URINE
transforment en huile et eh carbonate d’ammoniaque ; les acides se combinent avec une portion du sous-carbonate d’ammoniaque; le phosphate d’ammoniaque se modifie et passe à l’état de phosphate double de soude et d’ammoniaque; le phosphate de chaux et le phosphate aminoniaco-magnésien , qui étaient dissous à la faveur des acides, se précipitent ; la liqueur prend une couleur plus foncée, l’eau se volatilise, entraînant avec elle une substance volatile qui n’a pas encore été bien examinée ; les sels solubles ainsi que l’urine qui ne s’est pas décomposée , se trouvant dans un liquide à l’état de concentration convenable, cristallisent.
L’analyse de l’urine prise dans diverses circonstances a été publiée par des chimistes, au nombre desquels on cite Nicolas, MM. Berzéliusj Vauquelin, Thénard, Orfila, etc., etc. M. Berzélius a donné les proportions suivantes pour 1000 par-
ties d’urine d’homme à l’état de santé
Eau. g33,oo
Urée 3o, 10
Sulfate de potasse. 3, 71
Sulfate de soude 3, 16
Phosphate de soude 2,g4
Hydro-chlorate de soude 4? 4^
Phosphate d’ammoniaque 1 ,65
Hydro-chlorate d’ammoniaque i,5o
Acide lactique libre (1). ^
Lactate d’ammoniaque. . I
Matière animale soluble dans l’alcool (
Urée qui 11e peut être séparée de cette matière . ) Phosphate terreux avec fluate de chaux 1,00
Acide urique 1,00
Mucus de la vessie. o,32
Silice. ...... i . o,o3
Les proportions des substances contenues dans l’urine doivent
(1) L’acide lactique est de l’aride acétique uni à une matière animale.
tJRTICÊES. , 281 1
varier ; car il est positivement démontre' que la plupart des substances introduites chez l’homme passent dans les urines. ( V. les expériences de Wœhler , Journal de Chimie médicale, pour 1829.) Il est donc de toute nécessité , avant d’examiner une urine , de prendre des renseignemens sur la nourriture et les médicamens administrés au malade ou à l’homme duquel elle provient. Outre les principes signalés par M. Ber— zélius, d’autres ont été signalés par divers chimistes, dans les urines de sujets affectés de diverses maladies : de ce nombre sont l’acide rosacique , une matière jaune , de la gélatine, de l’albumine en plus ou moins grande quantité, deux substances particulières , la crânourine et la mélanourine ( JT. ce mot , t. III , p. 447 ) ? matière caséeuse , du sucre
de diabètes , du sucre eristallisafele solide et très sucré , de l’oxalate de chaux, de la résine avec ulmine , de l’acide acétique , de l’acide benzoïque, de l’acide carbonique , du soufre, du fer. Une foule de détails que nous ne pouvons rapporter ici sur les urines des sujets malades et sur celle des animaux, sont consignés dans différens traités, dans les journaux scientifiques, dans le Jqurn. de Chim. méd ., dans le Journ. de Pharm. , enfin, dans les t. Yl, XXIII, XXVIII, XXXI, XXXYI, XLIV, XLIX, LV, LIX, LXVII et LXYIÏI des Ann. de Chim . L’urine n’est pas employée en Médecine, si ce n’est comme remède de bonne femme j alors , non-seulement on l’applique à l’extérieur contre les foulures, on la fait entrer dans des cataplasmes et même prendre à l’intérieur contre les fièvres qui , ainsi que nous l’avons vu, ne cèdent pas à ce traitement des plus dégoûtans. L’urine pourrait être utilisée pour la fabrication de l’ammoniaque , pour celle de Falun , des engrais , pour le lavage des laines ; mais jusqu’à présent ce produit des plus abondans n’a été employé qu’en petite quantité, et une partie de celle qui se perd nuit à la salubrité de l’air en émanant , lors de sa décomposition , des miasmes qui se répandent dans l’air et qui en altèrent la pureté (À. C.)
URIQUE. V . Acide urique, t. Ier, p. ig5..
ÜRTICÉES. Urticeœ. Famille de plantes dicotylédones
202 ÏJSÎSÉE.
apétales , à étamines hypogynes , ayant pour genre principal l’ortie ( Urtica ):. Elle renferme des plantes herbacées annuelles ou vivaces, et des arbres ou des arbrisseaux. Leurs feuilles sont alternes , accompagnées à la base de deux stipules. Les fleurs sont ordinairement monoïques ou dioïques, rarement hermaphrodites, tantôt formant des espèces d’épis ou de chatons , tantôt implantées dans un réceptacle charnu , et tellement cachées , que ce réceptacle a l’aspect d’un fruit dont les graines apparentes ne sont autre chose que les fleurs ellesmêmes ; c’est ce que l’on observe particulièrement dans les figuiers.
On divise la famille des Urticées en deux tribus qui diffèrent autant par leurs propriétés médicales que par leurs caractères botaniques. Ce sont, i°. les Urticées proprement dites 3 dont le péricarpe n’est pas charnu , et parmi lesquelles nous citerons , comme plantes remarquables sous le rapport de l’utilité qu’on en retire , le houblon , le chanvre , la pariétaire et les orties ; 2°. les Àrtocarpées , dont le fruit est charnu, ou plutôt soudé avec le réceptacle qui s’épaissit considérablement. Cette tribu se compose d’arbres et d’arbrisseaux qui ont un suc blanc laiteux, quelquefois âcre et très caustique. Celui de quelques figuiers (F. toxicaria ) , et surtout celui de l’ U pas antiar, qui appartient à cette tribu , sont des poisons dangereux lorsqu’ils sont introduits dans le torrent de la circulation. Il existe donc un principe vénéneux répandu dans les organes de la plupart des Artocarpées ; néanmoins , les fruits de plusieurs d’entre elles sont des alimens fort salubres ; tels sont particulièrement les figues , les mûres et les fruits de l’arbre à pain et du jaquier.
Voyez pour tous les détails nécessaires , les articles spéciaux qui concernent ces plantes. (G:..n.)
USNÉE. On désignait autrefois sous le nom à'usnée du crâne humain , un petit lichen ( Imbricaria saxalilis , Acliarius ) qui était vanté contre l’épilepsie et que l’on recueillait sur le crâne des pendus. Cette mauvaise drogue avait une valeur excessive dans les temps d’ignorance , et on lui substituait sou-