‹ Dictionnaire des drogues simples et composées ou dictionnaire dhístoire naturelle médicale de pharmacologie et de chimie pharmaceutique (volume 2)Chapitre 78 sur 119 · VALÉRIANE OFFICINALE · texte numérisé non relu

VALÉRIANE OFFICINALE

la dessication , elles acquièrent une odeur forte, particulière, fétide, qui plaît singulièrement aux cliats. Leur saveur est douceâtre à la première impression , et ensuite très amère. D’après l’analyse publiée par Tromsdorff ( Bulletin de Pharmacie, 1809, p. 209), une livre de racines sèches de valériane se compose de deux gros de fécule ; de deux onces d’un principe particulier soluble dans l’eau, insoluble dans l’éther et l’alcool, précipité par les dissolutions métalliques; d’une once et demie d’un extrait gommeux ; d’une once de résine noire ; d’un tiers de gros d’huile volatile verdâtre plus légère que l’eau, et de onze onces deux scrupules de ligneux. C’est dans l’huile volatile que réside le principe odorant qui a quelque analogie avec l’odeur du camphre; la saveur âcre paraît dépendre de la résine, et le goût légèrement douceâtre de la matière gommeuse.

La valériane est un médicament très fréquemment employé comme antispasmodique; elle agit d’abord localement, mais elle 11e tarde pas à réagir sur le reste de l’organisme , de manière à accélérer la circulation , à augmenter la chaleur animale , la perspiration cutanée , les sécrétions , etc. Donnée à haute dose, son action spéciale sur le système nerveux est très marquée ; aussi la valériane réussit-elle dans une foule de névroses où les autres médicainens ont échoué. On l’a aussi employée avec succès dans le traitement des fièvres intermittentes ; il convient alors de l’associer, par parties égales, à la gentiane, et d’administrer cette poudre à la dose de 3 à 6 gros que l’on partage en plusieurs prises. Enfin , la valériane est un anthelmintique qui agit avec énergie , soit qu’on la fasse prendre à l’intérieur et sous forme d’infusion, soit qu’on l’administre en lavement.

L’odeur et la saveur de cette racine étant insupportables pour la plupart des malades, on ne peut guère employer l’infusion , la décoction ou la teinture, si ce n’est dans quelques potions composées. La poudre est la forme qui est le plus fréquemment usitée par les praticiens. O11 en fait des bols auxquels le miel ou un sirop approprié sert à leur donner la

consistance convenable. La close de la poudre est d’un scrupule à un gros et même au-delà. Celle de la teinture alcoolique est d’un gros et plus dans deux onces de vin ou de tout autre liquide.

On substitue quelquefois, aux racines de la valériane officinale , celles du V • Phu et dioica. De telles substitutions n’ont rien de fâcheux, car ces racines sont douées des mêmes propriétés, il est vrai, à un degré inférieur; il faut seulement en augmenter la dose. On a observé que la valériane qui croît dans les lieux secs est plus riche en principes actifs que celle qui se trouve dans les lieux très humides. Les collecteurs doivent donc avoir égard à ces circonstances ; ils feront bien aussi de prendre les précautions pour que les chats ne viennent pas jouer avec les racines sèches et les altérer en y déposant leurs ordures. (G...n.)

VALÉRXANÉES. Va 1er i aneœ. Famille de plantes dicotylédones monopétales, à étamines épigynes, confondue autrefois avec les Dipsacées , dont elle se distingue principalement par les fleurs qui ne sont pas réunies en capitules munis d’un involucre, et par l’embryon qui est dépourvu d’albumen. Cette famille ne se compose que de quelques genres, parmi lesquels on remarque celui des Valérianes ( Valeriana) , qui lui a donné son nom. C’est aussi le seul qui fournisse des produits employés en Médecine. V ’. Valériane. La mâche ( V alerianella olitoria ) , qui est d’un usage fréquent comme plante potagère, appartient aussi à la famille des Valérianées.

V> Mâche. (G...n.)

VALVES. On nomme ainsi les différentes pièces ou parties suivant lesquelles certains organes des plantes peuvent se diviser naturellement. Cette expression est principalement appliquée aux fruits secs qui se séparent en un certain nombre de valves ; de là les mots de fruits univalves , bivalves, trivalves , quadrivalves , etc. (G...n.)

VANILLE. Fruit du vanillier. Vanilla aromalica , Swartz. — Epidendrum Vanilla, L. ( Famille des Orchidées. Gynandrie Diandrie, L. ) Cette plante croît spontanément dans l’A-

mérique équinoxiale , principalement au Mexique , dans les républiques de Colombie, du Pérou, sur les rives de l’Oréroque, etc. Elle est cultivée dans les Antilles, au Brésil , et en d’autres contrées des climats chauds: elle prospère dans les sites ombragés et arrosés par des sources. C’est une fausse parasite sur les troncs des vieux arbres , c’est-à-dire qu’elle végète en s’attachant à leur écorce et pompant l’humidité de celle-ci qu’entretiennent continuellement les lichens et une foule d’autres cryptogames, mais sans vivre , comme le gui et autres vrais parasites , aux dépens des propres sucs de ces arbres.

Le vanillier est un arbuste dont les rameaux sarmenteux et flexibles s’élèvent très haut en s’enroulant autour des arbres voisins. Ses feuilles sont alternes, persistantes , épaisses , charnues , un peu coriaces , légèrement ondulées sur leurs bords. Ses fleurs sont très grandes , purpurines, odorantes et disposées en bouquets. Le fruit est presque cylindrique , uniloculaire et pulpeux intérieurement.

La récolte de la vanille se fait avant sa complète maturité ; on la fait sécher à l’ombre, et on l’enduit extérieurement d’une légère couche d’huile fixe ( d’acajou ou de ricin ) , dans le but de lui donner une certaine souplesse, et d’empêcher les principes volatils de s’échapper. Enfin , on dispose ces fruits , improprement nommés gousses ou siliques, par petites bottes de 5o on de ioo, que l’on expédie en Europe après les avoir enveloppées dans des feuilles de plomb ou enfermées dans des petites boites métalliques bien closes.

Telle que nous la recevons par la voie du commerce , la vanille est un fruit capsulaire, siliquiforme , de la grosseur d’une plume de cigne, droit , cylindrique, un peu comprimé, tronqué au sommet , aminci à ses deux bouts, luisant, ridé et sillonné longitudinalement, flexible , et d’une longueur qui varie entre 5 et 10 pouces, d’une couleur brune-rougeâtre. A l’intérieur , il contient un parenchyme pulpeux , comme onctueux , noir , dans lequel se trouvent des semences noires, brillantes et fort petites. Son odeur est suave, balsamique;

sa saveur chaude, un peu douceâtre. Ces qualités physiques dépendent de l’huile volatile et de l’acide benzoïque qui y sont contenus; souvent cette dernière substance forme des efflorescences cristallines à la surface du fruit. La partie pulpeuse est celle qui est douée des principes aromatiques ; le péricarpe est très peu odorant.

On distingue, dans le commerce , plusieurs sortes de vanille qui , suivant l’opinion communément adoptée par les pharmacologistes, sont dues à des variétés de la même espèce cultivée ou sauvage ; néanmoins , les gousses de quelques vanilles ont une forme tellement particulière, et d’ailleurs, les espèces d’Orchiclées des contrées inter tropicales sont tellement nombreuses, que des espèces distinctes appartenant au genre J^anilla , sont susceptibles de fournir des fruits odorans à peu près semblables et qui son confondus dans le commerce de la droguerie (1).

(1) Aublet, auteur delà Description des plantes de la Guiane, attribue à la même espèce végétale ( Epidendrum Vanilla , L.), les trois sortes de vanille connues à Cayenne sous les noms de grosse vanille , petite vanille et vanille longue. Il prétend que leur odeur suave est le résultat d'une préparation qui a de l’analogie avec celle que l’on pratique à Tours, à Brignoles et en d’autres lieux, pour conserver les prunes. Ce sujet nous a semblé assez intéressant pour être connu dans quelques-uns des détails rapportés par l'auteur.

Lorsque l’on a assemblé douze vanilles au moins, on les attache ou on les enfile en manière de chapelet, par la partie inférieure , le plus près possible de leur pédoncule; on trempe un instant dans l’eau bouillante ces vanilles pour les blanchir; on les suspend ensuite à l’air libre et aux rayons du soleil pendant quelques heures. Le lendemain, on enduit la vanille d’huile, au moyen d’une barbe de plume ou avec les doigts. On a le soin d’entourer les capsules avec un fil de coton imbibé d’huile, pour empêcher les valves de se séparer. En se desséchant, il découle par leur extrémité supérieure qui est renversée, une surabondance de liqueur visqueuse; on facilite cet écoulement en pressant h plusieurs reprises les gousses avec les mains huilées. Quand les vanilles ont perdu leur viscosité , elle se déforment, deviennent brunes, ridées, molles, et diminuent au-delà des trois quarts de leur grosseur. Dans cet état, on les enduit une seconde fois d’huile, mais avec précaution , car un excès d’huile leur enlève de l’odeur suave qui en fait la qualité essentielle. Elles sont alors propres à être livrées au commerce.

La première et la plus estimée a reçu le nom de vanille Icq; elle est longue d’environ 6 pouces , large de 3 à 4 lignes , rétrécie aux deux extrémités et recourbée à sa base; elle est un peu molle, visqueuse, d’une couleur rougeâtre foncée, et d’une odeur extrêmement suave , analogue à celle du baume du Pérou. On lui donne le nom de vanille givrée , quand elle s’est couverte d’efflorescences d’acide benzoïque , après avoir été conservée dans un lieu sec et dans des vases qui ne sont pas hermétiquement fermés.

La seconde sorte, nommée vanille s imarona ou bâtarde , est un peu plus petite que la précédente , d’un brun moins foncé , plus sèche , moins aromatique , non susceptible de se couvrir d’efflorescences. Du reste, elle ressemble en tous points à la vanille leq, et, d’après l’opinion de M. Guibourt, elle parait avoir été produite par la plante sauvage; on la tire de Saint-Domingue.

Une troisième sorte est le vanillon ou grosse vanille du commerce français, Vanilla Pomprona ou Bova des Espagnols. Sa longueur est de 5 à 7 pouces, sa largeur de 6 à 9 lignes. Elle est très brune, molle, visqueuse ? presque toujours ouverte, douée d’une odeur forte, mais moins suave que la vanille leq; elle est par conséquent moins estimée, et souvent un peu altérée par un commencement de fermentation. On l’envoie du Brésil, confite pour ainsi dire dans un liquide sucré , et renfermée dans des boîtes de fer-blanc qui contiennent de 20 à 60 gousses. M. Fée, dans son Cours d’ Histoire naturelle pharmaceutique , exprime l’opinion que cette vanille appartient à une espèce végétale différente du Vanilla aromatic a, et il lui rapporte avec doute une vanille du Pérou citée par Ruiz et Pavon. Ces botanistes la regardent comme une variété sauvage du vanillier aromatique, et ils disent que le commerce s’en fait par les muletiers qui vont d’Antioquia à Popayan.

La vanille est un des aromates les plus recherchés, surtout parles chocolatiers, les confiseurs, les glaciers, les crémiers et les parfumeurs. Elle est difficile à réduire en parties fort

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