‹ Dictionnaire des drogues simples et composées ou dictionnaire dhístoire naturelle médicale de pharmacologie et de chimie pharmaceutique (volume 2)Chapitre 94 sur 119 · Tome Y · texte numérisé non relu

Tome Y

338 ZANTOXTLE DES CARAÏBES.

lution est ope'rée , on chasse l'excès d’acide par Févaporation ; on verse ensuite le tout dans environ cent fois son poids d’eau, et l’on met dans la liqueur des cristaux de sulfate de potasse. Au bout de 24 heures , il s’est formé un sel double de potasse et de cérium qui est insoluble et qui se précipite; on filtre la liqueur pour séparer ce sel , et l’on ajoute à la liqueur filtrée de l’ammoniaque qui précipite l’yttria. On recueille le précipité sur un filtre , on le lave et on le calcine. L’yttria a été long-temps regardée comme un corps simple; maintenant on la place au rang des oxides ; elle n’est pas employée en Thérapeutique. (A. C.>

ZANTHOPICRITE. Ce nom a été donné par MM. A. Chevallier et G. Pelle tan, à une substance particulière, cristallisabîe, qu’ils ont obtenue lors de l’analyse du zanthoxyle des Caraïbes (le Clciv aller des Antilles.')

La zanthopicrite s’obtient en traitant l’écorce de clavalier par l’alcool, faisant évaporer pour obtenir un extrait, épuisant cet extrait par l’eau, puis par l’éther, traitant ensuite par l’alcool bouillant , faisant évaporer la solution alcoolique qui fournit des cristaux en aiguilles divergentes. Ces cristaux de couleur jaune tirant sur le vert n’attirent pas l’humidité de l’air; ils sont un peu solubles dans l’eau et dans l’éther, solubles dans l’alcool et plus dans ce liquide bouillant. La saveur de ce produit est amère, styptique ; elle excite la salivation. Il ne rougit pas le papier bleu de tournesol , il ne bleuit pas non plus le papier de tournesol rougi.

Le peu d’écorce de clavalier que possédaient les auteurs de cette découverte ne leur a pas permis de multiplier leurs recherches sur ce produit qui a été décrit dans le t. II du Journal de Chimie médicale , pag. 3i4 et suivantes.

Ce produit n’a pas encore été employé en Thérapeutique et ses propriétés ne sont pas encore connues. (A. C.)

ZANTHOXYLE DES CARAÏBES ou CLAVALIER DES AN- TILLES. Zanthoxylon Clciva lîerculis, L. (Famille desRuta-1

ZÉDOAIRE. 339

cées, tribu des Zantlioxylées. Pentandrie Pentagynie, L ) Arbrisseau ou petit arbre qui croît dans les Antilles, et dont l’écorce est remarquable par son épiderme épais, rugueux, offrant des gerçures transversales , et sur la superficie duquel sont attachés de gros aiguillons pyramidaux , à bases larges , tubéreuses, et à sommets aigus. La couleur de cet épiderme est jaune un peu rougeâtre , et altérée çà et là par la présence de quelques cryptogames parasites. L'écorce proprement dite est d’un jaune vif, tirant plus ou moins sur le vert, devenant plus foncé par son exposition à l’air. Elle se sépare en feuillets composés de fibres minces et tenaces, ce qui fait que cette écorce se réduit difficilement en poudre. Son odeur est faible ; sa saveur fortement amère, styptique, excitant la salivation,

On retire de cette écorce une couleur qui n’a pas d’usage en teinture, parce qu’elle n’est pas d’un beau jaune , et qu’elle a peu de solidité. Aux Antilles, la décoction est employée en injection pour arrêter les gonorrhées. Enfin, elle a été administrée intérieurement comme anti-syphilitique.

L’écorce de zanthoxyle des Caraïbes a été analysée par MM. G. Pelletan et Chevallier ( Journal de Chimie médicale , t. II, p. 3i6), qui ont signalé les principes suivans : une petite quantité d’huile volatile indiquée par une pellicule opaque à la surface de l’eau distillée ; de l’ammoniaque et de l’acide acétique ; une matière colorante d’un rouge brun , insipide , inodore , soluble dans l’eau, insoluble dans l’éther, etc.; une matière résineuse , rougeâtre fauve , soluble dans l’alcool et l’éther , insoluble dans l’eau ; de la Zanthopicrite, substance particulière cristallisée ; enfin , des sels minéraux obtenus de l’incinération. (G...n.)

ZEA MAYS. V. Maïs.

ZÉDOAIRE. Zedoaria . Ce nom est donné aux racines de : différentes plantes de la famille des Cannées ou Amomées , et j de la Monandrie Monogynie , L. ; on les distingue, dans le ci commerce de la droguerie , sous des noms spécifiques qui les i caractérisent essentiellement.

3<j6 ZÉDOAIRE.

La Zédoaire ronde ( Radices Zedoariœ rotundœ offiein. ) est fournie par le Kœmpferia rotunda, L. , plante qui croît en diverses contrées de l’Inde orientale. Telle qu’on la trouve dans le commerce, elle est coupée en deux ou quatre parties, représentant des moitiés ou des quartiers de petits œufs de poule, par conséquent offrant une face plane et une face convexe ; sur celle-ci , on observe des angles ou des pointes épineuses qui sont les restes des radicelles que l’on a retranchées ; elle est marquée d’anneaux circulaires semblables à ceux du souchet, et d’une cicatrice ronde de 4 à 5 lignes de diamètre , qui provient de la section d’un prolongement cylindrique qui unissait deux tubercules entre eux. La forme générale de chaque morceau est un petit cœur dont l’un des bouts est large peu ou point échancré, et l’autre bout finissant en pointe. A l’extérieur, la zédoaire ronde est d’un blanc grisâtre; à l’intérieur , elle est compacte, grise, et souvent cornée. Sa saveur est amère, fortement camphrée. Son odeur est analogue à celles du gingembre et du cardamome , devenant plus intense lorsqu’on la pulvérise. Lorsqu’on distille cette racine par l’intermède de l’eau , on obtient une huile volatile épaisse qui se concrète et prend l’aspect du camphre. On emploie la zédoaire ronde comme médicament stimulant, dans les mêmes circonstances et aux mêmes doses que le gingembre, le galanga , et autres racines de la famille des Amomées. Elle entre particulièrement dans les recettes de l’élixir de longue-vie et du baume de Fioraventi.

La Zédoaire longue ( Radices Zedoariœ longœ offic. ) paraît être la racine du Curcuma Zedoaria de Roxburgh, plante indigène des mêmes pays que le Kœmpferia ràlunda. Ses racines desséchées sont coupées en morceaux un peu moins longs et moins gros que le petit doigt , ordinairement obtus aux deux extrémités , recouverts d’une écorce ridée , d’un gris blanchâtre. Du reste, ces racines sont semblables à celles de la zédoaire ronde, quant à la couleur intérieure, la consistance, la saveur et l’odeur, ce qui a porté la plupart des pharmacologistes à considérer ces deux racines comme provenant

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île la même espèce, ou, en d’autres termes, comme des variétés de formes de la même racine de plante. Cependant M. Guibourt a pensé qu’elles provenaient de deux plantes différentes, et son principal argument est que les fibres radicales de la zédoaire longue sont couchées dans le sens de l’axe de la raçine, ce, qui indique une position à peu près perpendiculaire dans le sein de la terre , tandis que les fibres radicales de la zédoaire ronde offrent une direction qui donne l’idée de jets horizontaux unissant entre eux les tubercules.

La zédoaire longue a d’ailleurs les mêmes propriétés que l’autre sorte.

Zédoaire jaune ( Radiées Zedoariœ luleœ , officin. ) , qui porte encore le nom de racine du Bengale , provient , selon M. Fée, du Zinziber ou Curcuma Zanthorhizon de Roxburg. M. Guibourt lui assigne en outre, pour synonyme , le Cassu muniar, mentionné dans la Matière médicale de Geoffroy. Cette racine se trouve mélangée en petite quantité avec la zédoaire rondç, à laquelle elle ressemble pour sa forme; mais elle en diffère par sa couleur qui est celle du curcuma , par sa saveur et par son odeur qui sont moins agréables. (G...n.)

ZÉRXJMBETH, On connaissait autrefois sous ce nom la ra~ cine d’une plante que la plupart des auteurs modernes ont considérée comme la mente. que la zédoaire ronde. Cependant, il paraît que cette racine se rapproche beaucoup du gingembre, soit par ses qualités extérieures , soit par son odeur et sa saveur. On pense, avec assez de vraisemblance, que le zérumbeth est fourni par une espèce particulière de plante , placée successivement par les divers auteurs dans les genres Amomum , Curcuma et Zinziber. Au surplus , cette racine a cessé d’être officinale en Europe, et ne doit pas avoir d’autres propriétés que celles des autres racines de la famille des Amomées.

ZEST. On désigne par ce mot l’écorce extérieure jaune et odoranle du citron , séparée de la peau blanche et amère qui se trouve dessous. (A. C.)

Z1BETH. Dénomination vulgaire d’un des animaux qui

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