‹ Dictionnaire des drogues simples et composées ou dictionnaire dhístoire naturelle médicale de pharmacologie et de chimie pharmaceutiqueChapitre 109 sur 193 · ELLÉBORE BLANC · texte numérisé non relu

ELLÉBORE BLANC

pleines qu'à partir de l’extrémité jusqu’à environ la moitié de leur longueur. L’ivoire est employé pour une foule d’objets de tabletterie. On le calcinait autrefois dans des vases clos pour en retirer un charbon d’un beau noir velouté , et qui portait le nom de noir d'ivoire. A feu nu, l’ivoire laisse pour résidu un composé de phosphate calcaire qui était connu sous le nom de spode. Ces deux substances s’obtiennent également par la calcination d’os moins précieux que l’ivoire ; on n’emploie donc aujourd’hui que bien rarement cette matière à de tels usages.

ELIXIRS. On a donné le nom à? élixirs à des produits pharmaceutiques qui s’obtiennent de la même manière que les teintures. Ces médicamens résultent ordinairement de l’action de l’alcool plus ou moins concentré sur les substances végétales, minérales et animales. Au mot Teinture , nous indiquerons les règles à suivre pour la préparation des élixirs qui sont réunis aux teintures. (A. C.)

ÉLIXIR ANTI-ARTHRITIQUE. V. Teinture anti-arthritique.

ÉLIXIR ANTI-SEPTIQUE. V. Teinture de quinquinaéthérée.

ÉLIXIR ANTI-VÉNÉRIEN. / . Teinture ANTI-VÉNÉRIENNE

DE w RIGTH.

ÉLIXIR DE GARES. V . Alcool de safran composé, Tom. I, page 256.

ÉLIXIR DE LONGUE YIE. V. Teinture d’aloès composée.

ÉLIXIR DE PEYRILHE. V. Teinture ammoniacale.

ÉLIXIR DE STOUGHTON. V. Teinturç amère.

ÉLIXIR PARÉGORIQUE. V. Teinture parégorique.

ÉLIXIR VISCÉRAL D’HOFFMAN. V. Vins d’extraits.

ÉLIXIR VITRIOLIQÜE DE MYNSICHT. V. Teinture aromatique avec l’acide sulfurique.

ELLÉBORE BLANC ou VARaIPvE. Veratrum album., L. — Rich. Bot. méd.., t. I, p. 77. (Famille des Colchicacées , De Candolle. Polygamie Monoecie , L.) Cette plante croît en abondance dans les pâturages élevés des hautes montagnes de l’Europe méridionale. On la trouve principalement sur les Alpes, les Pyrénées , et dans les montagnes du Jura et de l’Auvergne.

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Sa racine est pivotante , tuberculeuse, charnue, allongée, de la grosseur du pouce , garnie d’un grand nombre de fibrilles grisâtres. De cette racine s’élève une tige haute d’environ un mètre , garnie de feuilles amplexicaules , ovales , entières , marquées de plis longitudinaux. Ces feuillés ressemblent telle-» ment à celles de la grande gentiane , que l’on confondrait facilement ces plantes , si l’on ne faisait attention à la position alterne sur la tige des feuilles de l’ellébore blanc , tandis que celles de la grande gentiane sont opposées. Il y a en outre d’autres caractères clans l’aspect glauque et la couleur de ces leuilles ; mais ces différences peuvent échapper aux collecteurs de plantes médicinales , hommes en général assez ignorans : il est donc à craindre qu’ils ne prennent l’ellébore blanc pour la gentiane dans la récolte de cette dernière racine, et l’on ne saurait donner trop d’attention à ce qu’une semblable méprise n’ait lieu. Lorsque la plante est en fleurs , il est impossible alors de ne pas la reconnaître; ses fleurs sont verdâtres, et forment une panicule terminale.

Telle qu’on l’apporte sèche des contrées alpines , la racine d’ellébore blanc est en morceaux en forme de cône tronqué, de 2 à 3 pouces de long et d’un pouce environ de diamètre moyen ; ils sont noirs et ridés extérieurement , blancs intérieurement, souvent munis de radicelles qui sont nombreuses, de la grosseur d’une plume de corbeau, et jaunâtres à la partie extérieure. Cette racine a une saveur dont la première impression est douceâtre, puis un peu amère, âcre et corrosive. Cette saveur la distingue facilement de la racine d’asperge , qui d’ailleurs est toujours garnie de radicelles plus flasques et rarement sèches ; de plus , le corps de cette dernière racine n’est ni conique ni compacte comme celui de la racine d’ellébore blanc.

D’après l’analyse de la racine d’ellébore blanc , publiée par MM. Pelletier et Caventou ( Annales de Physique et de Chimie „ t. XIV, p. 81 ), elle contient : une matière grasse composée d’élaïne, de stéarine et d’un acide volatil; du gallate acide de vêratrine ; une matière colorante jaune, de l’amidon, du ligneux , et de la gomme. Réduite en poudre, la racine d’elle-

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