur , et souvent appliquées l’une contre l’autre par l’effet du phénomène que l’on connaît sous le nom de sommeil des plantes. Les fleurs sont solitaires, au nombre de deux ou trois sur le pédoncule , blanches et régulières. Les fruits sont capsulaires, à cinq angles et à autant de loges renfermant un grand nombre de graines.
Les feuilles de la surelle sont d’une agréable acidité ; elles servaient autrefois à préparer un sirop et une conserve qui ne sont plus employés. Dans certains pays où cette plante abonde, on en retire le sel d’oseille ou sur-oxalate de potasse , qu’elle contient en assez grande quantité. (G...N.)
SWIETËMA. Genre déplantés de la famille des Méliacées cle Jussieu, Ce'drélées de R. Brown , et de la Décandrie Monogynie, L. , dont deux espèces sont remarquables par leurs usages économiques et médicaux. L’une est le Swielenia Ma hagoni , qui fournit le bois d’acajou employé dans l’ébénisterie. V. Acajou (bois d’). L’autre est le Swielenia fcbri -
SYNANTHÉRÉES. 1 55
f'Sa> Roxburgh, Plant, coromand. , t. ï, p. î8, tab. 17. C’est un grand arbre qui croît dans les forêts des montagnes de FInde orientale. Son écorce est rouge , compacte , fragile , couverte d'un épiderme rude et gris. Elle est très amère , astringente , et employée comme fébrifuge dans l’Inde, où elle remplace le quinquina. Cependant elle ne contient pas de cinelionine. L’extrait que l’on prépare avec cette écorce ressemble beaucoup au kino. (G...N.)
SYMPBÏTUM OFFICINALE. V. Consoude.
SYNANTHÉRÉES ou COMPOSÉES. Synanthereœ , Composites. Les botanistes désignent sous ce nom la plus vaste famille du règne végétal. Elle se compose de toutes les plantes dicotylédones à étamines ayant leurs filets insérés sur la corolle , et les anthères réunies en un tube traversé par le style. Les fleurs, ordinairement petites et nombreuses , sontréunies en tête et forment ce que l’on nomme un capitule, ou mieux une calathide. Elles sont entourées d’un involucre ou pèricline composé de plusieurs pièces qui , dans les divers genres de la famille, sont foliacées ou scarieuses, épineuses ou non épineuses, etc. Le réceptacle ou clinanthe, sur lequel elles reposentest, tantôt nu, tantôt muni de paillettes. Les corolles sont monopétales, régulières, à cinq divisions , ou irrégulières et en forme de languette de-* jetée, diversement dentée au sommet. Le style qui traverse le tube formé par les anthères est souvent muni de poils destinés à faire sortir le pollen des loges de celles-ci, à les balayer en quelque sorte pour que l’influence du pollen puisse s’exercer sur le stigmate ; aussi M. H. Cassini, à qui l’on doit d’importans travaux sur la famille des Synanthérées , donne-til à ces appendices du style le nom de poils collecteurs ou baladeurs. Le fruit est un akène renfermant une [seule graine dressée, et couronnée à son sommet par une aigrette de poils simples ou plumeaux ; quelquefois cet akène est nu a son sommet. L’aigrette n’est autre chose que le iiinbe calicinal qui se développe extraordinairement après la floraison ; conséquemment le calice est toujours adhérent à l’ovaire.
Les modifications extrêmement nombreuses que l’on observe
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dans l’organisation des fleurs de Synanthérées , ont facilité la distribution du nombre immense des plantes dont cette famille se compose , en un nombre aussi fort grand de genres qui , de même que dans les autres familles très naturelles , sont bien faiblement caractérisés. Ces genres ont ensuite été groupés en plusieurs tribus qui pourraient être considérées comme autant de petites familles appartenant à une même classe générale caractérisée par la soudure des anthères. Nous avons parlé des travaux de M. H. Cassini sur ces plantes, et peut-être serait-il convenable de mentionner ici les tribus qu’il y a établies, et dont le nombre s’élève à une vingtaine environ; mais nous en sommes détournés par les mêmes considérations qui nous ont empêché d’adopter les subdivisions établies par M. De Candolle dans les Crucifères et les Légumineuses. V. ces mots.
Tournefort partageait les Composées en trois sections , savoir : i°. les Flosculeuses , dont les ealathides se composent de fleurons, c’est-à-dire de fleurs à corolle infundibuliforme et régulière; 2°. les Semi-jiosculeuses , dont les ealathides n’offrent que des demi-fleurons , c’est-à-dire des fleurs à corolle en languette ; 3°. les Radiées, où le centre de la calatliicle se compose de fleurons , et la circonférence de demifleurons; ces derniers sont nommés rayons.
La Syngéne'sie ou la 19e classe du système sexuel de Linné correspond à la famille des Synanthérées. V . l’art. Syngénésie,, où nous avons indiqué les subdivisions de cette classe.
Dans le cours de ce Dictionnaire , nous avons adopté les trois divisions établies jadis par Vaillant r admises depuis au rang de familles par M. De Jussieu dans son Généra planlarum. Elles portent les noms de Cliicoracées , Cinarocêphales et Co~ rymbijeres . De ces tribus , la première est la séule tellement naturelle qu’il est impossible de la désagréger. Les plantes dont elle se compose offrent entre elles une grande analogie de propriétés médicales , et nous leur avons consacré un article spécial. V. Chicoracées. Quant aux deux autres tribus , ce sont des amalgames de groupes très distincts et aussi bien caracté-
. SYNGÉNÉSIE. iffy
lises par leurs formes que par leurs vertus. Ainsi, les Cinarocépliales comprennent , non-seulement les Carduacées qui forment une tribu assez distincte, mais encore des plantes ayant beaucoup d’affinités avec celles que l’on a placées parmi les Corymbifères. Celles-ci doivent être nécessairement partagées en un grand nombre de petites tribus dont les propriétés médicales offrent quelques diversités. Nous citerons comme exemples, les Arlémisiées , qui sont pour la plupart aromatiques; les Hélianthées , dont les différentes parties contiennent un principe alibile ou des matières féculentes , huileuses, etc.
Considérée dans son ensemble , la famille des Synanthérées se compose d’une si grande quantité de plantes utiles en Médecine, qu’il serait fastidieux d’en donner ici la liste. C’est pourquoi nous n’indiquerons , parmi les principaux articles à consulter, que les suivans : Absinthe, 'Armoise , Arnica, Aunée, Bardane, Camomille, Carthame , Centaurée, Chardon bénit, Chicorée, Laitue, Matricaire, Pissenlit, Semen-contra, Tanaisie et Tussilage. (G...n.)
SYNGÉNÉSIE. Linné a donné ce nom à la 19e classe de son système sexuel. Elle comprend toutes les plantes dont les étamines sont soudées ensemble par leurs anthères , et elle correspond entièrement (1) à la famille des Synanthérées de la méthode naturelle. La Syngénésie se subdivise en plusieurs ordres, savoir : i°. Syngénésie égale, où tous les fleurons de la calathide sont hermaphrodites ; exemple , la chicorée , le pissenlit, la laitue, etc. ; 20. Syngénésie superflue , où les fleurons du centre de la calathide sont hermaphrodites , et ceux de la circonférence femelles et fertiles , mais en quelque sorte superflus; exemple, l’armoise, l’absinthe; 3°. Syngénésie frustranée, où les fleurons du centre sont hermaphrodites, et
(1) La Syngénésie monogamie , c’est-à-dire l’ordre dans lequel les Heurs pourvues d’étamines synge'nèses ne sont pas réunies en un capitule, comme, par exemple, dans les violettes, a été supprimée par la plupart des auteurs modernes qui suivent le système de Linné.