‹ Dictionnaire des drogues simples et composées ou dictionnaire dhístoire naturelle médicale de pharmacologie et de chimie pharmaceutique (volume 2)Chapitre 34 sur 119 · Tome T. n · texte numérisé non relu

Tome T. n

i6a TABAXIR ou TABASHEER.

tasse, et d’autres sels à base de chaux et d’ammoniaque, de l’oxide de fer et de la silice. C’est dans le principe âcre , volatil et incolore que résident les propriétés du tabac; il a été nommé nicotine ou nicolianine. V . ce mot.

M. Yauquelin a ensuite publié ( Ann. du Muséum d’Hist. naturelle , t. XI Y, p. 21 ) une analyse du tabac préparé par la fermentation , afin de comparer sa composition avec celle des feuilles non fermentées. Il y a retrouvé les mêmes substances, plus du carbonate d’ammoniaque et de l’hydro-chlorate de chaux provenant de la décomposition mutuelle de l’hydrochlorate d’ammoniaque et de la chaux carbonatée que l’on ajoute au tabac pour lui donner du montant. L’odeur ammoniacale est quelquefois tellement développée dans certains tabacs, ou, pour nous exprimer vulgairement, ils sont tellement forts , que l’on est obligé de les asperger avec une liqueur légèrement acide , telle que de Beau aiguisée d’acide hydrochlorique, ou, ce qui est moins nuisible pour les organes olfactifs , d’acide acétique. (G...N.)

TABAC DES YOSGES. Nom vulgaire de Y Arnica montana . V. ce mot.

TABAXIR ou TABASHEER. Ce nom a été appliqué à deux substances de nature différente , mais qui toutes deux sont des concrétions que l’on trouve dans les tiges du bambou ( Bambos arundincicea , L. ). L’une, intérieure, est composée , suivant Fourcrov et Yauquelin , de 70 parties de silice et de 3o de potasse ; l’autre, extérieure, est une efflorescence sucrée. M. Fée , dans son Cours d’Histoire naturelle pharmaceutique, a discuté les opinions qui attribuent le tabaxir à l’une ou à l’autre de ces concrétions , et il présume que les Hindous ont donné ce nom au corps sucré (1). Au surplus, cette question est d’une si mince importance , que, par égard pour nos lecteurs , nous ne devons pas nous y arrêter. (G...N.)

(1) Selon le docteur Wilson , secrétaire de la société asiatique de Calcutta, le nom le plus ordinairement employé par les Hindous, pour la manne du bambou, est Bausa-Rochunu ; celui de Tahashcer est d’origine arabe, et seulement connu des mahométans de l’Inde.

TACAMAQÜE. ,63

1 ABLETTES. V. Pastilles, t. I\T, p. 116.

TABLETTES DE BOUILLON , Bouillon sec. On donne ce nom à du bouillon évaporé jusqu’en consistance convenable , auquel on donne la forme de tablettes. A cet effet , on prépare un bouillon avec de la viande maigre de boeuf, des pieds et de la rouelle de veau, du gigot de mouton , de la volaille; on passe ce bouillon à froid pour en séparer la graisse ; on le fait évaporer jusqu’en consistance convenable; on le coule dans des moules, et on le fait sécher à l’étuve de manière à l’amener en tablettes qui ont l’apparence de la pâte de jujubes bien claire. Ces tablettes, qui se conservent en bon état pendant plusieurs années , sont utiles pour se procurer du bouillon à volonté et dans les lieux où il n’y aurait pas de viande fraîche. Pour les employer, on met dans un verre d’eau bouillante environ 16 grammes (4 gros) de ces tablettes ; on laisse fondre a une douce chaleur sur des cendres chaudes , on épice ensuite à volonté. Quelques personnes obtiennent un meilleur bouillon en faisant une décoction de légumes, la passant, y faisant fondre la quantité voulue de bouillon sec.

TACAMAQÜE. Tacamaliaca , Ofïicin. Ce nom a été donné à plusieurs substances résineuses qui diffèrent entre elles , soit par leur origine , soit par leurs qualités physiques. Deux sortes commerciales de tacamaques découlent d’arbres faisant partie des genres ïcica et Elaphrium qui appartiennent à la famille des Térébintliacées, tandis qu’une autre résine nommée aussi tacamaque provient du Catophjllum Inophj'llum , plante de la famille des Guttifères.

La Tacamaque ordinaire est attribuée, par la plupart des auteurs, à Y Elaphrium tomentosum , Jacq. , ou Fagara oc tandra, L., arbre qui croît dans la province de Venezuela de l’Amérique méridionale. Cette résine est en masses brunes, bigarrées de taches jaunâtres ou rougeâtres; elles sont formées par l’agglomération de petites larmes molles et transparentes , et mêlées des débris d’une écorce jaune très mince. Les larmes sont quelquefois séparées ; leur odeur est

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peu sensible lorsqu’elles sont en masses. Elles se pulvérisent facilement, et elles exhalent alors une odeur faible et assez suave. Brûlées, elles répandent une fumée dont l’odeur tient le milieu entre celle de la lavande et celle du musc. M. Guibourt pense que le baume focot de quelques anciens auteurs est la même substance que la résine tacamaque ordinaire , et il présume que la plante qui la produit est une espèce de Ca~ loplijllum , à cause de son analogie avec le baume vert ou tacamaque de Bourbon, qui provient certainement d’un arbre de ce dernier genre. M. Fée , dans son Cours d’Histoire naturelle pharmaceutique , n’adopte pas cette opinion , mais il n’apporte aucune nouvelle preuve à l’appui de l’opinion généralement reçue. Le même pharmacologiste blâme encore M. Guibourt d’avoir attribué à Y Elaphrium tomentosum, une substance qu’il a décrite sous le nom de tacamaque à odeur forte , et qui paraît avoir tous les caractères de la résine tacainahaca de Monardès, un des plus anciens auteurs qui aient écrit sur cette substance. Nous ne pouvons partager l’avis de M. Fée sur ce dernier point , et nous pensons que la tacamaque à odeur forte , si l’on s’en tient aux qualités physiques de cette substance, est probablement une résine fournie , soit par Y Elaphrium tomentosum , soit par une plante du genre Icica , voisine de celle qui donne la résine tacamaque angélique ou sublime , dont nous allons présenter la description. Au reste , plusieurs résines odorantes absolument semblables peuvent provenir de plantes spécifiquement distinctes , mais appartenant à la même famille ; et cette observation, que nous avons déjà faite en parlant des Conifères ( V. l’art. Pin ) , nous l’appliquons ici avec plus de rigueur aux Térébinthacées, dont un des caractères généraux est de fournir des produits résineux doués d’une odeur forte et aromatique.

La Tacamaque angélique ou sublime est produite par Y Icica Tamahaca , Kunth , ou par V Icica heptapliylla , Aublet , plantes qui ont beaucoup de rapports entre elles , si toutefois elles ne sont pas identiques. Ce sont des arbres indigènes de la république de Colombie et de la Guiane. Le second y est

TACÀMAQUE.

nommé vulgairement aroucou des g alibi s et arbre d’encens. La sorte de résine tacamaque dont il est ici question est plus pure que les autres ; son odeur est persistante et a de l’analogie avec celle de l’angélique. Elle est à demi opaque , d’une couleur grisâtre à l’extérieur , un peu jaune ou rougeâtre à l’intérieur , d’une cassure terne et d’une saveur amère. On la trouve ordinairement contenue dans des calebasses.

Les résines tacamaques, dont nous venons d’exposer une courte description, étaient autrefois regardées comme des medicamens précieux , et on les prescrivait dans beaucoup de préparations officinales. Leurs propriétés sont analogues à celles de la résine de gomart, de la myrrlie et d’autres résines qui découlent par incisions de l’écorce des Térébinthacées ; aussi leur usage est-il aujourd’hui fort limité. La tacamaque ordinaire est un des ingrédiens du baume de Fioraventi.

Nous devons dire ici quelques mots des substances auxquelles on a conféré , par analogie , le nom de tacamaque.

La Tacamaque de l’ile Bourbon est aussi désignée sous les noms de baume vert , baume Marie et baume de Calaba. Elle découle par incisions du Calophjllum Inophyllum , Lamck. , ou C. Tacahamaca , Wilîd , et probablement aussi du C. Calaba , arbres de la famille des Guttifères qui croissent dans les îles de Madagascar et de Bourbon. Cette substance est sous la forme d’une masse molle, gluante, se solidifiant lentement à l’air, d’une couleur verte foncée , d’une odeur très forte qui, en s’affaiblissant , devient assez agréable et analogue à celle du fenu-grec. La tacamaque de Bourbon ne se dissout qu’imparfaitement dans l’alcool froid , et même dans l’alcool bouillant ; elle laisse surnager sur ce dernier un liquide huileux. Traitée par l’éther, elle laisse un résidu floconneux. Cette résine est rare dans le commerce et n’a plus d’usage en Médecine.

M. Guibourt a décrit, dans son Histoire abrégée des Drogues simples , deux résines sous les noms de tacamaque jaune huileux et de tacamaque jaune terreux. La première a été confondue avec la résine animée, mais elle a les caractères principaux des tacamaques, c’est-à-dire qu’elle est huileuse et aro-

ï66 TAFFETAS D’ANGLETERRE.

matique. La seconde est abondante dans le commerce, ou elle se vend presque seule aujourd’hui comme résine tacamaque et comme résine animée. Elle est en masses assez considérables, ordinairement aplaties, extérieurement recouvertes d’une sorte d’efflorescence noirâtre, à l’intérieur d’un jaune pâle , dont les nuances diverses sont disposées par couches. Elle est entièrement soluble dans l’alcool , et facilement fusible par la chaleur. (G...n.)

TACCA PINNATIFIDA. C’est une plante qui croît dans les contrées situées entre les Tropiques , et particulièrement dans les îles de l’archipel indien ; elle appartient à la famille des Liliacées de Jussieu, ou Amaryllidées de R. Brown , et elle a des affinités avec les Aro'idées. On en retire une fécule alimentaire, une sorte d ’arow-root , qu’il faut débarrasser, parle lavage, d’un principe âcre et vénéneux. (G...X.)

TAFFETAS D’ANGLETERRE , Taffetas collant, Taffetas agglutinatif Ce taffetas, de diverses couleurs selon le tissu employé , s’obtient de la manière suivante : on prend , colle de poisson de bonne qualité, 32 grammes (i once); eau, 25o grammes (8 onces) ; alcool à 220, 260 gramm. (8 onces). On incise la colle , on la fait tremper dans l’eau jusqu’à ce qu’elle se soit bien gonflée; on ajoute l’alcool, on chauffe le tout dans un bain-marie fermé. Lorsque la dissolution est opérée , on passe à travers un linge ; d’une autre part , on tend sur un châssis une bande (le taffetas blanc , noir, ou rose ; à l’aide d’un pinceau, on recouvre ce taffetas d’une couche de la solution de la colle de poisson ; lorsque la couche est sèche, ce qui a lieu plus ou moins promptement ( selon le lieu où l’on opère et qui doit être sec ) , on en met une deuxième, une troisième et une quatrième, enfin, jusqu’à ce que la couche paraisse assez épaisse ; on recouvre alors la dernière couche donnée de teinture très chargée de baume du Pérou, et lorsqu’elle est sèche , on remet une nouvelle couche de colle de poisson ; on laisse sécher ; on découpe ensuite le taffetas en carrés que Ton enferme dans du papier préparé pour enfermer cette préparation

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