Tome Y
290 VÀREC.
forment des groupes assez naturels. Ce n’est pas ici le lieu de discuter ce point scientifique , ni de donner quelques détails descriptifs ; car tout ce qu’on pourrait dire de plus exact sur les plantes marines ne les ferait pas aussi bien connaître que des figures, ou, ce qui vaut encore mieux , des exemplaires en nature. Sous ce rapport, nous signalerons à nos lecteurs la collection des Algues de Normandie desséchées , que M. Chauvin de Caen publie par livraisons (i).
Considérés relativement à leur utilité , les varecs ne laissent pas que d’avoir une certaine importance. Comme ils renferment en général beaucoup de substance gélatineuse , on emploie, dans plusieurs contrées du nord, quelques-uns d’entre eux, et spécialement les Fucus edulis , dulcis , saccharinus > esculentus , et palmalus , comme alimens, après les avoir fait bouillir dans l’eau. M Vauquelin a constaté, dans plusieurs espèces , l’existence cl’un principe sucré analogue à la man— nite. C’est ce principe que l’on voit en efflorescence blanche à la surface du Fucus saccharinus et d’autres espèces à frondes larges qui constituent le genre Laminaria des algologues modernes.
Les cendres des varecs qui abondent sur les côtes maritimes contiennent une grande quantité de soude que l’on extrait par lixiviation ; aussi donne-t-on à ces cendres le nom de soude de var-ee. On sait que c’est dans les eaux-mères de la soude obtenue par l’incinération des fucus, que M. Courtois a découvert l’iode, corps simple métalloïde dont quelques préparations sont usitées en Médecine. V . Iode.
L’abondance des varecs sur les côtes de l’Océan les a fait servir à l’engrais des terres. On les donne aussi aux bestiaux , mêlés avec le fourrage , et l’on prétend que la saveur salée de ces plantes est agréable et avantageuse à ces animaux
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(i) Les hydrophytes marines forment une famille de plantes excessivement nombreuse, sur laquelle les auteurs modernes ont publié des ouvrages remarquables, parmi lesquels nous citerons ceux de Lamouioux, Esper , Tnrnejq Agardh, Lyngbie , etc.
y AREC. a9i
domestiques. Enfin , pour achever de citer les principaux usages économiques des varecs, nous ajouterons qu'en certains pays , on les mêle à la farine pour augmenter le volume du pain ; mais ils lui communiquent un goût détestable. Ailleurs, on les brûle pour le chauffage.
La Médecine ne tire pas un grand parti des varecs en nature. Autrefois, ils étaient préconisés contre la goutte et les affections scrofuleuses , soit en les administrant intérieurement, soit en les appliquant à l’extérieur. Aujourd’hui , on est à peu près certain que leurs propriétés actives dans le traitement des affections scrofuleuses dépendent de l’iode qu’ils renferment, et l’on préfère recourir directement aux préparations de ce principe. Mais, de même que la plupart des substances marines , ils jouissent réellement de propriétés vermifuges très prononcées. Le Fucus helminthocorion , ainsi que d’autres petites espèces, sont fréquemment usités, et leur mélange forme ce qu’on nomme en Pharmacie , mousse de Corse . T. ce mot.
Nous avons dit que la gélatine était tellement abondante dans certains fucus, qu’on les employait comme alimens. Nous ajouterons que cette substance domine surtout dans le Fucus corneus , Turner ( Gelidium corneum , Lamouroux ) , plante marine des mers de l’Inde , avec laquelle les hirondelles salanganes construisent leurs nids, qui sont des mets fort recherchés des Chinois et des autres peuples de l’Asie, orientale. fz. Hirondelle, t. III , p. 85.
La consistance etla ténacité de quelques Fucus sont analogues à celles du caoutchouc. Les habitans de la Nouvelle-Hollande se servent des frondes d’une espèce de Laminaire ( Laminaria ou Fucus Potatorum de Labillardière) pour faire une sorte de vase dans lequel ils puisent l’eau. Nous avons vu de ces vases, qui sont aussi durs que de la corne ou du cuir bouilli.
L’analyse du Fucus vesiculosus a été faite par plusieurs chimistes , mais elle a offert des résultats assez dissemblables. Nous les présentons en regard à nos lecteurs, pour qu’ils puissent en faire la comparaison, et en tirer telles inductions qu’ils jugeront convenables. A
VAUQUELINE.
ÎÇ)3
Stackhouse ( Dict. des
John ( Schweiger Jour-
S c ien ces naturelles ,
nal , t. XIII, p. 4^4)-
t. XVII , p. 5oo ).
Eau
Matière glaireuse, rouge-
Ammoniaque. . . .
brunâtre
Charbon.
Extrait rouge de chair'
Huile empyreum.
avec un peu de sulfate
Soude
et d’hydro-chlorate de
Magnésie
sonde
Silice.
Aeide nnrficnlier
Fer
Résine grasse
Acide muriatique.
Sulfate de soude avec un
— sulfurique....
peu d’hydro -chlorate
Soufre
de soude
f acide carb.
Sulfates de chaux et de
1 azote. ....
magnésie et un peu de
Gaz( oxigène....
phosphate de chaux. .
| hydrogène
Oxides de fer et de man-
l carboné.
ganèse, des traces.
Perte
Matière albumineuse. . . .
Total
5oo,o
Total. ......... »
5oo,oo
Gaulhier-Claubry {Annal, de Chim.f t. XCIII, p. 83).
Matière sucrée (mannite); albumine; matière colorante verte; oxalate, malate, sulfate de potasse; sulfates de soude et de magnésie; hydro-chlorates de potasse, de soude et de magnésie; hypo -sulfite de soude; carbonates de potasse et de soude; hydriodate de potasse; silice; sous-phosphates de chaux et de magnésie ; oxide de fer probablement combiné avec l’oxide phosphorique; oxalate de chaux. (G. ..N.)
VARIOLARIA OREINA. Un des lichens crustacés qui servent à la préparation de la parelle d’Auvergne et du tournesol en pains. V. ces mots. (G... N.)
YATERIA INDICA. Arbre de l’Inde, que l’on a désigné comme l’un de ceux qui fournissent la résine copal. /Y ce mot.
VAUQUELINE. Le nom du célèbre chimiste Vauquelin a été donné, i°, au principe actif de la noix vomique, lors
VÉLAR. 293
de la découverte de ce principe ; mais , après la lecture du mémoire de MM. Pelletier et Caventou , on fit observer à ces savans que le nom de vauqueline ne convenait pas à une substance délétère , et qu’il serait convenable de lui donner le nom de strychnine ; 20. à un principe sucré trouvé par M. Pallas dans l’écorce de l’olivier. U11 examen plus attentif de ce principe , fait par l’auteur de cette découverte , lui fit reconnaître plus tard que ce produit était la mannite. (A. C.)
VEAU. On nomme ainsi le petit de la vache. Sa chair est blanche, gélatineuse, tendre, propre à faire des bouillons légers , que l’on administre aux malades. Son cuir est estimé pour sa souplesse , et employé à divers usages dans les arts.
VÉDASSE. Nom vulgaire donné par les artisans à la potasse du commerce.
VÉGÉTAUX. V. les articles Botanique et Plantes.
VEILLEUSE et VE1LLOTTE. Noms vulgaires du colchique. V. ce mot.
VÉLAR. Erysimum vulgare , L. — Sisymbrium officinale , Decandolle, Syst. végét. , t. Il, p. /\5ÿ. — Rich. Bot. me'd., t. II, p. 660. (Famille des Crucifères. Tétradynamie sili— queuse , L. ) Cette plante , nommée vulgairement herbe au chantre, tortelle , Erysimum , est très abondante dans les lieux incultes et sur les bords des chemins. Sa tige , simple inférieurement, légèrement rameuse à sa partie supérieure, porte des feuilles alternes , les inférieures presque lyrées , pubescentes, les supérieures haste'es et irrégulièrement dénotées. Les fleurs sont jaunes, petites, et disposées en longs épis aux extrémités des branches. Les siliques sont pubescentes , légèrement tétragones , amincies en pointe de la base vers le sommet.
Le vélar n’a presque pas la saveur piquante qui caractérise en général les Crucifères ; il est un peu astringent, et ses feuilles sont administrées en infusion théiforme dans le catarrhe pulmonaire chronique. Elles font la base d’un sirop officinal qui était spécialement employé par les chanteurs pour dissiper
294 YÉRATRINE.
l’enrouement et rendre la voix plus claire. De là le nom vulgaire d’ herbe au chantre que les anciens ont donné à la plante.
VÉNUS. Nom que les alchimistes donnaient au cuivre. V. Cuivre.
YER DE TERRE ou LOMBRIC. Animal de l’ordre des An-
nélides , ayant. le corps cylindrique, obtus à son bout postérieur, composé de segmens courts et nombreux , dépourvu de branchies et d’yeux , mais garni de soies disposées sur huit rangs, rapprochées de chaque côté par paires, et à l’aide desquelles il exécute ses mouvemens de reptation. Sa bouche est petite, un peu renflée, munie de deux lèvres, la supérieure avancée en trompe , l’inférieure très courte. Le dernier segment est pourvu d’un anus longitudinal. Cet animal est hermaphrodite, ovo-vivipare , et vit abondamment dans les terrains humides, où il se nourrit de toutes les matières organiques qu’il rencontre , principalement de racines. Les auteurs lui ont donné le nom de Lumbricus terres tri s ; mais sous ce nom ils
ont confondu une multitude d’espèces différentes. M. Savigny, membre de l’Institut, à qui la science est redevable de savantes recherches sur les Annélides et spécialement sur les Lombrics, a beaucoup éclairci l’histoire de ces animaux qui , quoique excessivement communs, étaient fort imparfaitement connus. Il a formé un genre particulier sur le ver de terre, auquel il a donné le nom d ’Enlerïon terrestre.
Le ver de terre était autrefois employé en Pharmacie pour préparer par décoction une huile médicinale dont la recette se trouve encore dans quelques Pharmacopées récentes. Il est presque inutile d’ajouter que les propriétés attribuées à cet animal sont purement imaginaires. (G... N.)
YÉ R A TPG NE. La vératrine est un principe alcalin découvert par MAI Pelletier et Caventou. Ce principe existe clans lacévadille, la racine d’ellébore blanc , le colchique; il est uni à un acide que ces deux chimistes ont reconnu pour être de nature particulière , et qu’ils ont nommé acide cévadique .
La vératrine est blanche, pulvérulente, très acre, inodore,
VÉRÀTRUM SABADILLA. 295
peu soluble dans Beau froide , un peu plus soluble dans l’eau bouillante, très soluble dans l’alcool, moins dans l’éther. Soumise à l’action de la chaleur, à une température de 5o°, elle est fusible; soumise à la distillation dans une cornue de verre placée à feu nu, elle se boursoufle, se décompose, en donnant de l’eau , de l’huile , de l’ammoniaque , enfin lés produits qu’on obtient des végétaux azotés. Combinée aux acides, elle les neutralise, mais il faut qu’elle soit en excès et dans une liqueur concentrée; car si l’on ajoute de l’eau sur ces sels, ils présentent aussitôt des traces d’acidité. Le sulfate est le seul qui offre des traces de cristallisation ; les autres ont l’apparence d’une matière gommeuse.
Pour préparer la vératrine , on agit de la manière suivante. On fait une décoction de ce'vadille , on la passe à travers une toile ; lorsqu’elle est passée , on y verse une solution d’acétate de plomb jusqu’à ce qu’elle ne produise plus de précipité; on recueille le précipité sur un filtre, on le lave avec un peu d’eau; on traite ensuite par l’acide hydro-sulfurique le liquide d’où le précipité a été séparé, et dans lequel se trouve la vératrine combinée à de l’acide acétique et à de l’acétate de plomb. Cet acide décompose le sel de plomb, et précipite le métal à l’état de sulfure. On recueille le sulfure sur un filtre; on fait bouillir la liqueur pour chasser l’excès d’hydrogène sulfuré ; on y ajoute de la magnésie caustique , et l’on fait bouillir. La magnésie s’empare de l’acide acétique, qui abandonne la vératrine , avec laquelle il était combiné. Cette substance se précipite , mêlée à un excès de magnésie; on recueille le précipité sur un filtre, on le lave à l’eau froide; lorsqu’il est sec, on le traite par l’alcool bouillant. Ce véhicule dissout la vératrine, qui se dépose par refroidissement et par évaporation. La vératrine est une substance très énergique, qui doit être délivrée et administrée avec la plus grande précaution, et sur l’ordonnance d’un praticien connu; elle est de peu d’usage en Médecine. (A. C.) VERATRUM ALBUM. V. Ellébore blanc.
VERATRUM SABADILLA. F. Cévadille.
296 VERMICEL.
VERBASCUM THAPSUS. V. Molène.
VERBENA OFFIGINALIS. V. Yerveine.
YERBÉNACÉES. V erbenaceœ . Famille de plantes dicotylédones inonopé taies, à corolle et étamines hypogynes, composée en général d’arbres ou d’arbrisseaux indigènes des climats chauds. On trouve, en Europe, une espèce herbacée, la verveine ( Verbena qfficinalis ) , qui a servi de type à la famille , et un arbuste, le gattilier ( Vitex agnus coslus ) . Ces deux plantes étant les seules de la famille des Verbénacées qui aient eu quelque réputation médicale, nous renvoyons à leurs articles spéciaux. V. Gattilier et Verveine. (G...n.)
YERDET. On a donné ce nom au vert-de-gris. V . Acétate DE CUIVRE AVEC EXCÈS DE BASE , t. Ier, p. 20.
YERDET CRISTALLISÉ. V. Acétate de cuivre, t. Ier, p. 22.
VERGE D’OR COMMUNE. SolidagoVirga aurea , L. Plante de la famille des Synanthérées , Corymbifères de Jussieu , qui croît abondamment dans les bois et les prés secs de l’Europe. Sa tige est herbacée, rougeâtre, cannelée, terminée supérieurement par des calathides de fleurs d’une belle couleur jaune , disposées en grappes droites et allongées. Les feuilles inférieures sont ovales-lancéolées , les supérieures plus étroites. Les fleurs font partie des espèces vulnéraires suisses. Cette plante passait autrefois pour diurétique et détersive ; mais aujourd’hui on n’en fait plus d’usage. (G...N.)
VERJUS. On a donné ce nom au suc acide qu’on obtient par trituration et expression du verjus , variété de raisin. V. la Préparation des sucs, t. Y, p. 4^ et 53, ainsi que les mots Raisin et Vigne. (A. C.)
YEPlMEIL. On a donné ce nom à l’argent doré.
VERMILLON. Ce nom appartient au Cinabre en poudre. V . Sulfure rouge de mercure.
VERMICEL. Le vermicel est une pâte alimentaire, faite avec de la farine fine de première qualité et de l’eau; on y introduit quelquefois une certaine quantité de jaunes d’œuf. Cette pâte, lorsqu’on la prépare, est humide; elle est sèche lorsqu’on la livre à la consommation. La pâte humide est pré-