UL'MINE
nies de fibrilles nombreuses filiformes et noires , offrant à Fintérieur un parenchyme un peu charnu et une moelle centrale blanche très large. La tige est simple, haute d’environ 2 pieds, portant des feuilles alternes, pinnées . à folioles vertes en dessus , blanchâtres en dessous , incisées-dentées sur les bords, accompagnées de stipules amplexicaules. Les fleurs sont blanches, d’une odeur agréable, et disposées en un corymbe terminal très fourni.
Les racines de la reine des prés ont une saveur astringente due à la présence d’une certaine quantité de tannin ; mais on ne les emploie plus aujourd’hui, ou du moins elles ont cessé d’être officinales. Tl en est de même des feuilles et des fleurs, dont on se servait autrefois en infusion et qui sont légèrement excitantes. (G... n.)
ULMÏNE. Substance solide, insipide, inodore, d’un noir luisant. Ce produit est insoluble dans l’eau froide , peu soluble dans l’eau bouillante, qui cependant acquiert une couleur jaune. L’ulmine est soluble dans l’alcool et dans l’acide sulfurique ; elle rougit le papier et la teinture de tournesol; elle forme, avec les alcalis, des combinaisons très solubles dans l’eau et qui sont décomposées par les acides et par les sels terreux. La solution d’ulmine est décomposée et décolorée sur-le-champ par les solutions de nitrate de plomb et de nitrate de mercure ; le précipité est de couleur brune. L’ulmine a été découverte par M. Vauquelin dans l’exsudation brune d’une écorce d’orme. MM. Klaproth , Berzélius et Braconnot Font étudiée successivement. M. Berzélius pense qu’elle est une des parties constituantes de presque toutes les écorces. M. Braconnot l’a signalée dans la tourbe, le terreau, le lignite terreux. Le même chimiste est parvenu à faire de l’ulmine de toutes pièces , en traitant dans un creuset d’argent la sciure de bois par de la potasse caustique, soumettant le mélange à Faction d’une forte chaleur et traitant par l’eau le résidu , décomposant la solution aqueuse par un acide qui précipite l’ulmine. Ce produit n’est pas employé en Thérapeutique. (A. C.)
ÜPAS. n n 3
ULMUS CAMPESTRIS, V. Orme.
UPAS. Les naturels de l’île de Java désignent sous ce nom diverses sortes de poisons végétaux dont ils se servent pour empoisonner leurs armes de guerre et de chasse. Parmi ces poisons , il en est deux surtout ( Upas antiar et U. tieuté ) qui sont célèbres par leur extrême activité , et à propos desquels certains voyageurs ont bâti un roman qui , malgré sa ridicule exagération, n’en a pas moins passé pour une histoire très avérée dans l’esprit des lecteurs crédules et superficiels. Un médecin de la compagnie hollandaise de Indes, nommé Foersch, s’était plu particulièrement à recueillir les traditions populaires sur l’Upas, et à les embellir des rêves de son imagination. Il avai t fait une peinture fort touchante du sort de ces malheureux dont la condamnation à la peine capitale était commuée en un sort presque aussi cruel , puisqu’ils n’avaient qu’une chance extrêmement douteuse de résister à Faction de Y Upas qu’ils étaient chargé de recueillir. L’arbre croissait dans une vallée de désolation , où nul être animé ne pouvait prolonger son existence ; les oiseaux qui par hasard traversaient les airs dans le voisinage tombaient subitement asphyxiés; les poissons des ruisseaux d’alentour en ressentaient aussi la redoutable influence ; enfin , il n’est sorte de contes que l’on n’ait débités sur ce dangereux végétal.
Les voyageurs modernes, particulièrement Leschenault de La Tour et Horsfield, ont fait justice de toutes ces absurdités en réduisant l’histoire de ces substances vénéneuses à ce qu’il y avait de positif. Il est certain que leur activité est des plus dangereuses lorsqu’elles sont introduites dans le système circulatoire ; mais hors des limites du corps humain, elles n’agissent nullement, et Leschenault a pu recueillir impunément du suc d’antiar sur l’arbre qui le fournit.
Cet arbre croît principalement à l’extrémité orientale de l’île de Java, ainsi qu’à Bornéo, Sumatra, et dans les autres grandes îles de l’archipel indien. 11 avait anciennement été décrit par Rumphius, qui , dans son Herbarium amboinense, le désignait sous le nom d ' Arbor ioxicaria. Leschenault [Ann.