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TANAISIE. Tanacetum vulgare , L. — Rich. , Bot. méd., t. II, p. 302. (Famille des Synanthérées Goryinbifères de Jussieu. Syngénésie superflue , L. ) Plante herbacée très abondante sur le bord des chemins et dans les lieux incultes de l’Europe. Ses tiges sont alternes , sessiles , profondément pinnatifides , à divisions allongées , aiguës, presque pinnées. Les fleurs ont une couleur jaune dorée , et sont disposées en co~ rymbes à l’extrémité des rameaux.
Les feuilles et les sommités fleuries de la tanaisie exhalent, surtout lorsqu’on les froisse entre les mains , une odeur aromatique extrêmement forte ; leur saveur est amère , âcre et
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chaude. Cette plante doit sa propriété à l’huile volatile qu’elle contient assez abondamment ; aussi la perd-elle en partie par la dessication , qui dissipe l’huile volatile , mais qui laisse subsister le principe amer. La tanaisie était une des plantes les plus usitées dans l’ancienne Médecine ; mais sa réputation a beaucoup diminué ; on 11e l’emploie plus que comme vermifuge et stimulante dans l’aménorrhée et l’hystérie. On la prescrit en infusion en poudre et quelquefois en lavemens ; sa poudre est un des succédanés du scmen-contra.
M. Peschier a publié , dans le Nouveau Journal de Pharmacie de Tromsdorff, 1827, 2e cahier, l’analyse des feuilles et des fleurs de tanaisie ; elle a donné les résultats suivans : de l’huile volatile ; de l’huile grasse ; de la résine ; une matière qui tient le milieu entre la cire et la stéarine; de la chlorophylle; de la gomme; un principe jaune extractif.
Les fleurs contiennent un principe alcalin et un acide particulier (acide tanacétique ) et du phosphate de chaux. Les feuilles renferment en outre du tannin et de l’acide gallique.
TANGUIN ou TANGUIN. C’est le nom sous lequel on dé— signe, à Madagascar, un poison végétal qui a pour base le fruit d’une apocynée peu connue sous le rapport botanique. M. Du Petit Thouars a considéré cette plante comme ayant de l’analogie avec les Gerbera , et formant un genre nouveau, sous le nom de Tanghinia.
Les Madécasses composent un breuvage avec le suc des feuilles d’une espèce de cardamomum, dans lequel on met la semence râpée du F. m adag asc ariens i s ou F. venenifera. Ce breuvage sert d’épreuve judiciaire sur les individus accusés de crimes, lorsque Ton n’a pas de meilleurs témoignages : si la mort suit l’injection du poison , 011 en conclut que l’accusé est coupable; s’il échappe à la mort, on le regarde comme innocent. Malheureusement , ce n’est pas à ces pratiques barbares et superstitieuses que se borne le déplorable usage de ce poison; les nègres s’en servent quelquefois , aux colonies des îles de France et de Bourbon , pour empoisonner ceux envers les-
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quels ils ont quelque vengeance à exercer. Le fruit de tanguin est une sorte de drupe ovoïde recouverte d’un épiderme luisant, ridée longitudinalement, ayant le péricarpe sec, filamenteux?, et un noyau ligneux très dur, crevassé à la surface comme celui de l’amandier, mais double ou quelquefois triple en grosseur, et ayant une suture marginale dans le sens de sa longueur par laquelle le noyau opère sa déhiscence. Ce noyau renferme une amande formée de deux lobes distincts , d’une couleur blanchâtre ou légèrement rosée, onctueux au toucher , et d’une saveur d’abord amère et qui devient ensuite piquante. C’est cette amande qui sert aux Madécasses pour la préparation de leur poison, et c’est sur elle que MM. Henry fds et Olivier ont publié, dans le tome X du Journal de Pharmacie , un travail chimique et physiologique, dont nous donnons ici les résultats. Elle se compose : i°. d’une huile fixe, limpide, douce, congelabîe à io°; 20. d’une matière particulière , cristallisable , neutre, résineuse; 3°. d’un principe brun, visqueux , légèrement acide, amer, incristallisable , verdissant par les acides et blanchissant par les alcalis ; 4°. de gomme , des traces; 5°. d’albumine végétale en grande quantité; 6°. de chaux et d’oxide de fer, des traces. D’après les expériences de M. Olivier sur plusieurs animaux , c’est dans la matière cristalline que réside l’action délétère du fruit, action qui est analogue à celle des poisons âcres et excitans ; mais la substance brune a aussi une action narcotique très marquée. La singulière propriété qu’olfre cette substance de verdir par les acides, et qui 11e se présente que dans la résine de gayac, l’a fait considérer par M. Henry comme un principe immédiat , pour lequel il a proposé le nom de languine.
TANNAGE. On a donné ce nom à une opération des arts , qui consiste à saturer la gélatine qui existe dans les peaux et les cuirs verts. Le but du tannage est d’obtenir un tannate de gélatine qui remplit les cellules du tissu et fournit un cuir solide, imperméable à l’eau, jouissant d’une assez grande flexibilité. (A. C.)
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TANNIN (i). On a donné le nom de tannin naturel à un principe particulier qui existe dans les végétaux. Les travaux des chimistes sur ce produit sont nombreux , et ils sont dus à MM. Lewis, Dey eux, Seguin, Proust, Davy, Fiedler, Richter , Merat Guillot , Bouillon-Lagrange , TromsdorfF, Dizé, Wahlemberg , Cadet de Gassicourt, Sertuerner, Wutig, Hatchette , Chevreul , Pelletier, Caventou, Berzélius , etc., etc.
Divers procédés pour l’extraction de ce principe ont été décrits par les auteurs. Le premier consiste à verser une solution d’hydro- chlorate d’étain dans une infusion de noix de galles, à recueillir le précipité jaune qui se forme, à le laver, à le délayer dans l’eau, et à faire passer un courant d’acide hydro-sulfurique dans le mélange. L’acide hydro-sulfurique précipite l’oxide métallique , et le tannin qui y était uni se dissout dans l’eau. On filtre la solution , on la fait évaporer à siccité ; elle fournit un résidu que Proust ( auteur de ce procédé ) avait regardé comme du tannin pur , mais que plus tard il reconnut pour du tannin combiné à de l’extractif.
Le deuxième procédé , dû à M. Deyeux , consiste à verser une solution saturée de carbonate de potasse dans une infusion de noix de galles concentrée par l’évaporation ; il se précipite une matière d’un blanc jaunâtre, regardée comme du tannin pur ; mais ce précipité , examiné par l’auteur et par Davy , a été reconnu comme une combinaison de tannin , d’acide gallique et des carbonates de potasse et de chaux.
Le troisième procédé , dû à M. Dizé, est le suivant: on verse, dans une forte infusion de noix de galles, de l’acide sulfurique ou hydro-chlorique. La présence de l’un de ces acides détermine la formation d’un précipité blanc très épais. Ce précipité a été considéré par Proust comme une combinaison de tannin et de l’acide employé. Ce précipité lavé à Peau froide d’abord, dissous ensuite dans l’eau bouillante, puis additionné d’un sous-carbonate de potasse , le tannin s’en sé-
(i) Thompson pense que Ton devrait donner à ce produit le nom d’acide tannique.
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pave; on le lave et on le fait sécher; ce tannin, d’après l’examen, a été reconnu pour un mélange de tannin, d’acide galîique et d’extractif.
Le quatrième procédé, dû à M. Mérat Guillot, fournit du tannin qui n’est pas pur. Ce procédé consiste à traiter par les acides nitrique ou hydro-chlorique étendus le précipité que produit l’eau de chaux versée dans une solution de noix de galles , recueillant le précipité noir qui se forme dans le liquide et qui est d’un noir brillant.
Le cinquième procédé est dû à M. Bouillon-Lagrange. L’auteur verse dans une infusion de noix de galles de la dissolution de carbonate d’ammoniaque , jusqu’à ce que la liqueur ne se trouble plus. Après avoir séparé par le filtre le précipité produit, on le lave avec de l’eau froide , jusqu’à ce que celleci, après avoir passé sur le précipité, soit incolore. On enlève le précipité, on le met en digestion dans de l’alcool à o,8 1 7 de poids spécifique, jusqu’à ce que la liqueur alcoolique qui sert à épuiser le précipité ne soit plus acide et ne rougisse plus la teinture de tournesol ; on enlève alors le précipité, on l’enveloppe dans du papier joseph pour le priver d’humidité sans le faire sécher complètement.
Un sixième procédé, très compliqué, est dû à Tromsdorfft ce procédé est consigné dans l’ouvrage de Tompson, t. IV, p. 226. Il fournit du tannin qui n’agit pas mieux que celui obtenu par le procédé de M. Bouillon-Lagrange.
Depuis ces travaux , le savant chimiste suédois , M. Berzélius, s’est occupé d’expériences sur le tannin de la noix de galles, de l’écorce de chêne, du quinquina, du cachou, de la gomme kino ; il a vu que le tannin de la noix de galles contenait : i°. de V acide gallique ; 20. des sels formés parla potasse et la chaux avec ce même acide et avec du tannin ; 3°. d.u tannin altéré se présentant sous une forme particulière et indiqué comme étant de V extractif j f . une combinaison insoluble dans Veau froide et formée de tannin et peut-être d’acide pectique.
Selon M. Berzélius, Annal der Pliysik und Chimie, 1827,