ZINC
fournissent une sécrétion employée comme parfum sous le nom de civette. J?, ce mot.
ZINC. Corps combustible simple métallique existant dans la nature, i°. combiné à Foxigène (à V état d'oxide) ; 20. uni à l’oxigène et aux acides carbonique et sulfurique ( à Vètcit de carbonate et de sulfate) ; 3°. à l’état d’oxide et combiné avec la silice {la calamine).
L’époque 011 le zinc fut découvert n’est pas précisément connue ; cependant son emploi à l’état d’alliage remonte à la plus haute antiquité. Albert-le-Grand, qui mourut dans le XIIIe siècle, est le premier qui en ait parlé dans ses écritsmais d’après ce qu’il en dit, il est douteux qu’il ait pu examiner ses propriétés physiques , car il l’appelle marcassite d’or . Pour la première fois , dans le XVe siècle, ce métal fut appelé zinc , et c’est dans les écrits de Paracelse , qui annonçait gravement que le zinc était et n’était pas un métal, ajoutant qu’il consistait principalement en cendres de cuivre (1).
Le zinc n’a jamais été trouvé, en Europe, à l’état de pureté; mais dès le commencement du XVIIe siècle, on connaissait un mode pour l’extraction de ses mines. Le premier procédé paraît être dû à Isaac Lawson ; le second , à d’Henkel ; il date de 1721. Von Swab , en 1742, obtint ce métal par distillation, et Margraff, en 17465 publia dans lés Mémoires de Berlin un procédé pour l’extraction du zinc.
L’extraction de ce métal s’opère en plusieurs pays. L’Angleterre possède plusieurs établissemens de ce genre. Les mines exploitées sont le sulfure de zinc : celui-ci est grillé , le résidu est pulvérisé et mêlé à du charbon de bois , puis soumis à une forte chaleur, dans de grands pots d’argile fermés. Le zinc réduit tombe par gouttes dans un tube de fer adapté à l’extrémité inférieure du pot de grès, et il coule dans un vase contenant de l’eau. Il est ensuite fondu et coulé en lingots, puis exporté dans divers pays, et notamment dans le nord de l’Europe. ^
(f) Le zinc a aussi été appelé speltre.
En France, ce métal est extrait de la calamine , dans l’ancien département de l’Ourtlie, et l’on agit de la maniéré suivante. On bocarde la mine , on la lave, on l’introduit dans de grands tuyaux, de terre, après l’avoir calcinée et mèlééavec du charbon. Ces tuyaux traversent un grand fourneau que l’on chauffe avec du coke, et l’une de leurs extrémités est inclinée de manière que l’extrémité ouverte soit plüs élevée et communique avec d’autres tuyaux inclinés dans un sens opposé. La réunion de ces tubes forme un grand appareil distillatoire dont la cornue est représentée par les premiers tuyaux , et le récipient par les autres. L’appareil disposé , on chauffe fortement : le métal se réduit et se sublime dans les tuyaux qui sont hors du fourneau ; on le fait tomber dans un bassin de réception ; on le retire de ce bassin , on le fait fondre de nouveau et on le livre au commerce.
Le zinc pur s’obtient par distillation à vase clos. A cet effet, on introduit du zinc concassé dans une cornue , qu’on place dans un fourneau à réverbère recouvert de son dôme. On adapte à la cornue une allonge en fer, dont l’extrémité plonge dans l’eau de quelques lignes seulement. La surface du liquide ne doit pas être très grande , afin d’éviter les accidens qui pourraient être occasionés par l’absorption de l’eau et par son ascension dans la cornue. On chauffe : le zinc se fond et se réduit en vapeurs , qui se condensent dans l’allonge et dans l’eau. Il faut avoir soin de maintenir le feu pendant tout le temps de la distillation , et de relever le bout de l’allonge aussitôt que l’opération èst terminée. Toutes ces précautions ont pour but d’éviter l’absorption de l’eau dans le vase distillatoire. On sépare le métal de l’eau, on le fait fondre dans un creuset, et on le coule dans une lingotière. Le zinc se conserve dans des boîtes fermées, placées dans un endroit sec.
Ce métal est solide , d’une couleur blanche brillante avec une nuance bleuâtre. Sa structure est lamelleuse; frotté quelque temps entre les doigts, il les noircit; il leur communique en même temps une odeur sensible et un goût particulier.
Le ziiïc est plus mou que dur; son poids spécifique , lorsqu’il est fondu , varie de 6,86 1 à 7,1 ; le plus léger est considéré comme le plus pur. Le poids spécifique , lorsque ce métal a été écroui, s’élève à 7,1908. Ce métal forme, pour ainsi dire, une limite entre les métaux cassans et les métaux malléables; sa malléabilité ne peut entrer en comparaison avec celle du cuivre , du plomb ou de l’étain ; mais aussi il n’est pas cassant comme l’antimoine, le bismuth et l’arsenic; en effet, il ne se brise pas sous le marteau, et semble en quelque sorte s’y aplatir; enfin , à l’aide d?une pression égale et graduée, on peut le réduire en lames très minces, qui sont souples et élastiques , mais qui ne peuvent se ployer plusieurs fois sans se rompre. Chauffé à ioo° centigrades environ , il devient très malléable ; on peut le battre sans le rompre , et , aminci par le marteau , il peut être laminé et travaillé au tour. Porté à une température de 20 5° centigrades, on le rend assez cassant pour pouvoir le pulvériser. Le zinc est ductile ; on peut le tirer en fils ; selon Muschembroek , un fil de zinc de 2 millimètres de diamètre peut supporter sans se rompre un poids d’environ nklL,r]. Soumis à l’action delà chaleur, le zinc se fond à la température de 36o° centigrades; si l’on porte la température au-delà de ce degré, le zinc se volatilise. Si, lorsqu’il a été fondu, on le laisse refroidir lentement, il fournit de petits faisceaux formés de prismes triangulaires disposés dans tous les sens ; ces cristaux , exposés à l’air sans être entièrement refroidis, prennent une couleur irisée , ce qui tient à un commencement d’oxidation. Exposé à une température plus considérable que celle nécessaire pour la fusion , et avec le contact de l’air, le zinc brûle avec une flamme très vive et se volatilise. La partie qui se volatilise s’enflamme dans l’air et fournit un oxide blanc très léger , qui était connu des anciens sous le nom de pomphalîx. ( V. Oxide de zinc.)
Exposé à l’action de l’air, à la température ordinaire, il se ternit, mais n’éprouve aucun autre changement; gardé sous l’eau, sa surface se noircit ; l’eau est lentement décomposée ;
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il y a combinaison de l’oxigène avec le métal et dégagement de gaz hydrogène. La décomposition de ce liquide a plus promptement lieu par l'élévation de la température, et si l'on fait passer de l’eau en vapeur sur du zinc chauffé à une température très élevée, cette décomposition s’opère avec rapidité. Le zinc se combine à l’oxigène , au chlore, à l’iode, au phosphore, au soufre; il s’allie avec les métaux. Ce métal est employé dans les laboratoires, i°. pour la préparation de l’oxide blanc; 20. pour obtenir du gaz hydrogène. Dans les arts, on s’en sert pour faire des gouttières, des corps de pompe, des baignoires, pour recouvrir les édifices * pour la construction des piles voltaïques , pour faire du bronze. On avait pensé pendant quelque temps pouvoir s’en servir pour fabriquer des instrumens culinaires; mais des expériences faites par beaucoup de personnes, et quelques-unes qui me sont propres , prouvent que ce métal ne peut servir à cet usage , par la raison qu’il est facilement attaqué par les acides et les corps, gras et qu’il pourrait en résulter de graves inconvéniens. On ne se sert plus de ce métal pour faire de ces instrùmens ; il en est cependant quelques-uns qui ont été répandus dans le commerce , et il serait utile qu’ils fussent destinés à d’autres emplois. (A. G.)
ZINGIBÈR OFFICINALE. V. Gingembre. <
ZIRCONE , Oxide de zirconium. La zircone est blanche, insipide, inodore, inaltérable par l’eau et par les fluides impondérables, réductible par le potassium. Sa découverte est due à Klaproth ; elle date de 1789; on l’a trouvée dans Fhyacinte de Ceylan et dans le zircon, qui en contient environ 65 pour 100. Cet oxide a été étudié par MM. Guyton , Vauquelin , Chevreul , Laugier , Dubois et Sylveira. On doit à ces derniers le procédé suivant, pour l’obtenir à l’état de pureté (1).
( 1) L'existence de la zircone avait été signalée dans le poivre par M. Paoli , mais ce fait a été' démenti par un article inséré en 1824, dans le Journal «3e Pharma.de , p. 43