‹ Dictionnaire des drogues simples et composées ou dictionnaire dhístoire naturelle médicale de pharmacologie et de chimie pharmaceutique (volume 2)Chapitre 71 sur 119 · U PAS · texte numérisé non relu

U PAS

du Muséum , vol. XVI , p. 476, tab. 22 ) lui a imposé celui d 1 Antiaris toxicaria , et a reconnu qu’il appartenait à la famille des Urticées. Le suc propre contenu dans l’écorce de Fantiar est très visqueux, et a une saveur fort amère; celui que l’on retire du tronc a une couleur jaunâtre , tandis qu’il est blanc dans les jeunes pousses. D’après M. Horsfield, les Javanais préparent leur poison de la manière suivante : ils recueillent, dans la soirée, le suc d’antiar qu’ils mettent dans un tuyau de bambou ; le lendemain ils le mélangent avec le suc exprimé de certains végétaux aromatiques broyés et triturés avec soin , tels que le Kœmpferia galanga, Y A momum Zerumbeth , une espèce particulière d ' Jîrum , de l’oignon et de l’ail commun , et enfin du poivre noir. Le mélange étant bien agité , ils placent au milieu une graine de Capsicum fru lescens qui tournoie irrégulièrement dans le liquide ; lorsque l’agitation a cessé , ils ajoutent une certaine quantité de poivre et une nouvelle graine de Capsicum ; enfin , ils répètent cette opération jusqu’à ce que la graine de Capsicum devienne immobile , en laissant autour d’elle une sorte d’auréole ; la préparation du poison est alors terminée. On le conserve dans des branches de bambou que l’on bouche aux deux extrémités et que l’on garnit de substance résineuse. C’est avec ce poison que MM. Magendie et Delile ont fait un grand nombre d’expériences sur les animaux, desquelles il résulte que l’antiar agit comme tous les poisons narcotico-âcres ; il est absorbé , porté dans le torrent de la circulation , et agit consécutivement sur le cerveau et la moelle épinière; il détermine souvent tous les effets des substances émétiques. Analysé par AI. Pelletier, il n’a donné aucune trace de strychnine. La chair des animaux tués par les flèches empoisonnées au moyen de Fantiar ne contracte aucune qualité vénéneuse; il suffit d’enlever la partie où la flèche s’est enfoncée. Sous ce rapport , Fantiar est analogue au Curare ou JVorara , poison des indigènes de l’Amérique méridionale. V. Curare.

CU pas lieulé est un autre poison dont les effets sont encore plus violens que ceux de Fantiar. Les Javanais lui donnent le

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nom de Tshetùk, et le retirent d’une espèce de liane ou arbrisseau sarmenteux qui croît dans les forêts épaisses et ombragées. C’est le Slrychnos Tieute, décrit et figuré par Leschenault dans les Annales du Muséum, vol. XVI, tab. 23. Pour préparer le poison , les Javanais séparent l’écorce de la racine, et la font bouillir pendant environ une heure dans une quantité convenable d’eau ; ils filtrent le liquide dans une toile et le font évaporer lentement jusqu’à consistance d’extrait mou. Ils y ajoutent ensuite le suc exprimé du galanga, de l’arum, de l’oignon, de l’ail, et le poivre en poudre comme pour l’upas antiar; le mélange est ensuite remis sur le feu pendant quelques minutes , et la préparation est achevée. Ce poison agit comme la plupart des produits que fournissent les plantes vénéneuses de la famille des Strychnées; il excite violemment la moelle épinière, ce que prouvent le tétanos, l’immobilité du thorax, et enfin l’asphyxie, auxquels succombent les animaux soumis à l’influence de ce poison.

IJRANE. On donne le nom d’urane à un corps Combustible simple métallique assez rare dans la nature. Ce métal est solide , très brillant , cassant ; sa couleur est le gris foncé ; il se laisse entamer parla lime et par le couteau. Son poids spécifique a été évalué à 9,0 selon Bucholz , et à 8,1 selon d’autres chimistes. L’urane métallique se ramollit à peine par le feu de forge le plus soutenu. Chauffé fortement et avec le contact de l’air , l’urane brûle , s’oxide et passe à l’état d’oxide noir. Pour obtenir l’urane , on agit de la manière suivante : on traite lamine (1) réduite en poudre par l’acide nitrique, on fait évaporer la dissolution jusqu’à siccité; on calcine le résidu pour décomposer le sel de fer et séparer l’oxide insoluble; on traite ensuite le résidu par l’eau distillée, on filtre la solution et on la traite par l’ammoniaque en excès, laissant pendant quelque temps en contact. L’urane est précipité, tan-

(1) Les mines d'urane contiennent ce rne'tal h l’état de phosphate et d’oxide.

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